La Force de travail

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3

Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Kenshin le Ven 21 Juil 2017 - 21:21

@Mal

Mal' a écrit:
C'est une excellente analyse pour les temps qui courent, quoiqu'un tantinet atrocement biaisée : en effet, si tu estimes ne pas être la force de travail - comme te l'apprend Marx - mais la nécessiter par le marché du travail qui te ferait acquérir le statut de force de travail en finissant par t'employer, c'est donc que tu as - justement, puisque tu en parles - intériorisé le jugement moral selon lequel un homme sans emploi n'est pas un homme ; un homme sans emploi n'est rien.

Malheureusement , je ne pensais pas avoir intériorisé ça et peut être que je me trompe. Je ne suis peut être pas "aussi beau" que je le croyais. Dans tous les cas, tes propos me font réfléchir.
J'adhère au reste du post et notamment ce qui concerne le fascisme et stakhanovisme.

Par contre, j'ai du mal à comprendre ça ( ce qui suit à été clair)
Mal' a écrit:
Évidemment, une force de travail "à l'état pur" semble plus virtuelle (inexistante ~ ~ ~) qu'actuelle (actualisée, manifestée, réalisée, déroulée, existante ~ ~ ~) pour reprendre les mots d'Aristote


Merci pour tes efforts ( le temps que tu nous consacres) .

Kenshin

ps: je me demandais ( et j'espère n'être pas trop hors sujet), si la propriété -- le fait que tout ce qui nous entoure est propriété , donc ne nous appartient pas / ce qui est Public, appartient à puissance publique , aux autres et à moi -- fait que j'ai cette fausse idée dans la tête, que je ne peux posséder ( que ce soit ma force de travail, mon bonheur etc...)que si on me l'accorde ( par la morale ou l'argent).
si je ne dis pas trop de bêtises... et dis moi pas que je l'ai intériorisé! LOL

ps2: firefox m'empêche de faire de belles réponses

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Malcolm le Lun 24 Juil 2017 - 17:08

Kenshin a écrit:Merci pour tes efforts ( le temps que tu nous consacres) .
C'est simple, j'estime - à tort ou à raison - que ça n'est pas du temps perdu, et j'essaie de me faire plaisir - puisque je prends plaisir à l'entendement (l'écoute, l'entente, la minutie, le soin intellectuels), qui excelle dans la philosophie.
Mal' a écrit:Évidemment, une force de travail "à l'état pur" semble plus virtuelle (inexistante ~ ~ ~) qu'actuelle (actualisée, manifestée, réalisée, déroulée, existante ~ ~ ~) pour reprendre les mots d'Aristote.
Cela signifie que ...
Kenshin a écrit:[tu] ne pensais pas avoir intériorisé ça
... à savoir que tu as fini par négliger ta force de travail virtuelle (toujours-déjà là de ce que ton temps-énergie-compétence-présence est toujours-déjà là) parce qu'elle est ou était peut-être inemployée, et que tu ne la croyais effective, actuelle, qu'employée donc.

Avis' a déballé ceci ...:
C'est une paraphrase de ce que je raconte aussi, mais à la sauce "lutte des classes".
Les investisseurs en effet se foutent de créer des emplois, il veulent du profit. Mais le profit induit des créations d'emploi. Pas de profit, pas d'emploi, au contraire, en l'absence de profit l'emploi fout le camp.
Pour la suite, les "investisseurs", en l'occurrence les députés supposés être à leur solde, usent d'un vocabulaire emprunté justement à la lutte des classes qui seul est audible aujourd'hui, sinon gare. Alors que la question vitale aujourd'hui est : comment réformer un code du travail qui s'avère "euthanasiant" pour l'emploi ( ou alors qu'on m'explique pourquoi on va chercher des travailleurs détachés"hors code du travail français"), notre Mélenchon national récuse précisément TOUTE réforme en ironisant sur les "solutions de bonne intelligence" (que je préconisais moi-même ingénument - mais pas tant que ça puisque je concluais : c'est cuit) et le débat de "bonne volonté", pourtant introuvable de son fait, au moins.

Nous sommes dans l'éternelle comédie du pouvoir et contre-pouvoir qui met en scène une annihilation de pouvoir en fin de compte. Peu me chaut de savoir qui l'emportera, ma pelote est faite. La seule chose qui me chagrine est l'état de la France mais je me suis fait à l'idée de décadence. En tous cas je réitère l'idée (sans doute inapplicable au vu des circonstances) d'une "réquisition" de 20% de l'épargne populaire (idée singulière pour un agent du capitalisme), contre une remise en compétitivité du code du travail et des prestations sociales.
C'est ça, ou le chaos, et je prends soin cette fois de renouveler ma recommandation : que chacun en fasse des papillotes si ça lui chante.

Je te jure, Avis', que ce que tu dis ne veut rien dire ou veut tout dire, et se fonde sur des fiabilités autant que sur des défaillances (ce que Kenshin nommerait maintenant, j'en suis convaincu morale intériorisée), de telle sorte à donner un galimatias d'affirmations dans le pire sens que le mot politique peut revêtir aujourd'hui - alors que, par ailleurs, tu te veux un remède aux politiques actuelles, etc. sans compter que tu sors une citation de Mélenchon au petit-bonheur-le-commentaire, mais je t'invite à ouvrir un topic spécifique dans Causeries diverses voire Écologie et politologie.

Revenons-en une seconde aux œufs qui concernent ce topic, et tenez-vous bien.
Kenshin a écrit:je me demandais ( et j'espère n'être pas trop hors sujet), si la propriété -- le fait que tout ce qui nous entoure est propriété , donc ne nous appartient pas / ce qui est Public, appartient à puissance publique , aux autres et à moi -- fait que j'ai cette fausse idée dans la tête, que je ne peux posséder ( que ce soit ma force de travail, mon bonheur etc...)que si on me l'accorde ( par la morale ou l'argent).
Le système bancaire aujourd'hui, nous fait en effet tous débiteurs, y compris l’État. Néanmoins l’État, comme toujours, nous rend quelque service - serait-il défectueux - et l'on peut se sentir redevable. Etc. En réalité, en ce qui concerne les banques, la privatisation de la création monétaire est aberrante (et harte d'économistes le soulignent, évidemment pas les économistes invités sur TF1, F3 ou BFM, lol *Blase* ) puisqu'elle rend ce monde monétarisé coupable devant l'intérêt le plus vil - devant le lucre ; le lucre règne *Colère*

De plus, c'est le principe de tout pouvoir sociétal, que de se rendre nécessaire, et quoi de mieux que de faire en sorte que tu t'en sentes redevable ? Les seigneurs féodaux imposaient bien contre protection militaire, etc. Or, comme nous apprit La Fontaine, la raison du plus fort est toujours la meilleure, n'est-ce pas ?

Voilà pourquoi - je ne dirai pas exactement la morale - mais le moralisme et la moralisation essentiellement (les moralistes prescripteurs de morale et leurs moralisateurs) sont "nécessaires" à l'intériorisation de la contrainte et de l'obligation : nécessaires au pouvoir, évidemment, pas à celui qui a des mœurs conviviales, etc. et au contraire le moralisme & moralisations peut pourrir ta morale de mœurs conviviales, en la dégradant, comme c'est le cas du lucre pour à peu près tout le monde aujourd'hui - au hasard, Avis', quand bien même je ne le/te crois pas malveillant, bel ami.

***************************************

Mais poursuivons une seconde sur Marx, Avis' appréciera :
Marx, /le Capital 1/, p.858, même édition, a écrit:Il est dans le principe de l'économie politique de confondre deux sortes de propriétés privées très différentes, l'une fondée sur le travail propre du producteur, l'autre sur l'exploitation du travail d'autrui. Elle oublie que non seulement cette dernière constitue le contraire direct de la première, mais qu'elle ne pousse aussi que sur sa tombe.
C'est-à-dire que "le petit patron impliqué" dont nous parlions, qui en fait est un travailleur comme les autres pour ainsi dire - encore qu'il puisse certes faire de la plus-value capitalistique sur ses employés - est assurément moins visé que les "grands patrons du CAC40", par Marx lui-même. En fait, tant que les travailleurs œuvrent pour un patron qui ne se fait pas de plus-value sur leur dos, mais dont le patronage est inscrit culturellement dans des ensembles sociaux cohérents (non-capitalistes) nous sommes dans les formes traditionnelles d'un bon et sain travail, digne d'amour et de volonté de le faire bien, car il n'est pas suspendu au lucre, moralisme & moralisations idoines.
A [notre monde] achevé du capital l'économiste applique les conceptions du droit et de la propriété du monde précapitaliste, avec une ardeur d'autant plus anxieuse et une onction d'autant plus grande que les faits démentent plus bruyamment son idéologie.
N'y sommes-nous pas à fond, sous Macron ? ... Comme il disait "gentiment" pendant la campagne : "On rase pas gratis." *Lol* Mais c'était évidemment convoquer des formules afférentes à l'économie précapitaliste. "Parce qu'on rase gratis, maintenant ?" arguera l'idiot utile de mon discours. Évidemment non : mais entre le barbier traditionnel et le capitaliste disposant d'une chaîne de barbiers, il y a pourtant un monde où le capitaliste réalise - par lucre - des économies d'échelle, sur l'exploitation des barbiers employés. Aussi, si la petite échoppe de barbier (salon de coiffure, aujourd'hui, naturellement ... ) existe toujours, partout, il n'en reste pas moins qu'elle est soumise à la concurrence des chaînes de salons de coiffure (et encore que ce secteur soit peut-être un exemple pas si pertinent). (Ce qui certes est dire que des formes précapitalistes du travail existent concomittamment aux formes capitalistes aujourd'hui, sachant qu'hélas les formes capitalistes sont les plus influentes, en tant qu'influentes sur l'économie réelle via leurs finances, sans parler des banques). Passons. Encore que ... encore que :
Il en va tout autrement [alors] dans les colonies [car précapitalistes]. Là, le régime capitaliste se heurte partout à l'obstacle du producteur, qui, étant possesseur de ses propres conditions de travail [un peu comme le coiffeur lambda encore-toujours ... ] s'enrichit lui-même par son travail [de patron traditionnel] au lieu d'enrichir le capitaliste [parce que, donc, il est possesseur de ses conditions de travail, contrairement à l'immense majorité des travailleurs en régime capitaliste - où l'on sent d'ailleurs que les apprentis et employés d'un salon de coiffure peuvent bien faire fonctionner une petite entreprise capitaliste pourtant, comme dans tous les secteurs].
Mais plus loin, p.864, et parlant de son époque toujours :
Comprenons bien cette abomination [coloniale] ! Le brave capitaliste a importé lui-même d'Europe avec son propre et bon argent ses propres concurrents en chair et en os [véridique] ! Là, c'est vraiment la fin de tout ! [...] Les hauts salaires [...] font qu'il existe aux colonies un besoin [capitaliste] passionnel de travailleur meilleur marché et soumis, d'une classe à laquelle le capitaliste puisse dicter ses conditions, au lieu de se les voir dictées par elle ...
Impressionnant, n'est-ce pas ? ... Or de nos jours, comme le monde a été "capitalisté", c'est évidemment au secteur public que l'on s'en prend sévèrement, sur la base de la privatisation de la création monétaire par les banques. Mais l'atroce, n'est-ce pas, est le suivant :
Marx, /le Capital 1/, p.494, même édition, a écrit:les ouvriers refoulés par la machinerie se voient jetés hors de l'atelier sur le marché du travail et viennent y augmenter le nombre de forces de travail déjà disponibles pour l'exploitation capitaliste. [...] les ouvriers rejetés d'une branche d'industrie peuvent, il est vrai, chercher un emploi dans n'importe quelle autre branche [ce qui n'est plus vrai de nos jours, avec la spécialisation et la tyrannie du diplôme]. S'ils en trouvent un et s'ils renouent le lien entre eux-mêmes et les moyens de subsistance libérés avec eux, c'est grâce à un nouveau capital supplémentaire qui a soif d'être investi, mais en aucun cas grâce au capital qui fonctionnait déjà auparavant et qui a été maintenant converti en machinerie. Et encore, même dans ce cas, leurs perspectives sont bien minces ! Estropiés par la division du travail, ces pauvres diables valent si peu de chose en dehors de leur ancienne sphère de travail qu'ils ne trouvent accès que dans un petit nombre de branches de travail de basse catégorie et donc constamment surchargées et sous-payées.
C'est la raison pour laquelle Macron, et longtemps avant lui bien des discours, nous avancent la flexibilité par la formation continue, comme si une neurobiologie humaine individuelle personnelle était modulable à merci dans cette "grande équation" capitaliste. Je répète que nos dirigeants, eux, assurément, ont lu Marx ! et qu'ils ont su en tirer le nécessaire lucratif ! ...

Sans compter par ailleurs que nombre de personnes lambda aujourd'hui, qui ont une sainte horreur du "marxisme", réalisent en fait exactement les mêmes constats que Karl Marx.
Je le répète aussi : Marx ne fut pas marxiste ! et on n'a pas besoin d'être marxiste, pour réaliser les mêmes constats que Marx.
De plus, chaque branche d'industrie attire à elle tous les ans une nouvelle vague d'hommes qui lui fournit le contingent nécessaire à sa croissance et à son remplacement régulier.
L'école et l'université s'en chargent, qui en plus aujourd'hui sont en passe d'être privatisées, après leur "autonomisations" légales (leurs paupérisations-précarisations au profit des plus grands centres seuls).

J'en passe, et des meilleures, que je ne vous ferai pas toutes là. L'essentiel étant que Karl Marx est un philosophe socioéconomiste du capitalisme, pertinent encore et toujours, sans qu'il est besoin que l'on soit marxiste. Karl Marx parla de ce régime économique comme un autre (Adam Smith, Friedrich Hayek, etc.) sinon mieux, et par ailleurs il est au capitalisme ce que Platon, par exemple, est à l'idéalisme.

Naturellement, l'idéalisme platonicien est moins compromettant réellement, que le capitalisme marxiste ... car, en effet, c'est le capitalisme, qui est génétiquement marxiste, non le communisme ! quand bien même on sent bien les indignations et autres hargnes du philosophe prêt à suggérer le communisme, devant les dégâts infligés aux Hommes et aux sociétés par ce régime économique du capitalisme. Régime économique qui, aujourd'hui, est "toute une culture", m'est d'avis (culture, au sens de variété humaine).

Ce qui est bien, donc, c'est que ça n'est pas "de gauche", au fond, que la critique du capitalisme.


Dernière édition par Mal' le Lun 24 Juil 2017 - 19:07, édité 2 fois
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Philou le Lun 24 Juil 2017 - 17:52

Avistodénas a écrit:Les investisseurs en effet se foutent de créer des emplois, il veulent du profit. Mais le profit induit des créations d'emploi. Pas de profit, pas d'emploi, au contraire, en l'absence de profit l'emploi fout le camp.
Je me demande si dans cette économie, l'emploi, le travail, la production, sont encore nécessaires ? En effet, les multinationales ne survivent plus que par le rachat d'actions des banques centrales.

En tous cas je réitère l'idée (sans doute inapplicable au vu des circonstances) d'une "réquisition" de 20% de l'épargne populaire (idée singulière pour un agent du capitalisme), contre une remise en compétitivité du code du travail et des prestations sociales.
Pas d'inquiétude, ce ne sera pas 20%, mais 100%, uniquement pour renflouer (un peu) les banques. Rien que la Deutsche Bank doit en CDS 64 fois le PIB de l'Allemagne.
avatar
Philou
Fondateur, ancien admin.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Avis' le Lun 24 Juil 2017 - 18:36

Tu as raison sur ces deux points Philo, car comme je l'expliquais ailleurs, 80 % de échanges financiers se font hors économie réelle, c'est une finance immatérielle.
Raison aussi sur la Deutsche Bank, qui est extrêmement fragile et peut entraîner la finance mondiale dans une crise, qui ferait en réalité suite à celle de Lehman Brothers. Ce type de crise aurait des répercussions gravissimes sur l'emploi et le chômage.( Notons au passage que la BCE s'est "mangé" la plupart des actions pourries en Europe et on se doute qu'il en reste).
Bref, les financiers en ce jour jouent avec le feu sur un super-volcan qui a des fuites et capable de détruire la moitié de l'humanité, une grande extinction, en fait. Je conseille à l'épargnant l'immobilier.

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Philou le Lun 24 Juil 2017 - 18:43

Avistodénas a écrit:Je conseille à l'épargnant l'immobilier.
En Grèce, on (Tspiras, le Mélenchon grec, avis aux électeurs de la France Insoumise) a augmenté la taxe foncière jusqu'à la rendre impayable, et parallèlement, on a aboli une loi qui interdisait les expulsions. L'Etat peut tout à fait saisir l'immobilier pour renflouer les banques ou payer sa dette, une dette, faut-il le rappeler, contractée en monnaie de singe à la banque du Japon, mais qu'on rembourse rubis sur l'ongle.
avatar
Philou
Fondateur, ancien admin.


Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Malcolm le Mer 2 Aoû 2017 - 15:26

Tout ceci est appréciable, au titre d'une réponse à Kenshin sur l'intériorisation de la morale. Toutefois, ça ne répond pas au topic. Je vous invite donc, dans la suite, à placer le lien vers le topic plus adéquat où que de droit sur le forum. C'est-à-dire qu'au titre de la critique du capitalisme, ces faits ne sont pas déniables - et qu'au contraire ils confirment, - mais ... Merci d'avance.

***

Tout de même, rapport à ce moment de notre échange - voyez :

Speech
Il y a plus d’esclaves aujourd’hui qu’il n’y en a eu du XVIe au XIXe siècle
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: La Force de travail

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum