Générations X, Y, Z ou K, Alpha, et cætera

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Générations X, Y, Z ou K, Alpha, et cætera

Message  Malcolm le Mar 18 Juil 2017 - 12:28

Je vais parler de ce que je nommerai volontiers "management sociétal", en ce sens que les entreprises - pour gérer leurs forces de travail, leurs ressources humaines, leurs capitaux humains ... - vont s'adonner à ce qui doit s'appeler génératiographie, à savoir : une écriture des générations.

A quoi cela sert-il ? ... Cela sert à portraiturer - jusqu'à la caricature, censée cerner les lignes de force (étym. de valeurs), d'une "génération", plus-ou-moins arbitrairement définie, un peu comme les historiographes cherchent à baliser le temps long (Antiquité, Moyen-Âge, Modernité, Époque contemporaine - et toutes leurs subdivisions, etc.) sur la base d'ensembles ou de grappes d'observations concordantes & nombreuses, nommées "faits".

Sauf que, là, nous nous retrouvons en face d'éléments extrêmement récents, comme si les années 60 différaient ontologiquement (intrinsèquement, si vous préférez) de nos actuelles années 10, bientôt 20. C'est partir du postulat sochio-historio-graphique, que la socio-historio-logie du monde contemporain, évolue à vitesse grand V, et du moins cela témoigne d'une velléité de contrôle (management sociétal) d'un tel phénomène que le suivant : les générations, de génération en génération - comme on dit, - phénomène flou s'il en est ! et velléité de contrôle de ce phénomène par les politiques certainement (non seulement dans un souci de service public, mais bien dans un souci électoraliste de campagne ... ) ainsi que velléité de contrôle par les mercatiques surtout (qui nous vendent des produits, et veulent "correspondre aux utilisateurs" afin de les rendre addicts à leurs produits, évidemment).

Cette génératiographie afin de management sociétal, donc, hélas, elle est le nez dans le guidon et le court-termisme le plus absolu ; mais "le pire", c'est qu'elle se fonde sur bon nombre d'impressions, de pressentiments, de stéréotypes et de clichés, tout en contribuant à les confirmer en les affirmant sous les auspices de "la connaissance". "La connaissance" car, en effet, ce sont quelques obscurs coachs professionnels et autres sociologues de formation, qui s'adonnent à cette "autographie" (car ils vivent ces générations, aussi) afin de mercatique et de politique donc.

En somme, le management sociétal par génératiographie, existe dans l'espérance effective d'assurer politiquement et mercatiquement.

Voyez plutôt :
* 1960-1980 : Génération X ;
* 1980-1995 : Génération Y ;
* 1995-2010 : Génération Z ou K ;
* 2010-... : Génération Alpha.

On le voit, en plus de l'historiographie et de la sociographie ... cette génératiographie tourne à la futurographie. Et c'est là que c'est inquiétant : on prétend écrire l'humanité en la décrivant, ce qui est autant de l'ordre de la connaissance que de la prophétie autoréalisatrice, même rétrospectivement. Sous un angle, ce phénomène met en exergue une réalité propre à tout connaître, à savoir l'holographie du réel ... sauf que, là, c'est atrocement rapide, sans méditation ni mûrissement du savoir, par quoi on peut sévèrement s'interroger sur la valeur de ce savoir.

Valeur instantanéiste, censée servir l'effectuation manageriale sociétale politique et mercatique, donc. Sauf que ... sauf que tout cela est un énorme dispositif de rassurance. Soit donc que, plutôt que de se rencontrer Homme à Homme, les financeurs attendent des certitudes aussi fiables que les lois newtoniennes de la gravité, maintenant, tout de suite, afin de pouvoir gérer leurs investissements. Soit donc que l'investissement prime, n'est-ce pas, sur la qualité du travail réel. Et c'est sans compter sur ce pseudo-savoir bâclant le savoir réel de même, prétendument fiable parce qu'extrêmement renseigné par le big data désormais.

Cela prend-il en compte "son Homme", comme on dit ? ... Et je parle là bien au-delà des seuls trop fameux "besoins de reconnaissance" (qui peuvent être fallacieux dans leur réclamation), mais je parle bel et bien de vérité relationnelle.

Le problème de notre époque, je suppose, c'est d'évacuer la vérité au profit de l'effectualité (partie de la culture macroniste, aussi). Le pire, dans ces affaires, c'est que les mercatiques-politiques parlent aux mercatiques-politiques, puisque, conditionnant telle génération en la sérigraphiant, ils provoquent les phénomènes.

A vrai dire, comme nous tous, je suis sujet à ce biais cognitif en psychologie, nommé effet-barnum. Cette tendance, vous savez, à vous identifier spontanément aux discours qu'on vous associe (et c'est ainsi que 80% de la population lit son horoscope, serait-ce "pour rien" - sans quoi ils auraient disparus de nos presses et autres médias depuis longtemps).

"Je suis de la génération Y" ... me voilà rassuré (?).
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Malcolm
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