Notre-République de la Démocratie

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Message  Kal' le Mer 6 Sep 2017 - 0:34

Il y a la gauche et il y a la droite.

La première se définit par son progressisme, son social-démocratisme-socialisme, son égalitarisme, son humanitarisme, son écologisme, son droit-de-l’hommisme, voire son radicalisme, son communisme et son anarchisme.

La deuxième par son conservatisme, son méritocratisme, son sécuritarisme, son libéralisme, son autoritarisme, son patriotisme, voire son nationalisme, son inégalitarisme, son traditionalisme, son oligocratisme et son fascisme.

Voilà rapidement.

Ce qui s'entend encore mieux, par la suite, dans toutes ces doctrines qui sont ou paraissent opposées, c'est le combat que mènent et gauche et droite, et donc leur bipolarité significative et leurs jeux de pouvoir, ainsi que les successions des partis de ce genre à la tête de tous les pays à travers le monde.

Mais alors qu'en penser ?

En fait, c'est quelque peu piégeur. Parce que d'un côté, cette alternance monotone à beau pouvoir effectivement garantir la stabilité en permettant aussi l'échange systématique des idées (lesquelles sont restreintes au clivage), autant que la garantie que celles-ci puissent régner alternativement et apporter ce qu'elles ont de bons, elle fait de l'autre - de cet autre côté - presque inéluctablement une bipolarisation forcée qui réduit notre système politique (par la restriction du clivage).

Rien de nouveau jusque là. Ce ne serait même pas si grave, du moment que le choix est démocratique, me direz-vous - et le peuple ne choisit-il pas librement cette manière pour se faire diriger, après tout ? Mais attendez un peu, je vous prie.

Car voilà Nicolas de Condorcet, où je veux en venir.

Où je veux en venir, au fait que nos élections, qui portent au parlement le bipartisme, sont le fruit d'une mauvaise application du vote démocratique. Elles sont injustes, non pas moralement parlant mais dans la seule perspective que le démocratisme se propose d'avoir en temps normal.

Ainsi, Condorcet explique : il y a les candidats A, B et C. Le monde populaire et électoral adore A et n'aime pas B. Mais le monde adore en comparaison B par rapport à C.

Donc : A > B > C. D'accord ?

Or, une partie minoritaire de la population adore B par rapport à C, et quand même préfère C par rapport à A.

Donc : B > C > A. D'accord ?

Suivez bien.

Car une autre partie minoritaire de la population adore C par rapport à A, mais choisit A comparé à B.

Donc : C > A > B. D'accord ?

Séparées, ces deux minorités forment 30% et 30% du monde. Ensemble, conséquemment, elles valent 60%.

L'élection porte A au pouvoir.

Pourtant, deux groupes - faisant aussi majorité - préfèrent B contre A.

Voyez encore :

Imaginons, par miracle : B gagne. Toujours, le premier groupe et le troisième groupe accepteront volontiers de remplacer A par B, puisque dans ces groupes on a A > B - et ils forment à eux deux respectivement 40% et 30%, soit 70% des électeurs.

De même si C est élu, le premier groupe et le deuxième ensemble favorisent B à C.

Par là, quoi que l'on fasse, qui que l'on élise, un candidat sera toujours préféré à un autre !

C'est bien fait. C'est le foyer du vote par dépit (qu'il le soit réellement ou non). C'est le foyer du bipartisme : on vote toujours contre-par-défaut-par-préférence (quand bien même on voterait pour son candidat). C'est le scrutin uninominal à deux tours avec le paradoxe de Condorcet : (1) on vote pour quelqu'un dont on ne veut pas vraiment, (2) par les alliances au deuxième tour et par l'élimination de candidats, le bipartisme se maintient.

Vraiment, bien fait.


Dernière édition par Kalos le Ven 8 Sep 2017 - 21:47, édité 1 fois
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Re: Notre-République de la Démocratie

Message  Malcolm le Mer 6 Sep 2017 - 15:40

De toutes façons, une élection, ce n'est rien d'autre qu'un soudage général à effet institutionnel. Naturellement, les institutions ont des effets praxéologiques, elles, quand elles veulent procéder. Ces effets, hélas, ne sont par soi - pas plus politiques que l'élection. Business is business ! *Lol* ... Politique, serait un engagement. Pour le coup, je comprends et agrée Jean-Luc Mélenchon, qui ne veut subventionner que la presse d'opinion. Slate.fr que j'apprécie, donne aussi dans l'opinion : il n'est pas "populiste" pour un sou, pas même "électoraliste" (si vous trouvez une différence précise entre électoralisme et populisme - voir aussi : D'un certain empirisme politique qui règne et Populisme général !).
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Message  Kal' le Mer 6 Sep 2017 - 15:45

Non mais si le sondage est tronqué, quel intérêt ?

En terme de droit, c'est injuste. La République se propose d'élire démocratiquement, et il existe différents modes de scrutin plus adéquats, cependant qu'il existe aussi, de la même manière, une parade au paradoxe de Condorcet.
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Re: Notre-République de la Démocratie

Message  Malcolm le Mer 6 Sep 2017 - 15:48

Non mais si le sondage est tronqué, quel intérêt ?
C'est juste, mais la vraie question la voici : les sondages, quel intérêt ? - surtout quand il y a inertie sociale, culturelle, historique, générationnelle et fonctionnelle des institutions ? ... Voir aussi : Aristocratisme de gauche.
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Message  Kal' le Mer 6 Sep 2017 - 15:49

Je ne pose pas ça de façon exclusivement philosophique, mais également en matière de droit.
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Re: Notre-République de la Démocratie

Message  Malcolm le Mer 6 Sep 2017 - 15:50

Le droit aussi, à son inertie sociale, culturelle, historique, générationnelle et fonctionnelle en termes d'institutions - mais tu as certainement raison alors, de rappeler avec Condorcet la nullité de nos sondages généraux.

Au passage, il est faux de dire que le fascisme est de droite. Le soviétisme est de gauche, le nazisme est de gauche (socialisme). Bien sûr, il y a l'autoritarisme franquiste et mussolinien, généralement marqué à droite. Mais bon. Les dictatures sont massivement inspirées par la gauche (Cuba, Chine, Corée du Nord, etc.). Un gauchiste, c'est un adepte de l'égalité par radicalisme-absolutisme (tout radicalisme est absolutiste dans la démarche).
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Re: Notre-République de la Démocratie

Message  Kal' le Mer 6 Sep 2017 - 15:54

En principe - en principe -, les dictatures d'extrême-gauche n'appliquent pas de mesure de discrimination raciale et rejettent en théorie - en théorie - l'inégalitarisme fascisant.
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Message  Malcolm le Mer 6 Sep 2017 - 15:55

C'est beau.
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Message  Avis' le Mer 6 Sep 2017 - 17:14

Sais-tu que tu finiras par me faire pleurer, Kalos !
En principe - en principe -, les dictatures d'extrême-gauche n'appliquent pas de mesure de discrimination raciale et rejettent en théorie - en théorie - l'inégalitarisme fascisant.

En "principe" et en "théorie", tu as raison.
Mais sortons de là :
Personne ne fait de discrimination raciale officielle, ce n'est ni vendeur, ni électoral. En revanche, tout le monde s'acharne sur la discrimination culturelle : "il est de droite... il est de gauche... il est catho..."
En revanche "il est musulman", ne vaut pas. Pourquoi ? Parce que musulman, c'est à part : on ne fait pas mieux comme imposture, elle est parfaite, car elle s'applique à tout contradicteur qui ne suit pas la ligne. Quelle ligne ? Hé bien je vais vous le dire (je fais mon Sarko).
La ligne fixée par les "grandes consciences", aussi tapageuses, sûres d'elles et dominatrices, qu'auto-proclamées ligues de vertu.
S'inquiéteraient-elles du statut esclavagisé de la femme.... du mariage forcé des mineures de 9 ans... et je passe toutes les horreurs ? Mais non, ce n'est pas l'islam ! Et l'islam qu'est-ce que c'est ? Une religion de paix. Point final. Final de chez final. T'avise pas de dire que les salafistes (plus de 1.000.000 de personnes rien qu'en France qui s'en réclament ouvertement, exigent l'établissement de la Charia la plus dure (autrement dit Daesh), pas non plus que ce bras armé de l'islam fleurit dans le vivier de l'islam religion de paix, tu n'y connais rien, tu es fanatisé, intoxiqué.
Mais qu'un sur dix de ces salafistes SEULEMENT soit prêt à passer à l'action, et c'est une armée. Nous avons une armée sur notre sol, et les Grandes Consciences n'en ont pas le plus petit début de conscience, faudrait-il croire.
En réalité, c'est là que réside la plus belle imposture car l'enfer, ce n'est pas "l'autre", c'est leur "semblable". L'ennemi, comme toujours, et pour la plupart, c'est leur semblable concitoyen, on l'a encore vu en 39-40 avec la collaboration active et consciente.
Qui a dit que la collaboration avec l'ennemi n'existait pas ???
Non seulement c'est le lot ordinaire, mais la discrimination culturelle est aussi le lot de tout un chacun, nul n'y échappe, et moins encore le Grandes Consciences Autoproclamées Ligues de Vertu etc...

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