Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

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Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Kal' le Mer 6 Sep 2017 - 18:28

Inventer des mots, ce n'est généralement pas bon. À moins, bien sûr, que l'usage y prend part, et que cela sert à introduire dans le langage une chose nouvelle. Comprenez : il doit y avoir donc un concordance entre le mot et l'objet qu'il désigne. On invente une chose, et on lui donne un nom. Voilà.

Voilà... Mais !

C'est sans compter l'esprit scolastique et embourbé, englué, obscur et orageux. Ce fidèle et méchant esprit scolastique.

C'est très simple : lorsqu'on s'adonne à des réflexions intellectuelles, on rencontre toujours des difficultés dans le raisonnement. Il faut en effet avoir une « suite dans les idées », une cohérence dans l'ensemble, toute une logique. Or hélas, ça n'arrive pas toujours.

L'esprit scolastique donc, quel que soit sa religion, en fait, et sa doctrine ainsi que son époque, est le fruit de personnes s'exerçant à la réflexion, et qui connaissent quelques difficultés. Rien de bien méchant jusque-là, non ?

Mais... Mais !

Il faut combler les lacunes, il faut remplir les trous. Par conséquent, les esprits scolastiques inventent des mots. Des mots qui ne sont pas eux-mêmes reliés à quelque chose qui existe, des mots et des expressions pénibles ne définissant, dans le meilleur des cas, que des chimères conceptuelles et des nébuleuses lointaines. Précisément comme Zemmour le disait, en citant Hubert Védrine : on invente des mots lorsque la réalité n'existe plus.

C'est cela, l'esprit scolastique. Inventer des mots, qui ne désignent rien de concret et seulement des produits fantastiques de l'imagination des auteurs.

Je précise aussi, au passage, que cette pratique sert tout autant à embellir un phénomène pauvre et lui donner un caractère pompeux. C'est ce que j'appelle, pour le distinguer de l'esprit scolastique, la fanfaronnade philosophique.

Ne vous méprenez pas non plus : je sais distinguer les intérêts des scolastiques médiévaux, par exemple, et de même les quelques bons mots de nos postmodernes contemporains. Ils sont intelligents, rien à dire là-dessus.

Au reste, comme Schopenhauer proclamait que Hegel et les hégéliens étaient à l'honneur de l'Allemagne, et qu'elle méritait d'être intellectuellement ridiculisée et moquée par toute l'Europe pour ce fait, ainsi je dis que nos postmodernes sont à l'honneur de la France, et que la réputation de précieuse ridicule qu'elle s'est elle-même pourvue est tout à fait méritée. Encore plus l'est le lynchage intellectuel qui naturellement s'ensuivit.

Bon.

Pourquoi tout ce fatras ?

Eh bien, il faut que je vous montre deux vidéos de Jordan Peterson (sous-titrées en français, rassurez-vous), dans lesquelles il s'en prend au postmodernisme, et dont il n'y avait pas déjà de topic pour les y glisser. Sachez bien que je n'adhère pas à l'ensemble des propos, principalement parce que c'est arrangé à la sauce alt-right décadentiste anglo-américaine. Mais il y a malgré tout de l'intérêt à écouter, ne serait-ce que par probité. En plus, ça nous fera toujours un topic où débattre de la chose.



(Une dernière précision, en post scriptum, c'est que les arguments de Jordan Peterson sont davantage portés sur les effets socio-politiques négatifs du postmodernisme, cependant qu'il ne critique pas vraiment les us et coutumes philosophiques proprement dits du mouvement.)
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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Avis' le Mer 6 Sep 2017 - 19:26

L'enseignement des humanités (élémentaires) est aujourd'hui en ruines (exception faite des filières scientifiques et techniques) et l'école n'apprend plus grand chose aux élèves sinon qu'ils ont des droits - quand nous, les vieux grincheux, n'apprenions que nos devoirs).
L'école est en ruines, mais pas l'information. Au contraire, nous n'avons jamais été aussi informés. Ce qui ne signifie pas "bien" informés. C'est même le règne sans partage du pipolisme (à la fois de people et de pipo). Or le people a des droits, ça on le sait, mais il se joue aussi du pipeau.
Le premier de ces droits est celui de se faire entendre, et de faire entendre son pipeau. Donc, il pipote à qui mieux-mieux ou à qui pire-pire, peu importe, le tout étant de se faire entendre. Tout le monde est concerné, nul n'y échappe, et a fortiori les meilleurs joueurs de pipeau ou les plus endurants.
Et que font-ils entendre, tous ceux qui ont ce droit inaliénable de se faire entendre ?
Leur... leur.... frustration. Et revoilà la mère des batailles.
Chacun la sienne, sa dominante, chacun son combat, car sans combat on est un pauvre type. Derrida ? Tiens, en voilà un, de puissamment frustré ! Un génie de la frustration. A tout vouloir ainsi "déconstruire", c'est à dire "démolir". Les arguments ne lui font pas faute, vous pensez bien, un génie de la frustration, dont le pipeau entre en résonnance avec tous les plus grands frustrés de la terre.
On aura peut-être l'occasion d'en disputer.... puisqu'il inaugure l'ère du post-modernisme.

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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Malcolm le Mer 6 Sep 2017 - 21:45

Tu n'es pas très clair Kalos : tu parles de scolastique, de néologie, et de postmodernisme. Selon toi semble-t-il, ces phénomènes sont liés - tu m'arrêtes si je me trompe. Hélas, la scolastique fut l'entreprise la plus structurante, dogmatique et conservatrice du Moyen-Âge. A supposer que le postmodernisme - s'il y en a un - est bien une destructivité ainsi que veut l'entendre le malheureux Peterson, on voit mal comment il s'harmoniserait avec la scolastique. Or, scolastique et postmodernisme produisent de la néologie : que cela serve des raffineries intellectuelles ou bien quelque dysréalisme (réalisme tordu, éventuellement destructif), il n'en reste pas moins qu'entre raffinerie et dysréalité, il y a un monde où dans le premier on demeure réaliste, et où dans le second on s'éjouit fantasmatiquement. Qu'on juge et raille rabelaisiennement la scolastique est une chose, à laquelle je veux bien joindre mon rire quitte à me tourner moi-même en dérision, cela n'en ôtera pas - disons péjorativement - la pragmatique de la glose. La pragmatique reste. Par contre ! que l'on soit sommé de prendre trop au sérieux le postmodernisme est une autre chose, à laquelle je ne saurai me joindre, et devant laquelle je me gausserai dionysiaquement. Car quoi ? ... Ce brave Peterson a raison de souffrir ce postmodernisme (qui est une récup' système D post-soviétique d'un marxisme n'ayant plus bien de Marx que le nom, car Marx ne faisait pas de l'économie politique "son Tout", et JP Sartre - quelles que soient ses éventuelles "exactions" - eut bien raison d'y injecter de l'existentialité - incomprise par le gauchisme-même en tant que sa liberté procède fondamentalement d'un acabit protestant libéral largement défendu par Peterson) ... ce brave Peterson a raison de souffrir son postmodernisme, oui, mais il a tort de le souffrir en lui accordant autant d'importance, encore qu'il soit bien ancré. Car cet ancrage, sous le coup "de l'extrême-droite" ou de "l'alt-right" (honnêtement, ces catégories fourre-tout servent désormais à mettre N penseurs au bûcher, plus personne n'est bien dupe quand Trump est élu président des USA, qu'a lieu le Brexit, et que MLP fait 40% à la présidentielle ... ces trois phénomènes sont-ils regrettables pour de bonnes raisons : qu'est-ce qui n'est pas regrettable, pour quelque bonne raison ? - question de perspective), cet ancrage s'effrite : l'Histoire fait son œuvre, et précisément grâce à l'individualisme constructif avancé par Peterson comme occidentalité (essence de la civilisation occidentale, s'il est une transhistoricité) y compris à travers - par exemples - de piètres YouTubers vloguant sur des thèmes postmodernistes. Au fond, Norman est-il postmoderniste ? Antoine Daniel ? Et Amixem ? ... De telle sorte que Peterson se fit avoir par l'infantilisme de ce postmodernisme, par la paranoïdie-agressive/schizoïdie-dépressive de nourrissons d'une telle tendance qui, effectivement, guedine. Mais elle guedine par infantilisme, et trépigne comme l'enfant-dieu qu'elle se sent être, au même titre que Trump trépigne comme un sale gosse parfois. C'est justement au moment où elle prend le pouvoir, voire qu'elle l'exerce depuis une ou deux décennies, qu'elle est acculée par ces contre-phénomènes de "l'extrême-droite" et de "l'alt-right". A un moment donné, il faudra bien moyenniser les tendances (ce qui, au fond, a toujours-déjà lieu çà et là, dans l'hétéroclitisme des choses et l'éclectisme des personnes & des groupes - cela plairait-il ou déplairait-il aux uns ou aux autres, mais aussi parce que ça plaît et déplaît aux uns et aux autres). Bref : Peterson cite si mal Nietzsche que je terminerai en disant amor gœdinœri.
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Message  Kal' le Mer 6 Sep 2017 - 22:25

Tu n'es pas très clair Kalos : tu parles de scolastique, de néologie, et de postmodernisme. Selon toi semble-t-il, ces phénomènes sont liés - tu m'arrêtes si je me trompe. Hélas, la scolastique fut l'entreprise la plus structurante, dogmatique et conservatrice du Moyen-Âge. A supposer que le postmodernisme - s'il y en a un - est bien une destructivité ainsi que veut l'entendre le malheureux Peterson, on voit mal comment il s'harmoniserait avec la scolastique. Or, scolastique et postmodernisme produisent de la néologie : que cela serve des raffineries intellectuelles ou bien quelque dysréalisme (réalisme tordu, éventuellement destructif), il n'en reste pas moins qu'entre raffinerie et dysréalité, il y a un monde où dans le premier on demeure réaliste, et où dans le second on s'éjouit fantasmatiquement.

Suis-moi bien : je considère la scolastique (expression que j'emprunte certes au figuré) et le postmodernisme liés non pas par leur contenu mais pas leur méthode, et, peut-être aussi, par leur origine intellectuelle - leur base.

On a la scolastique : cette scolastique part d'une pétition de principe - Dieu, tu l'as compris. Toute une architecture, tout un complexe est bâti à partir de ce fondement, tant bancal et solide à la fois. Bancal, parce que Dieu ne se démontre pas ; solide, parce que précisément Dieu ne se démontre pas.

On a le postmodernisme : poussé du fumier marxiste, le postmodernisme repose sur du jonglage de concept et sur des bouquets de jeux de mot. Ils sont si nombreux que je n'en saurais te citer un en particulier.

Le liant entre les deux, c'est le néologisme, la néologismatique. Plus clair ?... Je meurs !

Bien sûr, ensuite, que la scolastique et le postmodernisme ne sont pas pareils dans la forme. C'est une évidence.

Puis, du reste, tu compares la valeur d'une simple raffinerie intellectuelle et du dysréalisme, où j'ai quant à moi parlé de fanfaronnade philosophique (raffinerie intellectuelle, vraisemblablement) et scolastique (dysréalisme).

Qu'on juge et raille rabelaisiennement la scolastique est une chose, à laquelle je veux bien joindre mon rire quitte à me tourner moi-même en dérision, cela n'en ôtera pas - disons péjorativement - la pragmatique de la glose.

J'ai pourtant fait une autre distinction, Malcolm, que tu as ignorée. J'ai dit savoir reconnaître des qualités et à la scolastique et au postmodernisme. Je ne joue pas au libertin ni au philosophe des Lumières.

 Par contre ! que l'on soit sommer de prendre trop au sérieux le postmodernisme est une autre chose, à laquelle je ne saurai me joindre, et devant laquelle je me gausserai dionysiaquement. Car quoi ? ... Ce brave Peterson a raison de souffrir ce postmodernisme (qui est une récup' système D post-soviétique d'un marxisme n'ayant plus bien de Marx que le nom, car Marx ne faisait pas de l'économie politique "son Tout", et JP Sartre - quels que soient ses éventuelles exactions - eut bien raison d'y injecter de l'existentialité - incomprise par le gauchisme-même en tant que sa liberté procède fondamentalement d'un acabit protestant libéral largement défendu par Peterson) ... ce brave Peterson a raison de souffrir son postmodernisme, oui, mais il a tort de le souffrir en lui accordant autant d'importance, encore qu'il soit bien ancré.

C'est vrai, et je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il avance. Après, la France n'est pas le Canada* - renseigne-toi sur leur premier ministre, pour voir. De plus, il baigne - en tant que professeur naturellement - dans le milieu universitaire. Voilà : on a un professeur d'université, dans le monde anglo-américain (et on sait combien ce monde est plus impacté par la chose que le nôtre) qui baigne dans ce milieu - universitaire donc - où les théories postmodernes régnent - selon lui et c'est probable. C'est presque normal, en fait, qu'il exagère la portée du phénomène.

Car cet ancrage, sous le coup "de l'extrême-droite" ou de "l'alt-right" (honnêtement, ces catégories fourre-tout servent désormais à mettre N penseurs au bûcher, plus personne n'est bien dupe quand Trump est élu président des USA, qu'a lieu le Brexit, et que MLP fait 40% à la présidentielle ... ces trois phénomènes sont-ils regrettables pour de bonnes raisons : qu'est-ce qui n'est pas regrettable, pour quelque bonne raison ? - question de perspective), cet ancrage s'effrite : l'Histoire fait son œuvre, et précisément grâce à l'individualisme constructif avancé par Peterson comme occidentalité (essence de la civilisation occidentale, s'il est une transhistoricité) y compris à travers - par exemples - de piètres YouTubes vloguant sur des thèmes postmodernistes.

Alt-right pour néologisme qu'il soit, est lui au moins construit sur quelque chose qui existe - quand bien même ce serait un phénoménal social -, sinon la distinction ne se serait pas faite. C'est l'usage, cela s'appelle l'usage, d'où son grand intérêt.

Entre l'alt-right et l'extrême-droite classique, il y a un monde. La forme et les méthodes ne sont pas les mêmes. On retrouve seulement un certain conservatisme, commun aux deux mouvements, où les choses peuvent effectivement s'entrecouper. Et encore, quoi.

Bref : Peterson cite si mal Nietzsche que je terminerai en disant amor gedineriae.

Il a compris Nietzsche au sens classique, surtout sur la disparition du christianisme et l'effondrement d'un monde de valeurs. Peut-on lui donner tort ?

________

* Voir justement :
Mathieu Bock-Côté, Le Multiculturalisme comme religion politique:
On le sait, le multiculturalisme est une doctrine d'État au Canada, mais il faut voir à quel point cette mutation identitaire a été portée par la classe intellectuelle qui a reconnu justement dans sa reconstruction diversitaire la marque distinctive de l'identité canadienne. Sans abuser d'un langage paradoxal, on pourrait dire que le Canada trouverait son identité propre dans le fait de ne pas avoir d'identité nationale distinctive, John Ibbitson allant même jusqu'à affirmer que le génie propre à l'identité canadienne serait justement de n'être porteuse d'aucune signification historique particulière, ce qui faciliterait son appropriation par les immigrés qui n'auraient aucunement à se départir de leurs appartenances culturelles préalables pour devenir canadiens. En fait, le Canada se serait reconstitué et refondé sur une dissociation radicale entre la communauté politique et son expérience historique, et c'est justement cette prétention à se fonder sur une utopie plutôt que sur une mémoire qui en ferait un paradis diversitaire à nul autre pareil parmi les sociétés contemporaines. Selon la formule de John Ibbitson, les pays qui ont le moins d'histoire seraient aujourd'hui ceux qui ont le plus d'avenir. Le Canada serait ainsi exceptionnel dans son anhistoricité fondamentale. Il représenterait une césure fondamentale dans l'histoire politique du genre humain, une proposition reprise et radicalisée par le gouvernement de Justin Trudeau.
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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Malcolm le Sam 9 Sep 2017 - 0:05

Suis-moi bien : je considère la scolastique (expression que j'emprunte certes au figuré) et le postmodernisme liés non pas par leur contenu mais pas leur méthode, et, peut-être aussi, par leur origine intellectuelle - leur base.
Au figuré, ou au sens dérivé de scolastique, d'accord. Mais ces chinoiseries de postmodernisme - à supposer toujours, qu'il se résume au propos petersonien, - procèdent pourtant d'un illogisme profond, qui n'est pas scolastique pour un clou, comme on voit avec cette histoire de statue. De plus, si donc il est rationnel de croire en Dieu to thrive, comme je l'ai toujours présumé avec Nietzsche (le divin comme expression suprême de la volonté de puissance - voir aussi) ...
On a la scolastique : cette scolastique part d'une pétition de principe - Dieu, tu l'as compris. Toute une architecture, tout un complexe est bâti à partir de ce fondement, tant bancal et solide à la fois. Bancal, parce que Dieu ne se démontre pas ; solide, parce que précisément Dieu ne se démontre pas.
...  alors la scolastique n'est pas aussi infondée que prévue, contrairement au why "postmoderne", auquel je rajouterai volontiers cette affaire de genre : pour que le transgenre existe, il faut que les genres - donc les codes de genres - existent. Le règne du transgenre signe la fin du trans au profit d'un unigenre gloubi-boulgesque ainsi qu'une soupe, sans plus rien à distinguer. Aussi le trans, pour être, a-t-il besoin des genres. Tous les genres, certainement, mais des genres - donc des codes afférents, dont il prétendait délivrer. C'est-à-dire qu'on ne fait pas une règle avec l'exception ou, si l'on en fait une, alors quid de son exception ? Or c'était justement dans l'exceptionnalité, que les transgenres se sentent heureux, distinctivement : car - ils sont humains ...
On a le postmodernisme : poussé du fumier marxiste, le postmodernisme repose sur du jonglage de concept et sur des bouquets de jeux de mot. Ils sont si nombreux que je n'en saurais te citer un en particulier.

Le liant entre les deux, c'est le néologisme, la néologismatique. Plus clair ?... Je meurs !
C'est logique dans ta logique, qui approximativement vaut le coup - à mon sens (avis aux contradicteurs).
Puis, du reste, tu compares la valeur d'une simple raffinerie intellectuelle et du dysréalisme, où j'ai quant à moi parlé de fanfaronnade philosophique (raffinerie intellectuelle, vraisemblablement) et scolastique (dysréalisme).
Chiasme sans nom pour le lecteur lambda. Passons.
J'ai pourtant fait une autre distinction, Malcolm, que tu as ignorée. J'ai dit savoir reconnaître des qualités et à la scolastique et au postmodernisme. Je ne joue pas au libertin ni au philosophe des Lumières.
Oui non mais je n'ai pas dit que tu ne reconnaissais rien à rien, hein !
C'est vrai, et je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il avance. Après, la France n'est pas le Canada* - renseigne-toi sur leur premier ministre, pour voir. De plus, il baigne - en tant que professeur naturellement - dans le milieu universitaire. Voilà : on a un professeur d'université, dans le monde anglo-américain (et on sait combien ce monde est plus impacté par la chose que le nôtre) qui baigne dans ce milieu - universitaire donc - où les théories postmodernes régnent - selon lui et c'est probable. C'est presque normal, en fait, qu'il exagère la portée du phénomène.
Oui, or "le mouvement" est flou à évaluer ; du moins faudrait-il ni plus ni moins qu'une commission de sociologues, je crois. Reste que bien des personnalités publiques pratiques l'autocensure et l'autocorrection, plus royalistes que le roi, par exemple (un peu pénible avec le montage, mais édifiant) :

Alt-right pour néologisme qu'il soit, est lui au moins construit sur quelque chose qui existe - quand bien même ce serait un phénoménal social -, sinon la distinction ne se serait pas faite. C'est l'usage, cela s'appelle l'usage, d'où son grand intérêt.

Entre l'alt-right et l'extrême-droite classique, il y a un monde. La forme et les méthodes ne sont pas les mêmes. On retrouve seulement un certain conservatisme, commun aux deux mouvements, où les choses peuvent effectivement s'entrecouper. Et encore, quoi.
Il est bon que des distinguos émergent - ils ne pouvaient pas, ne pas émerger. En espérant seulement que les "postmodernes" l'admettent, s'ils veulent l'admettre, tant il est vrai que les mouvements d'opposition jouissent de s'enfermer dans leur opposition - ils craignent trop de devoir réviser leur jugement, effrayés par la possibilité d'avoir tort, c'est-à-dire convaincus de l'impossibilité qu'ils aient tort. Et attention, je parle bien de personnes qui se disent sensées, calmes, désireuses formellement et universellement de vivre et laisser vivre. Hélas, entre les mots et les choses ...
Il a compris Nietzsche au sens classique, surtout sur la disparition du christianisme et l'effondrement d'un monde de valeurs. Peut-on lui donner tort ?
Je ne lui ai rien donné du tout.
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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Kal' le Sam 9 Sep 2017 - 0:44

Au figuré, ou au sens dérivé de scolastique, d'accord. Mais ces chinoiseries de postmodernisme - à supposer toujours, qu'il se résume au propos petersonien, - procèdent pourtant d'un illogisme profond, qui n'est pas scolastique pour un clou, comme on voit avec cette histoire de statue. 

Rien n'est illogique, chez soi et dans son monde. Nous voyons tous midi à notre porte, n'est-ce pas ? Il faut simplement s'assurer que notre système est hermétique, le plus hermétique possible à la réalité. Le reste se fait et advient naturellement.

... alors la scolastique n'est pas aussi infondée que prévue, contrairement au why "postmoderne", auquel je rajouterai volontiers cette affaire de genre : pour que le transgenre existe, il faut que les genres - donc les codes de genres - existent.

Mais si ce fut aussi léger et qu'au surplus ce fut le plus simple du monde à abattre, Malcolm, pourquoi tout cet embarras - pour Peterson, pour toi, pour moi ?

Dieu, c'est un exemple parmi tant d'autres. Les pétitions de principe courent les rues. Au moindre Caliban intellectuel, disposerait-il d'un piège et d'un peu d'astuce, le tour sera joué. Pour le reste, il le contraint à son lit de Procuste.

Oui, or "le mouvement" est flou à évaluer ; du moins faudrait-il ni plus ni moins qu'une commission de sociologues, je crois. Reste que bien des personnalités publiques pratiques l'autocensure et l'autocorrection, plus royalistes que le roi, par exemple (un peu pénible avec le montage, mais édifiant)

C'est dans l'air du temps, c'est notre zeitgeist, où notre philosophie se sent faible en tant que philosophie et que donc - elle complexifie (pour l'amour de la science). C'est psychologiquement logique.

Il est bon que des distinguos émergent - ils ne pouvaient pas, ne pas émerger. En espérant seulement que les "postmodernes" l'admettent, s'ils veulent l'admettre, tant il est vrai que les mouvements d'opposition jouissent de s'enfermer dans leur opposition - ils craignent trop de devoir réviser leur jugement, effrayés par la possibilité d'avoir tort, c'est-à-dire convaincus de l'impossibilité qu'ils aient tort. Et attention, je parle bien de personnes qui se disent sensées, calmes, désireuses formellement et universellement de vivre et laisser vivre. Hélas, entre les mots et les choses ...

Ah voilà !... Le sourire : *Souri*

Il ne manque plus qu'à faire attention, à ce que les postmodernes ne deviennent pas nos bobos soraliens.

Je ne lui ai rien donné du tout.

Ma foi... Quelle est la valeur d'une phrase interrogative ?
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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Malcolm le Sam 9 Sep 2017 - 11:05

Rien n'est illogique, chez soi et dans son monde. Nous voyons tous midi à notre porte, n'est-ce pas ? Il faut simplement s'assurer que notre système est hermétique, le plus hermétique possible à la réalité. Le reste se fait et advient naturellement.
Bon. Il fallait mettre cette logique en relation avec ton
Ah voilà !... Le sourire : *Souri*
rapport à l'intervalle entre les mots et les choses. C'est-à-dire que les postmodernes petersoniens, jouent évidemment de cet écart, pour laisser guedinement entendre que tout ne serait jamais qu'un construit social, qu'une performation linguistico-culturelle dans un angélisme-idéalisme-spiritualisme monstre, ou du moins un immatérialisme évident, serait-il tordu dans son usage. Naturellement, la biologie que nous percevons en faits - et pour conditionnée qu'elle soit par une sociologie et psychologie (au point qu'on ait pu générer une sociobiologie, d'ailleurs, ainsi qu'une neuropsychologie), - elle, n'est pas aussi déniable que ce postmodernisme l'escompterait.

D'ailleurs, à propos, je ne connais pas bien Jacques Derrida dans le texte, mais je suis persuadé que le derridisme de ce postmodernisme, procède de dérives (de même qu'avec Karl Marx, etc.) et encore que la seule fois que j'ai croisé du Derrida dans le texte, ce fut pour le trouver douteux, rapport à mon sujet. Passons mais, enfin, Derrida est connu pour cette citation : "L'animal que donc je suis." Aussi pensé-je ce postmodernisme un abâtardissement post-derridien, quoique la cadence arythmique de la citation, signale un malaise linguistico-culturel devant l'animalité. Ce ne sont que des subsomptions, mais il me semble alors, que ces postmodernistes n'auraient retenu de Derrida que le malaise.
Car, au fond, déconstruire un texte (et le mot déconstruction vient d'une certaine traduction de Heidegger, potentiellement encore traduit par destruction en effet, mais aussi désobstruction, ou - je propose - démantèlement) eh bien, déconstruire un texte, c'est aussi si bien nous en dépouiller, que nous nous retrouvons nus comme des vers devant le réel (autant qu'il est permis, autant que cette phrase a du sens - or elle en a, ne soyons pas relativistes).
A la fin, donc, nus comme des vers, nous reste un truc ou non pendouillant entre les jambes (sauf à bander), ou bien deux gourdes attachées à la poitrine avec le fourneau à enfourner pour cuisiner de l'humain. Et que celui qui ne veut trouver dans ces termes que du sexisme se tire la première balle dans le pied (et, accessoirement, une deuxième dans le genou) - la biologie enregistrerait-elle des exceptions, et la psychosociologie enregistrerait-elle en effet des variances linguistico-culturelles ès gender studies (d'ailleurs, contrairement à Peterson, je trouve que toutes ces something studies ont de la valeur, car elles permettent de transversaliser les approches disciplinaires autour d'un objet, plutôt que de le saucissonner en rondelles disciplinaires cloisonnées - simplexité d'Edgar Morin à l'appui).
Bref.

Finalement, l'illogisme, il fallait l'entendre comme (auto)contradiction, car le postmodernisme selon Peterson est une contradictio in adjecto. Universaliste dans ses termes, il ne s'enferre pas moins dans d'innommables identitarismes (genristes, racistes dans l'antiracisme-même à force de souligner les différences, and so on).
Non, à ce compte en effet, il faut lire Jean-François Revel, la Connaissance inutile. L'ouvrage parut dans les années 70-80 si je ne m'abuse, et s'insurgeait déjà contre ce devenir - un ouvrage dans lequel Alain Finkielkraut pompera assez bien je crois, pour écrire la Défaite de la pensée, début 80.
Hélas, il faut que le réflexe idéologique de ce postmodernisme abréagisse radicalement, rien qu'à l'évocation de ces noms, inconsidérément.
Mais si ce fut aussi léger et qu'au surplus ce fut le plus simple du monde à abattre, Malcolm, pourquoi tout cet embarras - pour Peterson, pour toi, pour moi ?
Le dysréalisme est puissant, précisément de ce que, dans ses infantilismes, il nous rappelle tous à nos infantilismes - car on en procède toujours, chacun à nos façons (c'est-à-dire que nous fûmes des nourrissons, des petits enfants, des enfants, périodes dans lesquels nos corps ont été informés par l'environnement, tandis que nous l'interprétions avec des moyens défectifs - mais non défectueux, hein ! - à savoir les moyens d'un petit Homme en phase de développement, tout simplement ; aussi ces périodes, avec l'adolescence sécrétée par le modernisme déjà, sont-elles sidéralement influençables et prégnantes dans nos vies, même si on les oublie ; or la résilience est un beau mot à la mode qui, orginellement, dit qu'il est ardu d'en revenir, c'est-à-dire de s'y faire ou faire avec). Soit donc que tout cela nécessite un puissant travail sur soi, dont on peut douter de l'accessibilité universelle, tant il tourne facilement - comme le petit lait - au développement personnel (c'est-à-dire au nombrilisme, énième infantilisme). Dans toutes les époques, le grand nombre n'est jamais allé très loin, ne nous leurrons pas - les disposibilités démocratisantes ne doivent pas nous abuser.
Or, en sus, nous vivons dans une civilisation qui, depuis deux siècles, vit de désirisme (lucrativisme, démocratisme, consumérisme, productivisme, technoprogressisme, transhumanisme, posthumanisme, libertarismes de toutes nos militances, etc.) : c'est dire si nous sommes sortis de l'auberge ! ... A ce niveau, je conseille la lecture de Peter Sloterdijk.

Soit donc qu'entre le dieu des scolarques médiévaux, et le why de ces postmodernes, il y a une différence de maturité n'allant pas en faveur des seconds.
Il ne manque plus qu'à faire attention, à ce que les postmodernes ne deviennent pas nos bobos soraliens.
Et évidemment, si un Soral a été rendu possible, c'est qu'il y a une forme de contre-valeur pertinente, dans ce bobo. "Un fond de vérité", comme on dit, serait-il contre-guedinisé au point d'en guediner à son tour diversement.

Soral qui, pour rappel, est un néomarxiste de juste engeance, encore qu'islamo-gauchiste dans les termes complotistes-antisionistes. Je vois mal comment le refouler "à la nouvelle réaction d'extrême-droite", ainsi que font guedinement ces postmodernistes.
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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Kal' le Mer 27 Sep 2017 - 19:40

Zemmour sur le postmodernisme (au début) :

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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

Message  Malcolm le Mer 27 Sep 2017 - 21:00

Zemmour serait de l'alt-right française ! *Lol*

Mais Jordan Peterson n'est pas de l'alt-right. C'est un scientifique - sauf à songer en termes de Phallus maléfique (c'est-à-dire de délire sociatrique) :

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Re: Jordan Peterson : le Philosophe qui murmurait aux oreilles des Mots

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