Kundera et l'Europe

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Kundera et l'Europe

Message  Destinée le Sam 28 Oct 2017 - 18:54

J'ai lu récemment ce livre ... enfin plutôt, essayé !!! parce que je ne sais pas vous mais, moi, les ouvrages de circonstance ont tendance à me sortir par les trous du nez ! enfin à 50 cts dans une bouquinerie je suis pas trop regardante ! ... Ce livre, c'est L'homme européen de Dominique de Villepin et Jorge Semprun (pas de quoi mouiller dans sa culotte entre deux politicards... mais bon je ne les connaissais pas quand j'ai payé !) dans les circonstances de l'après-Non français au référendum sur la constitution européenne de 2005 (au fond, un démenti relatif de nos élites déjà ! ou bien le témoignage que cette Europe oubliait un peu l'Europe ! le sol européen ! les Européens ! l'homme européen, CQDF ... mais au fond je m'en fous un peu j'dois dire !!!). Et alors je vais vous laisser apprécier l'introduction de ce livre, et après je vais vous mettre du Kundera. Mais l'introduction en premier (co-écrite) (ça date de 2006) (vous allez voir c'est très chiant de politicardise de cirocnstance) :
Pourquoi un Espagnol et un Français veulent-ils aujourd'hui parler ensemble de l'Europe ? Pourquoi un militant de gauche et un gaulliste fervent se retrouvent-ils dans ce désir de faire vivre le rêve européen ? Pourquoi deux hommes engagés dans des aventures différentes, nourris par une mémoire qui ne convoque pas les mêmes images, les mêmes langues ni les mêmes douleurs veulent-ils rassembler leurs énergies pour soutenir une promesse encore à peine esquissée ? Ensemble nous quêtons les nouvelles aurores, les idées vives derrière les tremeblements, animés d'une même volonté face à une Europe qui tarde trop à venir et qui semble désormais travers une crise durable. Depuis l'échec du référendum français, notre continent est à l'arrêt. Il hésite, il observe le monde au lieu d'essayer de le transformer. Il est à l'image de ce nouveau siècle qui oscille entre apssion et désenchantement, indfférence et enthousiasme. La ligne de partage passe en chacun de nous. Nous voulons tout, tout de suite et en même temps nous avons le sentiment que tout se vaut. Partout grandi l'impatience. Mauvais génie quand elle est précipitation et inconstance, elle est aiguillon quand elle pousse à l'ardeur et à l'audace.
Alors, ouvrons les yeux. L'Europe pour la paix et la démocratie bien sûr. L'Europe pour tirer le meilleur parti de la mondialisation et pour imprimer notre idéal humaniste dans le monde de demain. L'Europe pour offrir à nos vies quotidiennes, d'avantage de sécruité, de justice et d'ambition. Depuis 60 ans, combien de révolutions ? D'abord sous l'impulsion de quelques dirigeants éclairés, nos Etats se sont réconciliés et se sont lancés dans une aventure commune sans précédent. Ensuite, avec la chute du mur de Berlin, les peuples sont devenus les premiers acteurs de ce destin collectif. Aujourd'hui, le défi est à la fois de trouver un élan politique et de porter nos valeurs.
Plus que jamais l'Europe est une idée neuve. Une idée en marche qui ne vient pas se substituer aux nations anciennes, mais bien les raviver d'une exigence inconnue : inventer à plusieurs une démocratie européenne riche des apports de chacun, de nos pays et de notre idéal partagé. Dans cette Europe-là, il s'agit d'assumer nos identités et nos racines pour enrichir nos voyages. A nous de savoir réconcilier l'urgence et la durée, le regard intérieur mûri de nos passions anciennes et le besoin de nous hâter pour répondre aux aspirations de nos concitoyens comme aux attentes du monde. A nous de faire vivre dans une fidélité humaniste l'attention à chacun et le souci de tous les autres. Nous le voyons bien, cette révolution ne pourra être fondée que sur le respect, la tolérance, la fraternité, car des hauteurs et des abstractions des Lumières, il faut descendre dans l'arène du quotidien, avec la force d'un pouvoir retrouvé et l'enthousiasme de l'imagination. Face aux vieilles peurs, faisons grandir une nouvelle ambition. Aujourd'hui, malgré les échecs, malgré les hésitations d'un certain nombre de pays, les Européens ont un devoir d'audace. Seule l'audace nous permettra de répondre aux attentes des peuples en quête d'avenir qui réclament d'avantage de reconnaissance.
Dans ce but, nous avons souhaité confronter et enrichir nos expériences respectives pour tenter d'éclaire le chemin. TOus les deux enracinés dans nos terres d'origine, mais à cheval sur plusieurs pays, plsuieurs cultures européennes. L'un appartenant à la gauche socialiste, après une expérience de résistant communiste, riche et amère ; l'autre de tradition gaulliste mais revendiquant tout l'héritage français, de Jaurès à Mendès ou Chabam. L'un forgé par la guerre, les camps, par la lutte contre la dictature et le totalitarisme, l'autre élevé dans les tourments de la décolonisation et la montée du fanatisme, soucieux de défendre la justice et la règle de droit, mais tous deux instruits par la complexité du monde actuel, réunis par une passion démocratique et la fidélité aux valeurs de l'Europe, sûrs de la modernité de son élan révolutionnaire. Aussi, semaine après semaine, nous avons échangé convictions et arguments jusqu'à ce que de cette correspondance naisse ce petit ouvrage enrichi d'un dialogue de vive voix : à propos d'hier et de demain, à propos de ceux que nous aimons, portés par un rêve commun.

JS/DV
Passion démocratique !!! ça ne veut rien dire, comme beaucoup d'autres choses dans ce texte ! Revenons 20 ans en arrière maintenant ! :
Milan Kundera a écrit:Europe. Au Moyen-Âge, l'unité européenne reposait sur la religion commune. A l'époque des Temps modernes, elle céda la place à la culture (art, littérature, philosophie) qui devint la réalisation des valeurs suprêmes par lesquelles les Européens se reconnaissaient, se définissaient, s'identifiaient. Or, aujourd'hui, la culture cède à son tour la place. Mais à quoi et à qui ? Quel est le domaine où se réaliserons des valeurs suprêmes susceptibles d'unir l'Europe ? Les exploits techniques ? Le marché ? La politique avec l'idéal de démocratique, avec le principe de tolérance ? Mais cette tolérance, si elle ne protège plus aucune création riche ni aucune pensée forte, ne devient-elle pas vide et inutile ? Ou bien peut-on comprendre la démission de la culture comme une sorte de délivrance à laquelle il faut s'abandonner avec euphorie ? Je n'en sais rien. Je crois seulement savoir que la culture a déjà cédé sa place. Ainsi, l'image de l'identité européenne s'éloigne dans le passé. Européen : celui qui a la nostalgie de l'Europe.


Dernière édition par Mal' le Lun 19 Fév 2018 - 19:52, édité 3 fois (Raison : erreurs significatives de copiage)
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Re: Kundera et l'Europe

Message  Avis' le Sam 28 Oct 2017 - 19:24

Nous sommes passés trois fois à côté de l'Europe : une fois sous l'empire romain, une fois sous Charlemagne, une fois sous Napoléon. L'Europe des tyrans. Qu'accompagnait la religion.
L'Europe de la culture ne sera jamais ou alors cette culture sera américaine ou globalisée. Sauf à se voir damer le pion par une culture asiatique car la culture suit la domination économique. Qu'on s'en émeuve ou qu'on s'en fiche, l'avenir de l'Europe est à la fois ouvert et fermé : ouvert sur les tempêtes de l'individualisme des droits, fermé sur sa forme économique.
Ce qui manquera désormais à l'Europe, c'est une culture des devoirs, et non celle des droits qui justement tirent à hue et à dia. (Sagesse de l'incertitude).

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Re: Kundera et l'Europe

Message  Destinée le Sam 28 Oct 2017 - 21:23

Avistodénas a écrit:Nous sommes passés trois fois à côté de l'Europe : une fois sous l'empire romain, une fois sous Charlemagne, une fois sous Napoléon. L'Europe des tyrans. Qu'accompagnait la religion.
L'Europe de la culture ne sera jamais ou alors cette culture sera américaine ou globalisée. Sauf à se voir damer le pion par une culture asiatique car la culture suit la domination économique. Qu'on s'en émeuve ou qu'on s'en fiche, l'avenir de l'Europe est à la fois ouvert et fermé : ouvert sur les tempêtes de l'individualisme des droits, fermé sur sa forme économique.
Ce qui manquera désormais à l'Europe, c'est une culture des devoirs, et non celle des droits qui justement tirent à hue et à dia. (Sagesse de l'incertitude).
Alors vous, vous êtes Européen comme dit Kundera ! Hahaha.
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Re: Kundera et l'Europe

Message  Malcolm le Jeu 16 Nov 2017 - 0:06

Comme je le disais :
Malcolm a écrit:Cette Europe comme entité spirituelle [...] laisse à désirer. L'Europe, au-delà de sa géographie déplorable (péninsule asiatique), est elle-même un mariage forcé, une alliance de circonstances. Y voir une crise, c'est y croire et en désespérer, comme Michel Onfray. Seul l'atlantisme est réel, politiquement d'une part, et mythiquement de l'autre : mentalité d'Atlantide réalisée.
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