Savoir livresque ou intuitif ?

Aller en bas

Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Tichikarasu le Mer 6 Déc 2017 - 9:47

Faunus a écrit:rester dans la théorie, le savoir uniquement livresque, ne donne pas une vraie connaissance de la nature de l'homme..

Je croit que nous en avons déjà parlé sur un autre topic. Mais je n'était pas armé comme aujourd'hui :

Epictète a écrit: Entretiens II Chap XVI

Comment donc s'étonner que nous nous connaissions si bien aux choses extérieures, et que dans nos actes il n'y ait que bassesse, impudence, absence de toute valeur, lâcheté, négligence, rien de bon en somme? C'est que nous n'en avons ni soin ni souci. Si nous avions peur, non point de la mort et de l'exil, mais de la peur elle-même, c'est elle que nous tâcherions d'éviter à titre de mal. Aujourd'hui dans l'école, nous avons du feu et de la langue, et, quand une de ces questions se présente, nous nous entendons à la traiter tout du long. Mais fais-nous passer à l'application, quels pauvres naufragés tu trouveras! Qu'il se présente un objet propre à nous troubler, et tu verras ce à quoi nous nous sommes préparés, ce à quoi nous nous sommes exercés! Aussitôt, faute de préparation, nous nous grossissons les objets qui nous entourent, et nous nous les figurons d'autre taille qu'ils ne sont. Quand je suis sur un navire, si mes yeux plongent dans l'abîme, ou si je considère la mer qui m'entoure, en n'apercevant plus la terre, je me trouble à l'instant, et je me représente que, si je faisais naufrage, il me faudrait boire toute cette mer; et il ne me vient pas à l'esprit qu'il suffit de trois setiers pour me suffoquer. Qu'est-ce qui me trouble donc ici? Est-ce la mer? Non ; mais ma façon de voir. De même, quand arrive un tremblement de terre, je me représente toute la ville tombant sur moi. Mais ne suffit-il pas d'une petite pierre, pour faire jaillir ma cervelle?

Encore est il à admettre qu'il faut une basse solide pour construire un édifice. Et que cette basse solide est en vérité un savoir. Qu'il soit livresque ou introspectif. Bien que dans l'introspection demeure le souci de c'est propre projection, de c'est biais cognitif, et autre travers propre à l’esprit des Hommes. Ai-je dit travers ? En vérité à la manière dont Nietzsche défendrait certain maux comme étant bon pour l'humanité dans son ensemble, il en va de même pour nos distorsions du réel. Elle ne sont qu'un moyen de tenir soudé un monde qui m'échappe, mais même fuyant par ces tours de passe passe voici que je rend inéligible le sans substance.
Tout autant que le savoir livresque peu nous induire vers des chemin courbe et retor qui ce trouve réduire les issus. En quoi il te faudra toujours un esprit critique, un esprit de doute fertile près à admettre ce que tu répugné à voir. Car même de nos répugnance nous pouvons nous enrichir.

Encore que le savoir livresque, que je nomme en d'autre lieux éruditions, peu posé lui même sont travers. En effet, il peu être, non il est toujours, un travers de l'âme qui s'en noblie elle même de possédé ce que si peut possède. Pourquoi il peu être, non il est ? Car les intentions sont chose obscure, chose propre à chaque un, mais dont tous n'ont pas forcement conscience. Et il est rapide de jugé de l'intention de l'un, mais cette précipitation ce trouve souvent gage d'erreur. Encore un fois l'humilité nous demande de taire les jugements et de laisser court au chose plutôt que de présumé sur leurs causes.

De l'introspection, un autre défaut ce trouve caché là. Et pour cela je reprendrait Épictète :

Entretiens II Chap XI:

M. Epictète a écrit:Nous venons au monde sans avoir naturellement aucune notion du triangle rectangle, du dièse ou des demi-tons; chacune de ces choses ne s'apprend que par la transmission de la science ; aussi ceux qui ne les savent pas ne croient-ils pas les savoir. Mais quant au bien et au mal, quant à la beauté et à la laideur, quant à ce qui est séant ou malséant, quant au bonheur ou au malheur, quant à ce qui convient ou ne convient pas, quant à ce que nous devons faire ou ne pas faire, qu'est-ce qui est venu au monde sans en avoir en lui la notion? Aussi tout le monde se sert-il de ces termes, et essaie-t-il d'appliquer ces notions premières aux faits particuliers. Un tel a bien agi. C'était son devoir. C'était contre son devoir. Il a été heureux. Il a été malheureux. Il est injuste. Il est juste. Qui de nous s'abstient de ces façons de dire? Qui de nous en remet l'usage au temps où il sera instruit, comme le font, pour les figures de la géométrie et pour les notes de la musique, ceux qui ne s'y connaissent pas? La cause en est que nous venons au monde en tenant de la nature sur ce point une certaine instruction, d'où nous partons pour nous permettre de juger. Pourquoi en effet, dit-on, ne me connaîtrais-je pas au beau et au bien? N'en ai-je donc point les notions? — Tu les as. — Est-ce que je ne les applique pas aux faits particuliers? — Tu les appliques. — Est-ce que je ne les applique pas bien? — Toute la question est là; car c'est dans ces applications mêmes que consistent les jugements. Tous les hommes sont d'accord sur ces notions premières, qui sont leur point de départ ; mais ils arrivent à des conclusions douteuses parce qu'ils ne les appliquent pas bien. Si, avec ces notions elles-mêmes, on avait en plus le talent de les appliquer, qu'est-ce qui empêcherait d'être parfait? Mais enfin, puisque tu crois appliquer à propos ces notions premières aux faits particuliers, dis-moi d'où tu tires cette croyance? — De ce que les choses me paraissent ainsi. — Mais il est tel individu à qui elles ne paraissent pas ainsi, et qui croit lui aussi appliquer ces notions d'une manière convenable. Est-ce qu'il ne le croit pas par hasard? — Il le croit. — Mais se peut-il, quand vos jugements se contredisent, que des deux côtés vous appliquiez à propos les notions premières? — Cela ne se peut. — Pourrais-tu nie montrer quelque chose qui, pour nous guider dans leur application, fût supérieur et préférable au : Cela me paraît être? Le fou lui-même fait-il autre chose que ce qui lui paraît bien? Et serait-ce donc là chez lui aussi un critérium suffisant? — Ce n'en est pas un suffisant. — Arrive donc à quelque chose qui soit supérieur à l'apparence. Mais quel est ce quelque chose?
Le voici. Le commencement de la philosophie, c'est de s'apercevoir des contradictions qui existent entre les hommes, d'en rechercher la cause, de faire peu de cas de la simple apparence, de la tenir, pour suspecte, d'examiner avec soin si elle est fondée, de trouver un moyen de jugement qui soit pour elle ce qu'a été l'invention de la balance pour les poids, l'invention du fil à plomb pour les lignes droites ou courbes. Voilà le commencement de la philosophie.
Ce qui paraît vrai à chaque homme l'est-il réellement? — Comment des choses contradictoires pourraient-elles être également vraies? — Eh bien! ce ne sera pas ce qui paraît vrai à chacun, mais ce qui nous paraît vrai à nous? Mais pourquoi à nous plutôt qu'aux Syriens? Pourquoi à nous plutôt qu'aux Egyptiens? Pourquoi de préférence ce qui paraît vrai à moi ou à un tel? Pas de raison pour cela. Donc parce qu'une chose paraît vraie à quelqu'un, ce n'est pas une raison pour qu'elle le soit. C'est ainsi qu'en fait de poids et de mesures nous ne nous en tenons pas à l'apparence, et que nous avons trouvé un moyen sûr de prononcer dans chaque cas.
N'y a-t-il donc pas ici un moyen de juger qui soit supérieur à l'apparence? Eh! comment se pourrait-il que ce qu'il y a de plus nécessaire à l'homme fût impossible à découvrir et à reconnaître? Ce moyen existe donc.
Pourquoi alors ne pas nous mettre à le chercher, à le trouver, pour nous en servir, après l'avoir trouvé, sans plus nous tromper désormais, car nous n'étendrons même plus le doigt sans recourir à lui? Or, ce moyen, dont la découverte guérira de leur folie ceux qu'égare l'apparence, leur seule mesure du vrai, le voici, je crois : désormais nous ne partirons que de principes bien reconnus et bien déterminés, et nous commencerons par bien éclaircir nos notions premières avant de les appliquer aux faits particuliers. Source : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/epictete/entretiens2.htm#XI

Passage un peu long je l'admet, mais je garde le tout, car le tout ce tiens ensemble, et il ne mais pas permis d'en ôté le mot. Bref, comme je le posterai peu être autre par, nous pensons tous avoir la vérité sur ce qui est vrais, faut, juste, mal, bon, mauvais, beau, laid. Et comme le dit le Tao te King :

Tao te king a écrit:Dans le monde, lorsque tous les hommes ont su apprécier la beauté (morale), alors la laideur (du vice) a paru. Lorsque tous les hommes ont su apprécier le bien, alors la mal a paru. C'est pourquoi l'être et le non-être naissent l'un de l'autre.
Le difficile et le facile se produisent mutuellement.
Le long et le court se donnent mutuellement leur forme.
Le haut et le bas montrent mutuellement leur inégalité.
Les tons et la voix s'accordent mutuellement.
L'antériorité et la postériorité sont la conséquence l'une de l'autre. [..]

Ce que l'introspection, ainsi qu'une exploration subjective de la vie de manière personnelle peut comporté un autre travers. Une intentions, une cause sinistre. Cause qui a souvent était mit en relief entre les murs de ce forum. C'est l’esprit de paresse. Bien sur comme plus haut pour l'éruditions, l'intentions est obscure. Il ne m'est pas permis de jugé de l'intentions, mais il se trouve certain cas, ou pour cause de flemme nous nous refusons à toute lecture, étude, en nous en remettant uniquement à nos jugement. Avec les méfait cité ci dessus. Bien sur tout un chaque un s'en défendra, en invoquant l'argument X, Y ou Z. Mais il est bon d’admettre la vérité, car aussi dur soit elle à s'avoué elle porte un quelque chose de salutaire.
Ce a quoi je rajoute que cette esprit de paresse je l'ait souvent. Et c'est une chose pernicieuse, elle trouvera tout les motifs du monde pour ne pas faire sont " devoir". Ne soyons pas dupe de nous même. C'est aussi de la prise en compte de ce phénomène en moi même que je me suis sortit les doigt du ... . Ce qui m'a poussé à lire plus que ce que je ne l'aurait sans cela.

Je conclurait mon propos ainsi, va lire, apprendre, pratiqué l'introspections et ne tiens rien pour vrais. Va médité, pratique, exerce ton âme en ce qui te semble salutaire pour toi ( et pour tous si tu juge que le bien commun est un bien pour toi). Personnellement je laisse la poussière à ce qui aime les galette de terre, je remplirait, à la manière de Djinn chinois, mon esprit et mon corps, d'un souffle et de quelque goutte de rosé matinal.

Que votre journée soit agréable, La Corneille


Dernière édition par Tichikarasu le Mer 6 Déc 2017 - 10:10, édité 1 fois (Raison : Oublie d'un argument)

Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Faunus le Mer 6 Déc 2017 - 18:34

Je pense que ton post est un sujet à part entière, j'attends que l'administration le déplace dans la bonne section, avant d'intervenir, afin de lui éviter du travail. *Merci*

Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Tichikarasu le Jeu 7 Déc 2017 - 9:01

Transvasement:
T'éxprimera tu de manière semblable dans un bar que devant une assemblé ?

- Ce n'est pas par vanité que je te répondrait non. C'est par bon sens, et par connaissance du verbe opportun que je te répond cella. Pas que je soit différent devant l'assemblé ou au bistro, mais l'environnement diffère,celui qui sais s'adapté à l’environnement sais qu'en un lieux différent le discourt ce fait différent.

Va donc ajusté t'est mots, volaille !

Moi même a écrit:Encore que le savoir livresque, que je nomme en d'autre lieux éruditions, peu posé lui même sont travers. En effet, il peu être, et non pas: "il est toujours", un travers de l'âme qui s'en noblie, se flatte elle même de possédé ce que si peut possède. Pourquoi il peu être, non il est ?
Car les intentions sont chose obscure, chose propre à chaque un, mais dont tous n'ont pas forcement conscience. Et il est rapide de jugé de l'intention de l'un, mais cette précipitation ce trouve souvent gage d'erreur. Encore un fois l'humilité nous demande de taire les jugements et de laisser court au chose plutôt que de présumé sur leurs causes.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Malcolm le Jeu 7 Déc 2017 - 9:05

TK, tu nous enseignes tous. Moralement, s'entend, rapport au topic duquel est issu ton propos, et auquel il répondait vraiment. Cela dit en effet, il mérite son extraction, par sa qualité. La partie Stoïciens eut eu ma préférence, mais soit.

J'essaierai de repasser.
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Cube le Ven 15 Déc 2017 - 19:37

Tichikarasu a écrit:
Faunus a écrit:rester dans la théorie, le savoir uniquement livresque, ne donne pas une vraie connaissance de la nature de l'homme..

Je crois que nous en avons déjà parlé sur un autre topic. Mais je n'étais pas armé comme aujourd'hui :

Epictète a écrit: Entretiens II Chap XVI

Comment donc s'étonner que nous nous connaissions si bien aux choses extérieures, et que dans nos actes il n'y ait que bassesse, impudence, absence de toute valeur, lâcheté, négligence, rien de bon en somme? C'est que nous n'en avons ni soin ni souci. Si nous avions peur, non point de la mort et de l'exil, mais de la peur elle-même, c'est elle que nous tâcherions d'éviter à titre de mal. Aujourd'hui dans l'école, nous avons du feu et de la langue, et, quand une de ces questions se présente, nous nous entendons à la traiter tout du long. Mais fais-nous passer à l'application, quels pauvres naufragés tu trouveras! Qu'il se présente un objet propre à nous troubler, et tu verras ce à quoi nous nous sommes préparés, ce à quoi nous nous sommes exercés! Aussitôt, faute de préparation, nous nous grossissons les objets qui nous entourent, et nous nous les figurons d'autre taille qu'ils ne sont. Quand je suis sur un navire, si mes yeux plongent dans l'abîme, ou si je considère la mer qui m'entoure, en n'apercevant plus la terre, je me trouble à l'instant, et je me représente que, si je faisais naufrage, il me faudrait boire toute cette mer; et il ne me vient pas à l'esprit qu'il suffit de trois setiers pour me suffoquer. Qu'est-ce qui me trouble donc ici? Est-ce la mer? Non ; mais ma façon de voir. De même, quand arrive un tremblement de terre, je me représente toute la ville tombant sur moi. Mais ne suffit-il pas d'une petite pierre, pour faire jaillir ma cervelle?

Encore est-il à admettre qu'il faut une base solide pour construire un édifice. Et que cette base solide est en vérité un savoir. Qu'il soit livresque ou introspectif. Bien que dans l'introspection demeure le souci de ses propres projections, de ses biais cognitifs, et autres travers propres à l’esprit des Hommes. Ai-je dit travers ? En vérité, à la manière dont Nietzsche défendrait certains maux comme étant bons pour l'humanité dans son ensemble, il en va de même pour nos distorsions du réel. Elles ne sont qu'un moyen de tenir soudé un monde qui m'échappe, mais même fuyant par ces tours de passe-passe voici que je rends inéligible le sans substance.
Tout autant que le savoir livresque peut nous induire vers des chemins courbes et retors qui se trouvent réduire les issues. En quoi il te faudra toujours un esprit critique, un esprit de doute fertile près à admettre ce que tu répugnais à voir. Car même de nos répugnances nous pouvons nous enrichir.

Encore que le savoir livresque, que je nomme en d'autres lieux érudition, peut poser lui-même son travers. En effet, il peut être, et non pas "il est toujours", un travers de l'âme qui s’ennoblit, se flatte elle-même de posséder ce que si peu possèdent. Pourquoi il peut être, et non il est ? Car les intentions sont choses obscures, choses propres à chacun, mais dont tous n'ont pas forcément conscience. Et il est rapide de juger de l'intention de l'un, mais cette précipitation se trouve souvent gage d'erreur. Encore une fois, l'humilité nous demande de taire les jugements et de laisser court aux choses plutôt que de présumer sur leurs causes.

De l'introspection, un autre défaut se trouve caché là. Et pour cela je reprendrai Épictète :

Entretiens II Chap XI:

M. Epictète a écrit:Nous venons au monde sans avoir naturellement aucune notion du triangle rectangle, du dièse ou des demi-tons; chacune de ces choses ne s'apprend que par la transmission de la science ; aussi ceux qui ne les savent pas ne croient-ils pas les savoir. Mais quant au bien et au mal, quant à la beauté et à la laideur, quant à ce qui est séant ou malséant, quant au bonheur ou au malheur, quant à ce qui convient ou ne convient pas, quant à ce que nous devons faire ou ne pas faire, qu'est-ce qui est venu au monde sans en avoir en lui la notion? Aussi tout le monde se sert-il de ces termes, et essaie-t-il d'appliquer ces notions premières aux faits particuliers. Un tel a bien agi. C'était son devoir. C'était contre son devoir. Il a été heureux. Il a été malheureux. Il est injuste. Il est juste. Qui de nous s'abstient de ces façons de dire? Qui de nous en remet l'usage au temps où il sera instruit, comme le font, pour les figures de la géométrie et pour les notes de la musique, ceux qui ne s'y connaissent pas? La cause en est que nous venons au monde en tenant de la nature sur ce point une certaine instruction, d'où nous partons pour nous permettre de juger. Pourquoi en effet, dit-on, ne me connaîtrais-je pas au beau et au bien? N'en ai-je donc point les notions? — Tu les as. — Est-ce que je ne les applique pas aux faits particuliers? — Tu les appliques. — Est-ce que je ne les applique pas bien? — Toute la question est là; car c'est dans ces applications mêmes que consistent les jugements. Tous les hommes sont d'accord sur ces notions premières, qui sont leur point de départ ; mais ils arrivent à des conclusions douteuses parce qu'ils ne les appliquent pas bien. Si, avec ces notions elles-mêmes, on avait en plus le talent de les appliquer, qu'est-ce qui empêcherait d'être parfait? Mais enfin, puisque tu crois appliquer à propos ces notions premières aux faits particuliers, dis-moi d'où tu tires cette croyance? — De ce que les choses me paraissent ainsi. — Mais il est tel individu à qui elles ne paraissent pas ainsi, et qui croit lui aussi appliquer ces notions d'une manière convenable. Est-ce qu'il ne le croit pas par hasard? — Il le croit. — Mais se peut-il, quand vos jugements se contredisent, que des deux côtés vous appliquiez à propos les notions premières? — Cela ne se peut. — Pourrais-tu nie montrer quelque chose qui, pour nous guider dans leur application, fût supérieur et préférable au : Cela me paraît être? Le fou lui-même fait-il autre chose que ce qui lui paraît bien? Et serait-ce donc là chez lui aussi un critérium suffisant? — Ce n'en est pas un suffisant. — Arrive donc à quelque chose qui soit supérieur à l'apparence. Mais quel est ce quelque chose?
Le voici. Le commencement de la philosophie, c'est de s'apercevoir des contradictions qui existent entre les hommes, d'en rechercher la cause, de faire peu de cas de la simple apparence, de la tenir, pour suspecte, d'examiner avec soin si elle est fondée, de trouver un moyen de jugement qui soit pour elle ce qu'a été l'invention de la balance pour les poids, l'invention du fil à plomb pour les lignes droites ou courbes. Voilà le commencement de la philosophie.
Ce qui paraît vrai à chaque homme l'est-il réellement? — Comment des choses contradictoires pourraient-elles être également vraies? — Eh bien! ce ne sera pas ce qui paraît vrai à chacun, mais ce qui nous paraît vrai à nous? Mais pourquoi à nous plutôt qu'aux Syriens? Pourquoi à nous plutôt qu'aux Égyptiens? Pourquoi de préférence ce qui paraît vrai à moi ou à un tel? Pas de raison pour cela. Donc parce qu'une chose paraît vraie à quelqu'un, ce n'est pas une raison pour qu'elle le soit. C'est ainsi qu'en fait de poids et de mesures nous ne nous en tenons pas à l'apparence, et que nous avons trouvé un moyen sûr de prononcer dans chaque cas.
N'y a-t-il donc pas ici un moyen de juger qui soit supérieur à l'apparence? Eh! comment se pourrait-il que ce qu'il y a de plus nécessaire à l'homme fût impossible à découvrir et à reconnaître? Ce moyen existe donc.
Pourquoi alors ne pas nous mettre à le chercher, à le trouver, pour nous en servir, après l'avoir trouvé, sans plus nous tromper désormais, car nous n'étendrons même plus le doigt sans recourir à lui? Or, ce moyen, dont la découverte guérira de leur folie ceux qu'égare l'apparence, leur seule mesure du vrai, le voici, je crois : désormais nous ne partirons que de principes bien reconnus et bien déterminés, et nous commencerons par bien éclaircir nos notions premières avant de les appliquer aux faits particuliers. Source : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/epictete/entretiens2.htm#XI

Passage un peu long je l'admets, mais je garde le tout, car le tout se tient ensemble, et il ne m'est pas permis d'en ôter le moindre mot. Bref, comme je le posterai peut-être autre part, nous pensons tous avoir la vérité sur ce qui est vrais, faux, juste, mal, bon, mauvais, beau, laid. Et comme le dit le Tao te King :

Tao te king a écrit:Dans le monde, lorsque tous les hommes ont su apprécier la beauté (morale), alors la laideur (du vice) a paru. Lorsque tous les hommes ont su apprécier le bien, alors la mal a paru. C'est pourquoi l'être et le non-être naissent l'un de l'autre.
Le difficile et le facile se produisent mutuellement.
Le long et le court se donnent mutuellement leur forme.
Le haut et le bas montrent mutuellement leur inégalité.
Les tons et la voix s'accordent mutuellement.
L'antériorité et la postériorité sont la conséquence l'une de l'autre. [..]

Ce que l'introspection, ainsi qu'une exploration subjective de la vie de manière personnelle peuvent comporter un autre travers. Une intention, une cause sinistre. Cause qui a souvent était mise en relief entre les murs de ce forum. C'est l’esprit de paresse. Bien sûr comme plus haut pour l'érudition, l'intention est obscure. Il ne m'est pas permis de juger de l'intention, mais il se trouve certains cas, ou pour cause de flemme nous nous refusons à toute lecture, étude, en nous en remettant uniquement à nos jugements. Avec les méfaits cité ci-dessus. Bien sûr tout un chacun s'en défendra, en invoquant l'argument X, Y ou Z. Mais il est bon d’admettre la vérité, car aussi dure soit-elle à s'avouer, elle porte un quelque chose de salutaire.
Ce à quoi je rajoute que cet esprit de paresse, je l'ai souvent. Et c'est une chose pernicieuse, elle trouvera tous les motifs du monde pour ne pas faire son "devoir". Ne soyons pas dupes de nous-mêmes. C'est aussi de la prise en compte de ce phénomène en moi-même que je me suis sorti les doigts du ... . Ce qui m'a poussé à lire plus que ce que je ne l'aurais fait sans cela.

Je conclurai mon propos ainsi, va lire, apprendre, pratiquer l'introspection et ne tiens rien pour vrai. Va méditer, pratique, exerce ton âme en ce qui te semble salutaire pour toi (et pour tous si tu juges que le bien commun est un bien pour toi). Personnellement, je laisse la poussière à ceux qui aiment les galettes de terre, je remplirai, à la manière de Djinn chinois, mon esprit et mon corps, d'un souffle et de quelques gouttes de rosée matinale.

Que votre journée soit agréable, La Corneille.

J'ai corrigé les fautes pour étendre ton lectorat et augmenter les chances de réponses.


Dernière édition par Cubecrevette le Ven 15 Déc 2017 - 20:51, édité 1 fois
avatar
Cube
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Avis' le Ven 15 Déc 2017 - 20:29

Ca, c'est sympa. Je vais relire.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Tichikarasu le Sam 16 Déc 2017 - 13:27

Merci cubecrevette. J espere que cela n a pas etait une trop grande contrainte. Pense tu veritablement que ce soit leq fautes qui font fuire les reponses ? Je pense qu il y a milles chose a en redire mais que ce sujet n interesse que pour incriminer l'autre ... Non pour etre sujet a reflexion. Mais un grand merci encore a toi !

Respectueusement la corneille.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Savoir livresque ou intuitif ?

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum