Questionnement sur l'orgueil et son rôle

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Questionnement sur l'orgueil et son rôle

Message  Propos le Sam 9 Déc 2017 - 18:15

http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2256p20-suggestions-forumesques#44062

Faunus a écrit:L'orgueil, du point de vue limité de celui qui ne travaille pas beaucoup sur lui-même, qui ne cherche pas à savoir qui il est, et quelle est la nature de l'homme, peut prendre la forme d'une qualité, parfois, en effet. Pour gagner un match de tennis, pour se motiver dans des études ou une recherche, pour créer une oeuvre matérielle, on parle de sursaut d'orgueil, certes indispensable.
Pour celui qui va un peu plus en profondeur en lui-même, l'orgueil n'est plus une qualité, dans le sens qu'il perçoit alors que ce qui lui donnait de la force n'était originellement en réalité pas de l'orgueil...

Petit Larousse 2010 a écrit:Orgueil n.m. 1. Estime excessive de sa propre valeur. 2. Sentiment de fierté légitime ; amour-propre, dignité. 3. Objet, sujet de fierté. Cette enfant est l'orgueil de la famille.

Je comprends ce que tu dis, Faunus, si l'orgueil désigne l'"estime excessive de sa propre valeur". Encore que je ne pense pas qu'il soit utile de surestimer sa propre valeur quand il s'agit de faire quelque chose dont on est en fait capable. Si l'action en question nécessite une forme de panache, en reprenant l'exemple du match de tennis, métaphoriquement ou non, il s'agirait de bander les muscles pour impressionner l'adversaire ; aussi bien les arbitres que la balle ne se laissant pas impressionner, le but serait d'en imposer pour s'affirmer : soit se convaincre soi-même (si on en doutait suffisamment), ou atteindre le moral du concurrent.

Pour n'importe quelle activité, pour vivre, il faut effectivement un minimum d'auto-affirmation, qu'on appelle illusions positives en Psychologie. Pour se motiver à faire quelque chose, je ne crois pas que ce soit vraiment l'orgueil qui entre en jeu, mais plutôt l'utilité que l'on perçoit de l'activité à venir, ou encore la future satisfaction possible qui serait anticipée. En effet, pour les sportifs de haut niveau, une bonne dose de fierté peut être d'un grand secours, pour la bonne raison qu'à force de taper dans le même ballon ou la même balle, ou que sais-je d'autre, sauf à être intérieurement creux, c'est totalement vide de sens, et donc décourageant. La compétition constante, la nécessité de prouver ce que l'on vaut pour toujours proposer un spectacle digne d'être commercialisé, le fait d'être tenu de pratiquer encore et toujours la même discipline pour être un sportif de haut niveau, ou s'en approcher... si on a plus d'aspirations spirituelles qu'un poisson rouge, le dérisoire de la situation se combat facilement : en embrassant son caractère dérisoire, et en jouant le jeu d'être une star, de faire le show, d'être plein de soi-même, d'être Matt Pokora.
Les grands joueurs d'échecs ont parfois recours à l'hypnose pour se préparer mentalement, se donner de meilleures chances de garder leur concentration intacte pendant un tournoi. J'ai bien une idée du pourquoi : c'est qu'ils n'arrivent pas à toute heure à trouver fondée l'utilité de faire le travail de calculatrice humaine, et qu'ils ne trouvent pas non plus la fierté qui les sauverait.

Jacques Rigaut a écrit:Si ma sensibilité me conduisait à une action je serais sauvé. Car, quelque action que ce soit, elle donne un sens à toutes les expériences précédentes, elle les organise.

L'action nous sauve, nous divertit. Ne pas y plonger implique de faire fasse à un gouffre : il faudrait se retrouver seul avec soi-même, et misère, peut-être qu'il nous arriverait des pensées — comme on dirait qu'il pourrait nous arriver des bricoles.

Faunus a écrit:Pour celui qui va un peu plus en profondeur en lui-même, l'orgueil n'est plus une qualité, dans le sens qu'il perçoit alors que ce qui lui donnait de la force n'était originellement en réalité pas de l'orgueil...

À mon avis que si, mais de l'orgueil au sens de "sentiment de fierté légitime ; amour-propre, dignité."

HS sur le vocabulaire:

Faunus a écrit:L'orgueil, du point de vue limité de celui qui ne travaille pas beaucoup sur lui-même, qui ne cherche pas à savoir qui il est, et quelle est la nature de l'homme, peut prendre la forme d'une qualité, parfois, en effet.

Ici, tu parles d'orgueil, mais on pourrait remplacer le mot orgueil par vanité. Comme j'aime bien utiliser les mots précisément et éviter les ambiguïtés, je retiens le second sens : quand je parle ou que j'entends parler d'orgueil, je pense à ce qui caractérise les personnes qui auront toujours la conviction de leur valeur ; et quand je parle de vaniteux, ou que j'en entends parler, je comprends ce terme comme désignant la fierté la plus superficielle, la plus creuse, la fierté des personnes qui se gratifient pour ce qu'ils croient avoir comme qualités, mais celles-ci ne sont absolument pas de leur fait : c'est là le ressort de ce qui entretient leurs illusions positives débordantes.
Un orgueilleux au sens de (2.), au contraire ne s'enorgueillit pas nécessairement de ce qui ne dépend à aucun moment de lui (comme son hypothétique beauté, par exemple), cela en ferait un vaniteux.

C'est juste une distinction que je fais pour ne plus avoir à tortiller de l'un à l'autre de ces termes.

Pour résumer, je crois que la fierté est nécessaire quand on n'a plus que cette rebuffade pour se donner le coup de fouet nécessaire à l'accomplissement d'une action dont on ne [censuré]çoit (c o n-çoit) pas les bénéfices, ou le sens à l'instant même.
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