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Message  .O. le Dim 14 Jan 2018 - 1:43

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Invité le Dim 14 Jan 2018 - 2:14

Ravi de vous avoir parmi nous, Docteur.


Dernière édition par Kalos le Ven 26 Jan 2018 - 17:29, édité 1 fois
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Re: .Histoire d'eau.

Message  .O. le Dim 14 Jan 2018 - 14:36

Kalos a écrit:Ravi de vous avoir parmi nous, Docteur.

Bonjour patron, merci pour votre accueil :)

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Invité le Dim 14 Jan 2018 - 15:42

Mais une thèse de chirurgie ne doit-elle pas se limiter aux sciences dures ?
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Re: .Histoire d'eau.

Message  .O. le Dim 14 Jan 2018 - 17:08

Kalos a écrit:Mais une thèse de chirurgie ne doit-elle pas se limiter aux sciences dures ?

C'est ce que l'on pourrait croire.
Le domaine médical n'est pas fermé aux apports philosophiques, métaphysiques, conceptuels
ou ayant trait à la symbolique, à travers les âges.

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Prince' le Dim 14 Jan 2018 - 17:24

Bienvenue.
Pourquoi ce retour à la philosophie ? Et pourquoi la qualifier de classique ? Et par quoi recommencerez-vous ?
Par curiosité, quels arts martiaux avez-vous pratiqué ?
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Re: .Histoire d'eau.

Message  Invité le Dim 14 Jan 2018 - 18:57

Intéressant tout ça.
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Re: .Histoire d'eau.

Message  .O. le Dim 14 Jan 2018 - 19:49

Princeps a écrit:Bienvenue.
Pourquoi ce retour à la philosophie ? Et pourquoi la qualifier de classique ? Et par quoi recommencerez-vous ?
Par curiosité, quels arts martiaux avez-vous pratiqué ?

Enchanté Princeps,

Disons que la raison profonde de ce retour à la philosophie ne m'est pas connue.
Quatre éléments cependant me viennent à l'esprit et pourrait imparfaitement expliquer ce come back :
- il y a 3 jours de cela je feuilletais un article sur Swedenborg https://fr.wikipedia.org/wiki/Emanuel_Swedenborg
ce Leonard de Vinci du Nord, Aristote de Suède, qui inspira notamment Blake, Baudelaire, Paul Valéry et Borgès.
Dans cet article de Poirier, M. (2003). Le mystère Swedenborg : raison ou déraison ?. Santé mentale au Québec, 28(1), 258–277. doi:10.7202/006991ar ,
monsieur Poirier écrit : "Le ciel exige beaucoup des élus. Ils doivent parfaire leurs compétences et leurs capacités, discutant et débattant sans cesse de mille sujets. Ils cherchent à s’instruire, à développer tous leurs dons. Swedenborg conte l’histoire d’un homme qui toute sa vie a vécu en ascète et a renoncé aux jouissances pour prier et gagner son ciel. Il a prié, prié, et s’est détaché de tout. Rendu au ciel, on ne sait plus que faire de lui. Il essaie de converser avec les anges mais ne sait pas converser. Il essaie d’apprendre mais ne sait pas apprendre. Il n’a développé aucun talent, aucune habileté! Bref, il s’est tant appauvri dans sa vie terrestre qu’il s’est vidé de tout contenu, de toute aptitude. On lui accorde alors la grâce de se projeter l’image d’un désert et d’aller y vivre, en solitaire marginal".
J'ai la sensation d'avoir perdu moi aussi mes capacités à converser et à apprendre...
- j'ai des milliers de livres de philosophie non lus - ou oubliés - dans ma bibliothèque : n'attendent-ils pas ma considération ?
- La frontière entre la philosophie occidentale et la mystique peut être bien floue...je pense par exemple à Socrate et son daïmon.
- Enfin, j'ai été charmé par l'intelligence discursive de certains trublions de votre forum,
et cela est un attrait esthétique suffisant pour un poète.

Je nomme philosophie classique la philo que l'on apprend dans les lycées et universités d'occident,
celle dont les systèmes de représentations n'abordent que de manière anecdotique ou psychiatrique
le concept "d'éveil", de supra-consciences (enstases dit Mircea Eliade, samadhis https://fr.wikipedia.org/wiki/Samadhi
dhyanas https://fr.wikipedia.org/wiki/Dhyāna , nirvana, satori Zen...), pour qui la possessions des 8 siddhi majeurs (pouvoirs surnaturels) ne relèvent, dans le meilleur des cas, que de la fiction fantastique.
Les 8 siddhis majeurs/ ashta-siddhi étant, pour information,
-anima (devenir aussi petit qu’un atome),
-makima (devenir aussi grand qu’une montagne),
-laghima (devenir aussi léger qu'une plume),
-garima (devenir aussi lourd qu'une montagne),
-prâpti (capacité d'obtenir toute chose désirée)
-prâkâmya (accomplir toute chose),
-ishitva (créer ex nihilo, matière ou des 'âmes'),
-vashitva (être parfaitement maître de tous les éléments/volonté irrésistible).


On peut bien sûr, en occident, être 'philosophe' et Père de l'Eglise,
philosophe grec et initié aux hermétismes égyptiens,... les systèmes mystiques nourrissant les réflexions philosophiques ; d'ailleurs bien des philosophes occidentaux furent, comme vous savez, des mystiques cachés ou révélés. Je pense par exemple à Carl Jung et son étude Psychologie du yoga de la kundalini.
Mais vous admettrez que les histoires de mondes dans la sphère astrale, causale, supra-causale, miracles, magie blanche-rouge-noire, visions divines, déités, nirvana,...etc.,
ne sont au mieux qu'abordés sous l'angle de la superstition, au pire sous celui du délire hallucinatoire, dans notre révéré cursus universitaire occidental.
Je pense notamment aux techniques pragmatiques d'accession aux samadhis précités.
Nous ne verrons pas avant longtemps un professeur d'université en philosophie expliquer
en travaux pratiques comment méditer pour devenir, non pas un bon citoyen,
ou un bon chrétien, mais un christ.
Ni la manière de préparer en détail la pierre philosophale,
de se rappeler ses vies antérieures,
ou la façon de conjurer les anges en fonction des heures planétaires.

---

Je recommencerai par la relecture des oeuvres complètes de Bergson.

---

Je pratique depuis l'âge de 5 ans le karaté.
Ai étudié le Jeet kune do de Bruce Lee.
Depuis 2 ans me suis mis à l'Aïkido.
Si j'ai le temps l'année prochaine, ce sera Judo.

Et vous ? Pratiquez-vous un art martial ?

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Prince' le Dim 14 Jan 2018 - 20:08

Pour répondre dans le désordre : aïkido, systema et krav maga, mais avec une faible pour les 2 premiers. Le judo dans mes jeunes années, mais sans une approche comparable à celle que je peux avoir désormais.
Nous ne verrons pas avant longtemps un professeur d'université en philosophie expliquer en travaux pratiques comment méditer pour devenir, non pas un bon citoyen, ou un bon chrétien, mais un christ.
Parce que le but n'est pas celui, de former des christs. D'ailleurs, il y a belle lurette que la philosophie ne s'enquiert plus de ce qu'est un bon citoyen *Ptdr*, ou plus largement de politique (oui, à chacun ses marottes).
Ni la manière de préparer en détail la pierre philosophale
Le corpus ésotérique a eut une influence absolument décisive dans les progrès de la Science (et des techniques) - et donc sur la culture occidentale. La chose est peu connu du grand public, mais elle est fondamentalement connue des universitaires.
En 1936, la maison de ventes aux enchères Sotheby de Londres propose à ses clients une malle contenant de rares manuscrits de la main d’Isaac Newton. L’un des acheteurs n’est autre que l’économiste John Maynard Keynes (1883-1946). Ayant examiné attentivement ces manuscrits, Keynes découvre que Newton avait une passion folle pour l’alchimie et l’ésotérisme, qu’il écrivait et menait de nombreuses expériences à ce sujet.
. Je précise que l'Histoire des Sciences et Techniques est un courant relativement récent, ceci expliquant cela.

C'est l'appréhension du rationalisme moderne que vous critiquez. Mais c'est un trait commun aux "asiatisants" - et je le dis sans mépris. Plus simplement ; vous reprochez à l'Occident de ne pas s'intéresser à des entités qu'il abhorre.
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Re: .Histoire d'eau.

Message  .O. le Lun 22 Jan 2018 - 0:51

Princeps a écrit:Pour répondre dans le désordre : aïkido, systema et krav maga, mais avec une faible pour les 2 premiers. Le judo dans mes jeunes années, mais sans une approche comparable à celle que je peux avoir désormais.
Nous ne verrons pas avant longtemps un professeur d'université en philosophie expliquer en travaux pratiques comment méditer pour devenir, non pas un bon citoyen, ou un bon chrétien, mais un christ.
Parce que le but n'est pas celui, de former des christs. D'ailleurs, il y a belle lurette que la philosophie ne s'enquiert plus de ce qu'est un bon citoyen *Ptdr*, ou plus largement de politique (oui, à chacun ses marottes).
Ni la manière de préparer en détail la pierre philosophale
Le corpus ésotérique a eut une influence absolument décisive dans les progrès de la Science (et des techniques) - et donc sur la culture occidentale. La chose est peu connu du grand public, mais elle est fondamentalement connue des universitaires.
En 1936, la maison de ventes aux enchères Sotheby de Londres propose à ses clients une malle contenant de rares manuscrits de la main d’Isaac Newton. L’un des acheteurs n’est autre que l’économiste John Maynard Keynes (1883-1946). Ayant examiné attentivement ces manuscrits, Keynes découvre que Newton avait une passion folle pour l’alchimie et l’ésotérisme, qu’il écrivait et menait de nombreuses expériences à ce sujet.
. Je précise que l'Histoire des Sciences et Techniques est un courant relativement récent, ceci expliquant cela.

C'est l'appréhension du rationalisme moderne que vous critiquez. Mais c'est un trait commun aux "asiatisants" - et je le dis sans mépris. Plus simplement ; vous reprochez à l'Occident de ne pas s'intéresser à des entités qu'il abhorre.

Monsieur Láthspell,

Ne dit-on point que mauvaises nouvelles font mauvais hôte ?
Qui pourrait deviner jusqu'où remonte notre trahison ?
La philosophie n'a pas toujours été celle que l’on connaît, vous me l’accorderez.
Je ne doute pas qu'elle fût autrefois amie la Sagesse ; et même quand son cœur se refroidit comme en notre temps, l’on peut la trouver encore par trop grecque. Depuis longtemps nous avons comploté notre ruine sous le masque de la rationalité, jusqu'au moment où cette rationalité fût prête, à revenir vers ses origines, Là où revenir est le devenir de l’être.

« Pour répondre dans le désordre : aïkido », :

Pour répondre dans l’ordre :

Puis-je vous demander depuis combien de temps vous pratiquez l’aïkido ?
Je suis encore novice, et n’ai point encore percé son esprit.

J’aimerais un jour m’ouvrir au kendo.


« systema » :

Vous pratiquez depuis combien d’années ?
Sauriez-vous me donner un aperçu les principes fondamentaux de cet art que je méconnais ?


« et krav maga, mais avec une faible pour les 2 premiers ». :

De même, depuis combien d’années ?
Serait-il par trop indiscret que de vous demander votre âge ?

« Le judo dans mes jeunes années, mais sans une approche comparable à celle que je peux avoir désormais ».

Pourriez-vous préciser en quoi votre approche a évolué, s’il vous plaît.
Et peut-être aussi en quoi l’interrelation de vos pratiques martiales vous a nourrit.

Karaté, Aïkido…Me manquerait le judo pour le corps à corps. Et les embrassades avec ma femme.
Ne seriez-vous point professeur d’un de ces arts martiaux ?
Il me vient à l’esprit le souvenir d’un ami de jeunesse, vers mes 20 ans, ceinture noire de judo et lors d’une querelle de rue avec des quidams, j’ai pu apprécier l’efficacité de cet art. Vous me confirmerez si c’est possible, je crois qu’il avait conquis sa ceinture noire vers ses 16 ans. Un ami d’Amérique du Sud.
Je ne connais point l’esprit secret du judo. Mais le fait que vous soyez « en prise », devrait m’aider à me faire une idée de ce que cela signifie à l’écrit, sur un forum de philosophie.
L’aïkido, je ne me suis pas encore investi assez à mon goût.
C’est en tout cas un système martial attrayant. Et son esprit me nourrira un jour, j’espère, peut-être jusqu’à parfaire cette fois le mien, d’esprit.
Quand j’aurai le temps, je compte lire plus sur le sujet.
Cela fait plus d’une année que l’on m’a offert Enseignements secrets de Morihei Ueshiba, mais la lecture de la quatrième de couverture de ce livre a vu mon enthousiasme premier, celui de découvrir la philosophie du fondateur, se réduire au point que depuis une année, l’impression esthétique laissée en moi par ces deux citations en quatrième m’empêche de consacrer quelques heures à disséquer la pensée du premier doshu.

« Nous ne verrons pas avant longtemps un professeur d'université en philosophie expliquer en travaux pratiques comment méditer pour devenir, non pas un bon citoyen, ou un bon chrétien, mais un christ ».

« Parce que le but n'est pas celui, de former des christs ».


J’ai pris pour exemple un philosophe connu en occident pour ses samadhis.
C’est cette faculté que bien des systèmes philosophiques d’orient recherchent.


« Ni la manière de préparer en détail la pierre philosophale ».
« Le corpus ésotérique a eut une influence absolument décisive dans les progrès de la Science (et des techniques) »

Il me semble que l’influence de ce corpus ésotérique sur les créations universitaires françaises – et occidentales - contemporaines est surtout d’ordre épistémologique. Ce corpus n’est plus vivant que dans certaines confréries. Et n’irrigue plus avec la même fécondité qu’en d’autres temps la sphère philosophique.

« …et donc sur la culture occidentale. La chose est peu connu du grand public, mais elle est fondamentalement connue des universitaires ».

Qu’elle soit connue des universitaires et d’une large partie du grand public nul ne peut le nier.
Mais les portes des Mystères sont fermées à ceux qui ne les abordent que sous l’angle historique.


« En 1936, la maison de ventes aux enchères Sotheby de Londres propose à ses clients une malle contenant de rares manuscrits de la main d’Isaac Newton. L’un des acheteurs n’est autre que l’économiste John Maynard Keynes (1883-1946). Ayant examiné attentivement ces manuscrits, Keynes découvre que Newton avait une passion folle pour l’alchimie et l’ésotérisme, qu’il écrivait et menait de nombreuses expériences à ce sujet ». 

« C'est l'appréhension du rationalisme moderne que vous critiquez ».

Je n’ai pas aujourd’hui les éléments pour pouvoir décemment le critiquer.
Mon message tient moins de la critique que de l’invitation.
La philosophie occidentale n’a pas toujours été ce qu’elle est, rationaliste.
Bien des philosophes et hommes de sciences dans l’histoire de l’occident ont gouté aux philosophies hermétiques, comme vous le souligniez, et leur production n’en a été que plus raffinée et grandiose.
L'œuvre alchimique de Newton est considérable et a servi de point d'appui à ses recherches et découvertes fondamentales de la science actuelle. Un ouvrage du physicien Jean-Paul AUFRAY en rend compte : « Nexton où le triomphe de l'alchimie », édition Le Pommier. Ainsi que, Loup VERLET, « La malle de Newton », Gallimard NRF.
En 121 manuscrits (dont 63 sont à la bibliothèque de Cambridge) son œuvre alchimique proprement dite est largement égale à son œuvre scientifique (Beauchard Jean in L'Alchimie dans la Franc-Maçonnerie, Art et initiation).

« Quant à l'opinion qui condamne tous leurs travaux (les travaux des alchimistes) comme insensés ou ridicules, sur beaucoup de points elle est fausse, sur presque tous elle est exagérée ». (in L'alchimie et les alchimistes, Essai historique et critique sur la philosophie hermétique, par Figuier Louis, Hachette éditeur)

« Mais c'est un trait commun aux "asiatisants" » :

Il me vient ces mots du Ratnakuta sûtra :
« Il est préférable d’être pris par la notion d’être que par la notion de vacuité (…). Lorsque vous êtes pris par la notion de vacuité, vous êtes incurables ».


« Plus simplement ; vous reprochez à l'Occident de ne pas s'intéresser à des entités qu'il abhorre ».

Mes propos tiennent moins du reproche que de la nostalgie, voire de la vision prophétique, du moins de l’idéalisme propre aux poètes, cet idéalisme complice des utopies.
On peut comme Wittgenstein penser que la philosophie occidentale à toujours tournée autour de questions absurdes.
Je dis que la philosophie telle qu’elle nous est enseignée dans nos universités, par sa voie méthodologique même et son rationalisme, ne peut au mieux que produire une cohorte de techniciens. Vous appelez ces techniciens Philosophes, je les nomme citoyens, avec la connotation grecque que ce mot assume.
L’assise philosophique occidentale s’est construite sur le socle d’une sagesse que les grecs avaient eux-mêmes hériter de l’antique Egypte, sagesse dont les grecs n’ont eu que les miettes. La sagesse égyptienne semblant définitivement perdue, nous resterait les recettes archaïques encore vivantes d’Orient.
Car je suis bien d’accord avec Eliade que « l’analyse d’une culture étrangère y révèle surtout ce qu’on y cherchait ou ce qu’on était déjà préparé à y découvrir… Quand on aborde une spiritualité exotique, on comprend surtout ce qu’on est prédestiné à y comprendre par sa propre vocation, par sa propre orientation culturelle et celle du moment historique auquel on appartient ».

Jung, dans son Psychologie du yoga de la Kundalini, avait prédit la rencontre du christianisme et de l’hindouisme, carrefour vers de nouvelles contrées philosophiques.
Par christianisme, il signifiait l’Occident.
Par hindouisme, il n’entendait pas autre chose que les méthodes pragmatiques d’introspection menant à des stations philosophiques somme toute respectables, quand bien même 99 pour cent de l’hindouisme ne serait qu’enfantillages.

Plus simplement, je reproche à l’Occident non pas de de ne pas s'intéresser à des entités qu'il abhorre (que pourrait-il abhorrer quand il ne les connaît pas ?), mais plutôt de ne pas s’intéresser à des voies philosophiques qu’il méconnaît, puisque les Sages d’Orient en possession de ce savoir ne nous l’ont pas encore présenté dans son entièreté : ils ne nous en jugent pas dignes.
Schopenhauer, pour ne citer qu’un nom, à partir des bribes de traductions d'Anquetil-Duperron des textes sacrés indiens (dont le védanta) a reconnu l’intérêt de ces ‘entités’ exotiques :
« Les écrits de Kant, tout autant que les livres sacrés des Hindous et de Platon, ont été, après le spectacle vivant de la nature, mes plus précieux inspirateurs » (in Le Monde comme Volonté et comme Représentation, Appendice : « Critique de la philosophie kantienne », p. 521).

Plus globalement, à l’ère de la mondialisation des savoirs, je reproche à l’Occident sont isolationnisme, son point de vue étriqué de ce que peut être une formation en philosophie. Dans sa célèbre préface de la Philosophie du droit de 1820, Schopenhauer précise que « la philosophie n'est plus comme chez les Grecs exercée comme un art privé, elle a une existence officielle qui concerne donc le public, elle est principalement ou exclusivement au service de l’État ».
Dans son petit livre Contre la philosophie universitaire ou Parerga et Paralipomena, paru en 1851, il s'insurge une nouvelle fois contre l'enseignement de la philosophie tel qu'il est alors pratiqué et surtout contre sa récupération par l’État. On peut citer ce passage, où Schopenhauer s'en prend une nouvelle fois à Hegel et met en garde la jeunesse intellectuelle face au danger de croire scientifique et fondée une discipline qui ne l'est pas du tout :

« L'innocente jeunesse se rend à l'Université pleine d'une confiance naïve, et considère avec respect les prétendus possesseurs de tout savoir, et surtout le scrutateur présomptif de notre existence, l'homme dont elle entend proclamer avec enthousiasme la gloire par mille bouches et aux leçons duquel elle voit assister des hommes d’État chargés d'années. Elle se rend donc là, prête à apprendre, à croire et à adorer. Si maintenant on lui présente, sous le nom de philosophie, un amas d'idées à rebours, une doctrine de l'identité de l'être et du non-être, un assemblage de mots qui empêche tout cerveau sain de penser, un galimatias qui rappelle un asile d'aliénés, le tout chamarré par surcroît de traits d'une épaisse ignorance et d'une colossale inintelligence, alors l'innocente jeunesse dépourvue de jugement sera pleine de respect aussi pour un pareil fatras, s'imaginera que la philosophie consiste en un abracadabra de ce genre, et elle s'en ira avec un cerveau paralysé où les mots désormais passeront pour des idées ; elle se trouvera donc à jamais dans l'impossibilité d'émettre des idées véritables, et son esprit sera châtré ».

Il me plaît à rêver qu’un jour ne seront nommés Philosophes que les êtres ayant la faculté d’omniscience.
Face à de tels hommes, vous appelleriez comme moi « citoyens » nos chers docteurs en philosophie.

Dans Le Comte de Monte-Cristo de Dumas, l’abbé Faria dit à Dantès :
« …apprendre n’est pas savoir ; il y a les sachants et les savants : c’est la mémoire qui fait les uns, c’est la philosophie qui fait les autres.
– Mais ne peut-on apprendre la philosophie ? (demanda Dantès)
– La philosophie ne s’apprend pas ; la philosophie est la réunion des sciences acquises au génie qui les applique : la philosophie, c’est le nuage éclatant sur lequel le Christ a posé le pied pour remonter au ciel ».

Maintenant, et puisque j’ai cru comprendre que vos marottes étaient politiques, j’ajouterai que le vénéré Jésus-Christ est mal nommé messie-christ puisque l'hébreu mashia'h signifie l'oint (en grec, le mot « Christ », dont la racine Χριστός signifie aussi  « oint », traduit ce terme hébraïque), c'est-à-dire la personne consacrée par le rite de l'onction d’huile parfumée (Exode 30 : 22-26) réalisée par un prophète. Les rois Saül puis David sont ainsi oints par Samuel (1 Samuel 10 : 1), de mêmes que Jéhu et Elisée (1 Rois 19 : 16) et sont donc en droit d’être nommés Messie-Christ, contrairement à Jésus qui n’a eu qu’un saupoudrage d’eau, au mieux une plongée en apnée dans les eaux du Jourdain avec lâché de colombe.
A partir de ces éléments, dans mon vocabulaire, un christ est politiquement un philosophe amené à conseiller ou gouverner un peuple (village ou pays) et scellant son alliance par l’onction d’huile parfumée prodiguée par un prophète. Peu démocratique, vous en conviendrez.

C’est en quoi je suis un inactuel nostalgique.

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Invité le Lun 22 Jan 2018 - 1:28

Ne pas abuser, s'il vous plaît, de l'écriture grossie.
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Re: .Histoire d'eau.

Message  .O. le Lun 22 Jan 2018 - 1:30

Kalos a écrit:Ne pas abuser, s'il vous plaît, de l'écriture grossie.

J'en prends bonne note.

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Prince' le Lun 22 Jan 2018 - 9:43

Je répondrai en bloc sur les arts martiaux, sans m’attarder sur les années de pratiques (qui ne disent rien au-delà d’elles-mêmes, c.à.d. une simple donnée de quantité).
Le systema est très stoïcien, puisqu’on y apprend à ne pas redouter le contact qui adviendra de toutes la façon ; tout repose sur la respiration pour gérer son stress et au besoin recevoir avec le moins de douleur et de dommage possible. A certain égard, c’est l’antithèse de l’aïkido, qui repose pour une bonne part sur la maîtrise de l’autre. Les deux sont éminemment complémentaires – encore que je vois peu de gens faire/connaître les deux.
Une fois admis les bienfaits physiques et psychologiques de la pratique sportive, j’y vois un apprentissage tout à fait philosophique. Il faut ruminer une technique, se l’approprier, c.à.d. la répéter – comme on relie plusieurs fois un bouquin, pour entrer en intimité avec l’auteur, et dans une large mesure avec soi. Dire du systema que c’est un stoïcisme en dit long sur mon apperception des deux.
J’étais trop jeune pour aborder le judo ainsi, tout bêtement.
Il me semble que l’influence de ce corpus ésotérique sur les créations universitaires françaises – et occidentales - contemporaines est surtout d’ordre épistémologique. Ce corpus n’est plus vivant que dans certaines confréries. Et n’irrigue plus avec la même fécondité qu’en d’autres temps la sphère philosophique.
Ce qui importe, et qui fait échos à votre première question, c’est le moment de la bifurcation, de la rupture avec ces pratiques (qui ont été parfaitement répandu). Tout se joue entre le XV et le XVIIIe (avant la Révolution). C’est « le » moment durant lequel la rationalité prend le pas sur la transcendance (pour utiliser un terme générique). Néanmoins, on voit bon nombre d’auteurs, dès le XVIIIe, regretter cette rationalisation « abusive » ; je pense à Rousseau mais aussi aux « anti-lumières ». Certes, vous ne retrouverez pas la « spiritualité » orientale (et j’y englobe tout ce qui peut y être englobé), mais la critique de la rationalité n’est ni absente, ni oubliée. Des auteurs comme Léo Strauss, ou Oakeshott, n’ont eu de cesse de critiquer le scientisme, la rationalité moderne, et la perte de « la conduite humaine » - je fais ici quelque chose d’absolument infect, puisque je cite un concept dont je maîtrise pas encore tous les aspects.
Sur un plan plus pratique, nos contemporains sont pleins d’une appétence pour cette spiritualité – est-ce en raison d‘un désamour, d’une méconnaissance de ce qu’est la philosophie ? En partie, j’imagine.
Vous appelez ces techniciens Philosophes, je les nomme citoyens, avec la connotation grecque que ce mot assume.
Je ne les appelle pas, tout simplement. Le qualificatif de philosophe recouvre bien autre chose encore. Je note que l’université forme techniquement, oui, parce que c’est son but ; enseigner une discipline (c.à.d. une méthode, un socle de connaissance). On ne peut reprocher à une entité de faire ce qu’elle dit/entend faire.
Quant à former des citoyens… je rejoindrai la critique de Schopenhauer que vous citez après (et sur laquelle je reviendrai) : les étudiants ingèrent, se gavent comme des oies. J’ai en tête ce passage génial de « Will Hunting », dans le bar ; on est exactement dans ce registre, des étudiants qui récitent connement des « morceaux choisis ». On force trop peu les étudiants à réfléchir. Mais encore une fois, ce n’est pas le but – et je n’y vois pas de volonté d’asservissement ou que sais-je encore. On ne forme donc pas des citoyens.
L’assise philosophique occidentale s’est construite sur le socle d’une sagesse que les grecs avaient eux-mêmes hériter de l’antique Egypte
N’exagérons rien. Les Grecs pouvaient bien admirer l’Égypte (en grande partie pour sa stabilité politique), ils n’en ont pas moins produits « seuls ».
Car je suis bien d’accord avec Eliade que « l’analyse d’une culture étrangère y révèle surtout ce qu’on y cherchait ou ce qu’on était déjà préparé à y découvrir… Quand on aborde une spiritualité exotique, on comprend surtout ce qu’on est prédestiné à y comprendre par sa propre vocation, par sa propre orientation culturelle et celle du moment historique auquel on appartient ».
Ce qui nie à l’être toute possibilité de s’améliorer.
Par hindouisme, il n’entendait pas autre chose que les méthodes pragmatiques d’introspection
Ce que la Philosophie permet éminemment. C’est l’individualisme, l’époque qui contraint toute la mécanique.
Plus globalement, à l’ère de la mondialisation des savoirs, je reproche à l’Occident sont isolationnisme, son point de vue étriqué de ce que peut être une formation en philosophie. Dans sa célèbre préface de la Philosophie du droit de 1820, Schopenhauer précise que « la philosophie n'est plus comme chez les Grecs exercée comme un art privé, elle a une existence officielle qui concerne donc le public, elle est principalement ou exclusivement au service de l’État
». 
L’Occident n’est pas isolationniste, il est conquérant – du reste l’Occident n’existe pas, il n’y a que des anglo-saxons. La Chine se convertie au capitalisme, comme le reste du monde. Encore que je vois mal le lien entre ces différents aspects.
A partir de ces éléments, dans mon vocabulaire, un christ est politiquement un philosophe amené à conseiller ou gouverner un peuple (village ou pays) et scellant son alliance par l’onction d’huile parfumée prodiguée par un prophète. Peu démocratique, vous en conviendrez. 
Mais qui a dit que j’étais démocrate ? *Lol* . Quant au mariage de la politique et de la religion, il faut s’en défier comme des sept plaies d’Égypte. Al-Raziq, comme Oakeshott, est un illustre inconnu, posa une question provocante : « le Prophète est-il roi ? ». Naturellement que non. Le prophète a une mission religieuse, rigoureusement pas politique ; Lorsqu’il agit politiquement, il ne le fait pas en qualité de prophète. On peut en tirer une règle générale - incluant ceux qui agissent politiquement au nom d'un prophète.
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Message  .O. le Ven 2 Mar 2018 - 2:45

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Re: .Histoire d'eau.

Message  Kenshin le Dim 4 Mar 2018 - 15:05

Bonjour O

Tout d'abord, que signifie ton logo ?

Pour les arts martiaux : c'est la valeur d'un pratiquant qui fait l'art martial. Quoi que tu fasses, si tu ne le fais pas d'abord pour des valeurs c'est ton égo que tu serviras ( et non la discipline).
Mais, c'est vrai...c'est un choix personnel. Ou veux tu aller ?
Comme cela a été dit le travail dans les arts martiaux et le même qu'en philosophie. Il te faudra te surpasser ...et pas seulement physiquement.  En philosophie tu n'auras jamais raison comme dans un art martial, il y aura toujours quelqu'un de plus fort... Ou veux tu aller ?

Merci  Princeps pour tes info sur le system A.

Kenshin

ps: si tu cherches à pratiquer de manière "interne", si l'égo est ton ennemi,  oublie le Kendo en France. ( le Kendo est une discipline extraordinaire, magnifique)  Penses aux chinois, ils font de très bonnes choses, aussi...

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Re: .Histoire d'eau.

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