Nick Bostrom & l'argument de la simulation

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Shub le Sam 3 Fév 2018 - 18:54

Désolé j'ai l'impression de vous avoir vexé ou pire blessé.
Je vais souvent sur un forum de sciences ce qui est ma formation de base et tous les quelques  temps, les gens parlent de théories exotiques à des physiciens sur le forum, des vrais physiciens titulaires de master ou de doctorat, dans la recherche certifiés et assermentés.
Soi disant ils ont découvert une théorie, produite je sais pas où et par je sais pas qui et qui va révolutionner ce que nous savions ou pensions savoir sur le monde.
Je ne fais confiance qu'à la science pour ce qui est des théories dites scientifiques et malheureusement il y a toute une kyrielle de gens de par le monde qui prétendent avoir découvert des choses formidables comme votre monsieur, mais si on y regarde de plus près c'est juste de la poudre aux yeux. Des fois c'est scientifique et fait par d'authentiques scientifiques: ils pensent qu'ils ont trouvé ce qui clochait dans la Relativité Générale et qui expliquerait la matière et énergie noire. Des fois ils produisent des théories sorties purement de leur cerveau et de leur imagination. Et ils trouvent des gens pour y croire, dans les 2 cas.
Ça ne résiste pas à l'analyse 5 minutes le plus souvent Je parle non en tant qu'expert (loin de moi cette prétention!) mais je me cantonne pour le moment à la philo et à la science, du point de vue des références.
Je peux lire des romans de SF ou voir des films: j'écris même des nouvelles de SF de temps à autre, pas toujours très optimistes,mais c'est de la fiction et je les présente comme telles. J'essaie pas de prétendre au travers de ces nouvelles de SF avoir compris comment le monde est fichu avec une théorie abracadabrante qui repose sur l'imaginaire et purement, ou des supputations qui n'ont rien de scientifique pour moi.
La preuve, votre monsieur m'est totalement inconnu personnellement ce qui veut pas dire qu'il le soit mais si vous voulez je vous donne l'adresse URL de ce site de sciences réputé pour son sérieux et vous pourrez leur poser la question.

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Mal' le Sam 3 Fév 2018 - 19:01

ΩΣΔ a écrit:https://www.simulation-argument.com/

Compilation d'articles scientifiques sur le sujet.

Mais j'oubliais... c'est vrai que le gars a été nommé à Oxford par hasard. *Ptdr* Directeur du nouvel Institut pour le futur de l'humanité. Oui, par pur hasard. Même sa théorie sur le téléchargement de l'esprit.
Alors, tu vas tout de suite te calmer avec tes arguments d'autorité parfaitement non-zététiques dans la démarche. C'est le premier point. Le deuxième point serait de savoir pourquoi, par qui, à quelle fin, il a été nommé là. Cela sent tellement le technoprogressisme, où autant mettre un fou génial facilement maniable, qu'un sage non-banquable !
ΩΣΔ a écrit:En fait, cette question de simulation est tellement possible qu'elle en devient déroutante, et surtout chiante : impossible de prouver sa véracité, puisque justement si nous sommes dans une simulation sans en avoir conscience, on n'en sait rien. Néanmoins, 3 hypothèses = 33% de chances d'y être, la troisième hypothèse étant la plus crédible.
Des affaires de credo, donc, et tout ce que tu aimes là-dedans, c'est ta propre exaltation, ivresse et entêtement, à l'idée de la chose.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  ΩΣΔ le Sam 3 Fév 2018 - 19:03

shub22 a écrit:Des fois ils produisent des théories sorties purement de leur cerveau et de leur imagination. Et ils trouvent des gens pour y croire, dans les 2 cas.

Et la relativité générale, c'est bien sorti du cerveau de quelqu'un, non ? Il me semble que c'était Einstein... Et le chat de Schrödinger sur la non-alternance paradoxale mort-vivant ? Ce bien des physiciens, il me semble. Des scientifiques.

Mes thèses doctorales sur la non-existence du temps et l'existence d'entités métaphysiques, c'est aussi du blabla après autant d'années de recherches et réflexion ?

Bostrom a totalement le droit de défendre ses convictions et je le rejoins à 100% sans être un fou furieux ou un malade mental dégénéré. Il est à 33% probable qu'il ait raison.

Prenez tous le temps de lire les articles en anglais. Tous les liens sont susmentionnés.

ΩΣΔ


Dernière édition par ΩΣΔ le Sam 3 Fév 2018 - 19:05, édité 1 fois

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Mal' le Sam 3 Fév 2018 - 19:04

ΩΣΔ a écrit:Il est à 33% probable qu'il ait raison.
Reprends-nous. Qui a dit le contraire ? ... C'est quand même de la folie furieuse de ta part, du coup.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  ArX le Sam 3 Fév 2018 - 20:06

J'interviendrai plus tard plus longuement pour tout lire et m'exprimer plus en profondeur, car ce sujet m'intéresse beaucoup mais je manque de temps.

Alors simplement pour dire que certains spécialistes prévoient que la loi de Moore ne sera pas infinie.

Donc s'en servir comme exemple n'est pas forcément optimal, MAIS néanmoins je suis tout à fait d'accord avec l'auteur du topic, et le fait que nous ne vivions très certainement pas dans LA réalité est entièrement ancré dans mes croyances (petit spoil de ma future intervention...)...

One love guys

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Shub le Dim 4 Fév 2018 - 4:05

ΩΣΔ a écrit:
shub22 a écrit:Des fois ils produisent des théories sorties purement de leur cerveau et de leur imagination. Et ils trouvent des gens pour y croire, dans les 2 cas.

Et la relativité générale, c'est bien sorti du cerveau de quelqu'un, non ? Il me semble que c'était Einstein...
Il inaugure ce qui sera très employé par la suite, des expériences de pensée. Suite à différentes expériences comme celle de Michelson sur le vent d'éther ayant donné un résultat négatif (le résultat négatif le + intéressant de toute l'histoire des sciences!) , il énonce que la vitesse de la lumière est constante égale à c et est indépassable. Einstein fait fond de Gauss, de la géométrie de Riemann, de la transformation de Lorentz, de Minkowski bref de tout ce que les savants ont pu produire de + intéressant pour ramasser tout cela en une ou plutôt 2 théories, la Relativité générale et restreinte.
A l'époque ils sont plusieurs à avoir eu l'intuition de la Relativité comme le mathématicien français Poincaré. Einstein n'a jamais été sûr que la Relativité générale était vraie, ce n'est qu'après sa mort qu'on en aura confirmation
"Si la Relativité est vraie, les Suisses diront que je suis suisse, les Français que je suis français et les Allemands que je suis allemand. Si elle est fausse, les Suisses diront que je suis français, les Français que je suis allemand, et les Allemands diront que je suis juif." (Albert Einstein)
ΩΣΔ a écrit:
Et le chat de Schrödinger sur la non-alternance paradoxale mort-vivant ? Ce bien des physiciens, il me semble. Des scientifiques.
C'est une parabole, une métaphore inventée par Schrödinger pour faire comprendre au grand public la mécanique Q, la superposition des états quantiques et le fait que l'observation d'une particule (pas d'un chat!) détermine son état. Ça n'est vrai qu'à l'état microscopique, cette parabole pour un électron par exemple. Les lois de la physique diffèrent complètement entre le monde microscopique et le macroscopique. La théorie de la décohérence quantique (voir Wikipedia) explique cela fort bien par la réduction du paquet d'onde.
ΩΣΔ a écrit:
Mes thèses doctorales sur la non-existence du temps et l'existence d'entités métaphysiques, c'est aussi du blabla après autant d'années de recherches et réflexion ?
Je ne demande qu'à les lire. Un extrait ou une partie à nous ou me communiquer ?

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  ΩΣΔ le Dim 4 Fév 2018 - 9:41

ArX a écrit:J'interviendrai plus tard plus longuement pour tout lire et m'exprimer plus en profondeur, car ce sujet m'intéresse beaucoup mais je manque de temps.

Alors simplement pour dire que certains spécialistes prévoient que la loi de Moore ne sera pas infinie.

Donc s'en servir comme exemple n'est pas forcément optimal, MAIS néanmoins je suis tout à fait d'accord avec l'auteur du topic, et le fait que nous ne vivions très certainement pas dans LA réalité est entièrement ancré dans mes croyances (petit spoil de ma future intervention...)...

One love guys


Il serait très judicieux de nous fournir les noms de ces spécialistes, donc des sources, des articles universitaires, etc. La croissance de la loi de Moore étant exponentielle, elle ne peut mener qu'à 3 situations, que Bostrom décrit parfaitement, d'où son 33,3% de chances d'être déjà dans une simulation.

Selon lui, il y a de fortes probabilités pour que l'une de ces 3 affirmations soient correctes :

1. Aucune civilisation ne pourra atteindre un niveau technologique incluant la faculté de créer une réalité simulée (autodestruction).
2. Aucune civilisation atteignant le stade technologique sus-cité, ne produira cette réalité simulée, soit par nécessité de réserver sa puissance de calcul à d'autres tâches, soit par considérations éthiques, etc.
3. La probabilité que des entités telles que nous fassent partie d'une réalité virtuelle est proche de 1.

Conclusion : impossible de déterminer si nous sommes déjà simulés ou non. Thibaut Giraud l'explique très clairement. C'est ça le plus troublant.

Il y a aussi l'argument du rêve :

L'argument du rêve stipule qu'aucune technologie futuriste n'est nécessaire pour créer une réalité simulée, et que seul un cerveau humain est nécessaire. Plus spécifiquement, l'habileté à créer des réalités simulées durant le sommeil paradoxal affecte statistiquement la probabilité que notre propre réalité soit simulée.

Cet argument est évoqué par Jean Cocteau dans son Orphée : "Certains disent que nous sommes juste son rêve. Son mauvais rêve".

La vie est un songe de Calderon de la Barca tourne également autour de cette idée.

shub22 a écrit:Il inaugure ce qui sera très employé par la suite, des expériences de pensée.

Justement : si dans un futur proche, l'être humain est capable de créer des consciences simulées croyant être réelles, il nous est impossible de déterminer avec exactitude si nous ne sommes pas déjà des simulations, ou des consciences réelles. Les chances étant d'1 sur 3, ça laisse perplexe quant à la "matrice".

ΩΣΔ a écrit:
Mes thèses doctorales sur la non-existence du temps et l'existence d'entités métaphysiques, c'est aussi du blabla après autant d'années de recherches et réflexion ?
shub22 a écrit:Je ne demande qu'à les lire. Un extrait ou une partie à nous ou me communiquer ?

Comme tu le devines, je préfère de loin conserver mes thèses au chaud pour le moment. Une fois qu'elle seront toutes soutenues (d'ici 1 an ou 2), elles seront automatiquement publiées et libres d'accès sur Internet. Je ne préfère pas que l'on pique mes idées et mes recherches. Je ne parle pas spécifiquement de ce forum, mais des lecteurs anonymes. Je suis légèrement paranoïaque sur ce point-là.

Les entités métaphysiques, par exemple, sont des esprits ou des anges/démons. N'ayant pas de corps, ils ont métaphysiquement 3 caractéristiques : intelligence, volonté, et pouvoir sur la matière.

Il suffit d'observer les phénomènes des possessions démoniaques ou des poltergeists. Les miracles et les apparitions dans différents endroits du monde. Les expériences de EMI/NDE qui relatent ces phénomènes à travers les époques. Mes thèses ne se basent pas que là-dessus, bien évidemment, c'est beaucoup plus étayé... mais je ne préfère pas parler du reste.

Il se peut donc que ces phénomènes soient un problème de résonance dans le temps (échos fantômes, multispectres juxtaposés, etc). Et puisque le voyage dans le temps est mathématiquement possible, rien ne nous indique que la courbure espace-temps n'aie pas déjà été déformée. Cela s'explique aussi par un bug de programmation si l'on suit Bostrom dans l'argument de la simulation. "Le fantôme dans la machine".

ΩΣΔ

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Mal' le Dim 4 Fév 2018 - 9:59

C'est patent, dans Matrix Reloaded.

On nage en plein réalisme spéculatif.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Princeps le Dim 4 Fév 2018 - 10:18

Mais j'oubliais... c'est vrai que le gars a été nommé à Oxford par hasard. 
Quelqu’un a-t-il qualifié Bostrom de plaisantin ? De rigolo ?
En fait, cette question de simulation est tellement possible qu'elle en devient déroutante, et surtout chiante 
Qui a été dérouté ? J’ai plutôt le sentiment inverse ; sa théorie et ses prémisses ont été acceptés sans trop rechigner. Nous pouvons vivre dans une conscience simulée, qui n’est en rien inférieure, ou différente, d’une conscience biologique. Et ? La question de l’utilité reste en suspend.
Néanmoins, 3 hypothèses = 33% de chances d'y être, la troisième hypothèse étant la plus crédible.
Mathématiquement, la crédibilité est équitablement partagée. Cela fait deux fois que vous parlez abusivement de « probabilité » la plus forte.


Mes thèses doctorales sur la non-existence du temps et l'existence d'entités métaphysiques, c'est aussi du blabla après autant d'années de recherches et réflexion ?
Est-ce la raison de l'échange ? Il faut ouvrir un sujet, ou se taire. Et personne ne reprochera le silence (puisque j’ai lu qu’elles n’étaient pas encore soutenues).
Une dernière chose, une thèse ne vaut que lorsqu’elle a été jugée, et un thésard ne vaut que si l’on sait qu’il est thésard, auprès de qui, dans quelle université ; plus clairement : l’argument d’autorité est une promesse, et nous ne sommes pas ici pour nous faire conter fleurette.
Personne n’a envie de jouer à « qui a la plus grosse » avec moi, je puis vous en assurer.

NB : Il n'y a rien de vindicatif, la forme est sèche parce que j'entends être compris et ne plus à avoir à revenir sur ce point.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Shub le Dim 4 Fév 2018 - 10:20

Mr ΩΣΔ, je vous recommande l'IMI, Institut métapsychique international. Ils étudient scientifiquement (du moins c'est ce qu'ils prétendent) toutes les manifestations paranormales et de tout ordre.
Dans mon parcours universitaire*, je cherchais un moment un sujet original qui sorte des sentiers battus et j'avais pensé à tout ce qui est d'ordre paranormal. Comment la science traite-t-elle le paranormal et y a-t-il un rapport "scientifique" entre les gens qui s'y intéressent et la science ? Et je suis tombé sur cet institut à Paris et je les ai rencontrés. Sympathiques, tout à fait rationnels dans leur approche, ils ont eu l'air intéressés par mon projet et se préparait à mettre tout en œuvre pour m'aider.
Et puis ce sujet c'était un risque quand même par rapport à la fac donc je me suis finalement rabattu sur un sujet + bateau mais avec moins de risque sur l'histoire du nombre complexe en math. En DEA dans les mémoires il faut prouver quelque chose et j'avoue que mes idées sur le paranormal ne dépassent pas la curiosité ordinaire.
Mais vous pouvez tout à fait les rencontrer, ils sont sur Paris. Lors de ma visite je suis tombé sur un monsieur charmant qui a bien du passer 2h à discuter avec moi et qui menait des études parallèlement à la fac, preuve qu'il existe des ponts entre la science, le monde institutionnel de la recherche scientifique et l'étude du paranormal.
Tenez-nous au courant.


Dernière édition par shub22 le Dim 4 Fév 2018 - 10:37, édité 2 fois (Raison : Aucune mention trop précise quant à la vie intime)

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Invité le Dim 4 Fév 2018 - 10:41

De manière générale toute tentative d'explication métaphysique, et celle proposée ici n'échappe pas à la règle, par le truchement des sciences, est vouée à l'échec. Pourquoi ? Parce que toutes ces explications, ces théories, se fondent sur une invraisemblable quantité de préjugés ontologiques qui s'étalent des concepts de temps et d'espace, et de manière générale à l'ensemble des enjeux propres aux débats portant sur le réalisme en sciences, en passant par la Lorraine et les gros sabots d'une sous-détermination systématique de ces théories avec l'expérience. Autrement dit, à l'instar des théories à variables cachées de David Bohm, celui des années 50 du moins, ce sont ce que l'on appelle parfois en philosophie des sciences des vides ontologiques : dire ça ou dire que nous vivons dans l'estomac d'une limace, c'est kif-kif car de toute manière invérifiable. Nous sommes face à une explication ad hoc (ce qui est rédhibitoire en science). Et non seulement la conclusion est invérifiable, mais elle est elle-même sujette à ses axiomes (donc philosophiquement très exposée), sans parler du traitement général du fait conscient qui pique mes yeux à chaque occurrence de lecture. Rien que lui, d'ailleurs, suffit à mettre à mal ces théories. Parlons aussi de ce qu'il faut encore s'entendre lorsque l'on invoque les "probabilités", s'entendre sur la logique qui sous-tend le raisonnement, sur le langage qui le véhicule. Bref, ces modèles métaphysico-scientifiques sont certes agréables pour se faire peur, mais ne portent pas bien loin, philosophiquement.

Mais du reste, oui il y a cette possibilité que nous "vivions" au sein d'une matrice. Oui, comme il reste une possibilité d'être Dieu soi-même, ou autre chose encore.

Kant semble décidément trop difficile à comprendre pour beaucoup de scientifiques, aveuglés qu'ils sont par leur pratique d'objectivation du monde.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  ΩΣΔ le Dim 4 Fév 2018 - 10:48

@Princeps : je ne vous en tiens pas rigueur. Vous avez raison. La vraie question, si l'argument de simulation de Bostrom est exact, est ce qu'il se passe après la mort. Si nous ne sommes que des simulations, nous serons automatiquement effacés ou transférés dans un autre programme. Et en allant plus loin : si nous ne sommes qu'une partie du code informatique du programme appelé "réalité", là encore, nous serons effacés, et le programme suivra son cours.

Cela nous interroge sur Dieu, la religion, la réincarnation, les différents purgatoires, les âmes errantes, les phénomènes paranormaux, les possessions, la promesse du Salut dans la vision béatifique ou la damnation éternelle en Enfer.

@shub22 : un grand merci pour votre intervention, shub. Moi aussi je me sens mal par rapport à l'unif. L'une de mes thèses porte sur l'emprisonnement d'entités métaphysiques dans des prisons physiques, et leur croissance en puissance, ainsi que la possibilité de les domestiquer. Sans m'en rendre compte, j'ai créé une arme de destruction massive. Je cherchais un antidote contre ces entités, et je me suis dit qu'on ne combattait le feu que par le feu. Si cette thèse venait à tomber entre de mauvaises mains, ce serait réellement une arme potentielle, qui demanderait une gigantesque infrastructure, et serait probablement utilisée dans le plus grand secret. Cela, ce sont les conséquences que j'ai envisagées... mais visiblement, pas le comité universitaire. Ils n'ont pas pensé à l'aftermath. Il est probable que cette question tombe lors de ma soutenance, ce qui ruinerait mon doctorat.

Concernant l'IMI, merci beaucoup pour le lien. Je crois que je vais devoir attendre d'obtenir mes diplômes avant de m'y rendre, sinon le risque est trop grand par rapport à ma crédibilité universitaire et scientifique. Selon votre précédent post, vous aussi avez cherché à faire le lien entre science et paranormal. Ce n'est pas admis chez nous, à moins d'avoir l'argument d'autorité sous le titre de "docteur", et si possible plusieurs fois.

@Tailwind : je viens seulement de lire votre réponse en envoyant mon message, j'y répondrai soigneusement plus tard.

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Mal' le Dim 4 Fév 2018 - 10:53

Ça nous interroge sempiternellement comme toujours, par une nouvelle entrée là, bostromienne. Il faudrait un jour pondre ces probas quant à l'existence de dieux, dans la mesure où - disons - 90% de l'humanité y adhère et adhéra, où les 10% restants ont de toutes façons toujours des motions afférentes, seraient-elles aussi rationnelles que Bostrom, de l'ordre des superstitions rationales. Le nombre force-t-il le respect ? Cette question vaut pour les dieux comme pour les simulations.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Invité le Dim 4 Fév 2018 - 11:00

Je rappelle qu'une probabilité ne porte pas sur l'existence ou non d'une entité métaphysique mais seulement sur les chances de survenues d'un événement. C'est très différent. Prenez en compte également qu'une probabilité repose sur un champ des possibles bien défini, très loin donc d'une quelconque évaluation de l'existence ou non d'une entité transcendante (probabilité de l'Univers = 1, ce qui signifie en clair une tautologie, il y a 100% de chance que le Tout soit le Tout).
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Mal' le Dim 4 Fév 2018 - 11:05

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Princeps le Dim 4 Fév 2018 - 11:10

La vraie question, si l'argument de simulation de Bostrom est exact, est ce qu'il se passe après la mort
Bon, alors disons que ma question est : en quoi la vie (le vivre) est bouleversée par la découverte du fait que je vive dans une simulation ?
En l’état, et présupposant que Bostrom a déjà raison, strictement rien. Ma vie est en tout point celle qu’on menée mes parents, et mes grands parents. « Métro-boulot-dodo », et j’ai envie de dire que c’est là la meilleure preuve que nous ne sommes pas dans une simulation : l’homme inventerait une simulation pour se voir infliger un cancer, suer sang et eau à l’usine ? Ou alors, c’est ce qu’il y a de mieux pour nous (ce qui donnerait raison à Leopardi), puisqu’une intelligence supérieure nous enjoint à vivre ainsi. Mais alors, ce sont les autres théories de Bostrom qui tombent à l’eau, le trans-humanisme, qui tend à simplifier la vie en offrant plus de choix, est nocif.
Bref, puisque je ne peux pas discerner la simulation de la réalité (et Bostrom encourage à ne rigoureusement pas opposer l’une et l’autre !), rien ne change. On est loin de la Caverne de Platon.
Si nous ne sommes que des simulations, nous serons automatiquement effacés ou transférés dans un autre programme
Présupposant alors que cette « réincarnation » se fait dans un corps différent, puisqu’à titre personnel je n’ai pas le sentiment d’avoir vécu des milliers d’années. Peu importe qu’il en soit autrement.
Et en allant plus loin : si nous ne sommes qu'une partie du code informatique du programme appelé "réalité", là encore, nous serons effacés, et le programme suivra son cours
Il en va déjà ainsi de la vie. Le flot reste le flot, qu’il soit biologique, quantique, informatique.
Cela nous interroge sur Dieu, la religion, la réincarnation, la promesse du Salut dans la vision béatifique ou la damnation éternelle en Enfer.
Je ne vois pas en quoi les choses changent ; je puis m’interroger sur ces choses sans passer par Bostrom. Et c’est bien « le passage obligé » qui fait d’un penseur un penseur fondamental – qui lui donne une place, le situe. Je ne puis penser la Politique sans Machiavel, sans Tocqueville.

NB : Je souscris aux précautions étayées de Cross.
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Shub le Dim 4 Fév 2018 - 11:52

C'est bien: vous les philosophes êtes capables de parler de tout avec tout le monde, sans doute une tradition dans la philosophie et qui remonte à longtemps.
Très différent des scientifiques qui n'ont pas cette patience, sans doute parce qu'ils sont sollicités à tout moment (surtout dans les colloques) par d'autres scientifiques qui veulent leur parler de leurs propres théories personnelles et que eux ont rejetées ou exclus pour des raisons qui tiennent sans doute à leur esprit de méthode marquée par l'idée de progression. Et qui leur interdit de revenir trop ostensiblement en arrière, une systématique peut-être. Raisonnement en escalier et par étapes, peut-être et sans doute chez les scientifiques marqués définitivement par la méthode et le méthodique.
Ou esprit de géométrie et esprit de finesse comme dirait Pascal.
On peut avoir le beurre et l'argent du beurre mais pas le sourire de la crémière comme disait un copain...

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Invité le Dim 4 Fév 2018 - 12:08

shub22 a écrit:
C'est une parabole, une métaphore inventée par Schrödinger pour faire comprendre au grand public la mécanique Q, la superposition des états quantiques et le fait que l'observation d'une particule (pas d'un chat!) détermine son état. Ça n'est vrai qu'à l'état microscopique, cette parabole pour un électron par exemple. Les lois de la physique diffèrent complètement entre le monde microscopique et le macroscopique. La théorie de la décohérence quantique (voir Wikipedia) explique cela fort bien par la réduction du paquet d'onde.

Ce n'est pas le sujet ici, mais l'affaire quantique reste un brin plus subtile. D'une part la MQ ne dit rien quant à l'existence ou l'inexistence d'entités réifiables dotées de caractéristiques propres (les "particules", pour les citer), elle ne pose pas non plus de frontière stricte entre le monde microscopique et le monde macroscopique (elle a bel et bien prétention à l'universalité, ses effets étranges se voient tout bonnement infiniment dilués à notre échelle), les lois ne sont donc pas "différentes" entre ce que l'on appellerait un monde macro et un monde micro. Mais soit, on y reviendra très vite sur d'autres sujets...
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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  ΩΣΔ le Dim 4 Fév 2018 - 12:32

Là je crois qu'on a atteint le stade de la monade de Leibniz.

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

Message  Shub le Dim 4 Fév 2018 - 13:55

Tailwind a écrit:
shub22 a écrit:
C'est une parabole, une métaphore inventée par Schrödinger pour faire comprendre au grand public la mécanique Q, la superposition des états quantiques et le fait que l'observation d'une particule (pas d'un chat!) détermine son état. Ça n'est vrai qu'à l'état microscopique, cette parabole pour un électron par exemple. Les lois de la physique diffèrent complètement entre le monde microscopique et le macroscopique. La théorie de la décohérence quantique (voir Wikipedia) explique cela fort bien par la réduction du paquet d'onde.

Ce n'est pas le sujet ici, mais l'affaire quantique reste un brin plus subtile. D'une part la MQ ne dit rien quant à l'existence ou l'inexistence d'entités réifiables dotées de caractéristiques propres (les "particules", pour les citer),
Vrai on ne sait pas ce qu'est une particule et de quoi elle est composée. La théorie des cordes dit que c'est une corde qui vibre (il y en a de tas de cordes, de type semi-ouvertes , fermées je vous renvoie à l'ouvrage de Brian Greene L'univers élégant).
Je ne sais pas ce que veut dire cette formulation "entités réifiables dotées de caractéristiques propres". Comprends pas, désolé. La grande singularité de la méca Q est que seul les mathématiques peuvent en parler. Dans la physique macro ou d'autre sciences, il y a toujours plusieurs niveaux de descriptions. Là dans la mécanique Q il n'y a que les maths et les modèles fournis sont exactes je vous garantis! Et ce depuis son invention quasiment ce qui a profondément troublé les physiciens, à commencer par les quanticiens. Ceux qui prétendent avoir compris la mécanique Q sont soit des fous soit sont des menteurs, a dit je crois Heisenberg.

Tailwind a écrit:elle ne pose pas non plus de frontière stricte entre le monde microscopique et le monde macroscopique (elle a bel et bien prétention à l'universalité, ses effets étranges se voient tout bonnement infiniment dilués à notre échelle), les lois ne sont donc pas "différentes" entre ce que l'on appellerait un monde macro et un monde micro. Mais soit, on y reviendra très vite sur d'autres sujets...
Il faudrait pas tout mélanger pardon. Il y a une théorie qui s'appelle -pompeusement peut-être- la théorie du tout et qui réunirait mécanique Q et Relativité générale en une seule théorie. Un moment on a cru que la théorie des cordes pouvait y répondre mais déception! Si c'est bien une théorie scientifique donc réfutable au sens de Popper et d'où découle ss pb Relativité et mécanique Q ses prédictions et résultats ne collent pas et se révèlent inexacts. La théorie quantique des champs est une théorie qui unifie les 2 malheureusement au niveau des forces, elle n'unifie que électromagnétisme et interaction faible. Pas interaction forte et c'est le pb. Quant à la gravitation n'en parlons pas. Einstein cherchait aussi l'unification des 4 forces fondamentales avec la gravité. Plus d'un siècle plus tard on ne sait toujours pas si le graviton existe ou existerait (hypothèse de la théorie quantique des champs soit bien postérieure à Einstein) et on attend toujours l'unification des forces.
Par contre on a fait de gigantesques progrès et découvert plein d'autres choses qui amènent d'autres questions, lesquelles amèneront des réponses qui amèneront d'autres questions etc.
La théorie de la décohérence explique très bien que relativement à la fonction d'onde de Schrödinger, plus on grandit dans l'échelle plus le nombre d'interactions potentielles et réelles se multiplient ce qui a pour effet de réduire au final la fonction d'onde à une probabilité de 1, et donc on sera "certains" que l'objet se trouve là où il se trouve dans notre monde, comme une poire ou une pierre. "Certain de sa présence" en langage mécanique Q signifie d'une probabilité égale à 1. C'est tout. Le réel vu par la mécanique Q ne dit pas autre chose: l'objet que je vois ou je tiens dans la main a une probabilité d'état égale à 1. Les autres états qui existaient ont disparu, évanouis alors que dans le monde micro ils sont là et se superposent.
Tous les autres états superposés ont disparu (i.e. leur probabilité est devenue égale à 0) ce qui fait que la poire ou la pierre restera dans ma main quand je la tiens.

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Re: Nick Bostrom & l'argument de la simulation

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