A quoi servent les psychologues ?

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A quoi servent les psychologues ?

Message  Philosophos le Mar 15 Jan 2013 - 14:16

Tweet de Michel Onfray a écrit:Ruffo France 5 : " l'immense majorité des enfants abusés vont bien dans leur vie amoureuse,sexuelle,personnelle, professionnelle " ! Crétin
Crétin, oui certainement, mais que dirait-on si ce docteur Rufo disait la vérité : "Les enfants abusés ne vont pas bien" ? Les psychologues ont pour fonction première, comme les prêtres, d'apaiser les souffrances. Les prêtres ont le secours de Dieu, vers lequel on peut reporter tous nos fantasmes, angoisses, désirs de vengeance. Les psychologues ne peuvent invoquer Dieu pour guérir les souffrances morales. Le plus simple pour eux reste encore de minimiser ou nier ces souffrances.

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Invité le Sam 14 Juin 2014 - 17:26

"Crétin, oui certainement"

Qu'en savez-vous ? Qu'en sait Michel Onfray ? Avez-vous une expérience clinique qui puisse soutenir cette intuition ? Parce qu'au moins, c'est le cas pour Ruffo, qui sur ce coup est bien moins ridicule qu'Onfray.
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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Philosophos le Sam 14 Juin 2014 - 18:00

Les propos de Ruffo reviennent à banaliser la pédophilie, comme quelque chose qui ne laisse pour la plupart des enfants aucun traumatisme. A se demander pourquoi on la condamne si sévèrement ?

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Invité le Sam 14 Juin 2014 - 18:32

Halv a écrit:Qu'en savez-vous ? Qu'en sait Michel Onfray ? Avez-vous une expérience clinique qui puisse soutenir cette intuition ?
C'est de la provocation, histoire de pimenter le forum ? Regardez le pourcentage de pédophiles qui ont eux mêmes subis ce genre de pratique enfant.
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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Philosophos le Sam 14 Juin 2014 - 18:48

Je ne pense pas qu'une expérience de ce genre soit sans traumatisme. Néanmoins, en apparence, il est possible que les enfants abusés aient plus tard une vie normale, de même que les femmes violées ne s'en tirent pas sans effet, même si la plupart peuvent "se reconstruire", comme on dit.

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Kercoz le Dim 22 Juin 2014 - 14:38

On n' apprend pas a faire du ski en regardant des diapos ni sans prendre un maximum de chutes.
Il me semble qu' on surestime et surjoue les accidents de la vie, afin de surestimer le rôle d' un état protecteur . Les problèmes météo sont du même ordre . après avoir médicaliser la naissance, on vent médicaliser la mort . Un bout de viande dans un autre bout de viande non consentant est regrêtable , condamnable mais pas plus que les SDF qu'on enjambe qui subissent peut être aussi quelques traumatismes.

Mais c'est le titre du fil qui m' interpelle ( quelque part ) en fait .
Ma position est que psycho ou psycha ne font , au mieux que des réparations d' urgences palliatives . Ils peuvent atténuer des conséquences traumatisantes des interactions entre individus et Société. Jamais les causes !
En ce sens , on peut même soutenir que ce faisant il aident un système traumatisant a perdurer. Raisonnement qu' on peut appliquer aux resto du coeur et autres paliatifs qui déchargent le système de ses responsabilités....pourtant établis par contrat : le BIG DEAL, le "contrat social" :
"""Echange agressivité contre protection du groupe""" .

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Ragnar I le Dim 21 Sep 2014 - 4:24

.

À quoi servent les psychologues ?

Zsate isz tzseu kouess-tchionne

La réponse est double :

1 )  Les psychologues servent à soulager l'humain de certaines de ses souffrances.

2 )  Les psychologues servent à conseiller les services de mise en marché des grandes sociétés pour les aider à écouler des marchandises.

.

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Philosophos le Dim 21 Sep 2014 - 18:01

C'est vrai.

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Rêveur le Dim 21 Sep 2014 - 21:36

Berk.

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Re: A quoi servent les psychologues ?

Message  Malcolm le Lun 4 Juil 2016 - 12:34

Rapport au tweet d'Onfray : notre "philosophe" national, s'en prend à un psychanalyste, dans l'ordre idéologique de son Crépuscule d'une idole. Premier point. Deuxième point, Onfray a fait son pain du victimisme, de l'auto- et de la -victimisation. Aussi "doit-il" entretenir l'esprit de vengeance, afin de maintenir son marché.

Sur la teneur du propos de Ruffo en elle-même : elle est vraie. On subit dans nos vies des atrocités, et il y a la résilience tant défendue par Cyrulnik, et qui à trop-bien-connue le succès, mais n'en détient pas moins ce résilier dans la démarche, heureusement ! Vous imaginez, vous, si l'Homme n'était qu'une longue queue de casseroles au cul ? ... Car des casseroles au cul, nous en avons tous à nos façons, "chaque famille a ses casseroles au cul" comme on sait, mais à un moment donné nous savons aussi l'équeuter un minimum. D'ailleurs, si on ne le faisait pas, nous serions de sombres merdes geignardes - merdosité geignarde que cultivent nos sociodynamies humanitaristes, soit dit en passant, surtout ès télé-(ir)réalités.

C'est qu'en fait, toute souffrance ne prend véritablement son sens que dans un réseau de significations, qui est tout autant idiolectique ("mon langage propre", un peu comme les infirmiers vous demandent combien vous souffrez sur une échelle de 1 à 10) que sociolectique ("mon langage social", langues maternelle et/ou courante, mais aussi langue du milieu dans lequel j'évolue : jargon de classe), technolectique ("mon jargon professionnel", par lequel j'acquiers des réflexes/des perceptions, propres à ma catégorie socioprofessionnelle, ce qui rejoint à sa façon le sociolecte), géolectique ("mon langage local", ainsi qu'on dit chocolatine à Bordeaux et pain au chocolat à Nancy, mais en plus chiadé, rapport à la souffrance) que chronolectique ("mon langage historique", où l'on sent bien que la tolérance à la souffrance à infiniment diminuée ces deux-trois derniers siècles).

Pour être plus concret : telle famille qui éduquera son enfant en lui disant pour une écorchure mais non, c'est rien, rendra moins sensible à la merdosité geignarde sa progéniture, que telle famille qui éduquera son enfant en l'enharnachant de protections Bonhomme-Michelin ou Football américain tout le temps : la moindre égratignure le traumatisera atrocement.

En sorte donc, qu'une femme violée (de quel tempérament ? celui d'une Virginie Despentes ou d'une "bourgeoise" ? pour ne prendre que deux stéréotypes) ... qu'un enfant battu (de quel tempérament ? celui d'un Charles Bukowski ou d'une "petite nature" ? même remarque stéréotypique) ... qu'une victime de torture (de quel tempérament ? celui d'un Miguel Benasayag ou d'un "pleutre" ? même remarque stéréotypique) ... etc. ... ne vivent radicalement pas la même expérience, que l'un saura résilier et l'autre pas, transformer en œuvre ou non, etc. Et puis, les "séquelles" (l'alcoolisme de Bukowski par exemple) ne sont pas un contre-argument : sur quels critères normaliser la vita bona pour untel ou l'autre ? Je veux dire : par-delà bien & mal, dans la perspective de ses bon & mauvais à soi ? (Montaigne, Spinoza, Nietzsche) Et pourquoi faudrions-nous tous vivre deux-cents ans totalement clean'n safe sex ? ... Naturellement : si les brutalités que j'ai subies m'ont tué, ou bien m'ont massivement mutilé, je peux "avoir les boules" - sauf mort ... mais encore ! regardez le Lieutenant Dan, dans Forrest Gump - qui n'est pas mort ...

C'est tout le problème du DSM en psychiatrie, qui t'intègre le chagrin post-deuil désormais parmi les pathologies dépressives, pour prescrire lucrativement plus d'anxiolytiques, etc. ! ................... Une humanité normalisée serait châtrée et, sans ses "aberrations", ne produirait plus rien qui vaille, parole d'Homme. Mais alors, naturellement, qui conseillerait une expérience brutale comme exhausteur de vie ? .................

Reste que les souffrances initiatiques existent, et puis, sinon, ça finit en wingsuit joli mais assez con-con, soit donc ès sports-extrêmes lénifiants la brutalité, même quand il y a des morts à la clef : ils ont fait ça "pour le sport" ... On ne fait plus les choses pour l'honneur maintenant, ni par pudeur, mais "pour le sport", c'est à peu près tout ce qu'il reste, quand on regarde les phénomènes de société.
Bref : Ruffo ne banalise rien, à dire qu'on peut s'en tirer. Mais c'est-à-dire que les blessures laissent des cicatrices, voire des scarifications.

A ce titre, donc, si les psys peuvent être des cogestionnaires de porte-feuilles pharmaceutiques, etc., ils sont naturellement des accompagnateurs potentiels de souffrances morales notées, disons, à plus de 5 sur une échelle de 10 ................... Où l'on voit bien toute la perspectivité de la chôwze.

En somme, les psys servent à ceux qui s'en servent, marchands comme consultants. Mais, perso, autres temps autres mœurs, nos aïeux lointains & moins lointains, ont eu à subir des choses relativement pires & meilleures que nous. Nous, qui subissons des sévices morales plus que corporelles, désormais, dont tout bon psychosomaticien connaît la dangerosité comparable (la vérosité générale des relations, l'abandonnisme sociétal, les propagandes publicitaires & politiques conseillées par les psys pour nous séduire perversement à l'achat ou au vote, etc.).

*

Concernant "la néo-prêtrise" des psys, voir l'ouvrage critique social Des Psychologues sont sur place ... de je-ne-sais-plus-qui, ainsi que ce fait, énoncé par des psychanalystes & assimilés probement, que le psy est un néo-chamane, un medecine-man modernisant, réactualisant la fonction sociale dans l'anthropologie actuelle :
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1077-psychanalyses-stupides-psychanalyses#18816
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1278-psychologie-individuelle-alfred-adler#22872
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1283-psychologie-analytique-carl-gustav-jung#22904
Et puis enfin, voir aussi l'ethnopsychiatrie, Jeremy Narby en tête.

*

Philosophiquement, on a :

1° L'hédonisme, qui est une aspiration à l'hédonè, la sphère des plaisirs, plus ou moins spontanéiste, plus ou moins utilitariste, selon les démarches.
2° Le "ponosisme" de ma néologie, qui n'est aspiration ni à l'hédonè, ni à la dolor, mais compréhension de la peine et de la souffrance, par exemple lorsqu'elles sont initiatiques, ou bien qu'on se fait une "philosophie de vie" ne la récusant pas mais l'intégrant positivement à la démarche expérimentale essais-erreurs, un peu comme Nietzsche ou Alain.
3° Le dolorisme, qui est une apologie phronétique de la souffrance comme expurgation, à caractère sadomasochique.

* L'hédoniste va se prémunir plus ou moins pleutrement de tout ponosisme, sauf si utilitaristement ça promet, mais évidemment de tout dolorisme.
* Le ponosiste va tenter de faire de toute souffrance, efforcée comme accidentelle/hasardeuse, une initiation (a fortiori si rituel d'initiation).
* Le doloriste pose que toute souffrance est absolument & radicalement initiatique, expurgatrice, salvatrice, un peu comme le pur chrétien se rend phronétiquement au pire martyr.

Une civilisation hédoniste comme la nôtre ne peut que contourner le ponosisme et récuser le dolorisme (dolorisme qui, par ailleurs, est écarté par le ponosisme pourtant) : les psychologies qui s'ensuivent - comme toute psychologie - seront donc axiologiquement hédonistes (encore que, selon la troisième vague des TCC - in Sciences humaines, récemment sur les psychothérapies actuelles, dont ACT, - on re/tend sensément à mon avis, vers le ponosisme, désormais, per-réalistement).
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