Rapport de lecture, sur le "Contrat Social"

Aller en bas

Rapport de lecture, sur le "Contrat Social"

Message  Kenshin le Ven 20 Avr 2018 - 16:14

Analyse du « Du contrat social » (1762)
De Jean-Jacques Rousseau, Livre I et II
Par Kenshin
Edition Hatier, classiques&cie PHILO

Mon analyse se voudra être chronologique.
Quand dans une citation je mets un terme entre [ ] c'est un ajout personnel pour rappeler le sujet.
Dans les citations les termes ne sont pas en gras ou sous ligné, à la base. J'ai mis en gras ou sous ligné ce qui me pensent devoir être mis en évidence.


Livre Premier

Chapitre I
Sujet de ce premier livre

J.J Rousseau, p.10 a écrit:   « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le maître des autres, qui ne laisse pas d’être plus esclave qu’eux. »
Pour Rousseau apparemment, la liberté à l’état de nature est différente de celle à l’état civil dans le sens ou la liberté à l’état de nature, ne nous assure pas forcément notre conservation. Car elle est plus basée sur un rapport de domination.

J.J Rousseau, p.10 a écrit: « L’ordre social est un droit sacré qui sert de base à tous les autres »

Chapitre II
Des premières sociétés

La famille est le premier des modèles des sociétés politique. Les parents prennent soin des enfants mais lorsqu’ils deviennent indépendants, les parents et enfants restent unis par conventions. L’enfant n’est plus obligé de manière naturelle. L’amour ne suffit plus.
Par contre je pense je ne comprends pas trop ces histoires de lâcheté et d’esclavage.

Chapitre III
Du droit du plus fort

Obéir à la force induit de céder à la force.  Le droit du plus fort n’est pas un droit puisque c’est une force que l’on impose. Et ça peut donc être remis en question.

Chapitre IV
De l’esclavage

Un peuple qui se donne gratuitement est un peuple de fous.  D’après Rousseau, on naît libre et notre liberté nous appartient. Parce que renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme. La liberté pour Rousseau c’est donc, être.

J.J Rousseau, p.16 a écrit:  « N’est-il pas clair que l’on est engagé à rien envers celui dont à droit de tout exiger, et cette seule condition, sans équivalent, sans échange, n’entraîne-t-elle pas la nullité de l’acte ? Car quel droit mon esclave aurait-il contre moi, puisque tout ce qu’il a m’appartient, et que son droit étant le mien, de droit de moi-même est un mot qui n’a aucun sens ? »

Donc la liberté et l’aliénation sont deux choses semblables ? Un choix ?
Si je déshumanise quelqu’un, je ne le fais plus exister. Dès lors, je n’aurai plus le droit de le posséder puisque que je posséderais quelque chose qui n’existerait pas.
Ce qui revient à dire, à l’instar de la haine, que le droit d’esclavage, comme celui de haïr et de déshumaniser n’exprime qu’un rapport à moi-même. En psychologie, n’appelle-t-on pas cela une projection ?
Ensuite selon Rousseau, ce sont les choses qui causent les guerres. La propriété. Ce sont les Etats qui se font la guerre en créant des soldats. Les hommes ne s’entretuent pas pour des choses dont ils n’ont pas besoin. (Qu’ils ne possèdent pas ?)

J.J Rousseau, p.18 a écrit:  « On a le droit de tuer l’ennemi que quand on ne peut le faire esclave ; le droit de faire esclave ne vient pas du droit de tuer, c’est donc l’échange inique de lui faire acheter au prix de sa liberté sa vie sur laquelle on a le droit »

Pour être, donc être libre, tu dois me servir. Logiquement, si tu ne me sers pas, tu n’es pas, tu ne peux être. Donc la guerre me donnerait se droit de décider si tu peux être : la force de l’état de nature ?
On note déjà que la servitude n’est pas une convention dans le sens ou elle n’est pas mutuelle. Donc, elle se rapprocherait de l’état de nature que Rousseau veut dépasser avec un contrat social.

Chapitre V
Qu’il faut toujours remonter à une première convention

Si un peuple élit un roi c’est qu’il est d’abord un peuple. Comment ? Il doit y avoir un pacte entre les gens qui vise à élire un chef. Un despote n’a aucune adhésion donc ne règne pas sur un peuple.

Chapitre VI
Du Pacte social

Rousseau suppose que dans l’état de nature, en vue de sa propre conservation, pour l’homme, les obstacles sont tels qu’ils sont trop fort pour une seule personne. Pour assurer ma conservation j’ai besoin de l’autre.
Aussi, pour rousseau, sa propre force et liberté sont les premiers instruments de conservation.  On a vu plus haut que pour Rousseau, la liberté, c’est être donc être fort, semble être pour lui les premières conditions de l’état de nature de l’homme.
Je remarque d’ailleurs à titre personnel, que l’acte suprême de conservation de l’espèce humaine, la reproduction ; induit plus que, une personne.

J.J Rousseau, p.21 (ligne 305) a écrit:  « Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant. » Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.

Dans les premières lignes, Rousseau pose la question de rendre légitime la perte de liberté naturelle. Ici, il semble nous dire que ce n’est pas une perte mais qu’elle va devenir une dualité. Liberté naturelle et civile, sociale, vont se confondre. Si j’ai bien compris…

J.J Rousseau, 21 (Ligne 311) a écrit: « Les clauses de ce contrat sont tellement déterminées par la nature de l’acte que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet ; elles sont partout les mêmes, partout tacitement admises et reconnues, jusqu’à ce que, le pacte social étant violé, chacun rentre alors dans ses premiers droits et reprenne sa liberté naturelle, en perdant la liberté conventionnelle pour laquelle il renonça. »

Le pacte social n’est pas une obligation et peut être révoqué. Ce que l’on constate aujourd’hui c’est que les riches peuvent eux, révoquer le contrat social puisqu’ils peuvent ne pas payer leurs impôts, décider ou non d’être soumis aux obligations collectives. Et surtout, ils ont la capacité à ne pas dépendre de la mutualisation.
Le pauvre, le moins riche lui, dépend concrètement de l’acte de mutualisation. (par exemple le cout des soins hospitaliers). Ne croyez pas que je politise l’analyse. Plus tard, Rousseau abordera à sa manière le problème…
Peut-on faire un rapprochement avec la Constitution des Etats-Unis ?

J.J Rousseau, p. 21 (ligne 321) a écrit:  « Car premièrement, chacun se donnant tout entier, la condition est égale pour tous, et la condition étant égale pour tous, nul n’a intérêt à la rendre onéreuse aux autres. »

Rousseau justifie-t-il une nécessité, un besoin l’équité ? Parce que malheureusement aujourd’hui, on note que la société fonctionne sans être équitable.

J.J Rousseau, p.22 a écrit:  « Enfin, chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n’y a pas un associé sur lequel on n’acquiert le même droit qu’on lui cède soi, on gagne l’équivalent de tout ce que l’on perd, et plus de force pour conserver ce que l’on a. »  

« Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps* chaque membre comme partie indivisible du tout. »
(L’italique est celle du livre
* note de l’éditeur : chaque contractant devient une partie du corps collectif ainsi créé)  

A titre personnel, je ferai le parallèle avec la référence avec la famille : l’amour disparaissant, recrée-t-on le caractère inconditionnel ?

J.J Rousseau, p.22 a écrit:  « A l’instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d’association produit un corps moral et collectif composé d’autant de membres que l’assemblée a de voix, lequel reçoit de son même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté.  Cette personne publique qui se forme ainsi par l’union de toutes les autres prenaient autre fois le nom de Cité, et prend maintenant celui de République ou de corps politique, lequel est appelé Etat quand il est passif, Souverain quand il est actif, puissance en le comparant à ses semblables. A l’égard des associés ils prennent le nom de Peuple et s’appellent en particulier citoyens comme participants à l’autorité souveraine, et sujets comme soumis aux lois de l’Etat. »

République =corps politique
Le corps politique est Etat quand il est passif et Souverain quand il est actif, Il est puissance (le corps politique) du point de vue du peuple. (Le peuple est passif mais il est convention pour tant)
Les membres du peuple sont citoyen, quand ils sont actifs, participent à la souveraineté. Ils sont sujet, quand ils sont soumis (à la force).
On note la présence des rapports suivants :
Parent /Educateur
Enfant/Elève

Chapitre VII
Du Souverain

Engagement réciproque du public avec les particuliers. Mais il faut faire la différence entre s’obliger envers soi ou envers un tout dont on fait partie.

J.J Rousseau, p.23 a écrit:  « Il est contre la nature du corps politique que le souverain s’impose une loi qu’il ne puisse enfreindre. »

« Ne pouvant se considérer sous un seul et même rapport il est dans ce cas d’un particulier contractant avec soi-même : par où l’on voit qu’il n’y a ni ne peut y avoir nulle espèce de loi fondamentale obligatoire pour le corps du peuple, pas même le contrat social. »
Note de l’éditeur : Il s’agit moins d’enfreindre la loi (par un acte singulier) que de changer la loi elle-même.

Voilà comment je vais interpréter les propos de J.J Rousseau. On pourrait dire que le particulier, de part la convention et ses intérêts est soi-lui-même soit tout le monde. Quand au souverain, quand il est « un seul » c’est-à-dire, quand il s’extrait de la masse pour exercer pour la masse, il est lui-même. A l’inverse quand il est tout le monde, il n’est pas actif, ce sont les particuliers qui agissent chacun pour tous, il n’est personne.
Par conséquent, je me pose la question : quand on est tout le monde, devient-on, personne ? Peut-on en groupe, dès lors, être responsable de soi-même ?
En espérant ne pas être hors sujet…

J.J Rousseau, p.24 a écrit:  « Or le souverain n’étant formé que de particuliers qui le composent n’a ni ne peut avoir d’intérêt contraire au leur, par conséquent la puissance souveraine n’a nul besoin de garant envers les sujets, parce qu’il est impossible que le corps veuille nuire à tous ses membres, et nous verrons ci-après qu’il ne peut nuire à aucun en particulier. Le souverain, par cela seul qu’il est, est toujours ce qu’il doit être. »

Donc, le souverain ne peut être qu’une chose : volonté générale. Et le sujet lui, peut être volonté personnelle et générale.

J.J Rousseau, p.25 a écrit:  « Afin que la pacte social ne soit pas un vain formulaire , il renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ; car telle est la condition qui donnant chaque citoyen à la patrie le garantit de toute dépendance personnelle ; condition qui fait l’artifice et le jeu de  la machine politique, et qui seule rend légitimes les engagements civils, lesquels sans cela seraient absurdes, tyranniques, et sujet aux plus énormes abus. »

C’est-à-dire que à l’état de nature, l’homme décide exclusivement par lui-même. Avec le contrat social, l’homme pour assurer sa conservation, augment sa force face à la nature par l’effet de groupe et par conséquent accepte, de ne plus être le seul à décider pour lui-même.

Il se rend donc vulnérable…pour être plus fort.

C’est pour ça que l’on ressent cette dualité chez Rousseau et que l’on comprend que tout n’est pas blanc ou noir, mais qu’il va falloir jongler un peu, faire preuve d’intelligence. C’est-à-dire être humain. Parce que même si j’exprime en tant qu’homme de l’intelligence par moment, j’ai cette capacité à être un con, que je pourrais exprimer plus tard. Je suis plusieurs choses à la fois et cela est peut-être, utile…

Mais vu l’actualité, on se demande si cette prise de conscience que par la création d’une société civile, l’homme social peut faire face à la condition naturelle, ne peut conduire à l’erreur qui consiste à croire à l’homme particulier qu’il est totalement cette puissance collective ? du moins une plus grande partie, qu’il ne l’est en réalité.

Aussi, il semblerait pour Rousseau qu’on est libre quand on obéit à l’intérêt général parce qu’avec le contrat social, on adhère d’emblée à l’ensemble, et obéir n’est plus une contrainte.

Dans l’état de nature, serait on obliger, contraint d’obéir aux lois naturelles ? Peut-on vraiment ne plus obéir aux lois naturelles en étant des hommes ? n’est ce pas illusoire de croire qu’en devenant un homme civil, on ferait disparaitre par magie la contrainte de l’homme à l’état de nature ?
La morale servirait elle à dépasser l’instinct ? ou alors, l’établissement d’une morale ne serait il pas reconnaitre les limites de l’instinct ?

Chapitre VIII
De l’état civil

Dans la société civile on passe de l’instinct à la moralité. C’est-à-dire qu’on a désormais des devoirs envers les autres.
Ça serait dorénavant donc la conservation du groupe qui primerait sur sa propre conservation.

J.J Rousseau, p.26 (ligne 433) a écrit:  « …qui jusque-là, n’avait regardé que lui-même, se voir forcé d’agir sur d’autres principes, et de consulter sa raison avant d’écouter ses penchants. »

A ce stade je l’interroge : qu’en est-il du libre arbitre ?

J.J Rousseau, p.26 a écrit:« Ce que l’homme perd par le contrat social, c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu’il peut atteindre. »

On peut aisément ici faire un rapprochement avec l’économie de marché…
Avec le contrat social apparemment, l’homme gagne la liberté civile et la propriété (de tout ce qu’il possède).

J.J Rousseau, p.26 a écrit:« …il faut bien distinguer la liberté naturelle qui n’a pour bornes que les forces de l’individu, de la liberté civile qui n’est limitée par la volonté générale, et la possession qui n’est que l’effet de la force ou le droit du premier occupant, de la propriété qui ne pourrait être fondée sur un titre positif. »
( positif : c’est-à-dire résultant d’une décision de l’autorité politique, ici le peuple souverain…émane du législateur)

Chapitre IX
Du domaine réel

Si la base de tous les droits c’est le contrat social alors, l’Etat est maitre de tous leurs biens.
Aussi :
J.J Rousseau, p.27 a écrit: « Tout homme a naturellement le droit à tout ce qui lui est nécessaire ; mais l’acte positif qui le rend propriétaire de quelque bien l’exclut de tout le reste. Sa part étant faite il doit s’y borner, et n’a plus aucun droit à la communauté ».

En extrapolant on pourrait se dire que tout homme qui aurait trop (qui aurait une part trop supérieure à la moyenne) ne devrait plus avoir accès à l’ensemble des droits que la communauté met à disposition de tout ceux qui ont à peu près, la même part.

J.J Rousseau, p.29 a écrit: « Ce qu’il y a de singulier dans cette aliénation, c’est que, loin qu’en acceptant les biens des particuliers la communauté les en dépouille, elle ne fait que leur en assurer la légitime possession, changer l’usurpation en véritable droit, et la jouissance en propriété.»
« Le droit que chaque particulier a sur son propre fonds est toujours subordonné au droit que la communauté à sur tous, sans quoi il n’y aurait ni solidité dans le lien social, ni la force réelle dans l’exercice de la souveraineté. »

Ce qui est à moi n’est plus aux autres.
Droit du premier occupant : on respecte moins dans ce droit ce qui est à autrui que ce qui n’est pas à soi.

J.J Rousseau, p.29 a écrit: « …c’est qu’au lieu de détruire l’égalité naturelle, le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature avait d’inégalité physique ente les hommes, et que, pouvant être inégaux en force et en genre, ils deviennent tous égaux par convention et de droit*
( *…d’où il suit que l’état social n’est avantageux aux hommes qu’autant qu’ils ont tous quelque chose et qu’aucun d’eux n’a rien de trop.)

A méditer…

Livre deuxième

Chapitre I

Que la souveraineté est inaliénable.

C’est le compromis qui compte. L’intérêt commun prévaut sur les différences.

Le souverain, c’est la volonté du peuple.
L’exécutif permet au peuple d’exercer son pouvoir.

J.J Rousseau, p.34 a écrit: « Si donc le peuple promet simplement d’obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple ; »

Pour Rousseau, à l’instant qu’il y a un maitre il n’y a plus de souverain, et dès lors, le corps politique est détruit.
Le souverain doit être le contre-pouvoir des chefs.

Chapitre II
Que la souveraineté est indivisible

J.J Rousseau, p.34 a écrit:« Par la même raison que la souveraineté est aliénable, elle est indivisible. Car la volonté est générale, ou elle ne l’est pas ; elle est du corps du peuple, ou seulement d’une partie. Dans ce premier cas cette volonté déclarée est un acte de souveraineté et fait loi. Dans le second, ce n’est qu’une volonté particulière, un acte de magistrature ; c’est un décret tout au plus.
Mais nos politiques ne pouvant diviser la souveraineté dans son principe la divisent dans son objet ; ils la divisent en force et volonté, en puissance législative et en puissance exécutive, en droit d’impôts, de justice, et de guerre, en administration intérieur et en pouvoir de traiter avec l’étranger ; tantôt ils confondent toutes ces parties et tantôt ils les séparent ; ils font du souverain un être fantastique et formé de pièces rapportées. »

« Cette erreur vient de ne se n’être pas fait des notions exactes de l’autorité souveraine, et d’avoir pris pour des parties de cette autorité ce qui n’en était que des émanations. »

Chapitre III
Si la volonté générale peut errer

J.J Rousseau, p.37 a écrit: « On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours. Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c’est alors seulement qu’il pourrait vouloir ce qui est mal. »

« Il y a bien souvent de la différence entre volonté de tous et volonté générale ; celle-ci ne regarde qu’à l’intérêt commun, l’autre regarde à l’intérêt privé, et ce n’est qu’une somme de volontés particulières : mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s’entre-détruisent, reste pour somme des différences de la volonté générale. »

Ici, j’y vois une réflexion sur la démocratie participative, le fédéralisme quand Rousseau dit :

J.J Rousseau, p.37 a écrit: « Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n’avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne […] On peut dire qu’il n’y a plus autant de votant que d’hommes, mais seulement autant d’associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin quand une de ces associations est si grande qu’elle l’emporte sur toutes les autres, vous n’avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique ; alors il n’y a plus de volonté générale, et l’avis qui l’emporte n’est qu’un avis particulier. »

J.J Rousseau, p.38 a écrit: « Que s’il y a des sociétés partielles, il en faut multiplier le nombre et en prévenir l’inégalité, comme le firent Solon, Numa, Servius. Ces précautions sont les seules bonnes pour que la volonté générale soit toujours éclairée, et que le peuple ne se trompe point. »

On note que pour Rousseau, l’égalité est plus vers une moyenne, de faibles écarts entre les particuliers. Ça reste très pragmatique.

Chapitre IV
Des bornes du pouvoir souverain

J.J Rousseau, p.38 a écrit: « Si l’Etat ou la Cité n’est qu’une personne morale dont la vie consiste dans l’union de ses membres, et si le plus important de ses soins est celui de sa propre conservation, il lui faut une force universelle et compulsive [Qui contraint] pour mouvoir et disposer chaque partie de la manière la lus convenable au tout.
Comme la nature donne un pouvoir absolu sur tous ces membres, le pacte social donne au corps politique un pouvoir absolu sur tout les siens, et ce même pouvoir absolu qui, dirigé par la volonté générale, porte, comme je l’ai dit, le nom de souveraineté. »

On comprend ici que tout est question de transférer le pouvoir de la nature (droit naturel) dans la société (droit civil). Tout se résulte à la nécessité de contrôle. Et qui dit nécessité dit : force et peur…

J.J Rousseau, p.39 a écrit: « On convient que tout ce que chacun aliène par le pacte social de sa puissance, de ses biens, de sa liberté, c’est seulement de la partie de tout de la dont l’usage importe à la communauté, mais il faut convenir aussi que le souverain seul est juge de cette importance. »

« Mais le souverain de son côté ne peut charger les sujets d’aucune chaîne inutile à la communauté ; il ne peut même pas le vouloir : car sous la loi de la raison rien ne se fait sans cause, non plus que sous la loi de nature.
Les engagements qui nous lient au corps social ne sont obligatoires que parce qu’ils sont naturels, et leur nature est telle qu’en les remplissant on ne peut travailler pour autrui sans travailler aussi pour soi. Pourquoi la volonté générale est-elle toujours droite, et pourquoi tous veulent ils constamment le bonheur de chacun d’eux, si ce n’est parce que qu’il n’y a personne qui ne s’approprie ce mot chacun, et qui ne songe à lui-même en votant pour tous »

Quand on est lié à tous, quand on pense à soi, on pense à tous ?

J.J Rousseau, p.39-40 a écrit:  « Ce qui prouve que l’inégalité de droit et la notion de justice qu’elle produit [ la volonté générale] devient de la même préférence que chacun se donne et par conséquent de la nature de l’homme, que la volonté générale pour être vraiment telle doit être dans son objet ainsi que dans son essence , qu’elle doit partir de tous pour s’appliquer à tous, et qu’elle perd sa rectitude naturelle lorsqu’elle tend à quel que objet individuel et déterminé ; parce qu’alors jugeant de ce qui nous est étranger nous n’avons aucun vrai principe d’équité qui nous guide. »  

Ici, clairement pour Rousseau, l’inégalité est dans la nature de l’homme et c’est la société qui par la justice sociale, les réduit en créant une inégalité qui rappelons le, ne consiste qu’un maintenir un écart acceptable entre les particuliers.

J.J Rousseau, p.41 a écrit: « Qu’est-ce que proprement un acte de souveraineté ? Ce n’est pas une convention du supérieur vers l’inférieur, mais une convention du corps avec chacun de ses membres : convention légitime, parce qu’elle a pour base le contrat social, équitable, parce qu’elle est commune à tous, utile, parce qu’elle a pour garants la force publique et le pouvoir suprême. »

C’est donc la cohésion qui prime. On note la dérive des partis nationalistes dès lors qui surfent sur cette notion à des fins particulières…Puisque pour les dirigeants des partis nationalistes, la cohésion qu’ils mettent en avant leur permet d'accroître leur différence avec le peuple ( duquel ils se distinguent) ; différence en terme de droit , de devoir, de richesse pécuniaire.
Aussi je me dis que le peuple n’a que très peu de pouvoir de destitution.

J.J Rousseau, p.42 a écrit: « Que leur situation par l’effet de ce contrat, se trouve réellement préférable à ce qu’elle était auparavant, et qu’au lieu d’une aliénation, ils n’ont fait qu’un échange avantageux d’une manière incertaine et précaire contre une autre meilleure et plus sûre, de l’indépendance naturelle contre la liberté, du pouvoir de nuire à autrui contre leur propre sûreté, et de leur force que d’autres pouvaient surmonter contre un droit que l’union sociale rend invincible.»

J.J Rousseau, p.41 a écrit: « Le souverain n’est jamais en droit de charger un sujet plus qu’un autre, parce qu’alors l’affaire devenant particulière, son pouvoir n’est plus compétant. »

Chapitre V
Du droit de vie et de mort

J.J Rousseau, p.43 a écrit:  « Le contrat social a pour fin la conservation des contractants […] qui veut conserver sa vie aux dépend des autres doit la lui donner aussi pour eux quand il faut. »

« Or le citoyen n’est plus juge du péril auquel la loi veut qu’il s’expose […] Sur sa vie n’est pas seulement un bienfait de la nature, mais un don inconditionnel de l’état. »

Si un malfaiteur est jugé coupable, il est considéré comme un ennemi car il a rompu le traité social. Aussi page 44, il est noté qu’un ennemi public mérite la mort.

J.J Rousseau, p.43-44 a écrit:  « Car un tel ennemi n’est plus une personne morale, c’est un homme, et c’est alors que le droit de la guerre est de tuer le vaincu. »

Rousseau admet après que la condamnation est un acte particulier. Elle n’appartient pas au souverain.

J.J Rousseau, p.44 a écrit: « C’est un droit qu’il peut conférer sans pouvoir l’exercer lui-même. »

Or il disait page 16 que l’on tue un ennemi que quand on ne peut en faire un esclave…
Ainsi, je pense, dans le contrat social, c’est lorsque l’on obéit qu’on est libre. L’ordre c’est la liberté, je le répète.
Aussi, le souverain peut gracier (rarement). Or, il ne peut condamner.

Pour moi ça cloche…

Chapitre VI
La Loi

D’après Rousseau, si toute justice vient de Dieu nous ne savons pas la recevoir, parce que sinon nous n’aurions besoin ni de gouvernement, ni de lois.

J.J Rousseau, p.45 a écrit: « Il faut donc des conventions et des lois pour unir les droits et les devoirs et ramener la justice à son objet. »
« Dans l’état de nature, ou tout est commun, je ne dois rien à ceux à qui je n’ai rien promis. »

Personnellement, je crois que ça explique bien le droit du premier occupant.

J.J Rousseau, p.45 a écrit: « …il n’y a point de volonté générale sur un objet particulier. En effet cet objet particulier est dans l’Etat ou hors de l’Etat. »

J.J Rousseau, p.46 a écrit:  « …mais quand un peuple statue sur tout le peuple il ne considère que lui-même, et il se forme alors un rapport, c’est de l’objet entier sous un point de vue de l’objet entier, sous un autre point de vue, sans aucune division du tout. Alors la matière sous laquelle on statue est générale comme la volonté qui statue. C’est cet acte que j’appelle une loi. »

« …en un mot toute fonction qui se rapporte à un objet individuel n’appartient point à la puissance législative. »

Aussi, il dit que comme la loi est une volonté générale, elle ne peut être injuste, puisque nul n’est injuste envers lui-même.  

J.J Rousseau, p.46 a écrit:  « Ainsi la loi peut bien statuer qu’il y aura des privilèges , mais elle n’en peut donner nommément à personne ; la loi peut faire plusieurs classes de citoyens, assigner même les qualités qui donneront droit à ces classes, mais elle ne peut donner tels ou tels pour y être admis ; elle peut établir un gouvernement royal et une succession héréditaire , mais elle ne peut élire un roi ni nommer une famille royale ; en un mot toute fonction qui se rapporte à un objet individuel n’appartient point à la puissance législative. »

A ce stade, je me dois de tenter une réflexion et je me demande d’ailleurs si pour Rousseau, un législateur peut légiférer sur l’augmentation de salaire d’un employé particulier...

Jusque là je me dis quand même que dès qu’on a signé le contrat, on a défini notre, bien. On fait partie d’un corps et la décision du corps est la nôtre.  Donc le contrôle, ça responsabilité et sa peur, sont désormais partagés.

Je trouve cela très actuel. En effet, de nos jours, il semblerait que la définition du contrat social soit floue, rendue simpliste. Apparemment, les élites (une classe ?) pensent que nous ne pouvons comprendre et que pour notre bien, ils vont le faire à notre place.

Dans tous les cas, ou que l’on naisse par son acte de naissance, signe-t-on un contrat social ? Cette signature est elle un droit, un devoir, un don (que l’on fait au signataire) ? Cela ramène encore à l’actualité. Et ne me dîtes pas que je fais une fixation sur les nationalistes…

Enfin, j’ai toujours cette même impression : la puissance divine, l’économie de marché, la loi ont cette chose en commun : un nombre incalculable de données tel qu’un seul esprit ne peut prendre en compte. Ainsi, l’obligation de s’en remettre à des spécialistes pour gérer les conséquences de ces données. Puisque ces données influent sur le comportement, elles ont des conséquences en actes.

Or la volonté générale elle n’est qu’un concept. Elle existe partout (dans chacun de nos esprit) et nulle part.  « Le marché », ce n’est que l’intérêt/volonté général de l’économie.

Il suffit de convaincre une personne (ou plusieurs) qu’une loi, une pensée, est d’ordre d’intérêt général alors, elle devient légitime. Et surtout, si un intérêt particulier est désormais appelé intérêt général alors, ma responsabilité particulière n’est plus engagée par rapport aux conséquences que ces actes vont entrainer. Par contre les bénéfices de ces actes seront miens…

On a une belle expression en France : vouloir le beurre et l’argent du beurre.

J.J Rousseau, p.47 a écrit:  « J’appelle donc République tout Etat régit par des lois, sous quelque forme d’administration que ce puisse être. »
« Le peuple soumis aux lois en doit être l’auteur. »

Donc, comme le peuple ne voit toujours pas son bien, il lui faudrait un guide : le législateur.

Chapitre VII
Du législateur

J.J Rousseau, p.48 a écrit: « …Il faudrait une intelligence supérieure, qui vit toutes les passions des hommes et qui n’en n’éprouvera aucune, qui n’eût aucun rapport avec notre nature et qui ne la connût à fond, dont le bonheur fût indépendant de nous et qui pourtant voulût bien s’occuper du nôtre […] il faudrait des dieux pour donner des lois aux hommes. »

Je crois que tout est dit…

J.J Rousseau, p.49 a écrit:  
( L’italique est dans le texte)
« Dans la naissance des sociétés, dit Montesquieu, ce sont les chefs des républiques qui font l’institution, et c’est ensuite l’institution qui forme les chefs des républiques. »

Encore une fois, quoi de plus actuel ?

Donc par nécessité, l’homme doit s’aliéner, se donner complètements aux autres. On constate aujourd’hui que dans notre société moderne, cela devient une grande souffrance. Notamment avec le marketing et la publicité qui relie sans cesses l’être humain à son ensemble…

N’oublions pas que pour Rousseau, il n’y a que l’autre qui peut nous sauver. Ça a de grandes conséquences…l’autre social, c’est tout le monde et tout le monde, ce n’est personne. Ce message, devient une idée et si elle est détournée, on ne pourrait ne plus pouvoir se sauver soi-même dans d’autres domaines…
Seul, nous serions incapables de nous défendre (l’état de nature) et donc, cela sous-entend la constante présence d’un danger, d’un ennemi puisque social étant une obligation, c’est qu’il est nécessaire. C’est que l’ennemi, existe.  Et si maintenant on n’aurait dompté la nature par la technologie etc. (si ce n’était pas le cas, comment pouvons-nous justifier toute cette économie ? En domptant la Nature, notre bonheur c’est notre force) …qui doit être l’ennemi ?

Enfin, on ne dispose plus de sa propre force personnelle. Ce qui engendrera la nécessité des groupes, corporations, corps, classes et engendrera de la souffrance. Sa propre force personnelle n’existe plus. (Elle existera sous forme de violence et haine…on accusera l’homme à l’état de nature qui sera amalgamé comme : incivilisé. Puisque la civilisation, c’est le pacte (qui je pense possède d’énormes qualités).
Quand je suis seul, moi-même pleinement, que suis-je ?

N’oublions pas que le souverain, l’expression de la volonté générale, donc de chacun ne punit pas mais peut gracier.

J.J Rousseau, p.49 a écrit:  « En sorte que si chaque citoyen n’est rien, que par tous les autres, et que la force acquise par le tout soit égale ou supérieure à la somme des forces naturelles de tous les individus, on peut dire que la législation est au plus haut point de la perfection qu’elle puisse atteindre. »

Vu que l’on naît dans le pacte social, difficile de savoir comme la force du tout est par rapport à la force du non tout, puisque je n’ai été que dans le tout. Il faudrait voir si avec un nouvel arrivant, la loi fonctionne. Imaginons que nous soyons dans un monde dans lequel un migrant viendrait chez nous. Imaginons que sa force soit inférieure à la force moyenne du corps dans lequel il arrive. Genre, il vit de manière misérable, il a pas les mêmes droits, et surtout, il veut signer le pacte social mais il ne le peut pas. Est-ce la loi qui n’est pas bonne ou le nouvel homme, qui n’est pas « assez bien » ?

J.J Rousseau, p.50 a écrit:  « Le législateur est à tout égard un homme extraordinaire dans l’Etat. S’il doit l’être par son génie, il ne l’est pas moins par son emploi. »

Quand on regarde la réalité actuelle, pouvons nous donner raison à Rousseau ?
Mais je tiens à dire que je ne jette pas la pierre à rousseau. Pour moi son travail est une grande réflexion, une sorte de manuel et en rien, une doctrine.

J.J Rousseau, p.50 a écrit:  « C’était la coutume de la plupart des villes grecques de confier à des étrangers l’établissement de les leurs. [les lois] »

J.J Rousseau, p.50 (note de bas de page) a écrit:  « Ceux qui ne considèrent Calvin que comme un théologien connaissent mal l’étendue de son génie. La rédaction de nos sages édits, à laquelle il eut beaucoup de part, lui fait autant d’honneur que son Institution. »

J.J Rousseau, p.50 a écrit:  « Celui qui rédige les lois n’a donc ou ne doit avoir aucun droit législatif, et le peuple même ne peut, quand il le voudrait, se dépouiller de ce droit incommunicable ; parce que selon le pacte fondamental, il n’y a que la volonté générale qui oblige les particuliers, et qu’on ne peut jamais assurer qu’une volonté particulière est conforme à la volonté générale qu’après l’avoir soumise aux suffrages libres du peuple ; j’ai déjà dit cela, mais il n’est pas inutile de le répéter. »

La démocratie représentative serait elle remise en cause par Rousseau vu que les représentants du peuple rédigent et votent les lois ?
Un corps a été créé : un corps législatif (la volonté générale légitime la création de ce groupe) pour définir le bien de la volonté générale. Or la volonté générale c’est le souverain. Sans souverain personnifié, nommé, c’est le corps législatif qui devient le souverain.  

Or aujourd’hui, celui qui donne la direction du bien général, c’est l’exécutif.

J.J Rousseau, p.51-52 a écrit:   « Voilà ce qui força de tout temps les pères des nations à recourir à l’intervention du ciel et d’honorer les dieux de leur propre sagesse, afin que les peuples soumis aux lois de l’Etat comme à celle de la nature, et reconnaissant le même pouvoir dans la formation de l’homme et dans celle de la cité, obéissent avec liberté et portassent docilement le joug de la félicité publique. »

C’est bien ce que je pensais : l’objet est de transférer le pouvoir et je pense même que cette première peur du pouvoir de la nature (de sa force) va générer chez l’homme un désir de domination.

J.J Rousseau, p.49 a écrit:   « Celui qui ose entreprendre d’instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine ; de transformer chaque individu, qui par lui-même est un tout parfait et solitaire, en partie d’un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie, son être ; d’altérer la constitution de l’homme pour la renforcer ; de substituer une existence partielle et morale à l’existence physique et indépendante que nous avons reçue de la nature. »

Je crois que pour Rousseau l’homme à l’état de nature est faible. Pas mauvais mais faible. Donc grâce à la société civile il deviendrait fort, donc meilleur ?
On notera page 52, la référence à Machiavel qui dit qu’aucun législateur n’a jamais eu recours à dieu que pour faire passer quelque chose, d’inadmissible.

On en revient encore ici, à cette forme de dé responsabilisation notamment avec la main invisible, le marché, en économie et surtout avec l’arrivée des Intelligences Artificielles. Et là, si vous m’avez bien lu, je vous dis : attention.
Enfin, dans ce chapitre, pour Rousseau, ce qui perdure (la loi juridique par exemple) ne le fait que parce qu’il possède de la sagesse.
on peut noter que ce qui se transmet, perdure.  Le pouvoir de transmettre se substitue à la sagesse. Le pouvoir de transmettre (de manière civile) ne serait pas sagesse lorsqu’il deviendrait l’outil d’un intérêt particulier. La propriété est-elle un intérêt particulier ? Et la propriété peut-elle être un outil de domination ?

Chapitre VIII
Du peuple

Le législateur doit s’assurer que le peuple supporte la loi.
Une fois que les coutumes et préjugés enracinés, difficile de les changer.
Une fois qu’il y a révolution, il n’y a plus de raison de la présence d’un souverain. Mais d’un Maitre, parce que société civile, il n’y a plus.

J.J Rousseau, p.54 a écrit:  
(Italique du texte)
« On peut acquérir la liberté ; mais on ne la recouvre jamais. »

Chapitre IX
Suite

Ici, Rousseau nous dit qu’en général, un petit Etat est plus fort qu’un grand. Pour moi, il suggère la nécessité de fédéralisme dans les grands pays.
Il dit aussi que la loi nécessite un temps de maturation de la part du peuple.

Chapitre X
Suite

On mesure un corps politique d’après l’étendu de son territoire et le nombre du peuple.

J.J Rousseau, p.60 a écrit:   « Les usurpateurs amènent ou choisissent toujours ces temps de trouble pour faire passer, à la faveur du public, des lois destructives que le peuple n’accepterait jamais de sang-froid. »

Et si en plus on le fait au nom d’une puissance divine ?

J.J Rousseau, p.60 a écrit:  « Les choix du moment de l’institution est un des caractères les plus sûrs par lequel on peut distinguer l’œuvre du législateur d’avec celle du tyran. »

« Que le peuple est donc propre à la législation ? Celui qui, se trouvant lié par quelque union d’origine, d’intérêt ou de convention, n’a point encore porté le vrai joug des lois ; celui qui ne craint pas d’être accablé par une invasion subite, qui, sans entrer dans les querelles de ses voisins, peut résister seul à chacun d’eux, ou s’aider de l’un pour repousser l’autre ; celui dont chaque membre est connu de tous, et où l’on n’est point forcé de charger l’homme d’un plus grand fardeau qu’un homme ne peut porter ; celui qui peut se passer des autres peuples et dont tout peuple peut se passer* ; celui qui n’est ni riche ni pauvre et peut se suffire à lui-même ; enfin celui qui réunit la consistance d’un ancien peuple avec la docilité d’un peuple nouveau. Ce qui rend pénible l’ouvrage de la législation est moins qu’il faut établir ce qu’il faut détruire **; et ce qui rend le succès si rare, c’est l’impossibilité de trouver la simplicité de la nature jointe aux besoins de la société. Toutes ces conditions, il est vrai, se trouvent difficilement rassemblées. »  

*Si de deux peuples voisins l’un ne pouvait se passer de l’autre, ce serait une situation très dure pour le premier […]sa ruine.
** il en va de même pour l’institution d’un enfant

Si en légiférer de manière sérieuse semble être très difficile, pourquoi arrivent-on à accepter la situation actuelle qui semble privilégier la partisanerie ( vous allez me dire, cela reste à être démontré) ?

Chapitre XI
Des divers systèmes de législation

La finalité de la législation , c’est le plus grand bien de tous.

J.J Rousseau, p.62 a écrit:  « La liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée à l’Etat ; l’égalité, parce que la liberté ne peut substituer sans elle.
J’ai déjà dit ce que c’est que l’égalité civile ; à l’égard de l’égalité, il ne faut pas entendre ce mot que le degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes, mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessous de toute violence et ne s’exerce jamais qu’en vertu du rang des mois, et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre. »

Rousseau pour moi est un humaniste, pragmatique.

J.J Rousseau, p.62 a écrit:   «  Cette égalité, disent ils, est une chimère de spéculation qui ne peut exister dans la pratique. Mais su l’abus est inévitable, s’ensuit-il qu’il faille pas moins le régler ?C’est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir. »

Pour rousseau, il semblerait que l’égalité soit la recherche d’un équilibre de forces.  
On note aisément que la nature elle -même est basée sur cette notion d’équilibre. On pourrait prendre rousseau pour un bel idéaliste mais n’oublions pas que si des vagues géantes frappent la roche, aussi violent que cela puisse être, la roche ne souffre pas…l’être humain lui, s’il doit subir les conséquences d’une grande vague dérégulation économique par exemple, en souffrira. Normal, c’est un être vivant…
Enfin pour Rousseau, il faut adapter les lois aux caractéristiques du pays. Mal légiférer conduit à faire des lois qui n'ont pas de sens.

Chapitre XII
Division des lois

Pour ordonner le tout, ou donner la meilleure forme possible à la chose publique, il faut d’une part des principes fondamenntaux et  d’autre part, que la relation entre les membres et le corps soit entière.

J.J Rousseau, p.65 a écrit: « être dans une parfaite indépendance de tous les autres. Et dans une excessive dépendance de la Cité ; ce qui se fait toujours par les mêmes moyens ; car il n’y a que la force de l’Etat qui ne fasse que la liberté de ses membres. C’est de ce deuxième rapport que naissent les lois civiles ».

La troisième sorte de relation entre l’homme et la loi, c’est la désobéissance qui engendre la loi criminelle.
Enfin la quatrième et la plus importante  :

J.J Rousseau, p.65 a écrit:« Qui ne se grave ni sur le marbre, ni sur l’airain, mais dans les cœurs des citoyens ; qui fait la véritable constitution de l’Etat ; qui prend tous les jours de nouvelles forces ; qui, lorsque les autres lois vieillissent et s’éteignent, les ranime ou les supplée, conserve un peuple dans l’esprit de son institution, et substitue insensiblement la force de l’habitude à celle de l’autorité. Je parle des meurs, des coutumes, et surtout de l’opinion ; partie inconnue à nos politiques, mais de laquelle dépend le succès de toutes les autres : partie dont le grand législateur s’occupe en secret, tandis qu’il paraît se borner à des règlements particuliers qui ne sont que le cintre de la voûte, dont les mœurs, plus lentes à naître, forment enfin l’inébranlable clef. »

Je pense que si Confucius lisait cela, il esquisserait un sourire.

En conclusion
Je pense que pour Rousseau, les habitudes européennes sont tellement ancrées qu’il lui faut une transition pour s’orienter vers une forme de confucianisme qui mette en avant l’intelligence des mœurs que celle de la loi. Il nous montre très bien que la loi a ses limites et que le pacte social, n’est qu’un outil pour mieux vivre ensemble, nous apprendre, nous conduire à nous mettre d’accord. A l’inverse des idées rependues, l’égalité chez rousseau est une recherche d’équilibre, inventée et en rien un dogme. C’est vraiment le constat que la puissance doit être partagée. Pour Rousseau, une société ordonnée qui va à l’encontre de l’anarchie, se veut être plus une société dans la quelle on veut peu, que tous la même chose. Rousseau laisse bien à chacun son individualité mais ce qu’il enlève à l’individu, c’est de la puissance, pour en faire une force collective au service de tous.

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum