Un terme rare : le civilisme

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Un terme rare : le civilisme

Message  Mal' le Dim 22 Avr 2018 - 11:00

Voici un propos concernant le civilisme, dont je propose un lien sur Cairn. Dégénérativement, très vite (en faisant une recherche sur un moteur très connu), vous verriez la notion associée au terrorisme et à la pornographie, mais les sites sont tellement légers qu'ils ne font pas le poids, devant cette notion développée par Vladimir S. Nersesjanc sur Cairn (on dirait plutôt des tentatives de pollution mentale et de discrédit, par le vide intellectuel).

L'époque peut bien être houleuse autour de la notion, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'une tendance russe. Or, entre anti-russisme euro-américain, Russie réelle, et défense russe anti-occidentale, il faudrait savoir à quel saint se vouer : ce qui n'est absolument pas évident pour le quidam. Disons simplement que, comme d'habitude, les potentats « médiaconomiques » establish-entrepreneurist, se disputent le monde ... Il se le dispute, en jouant sur le moral des populations à vous les déchirer idéologiquement. A-t-on le droit de sortir la tête de ces sables mouvants ? de ne pas être une énième autruche paniquée par des enjeux qui, décisionnairement, dépassent le citoyen lambda, et quoiqu'il ait humainement l'envie de comprendre, pour se situer ?

Bref : hors de ces sables mouvants, envisageons ce qu'on nous dit du civilisme, de façon tout à fait intéressante au plan conceptuel.

Idéologiquement, le civilisme se veut post-capitaliste et post-socialiste, au sens où ces deux systèmes se réalisèrent respectivement en Euro-amérique et en Russie. Mais, par-devers l'idéologie, au niveau du droit, le civilisme se présente comme une accession de tous à la propriété civile. Minimum vital essentiel, afin de pouvoir investir une citoyenneté réelle, débarrassée de la survie. Cela n'est pas le cas dans les sociétés capitalistes, mais c'est le cas dans les sociétés socialistes.

Toutefois, les sociétés socialistes avaient tenté de résoudre la question capitaliste par l'extrême inverse : à l'individualisme radical du capitalisme (contractualisme généralisé, financiarisme monopolistique, familialisme, clientélisme, népotisme, favoritisme, néotribalisme, jusqu'à des formes de néo/fascisme), les sociétés socialistes opposèrent un collectivisme radical (étatisme généralisé, partisanisme monopolistique, camaradisme, phalangisme, dépendantisme, sectorialisme, néoclanisme, jusqu'à des formes de néo/fascisme, de même). Or, si l'individualisme radical démunit massivement les personnes à travers la prise de pouvoir des potentats financiers, il se trouve que le collectivisme radical les démunit tout autant. Aussi y a-t-il une voie médiane, trouvable entre la propriété privée et la propriété socialisée, qui donc se trouve être la propriété civile. Une propriété à même de permettre une responsabilisation civile, civilisatrice, au sein des sociétés, au sein du monde. Il se fonde sur une EBR, économie basée sur les ressources (et non sur « la croissance »).

Pour subvertir une expression fameuse, le civilisme est économiquement de gauche, socialement de droite. C'est-à-dire que le civilisme est, à strictement parler, la subversion du Front National (« économiquement de droite, socialement de gauche », disait Le Pen père, ce qui ne veut rien dire, sinon « le coeur à gauche, le porte-feuille à droite », comme c'est précisément le cas du centrisme qui règne actuellement en la personne d'Emmanuel Macron et de sa REM personnelle). Il s'agit, dans le civilisme, de permettre à tous de vivre décemment, tout en attendant d'eux qu'ils se prennent en main : il y a quelque chose de la Rome antique en ce civilisme, puisqu'il permet le redéploiement d'un espace qui soit véritablement public, civil, contrairement à nos mondes actuels, dont la publicité veut bien dire ce qu'elle veut dire : que l'espace public, civil, est rogné, décivilisé par la privatisation.

Toute la question est de savoir si l'on veut faire de l'affairisme, le moteur des sociétés. De savoir, si tout ce bougisme technoprogressiste est bien nécessaire, qui nous parle de « croissance économique » fallacieusement. Et de jeter sur lui un regard flegmatique, dépassionné, impassible, pour ne pas dire méprisant quand il prétend s'imposer à tout l'univers - comme c'est actuellement le cas euro-américain, jusqu'à gérer les sociétés sur les principes du chaos management afin d'empêtrer et embarrasser les personnes, au point qu'elles veuillent se détourner dégoûtées de leur citoyenneté, de toute civilité, au nom de leur survie jouisseuse.

Civilisme, donc, à partir duquel il semble possible de réfléchir sereinement l'avenir humain - républicainement*.


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* Où il est à souligner, à quel point le civilisme est un libéralisme politique noble et sain, devant le néo-"libéralisme" (pseudolibéralisme) qui n'est autre qu'un absolutisme financier. En effet, le premier libéralisme s'opposa à l'absolutisme (celui des Lumières). Aussi, quand le "libéralisme" permet des monopoles privés puissants comme des États (ONG à but lucratif), il n'est plus le libéralisme.
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