Descartes le Moderne, querelle les Anciens

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Descartes le Moderne, querelle les Anciens

Message  Mal' le Sam 5 Mai 2018 - 18:44


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Dans l'un des tous premiers écrits de René Descartes, on trouve :
René Descartes, ''Règles pour la direction de l'esprit'', 1628 (inachevé), a écrit:
Règle troisième.
Il faut chercher sur l’objet de notre étude, non pas ce qu’en ont pensé les autres, ni ce que nous soupçonnons nous-mêmes, mais ce que nous pouvons voir clairement et avec évidence, ou déduire d’une manière certaine. C’est le seul moyen d’arriver à la science.

Nous devons lire les ouvrages des anciens, parce que c’est un grand avantage de pouvoir user des travaux d’un si grand nombre d’hommes, premiè­rement pour connoitre les bonnes découvertes qu’ils ont pu faire, secondement pour être averti de ce qui reste encore à découvrir. Il est cependant à craindre que la lecture trop attentive de leurs ou­vrages ne laisse dans notre esprit quelques erreurs qui y prennent racine malgré nos précautions et nos soins. D’ordinaire, en effet, toutes les fois qu’un écrivain s’est laissé aller par crédulité ou ir­réflexion à une opinion contestée, il n’est pas de raisons, il n’est pas de subtilités qu’il n’emploie pour nous amener à son sentiment. Au contraire, s’il a le bonheur de trouver quelque chose de certain et d’évident, il ne nous le présente que d’une manière obscure et embarrassée ; craignant sans doute que la simplicité de la forme ne dimi­nue la beauté de la découverte, ou peut-être parce qu’il nous envie la connoissance distincte de la vérité.

Il y a plus, quand même les auteurs seroient tous francs et clairs, et ne nous donneroient jamais le doute pour la vérité, mais exposeraient ce qu’ils savent avec bonne foi ; comme il est à peine une chose avancée par l’un dont on ne puisse trouver le contraire soutenu par l’autre, nous se­rions toujours dans l’incertitude auquel des deux ajouter foi, et il ne nous serviroit de rien de comp­ter les suffrages, pour suivre l’opinion qui a pour elle le plus grand nombre. En effet, s’agit-il d’une question difficile, il est croyable que la vérité est plutôt du côté du petit nombre que du grand. Même quand tous seroient d’accord, il ne nous suffiroit pas encore de connoître leur doctrine ; en effet, pour me servir d’une comparaison, jamais nous ne serons mathématiciens, encore bien que nous sachions par cœur toutes les démonstrations des autres, si nous ne sommes pas capables de résoudre par nous-mêmes toute espèce de pro­blème. De même, eussions-nous lu tous les raison­nements de Platon et d’Aristote, nous n’en serons pas plus philosophes, si nous ne pouvons porter sur une question quelconque un jugement solide. Nous paraîtrions en effet avoir appris non une science, mais de l’histoire.

Prenons garde en outre de jamais mêler aucune conjecture à nos jugements sur la vérité des choses.

Cette remarque est d’une grande importance ; et si dans la philosophie vulgaire on ne trouve rien de si évident et de si certain qui ne donne matière à quelque controverse, peut-être la meilleure raison en est-elle que les savants, non contents de reconnoître les choses claires et certaines, ont osé af­firmer des choses obscures et inconnues qu’ils n’atteignoient qu’à l’aide de conjectures et de pro­babilités ; puis, y ajoutant successivement eux-mêmes une entière croyance, et les mêlant sans discernement aux choses vraies et évidentes, ils n’ont pu rien conclure qui ne parût dériver plus ou moins de quelqu’une de ces propositions incer­taines, et qui partant ne fût incertain.

[...]
A la fin de "sa carrière" (mort prématurée, suite à une pneumonie), René Descartes reprend :
René Descartes, ''Les Passions de l'âme'', 1649, a écrit:Art. 1. Que ce qui est passion au regard d’un sujet est toujours action à quelque autre égard.
Il n’y a rien en quoi paraisse mieux combien les sciences que nous avons des anciens sont défectueuses qu’en ce qu’ils ont écrit des passions. Car, bien que ce soit une matière dont la connaissance a toujours été fort recherchée, et qu’elle ne semble pas être des plus difficiles, à cause que chacun les sentant en soi-même on n’a point besoin d’emprunter d’ailleurs aucune observation pour en découvrir la nature, toutefois ce que les anciens en ont enseigné est si peu de chose, et pour la plupart si peu croyable, que je ne puis avoir aucune espérance d’approcher de la vérité qu’en m’éloignant des chemins qu’ils ont suivis. C’est pourquoi je serai obligé d’écrire ici en même façon que si je traitais d’une matière que jamais personne avant moi n’eût touchée. [...].

L'époque est à la querelle des Anciens et des Modernes (suivre) ; à noter que cette tension entre respect de l'héritage, et perspectives présentes - quitte à bafouer l'héritage - est au fond toujours active, à chaque époque, comme le souligne l'article en lien. Aujourd'hui, cela porte le nom de réaction et d'innovation.

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Naturellement, les choses se compliquent quand - au fond - une société telle que la nôtre fait de l'innovation un principe post- ou néo-traditionnel, car institué.
Il peut alors s'avérer que des réactions proposent de plus grandes alternatives : en effet, l'innovation, une fois instituée, ne se peut plus que dans les contextes et dispositions prises pour la rendre possible ; soit donc que "plus ça innove, moins ça innove", paradoxalement (cf. Joseph Schumpeter) ... mais c'est un autre débat, quoique cela nous servira ici quelque peu.
Bon. Le posture intermédiaire dudit lien, me semble la plus juste.

En effet, la notion de traditionalisme est mal vécue de nos jours. Nous pourrions nous étendre là-dessus des heures, et il faudrait un topic dédié pour cela.
Tout ce que je dirais, c'est qu'un traditionalisme n'est déjà plus exactement la tradition, ou en fait une tradition qui se réfléchit elle-même, une tradition qui se pense comme héritage : le *isme change tout.
De plus, le traditionalisme n'est pas nécessairement conservateur ni réactionnaire, du moment qu'il se pense comme héréditaire : les héritages sont faits pour être employés (le conservateur, comme son nom l'indique, conserve l'héritage tel quel autant que possible ; le réactionnaire désire nostalgiquement en revenir à un héritage qu'il s'imagine véritable).
Bref, le traditionalisme héréditaire estime que la tradition, et selon étymologie, est transduction, c'est-à-dire transmission générationnelle, voilà tout (la personne traditionnelle au sens strict, vit la tradition comme sécurité).

Nous allons voir que Descartes se positionne bel et bien du côté des Modernes, des innovateurs.
René Descartes, ''Règles pour la direction de l'esprit'', 1628 (inachevé), a écrit:
Règle troisième.
Il faut chercher sur l’objet de notre étude, non pas ce qu’en ont pensé les autres, ni ce que nous soupçonnons nous-mêmes, mais ce que nous pouvons voir clairement et avec évidence, ou déduire d’une manière certaine. C’est le seul moyen d’arriver à la science.
Cela se passe presque de commentaire : l'affirmation est verte, au sens où elle a de la verdeur, de la juvénilité, de l'immaturité.
Néanmoins, René Descartes ne l'asserte pas par hasard, et il serait présomptueux de le dire vert, juvénile, immature.
C'est que, au XVIIème siècle, la conjoncture - et même la structure - sociétale, n'est pas à l'innovation. Or, depuis les principes de l'empirisme de Francis Bacon (suivre) l'époque se cherche une méthode pour aller au-delà, à sortir du dogmatisme scolastique. Or, quoi de plus nécessaire, pour sortir du dogmatisme, qu'une contre-proposition suffisamment rigide, pour l’ébrécher (ébrécher le dogmatisme) ?
Il se trouve donc qu'on cherche de nouvelles certitudes pour se diriger dans le monde, qui permettraient au moins les souplesses d'investigation que ne permettent pas les dogmatismes (scolastique en premier chef) : on a quand même nié l'héliocentrisme copernicien-galiléen, et il faut faire preuve de résolutions devant de telles négations, afin que la recherche puisse percer.
Seul problème - que ne pouvaient pas prévoir "les Modernes" d'alors - : cela irait se transformer en néo-dogmatisme zététique et en scientisme (suivre), que nous subissons actuellement.

C'est-à-dire que l'académisme cartésien, enfanta de nouvelles sottises, bien malgré lui, d'être transplanté dans toutes les structures et conjonctures après lui.
Cela vaut de tout, comme, par exemple, Adam Smith et sa Richesse des Nations, aujourd'hui d'ailleurs largement spoliée (la richesse des nations) par les oligopoles transnationaux : or il n'est jamais sage, que de ne pas s'adapter à l'époque ! et les néo/conservatismes scientifques-économiques dominent, donc.
Ensuite, Descartes a écrit:Nous devons lire les ouvrages des anciens, parce que c’est un grand avantage de pouvoir user des travaux d’un si grand nombre d’hommes, premièrement pour connoitre les bonnes découvertes qu’ils ont pu faire, secondement pour être averti de ce qui reste encore à découvrir.
Jusque là, nous pourrions croire René Descartes dans un traditionalisme héréditaire.
Mais :
Il est cependant à craindre que la lecture trop attentive de leurs ouvrages ne laisse dans notre esprit quelques erreurs qui y prennent racine malgré nos précautions et nos soins. D’ordinaire, en effet, toutes les fois qu’un écrivain s’est laissé aller par crédulité ou irréflexion à une opinion contestée, il n’est pas de raisons, il n’est pas de subtilités qu’il n’emploie pour nous amener à son sentiment. Au contraire, s’il a le bonheur de trouver quelque chose de certain et d’évident, il ne nous le présente que d’une manière obscure et embarrassée ; craignant sans doute que la simplicité de la forme ne diminue la beauté de la découverte, ou peut-être parce qu’il nous envie la connoissance distincte de la vérité.
Au fond, René Descartes émet un doute - non seulement sur la validité, mais - sur la clarté des Anciens, quand seulement ils émirent quelque chose de juste. C'est-à-dire que, même quand c'est juste, c'est mal fait, selon l'esprit de limpidité que Descartes prétend défendre.
Cela s'entend.

Mais cela s'entend, je le répète, dans le contexte de la dogmatique et de la scolastique d'alors : il faut s'en extirper, pour surseoir aux impasses investigatrices que les habitudes imposent dommageablement à la recherche. Fort bien.
Car néanmoins, l'on peut se sentir perplexe devant le chronocentrisme de la démarche cartésienne.

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Vous savez, c'est tout comme d'avoir décrété l'usage du pétrole planétaire, juste bon pour les moteurs à explosion et transports idoines : nous consumons le pétrole à grand feu, sans savoir si ses usages pourraient être meilleurs : dixit Hubert Reeves. Et je me moque que des enjeux d'enrichissements soient impliqués : il se trouve qu'Hubert Reeves a raison, et qu'après avoir consumé la dernière goutte de pétrôle, assurément on ne pourra plus lui trouver d'autres usages.
Et si bien sûr un scientifique tel qu'Hubert Reeves, ne contredirait pas le propos de René Descartes qui nous concerne ici, il n'en reste pas moins que l'esprit qui anime Descartes présente les mêmes risques.

C'est très simple : il nie toute valeur à ce qu'il juge "de la littérature" comme on dit, "des fioritures". Mais n'importe quel anthropologue doué de sens historique et culturel, reviendrait scientifiquement désormais, sur les affirmations cartésiennes.
Il se pourrait en effet, que ce présumé "superflu" contienne des vérités ; or il en contient, auquel titre il perd son statut de superflu. Des vérités, à tout le moins, sociohistoriques, puisque ça témoigne pour la structure et la conjoncture d'époque. Voir aussi.

René Descartes va plus loin encore, dans la charge :
Il y a plus, quand même les auteurs seroient tous francs et clairs, et ne nous donneroient jamais le doute pour la vérité, mais exposeraient ce qu’ils savent avec bonne foi ; comme il est à peine une chose avancée par l’un dont on ne puisse trouver le contraire soutenu par l’autre, nous serions toujours dans l’incertitude auquel des deux ajouter foi, et il ne nous serviroit de rien de compter les suffrages, pour suivre l’opinion qui a pour elle le plus grand nombre.
C'est-à-dire que René Descartes témoigne, au fond, d'une exaspération : d'une part, il estime ses prédécesseurs de mauvaise foi - ce qui peut certes arriver, et arrive évidemment toujours même aux contemporains & actuels - ; d'autre part, René Descartes n'endure pas la diversité des propositions accessibles. Ce qu'il veut, c'est une vérité ; pour cela, il fallait déjà la postuler (suivre).

Or, ne se pourrait-il pas qu'un tel postulat, procède lui-même d'une mauvaise foi devant la diversité, afin de lui imposer une reductio ad solum ? pourquoi une telle imposition ? ... (Je demande cela, non par négation d'une validité, mais par perspectivisme.)
Alors, évidemment, "il ne nous serviroit de rien de compter les suffrages, pour suivre l’opinion qui a pour elle le plus grand nombre".

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La vérité, ou les vérités, ne sont pas démocratiques (les orientations démocratiques, de toutes façons, ne se situent pas au niveau de la nature : la démocratie ne décrète pas la nature, elle en dépend.
Par contre, les orientations démocratiques se situent au niveau des mœurs, de la morale/de l'éthique, et évidemment du projet sociopolitique/de civilisation - et tout cela fait sa culture ; passons - cf. Jacques Rancière.
En effet, s’agit-il d’une question difficile, il est croyable que la vérité est plutôt du côté du petit nombre que du grand. Même quand tous seroient d’accord, il ne nous suffiroit pas encore de connoître leur doctrine ; en effet, pour me servir d’une comparaison, jamais nous ne serons mathématiciens, encore bien que nous sachions par cœur toutes les démonstrations des autres, si nous ne sommes pas capables de résoudre par nous-mêmes toute espèce de problème. De même, eussions-nous lu tous les raisonnements de Platon et d’Aristote, nous n’en serons pas plus philosophes, si nous ne pouvons porter sur une question quelconque un jugement solide. Nous paraîtrions en effet avoir appris non une science, mais de l’histoire.
Premier point : Descartes affirme que la vérité ressort plus aisément du petit nombre, que du grand. En effet, le grand nombre se laisse facilement bercer par les rumeurs. Néanmoins, un tel axiome que "la vérité ressort plutôt du petit nombre, que du grand", s'il était de sens commun, permettrait toutes les exactions des minorités, au nom du bien de tous.
Or, il appert que de tels Empires du Bien soient monnaie courante, si je ne m'abuse. Jacques Rancière à l'appui - et sans verser dans la sagesse populaire, non plus - il se peut tout aussi bien que "la vérité" ne soit pas cette chose absolument experte, dont René Descartes nous parle.
Il est des définitions transpersonnelles de la vérité, qui la situent plutôt du côté de l'intercept (Medhi Belhaj Kacem), c'est-à-dire de quelque chose comme d'une saisie improvisée, une aletheia comme l'indique son étymon grec (dévoilement) qui n'a plus rien à voir avec la certitude.

Au contraire, la certitude reconduit au dogmatisme.
Prenons garde en outre de jamais mêler aucune conjecture à nos jugements sur la vérité des choses.
Un vœu pieux, de bonne zététique, pourtant incessamment contredit par la démarche hypothético-déductive comme hypothético-expérimentale des sciences.
Et pourtant :
Cette remarque est d’une grande importance ; et si dans la philosophie vulgaire on ne trouve rien de si évident et de si certain qui ne donne matière à quelque controverse, peut-être la meilleure raison en est-elle que les savants, non contents de reconnoître les choses claires et certaines, ont osé affirmer des choses obscures et inconnues qu’ils n’atteignoient qu’à l’aide de conjectures et de probabilités ; puis, y ajoutant successivement eux-mêmes une entière croyance, et les mêlant sans discernement aux choses vraies et évidentes, ils n’ont pu rien conclure qui ne parût dériver plus ou moins de quelqu’une de ces propositions incer­taines, et qui partant ne fût incertain.

[...]
... ce qui est, précisément, ce qui se passe encore de nos jours, toujours et partout, surtout quand "la science" se présente médiatiquement, pour faire rêver. Voir encore.

Néanmoins, l'esprit de méthode nécessite qu'on se mette ainsi zététiquement en garde, ce n'est pas faux. Sans cela, la vigilance serait moindre, peut-être.
Du moins, c'est comme avec les valeurs humaines : si elles ne sont pas professées, et malgré les dérives, elles ne motivent pas (suivre).
Mais il se pourrait bien que cela ressorte d'un cadre strictement psychologique, à savoir que René Descartes appliquerait ce qui ne s'appelle pas encore la méthode Coué afin de (s'auto)persuader dans la démarche.

C'est-à-dire qu'il y a, en lame de fond, toute une sophistique cartésienne, ou rhétorique, qui certes se présente - par-devers la démarche intuitive-déductive qui vient ensuite dans cette Règle troisième (coupée) - comme en lutte empiriste contre la dogmatique-scolastique d'époque.
Quitte à contre-proposer un cadre académique-zététique si rigide, qu'il nous reconduisit à des formes de dogmatismes zététiques-scientistes, désormais.

Je répète donc qu'une bonne part du cartésianisme (des écrits cartésiens) est de circonstance. Soit donc, en l'occurrence, la querelle des Anciens et des Modernes, CQFD.

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Voyons l'autre extrait, 21 ans plus tard :
René Descartes, ''Les Passions de l'âme'', 1649, a écrit:Art. 1. Que ce qui est passion au regard d’un sujet est toujours action à quelque autre égard.
Il n’y a rien en quoi paraisse mieux combien les sciences que nous avons des anciens sont défectueuses qu’en ce qu’ils ont écrit des passions. Car, bien que ce soit une matière dont la connaissance a toujours été fort recherchée, et qu’elle ne semble pas être des plus difficiles, à cause que chacun les sentant en soi-même on n’a point besoin d’emprunter d’ailleurs aucune observation pour en découvrir la nature, toutefois ce que les anciens en ont enseigné est si peu de chose, et pour la plupart si peu croyable, que je ne puis avoir aucune espérance d’approcher de la vérité qu’en m’éloignant des chemins qu’ils ont suivis. C’est pourquoi je serai obligé d’écrire ici en même façon que si je traitais d’une matière que jamais personne avant moi n’eût touchée. [...].
Si effectivement, il se peut que René Descartes ait eu peu voire pas accès à une littérature sur les passions, issue des Anciens - ce qui laisse quand même perplexe, quand on sait Aristippe, Épictète, Cicéron, Ovide, etc. - il n'en reste pas moins qu'on enregistre la militance cartésienne, le militantisme en faveur des Modernes sur les Anciens, que les Modernes même viendraient compléter.

En fait, étant donné qu'il existe bien des philosophies sur les passions dans l'Antiquité, on est en droit de supposer René Descartes dans une mauvaise foi (éventuellement nolontaire) où sa vie, avec sa structure et sa conjoncture d'époque (encore empreinte de dogmatique-scolastique), le conduisit à prendre "la bosse", à endosser "les vêtements", à jouer "le rôle", d'un tel militant moderniste.
Il donna de la force à sa contre-proposition.

Car même l'anatomie - depuis laquelle il se fonde auparavant dans le texte - était fort connue des Anciens (Hippocrate, Gallien) quand même l'empirisme et les interprétations empiristes divergeaient.

...

Finalement, c'est comme toujours quand on veut intrépidement s'affirmer chronocentriquement meilleur : il y a, malgré tout, une humeur verte.

Verdeur advenue, à force de lutte, de la part donc, de "l'homme qui se fit flocon de neige merveilleux et unique."
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