Singularité de la notion d' "éthique"

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Singularité de la notion d' "éthique"

Message  Shub le Dim 6 Mai 2018 - 10:05

Ce qui m’a frappé en lisant ou essayant de lire son Éthique (je m’y suis repris à plusieurs fois pour le lire et de nouvelles interprétations paraissent chaque année dans de nouveaux livres), c’est que s’il est question de beaucoup de choses il n’est pas ou très peu question de morale. Ce qui déterminerait à mon sens une coupure épistémologique (profonde ?) de l’ordre du sens et de la signification: celle qui se pratique habituellement dans le sens commun où l’on assimile généralement “éthique” avec science de la Morale. Ou science des morales….  
L’Éthique, ce devrait être à mon sens une théorie de ce qui subsume la morale. Selon le Lalande, l'éthique serait la science ayant pour objet le jugement d'appréciation en tant qu'il s'applique à la distinction entre du bien et du mal. L’aspect « moral » paraît absent à la lecture de ce livre de Spinoza (il me semble qu’il ne le cite jamais) mais reste néanmoins sous-jacent comme problématique… Plus tard, Kant, Schelling et Hegel vont distinguer ce qui à leur sens fait la différence entre éthique et morale. Ce qu'il me parait  important à souligner, c'est que ce serait au lecteur de Spinoza de reconstituer autour de l’étymon ethos ce qui est apparemment omis ou absent, soit cette ou ces fameuses morales: chez Spinoza cela se passe à mon sens au travers de l’analyse quasi exclusive de ce que serait le rapport entre notre corps et monde extérieur, via les 3 genres de connaissance principalement. Au moyen des attributs, des modes et affects aussi bien entendu, sans compter la substance... More geometrico.
Première aporie: est-ce qu'un "corps" a une limite, au sens de cette époque puis des  suivantes dont la notre ? De quoi parle-t-on au juste quand on évoque le"corps propre"" via les 3 genres de connaissance ? De ce que serait une dichotomie ou schize entre corps et non-corps, si on voulait passer dans un registre plus « psychanalytique » ?
D’où découlerait une question posée par la philosophie à cette époque, dans sa terminologie une question qui lui fut propre: toujours valide aujourd’hui et fréquemment évoquée, du genre de celle qui revient sur le devant de la scène tous les quelques temps mais tu confirmeras, Mal', ou infirmeras. La question c’est “qu’est-ce qu’un corps” ?
Et aussi qu’est-ce qu’une étendue, parmi les nombreuses questions que se posaient les philosophes de cette époque avec leur terminologie conceptuelle propre. Laquelle revient aussi parfois sur le devant de la scène philosophique…
Ethos signifie "comportement" si ma mémoire est bonne, mais les termes de grec ancien sont plutôt difficiles à traduire: même si ethos c’est la racine grecque d’étho-logie soit la science du (ou des) comportement animal… Ces termes de grec ancien (je me souviens de l’explication de Philosophos ici sur le sym-bolon, très éclairante pour moi sur ce rapport que nous établissons “artificiellement” entre des concepts et leur signification d'origine, quasi-matérielle: à l’ origine très concrète me semble-t-il puisqu’il s’agit d’un objet splitté en deux, un vase par exemple, et dont une des deux parties est remise par l’hôte à son invité, “l’étranger”. Cet objet sera reconstitué s’ils se retrouvent. Signifiant et signifié même combat pourrait-on dire soit encore une trahison de l’Histoire ?). Tous ces termes qui ont fourni et alimenté l’appareil conceptuel de la philosophie paraissent très concrets à l’origine et au départ. Appareil conceptuel toujours en travail: ce serait comme sa vocation paraît-il…
Et aussi, ces termes de grec ancien sont à destination de la science: cette dernière ne provient-elle pas  de la philosophie qui provient elle-même de la métaphysique ? Et certaines interrogations « métaphysiques » qui reviennent sur le devant de la scène au travers d’une science on ne peut plus noble, la science physique… Qu'est-ce que le vide si on se réfère à la théorie quantique des champs et l'omniprésence du champ de Higgs (champ scalaire présent partout même et surtout dans le vide) et à l'origine de la"masse", masse  devenue du coup propriété secondaire et non plus primaire, contrairement à tout ce que les physiciens ont cru et pensé auparavant ?  Qu'est-ce que le vide si on se réfère au boson de Higgs dite "particule de Dieu", hypothèse d'existence datant de 1964 et confirmée par sa découverte indubitable en 2012 ?
Entre le Néant et la matière il y a le vide a dit Blaise Pascal: preuve si nécessaire (l'atomos et le clinamen en font aussi partie) que certains philosophes ont eu des intuitions phénoménales lesquelles ont dû très certainement joué un rôle inductif  dans la recherche en physique en particulier. Mais ce n'est qu'une doxa de ma part que les scientifiques en majorité ne s'avoueront pas, au risque de devoir relativiser l'histoire et risquant par là-même de détrôner la science (la Science !) d'un piédestal où elle s'estime  confortablement et parfaitement installée, encore plus depuis la faillite des idéologies. Parfois un peu trop même...
Risquerait-elle l'isolement total en continuant ainsi ? Discussion ouverte...

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