Voltaire, extrait de "l'Histoire des voyages de Scarmentado"

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Voltaire, extrait de "l'Histoire des voyages de Scarmentado"

Message  Mal' le Ven 11 Mai 2018 - 21:59

Extrait complet de Voltaire, ''Histoire des voyages de Scarmentado, écrite par lui-même'', 1756:
Mon vaisseau eut besoin d’être radoubé vers les côtes de Golconde. Je pris ce temps pour aller voir la cour du grand Aurengzeb, dont on disait des merveilles dans le monde : il était alors dans Delhi. J’eus la consolation de l’envisager le jour de la pompeuse cérémonie dans laquelle il reçut le présent céleste que lui envoyait le shérif de La Mecque. C’était le balai avec lequel on avait balayé la maison sainte, le caaba, le beth Alla. Ce balai est le symbole du balai divin, qui balaye toutes les ordures de l’âme. Aurengzeb ne paraissait pas en avoir besoin ; c’était l’homme le plus pieux de tout l’Indoustan. Il est vrai qu’il avait égorgé un de ses frères et empoisonné son père ; vingt raïas et autant d’omras étaient morts dans les supplices ; mais cela n’était rien, et on ne parlait que de sa dévotion. On ne lui comparait que la sacrée majesté du sérénissime empereur de Maroc, Mulei-Ismael, qui coupait des têtes tous les vendredis après la prière.

Je ne disais mot ; les voyages m’avaient formé, et je sentais qu’il ne m’appartenait pas de décider entre ces deux augustes souverains. Un jeune Français, avec qui je logeais, manqua, je l’avoue, de respect à l’empereur des Indes et à celui de Maroc. Il s’avisa de dire très-indiscrètement qu’il y avait en Europe de très-pieux souverains qui gouvernaient bien leurs États et qui fréquentaient même les églises, sans pourtant tuer leurs pères et leurs frères, et sans couper les têtes de leurs sujets. Notre interprète transmit en indou le discours impie de mon jeune homme. Instruit par le passé, je fis vite seller mes chameaux : nous partîmes, le Français et moi. J’ai su depuis que la nuit même les officiers du grand Aurengzeb étant venus pour nous prendre, ils ne trouvèrent que l’interprète. Il fut exécuté en place publique, et tous les courtisans avouèrent sans flatterie que sa mort était très-juste.

Il me restait de voir l’Afrique, pour jouir de toutes les douceurs de notre continent. Je la vis en effet. Mon vaisseau fut pris par des corsaires nègres. Notre patron fit de grandes plaintes, il leur demanda pourquoi ils violaient ainsi les lois des nations. Le capitaine nègre lui répondit : « Vous avez le nez long, et nous l’avons plat ; vos cheveux sont tout droits, et notre laine est frisée ; vous avez la peau de couleur de cendre, et nous de couleur d’ébène ; par conséquent nous devons, par les lois sacrées de la nature, être toujours ennemis. Vous nous achetez aux foires de la côte de Guinée, comme des bêtes de somme, pour nous faire travailler à je ne sais quel emploi aussi pénible que ridicule. Vous nous faites fouiller à coups de nerfs de bœuf dans des montagnes pour en tirer une espèce de terre jaune qui par elle-même n’est bonne à rien, et qui ne vaut pas, à beaucoup près, un bon ognon d’Égypte ; aussi quand nous vous rencontrons, et que nous sommes les plus forts, nous vous faisons labourer nos champs, ou nous vous coupons le nez et les oreilles. »

On n’avait rien à répliquer à un discours si sage. J’allai labourer le champ d’une vieille négresse, pour conserver mes oreilles et mon nez. On me racheta au bout d’un an. J’avais vu tout ce qu’il y a de beau, de bon et d’admirable sur la terre : je résolus de ne plus voir que mes pénates. Je me mariai chez moi : je fus cocu, et je vis que c’était l’état le plus doux de la vie.


Comme dans d'autres textes plus fameux (Candide, Microméga, l'Ingénu, Zadig ... ) Voltaire met en scène un personnage, qui ici s'exprime à la première personne.
Ce personnage se pose, vraiment, en sceptique - de sens antique. Grâce à la littérature en effet, Voltaire donne à affecter une connaissance.
Mais est-il si ironique, prêcheur de tolérance, que nous voulons le croire aujourd'hui, tel qu'on l'enseigne dans les lycées ? Voyons.
Reprenons.
Mon vaisseau eut besoin d’être radoubé vers les côtes de Golconde. Je pris ce temps pour aller voir la cour du grand Aurengzeb, dont on disait des merveilles dans le monde : il était alors dans Delhi. J’eus la consolation de l’envisager le jour de la pompeuse cérémonie dans laquelle il reçut le présent céleste que lui envoyait le shérif de La Mecque. C’était le balai avec lequel on avait balayé la maison sainte, le caaba, le beth Alla. Ce balai est le symbole du balai divin, qui balaye toutes les ordures de l’âme. Aurengzeb ne paraissait pas en avoir besoin ; c’était l’homme le plus pieux de tout l’Indoustan. Il est vrai qu’il avait égorgé un de ses frères et empoisonné son père ; vingt raïas et autant d’omras étaient morts dans les supplices ; mais cela n’était rien, et on ne parlait que de sa dévotion. On ne lui comparait que la sacrée majesté du sérénissime empereur de Maroc, Mulei-Ismael, qui coupait des têtes tous les vendredis après la prière.
De prime abord, nous, lecteurs, sommes arrêtés par l'absence de jugement, de la part du personnage Scarmentado. C'est le seul fait observable dans le texte, qui certes juxtapose allègrement les honneurs, les hypocrisies et les exactions. D'où il ressort, d'une manière ou d'une autre, un étonnement. Cet étonnement est philosophique : Voltaire sait éveiller, j'ai bien dit que Scarmentado se posait en sceptique de sens antique, à faire connaître affectivement ; mais Scarmentado est la marionnette de Voltaire. Sur quoi donc, Voltaire joue de scepticisme, sous le masque mis en scène "Scarmentado". Voltaire n'est pas sceptique.

Voltaire joue de scepticisme, pour susciter l'étonnement philosophique, et cela est logique : le scepticisme, avec sa zététique, est le plus à même d'éveiller, faire douter, pousser à l'examen. Par définition, scepticisme est examen. Aussi Voltaire veut-il que nous examinions ce qu'il donne à lire, que nous y réfléchissions, non sans créer lui-même - auteur - les indices qui nous mettent la puce à l'oreille, tels que les contrastes honneurs-hypocrisies-exactions autour des princes encensés.

A ce stade, donc, l'analyse conclut volontiers que Voltaire est ironique, prônant ainsi subrepticement une tolérance, que son époque - XVIIIème siècle, dit "des Lumières" même à l'époque - n'aurait pas voulu entendre parler. En effet, la monarchie était absolutiste, et nous voulons admirer "ce génie voltairien", que d'avoir ainsi ironisé pour ne pas se faire attraper - encore qu'il fâcha quelques princes au courant de sa carrière ...
Aussi, donc, nous disons que Voltaire, l'auteur du Traitée sur la tolérance (1763) massivement réédité à l'occasion du 11/01/15 en France, est un grand précurseur de notre actualité qui - comme chacun sait - est d'une admirable gentillesse désormais, à l'égard de tous et tout, notamment grâce à Voltaire : c'est l'évidence-même, et l'on aurait bien tort, à l'heure des enthousiasmes présidentiels euro-économistes, de prétendre le contraire.

Seulement voilà : si je suis certain d'avoir fait de l'ironie sans grand risque, à l'instant, je suis tout aussi sûr de douter de l'erreur qu'il y a, à interpréter Voltaire sous l'angle de l'ironie pro-tolérance seule. Et voilà pourquoi : mon doute vient précisément du fait qu'il put produire un Traité sur la tolérance, à peine 7 ans après l'Histoire de Scarmentado.
C'était donc que Voltaire péchait moins par ironie (l'époque est aux Ridicules, tant d'autres auteurs en font la preuve) et par tolérance (il peut publier ouvertement ledit Traité afférent), que par une sorte d'impertinente légèreté - légèreté impertinente. Par frivolité et insouciance (voir aussi). C'est-à-dire que le génie voltairien serait tout entier dans cette faculté à procéder allegreto, là où tout le monde ne croit devoir faire montre que de gravité, afin de se créditer d'un sérieux masquant mal sa vacuité et sa vanité.

Or, avant de continuer, je ferai remarquer - sur la base de l’Ère du vide (Gilles Lipovetsky) - que par on ne sait quelle distorsion, c'en est aujourd'hui à qui sera le plus humoristique. C'est-à-dire que l'humour courant, l'habileté humoristique, est au fond, paradoxalement, notre nouveau sérieux, sérieux tentant de masquer nos vacuités et nos vanités.

En l'occurrence, comment puis-je dire Voltaire pas si certainement ironique ? ... A cause de la phrase qui suit :
Je ne disais mot ; les voyages m’avaient formé, et je sentais qu’il ne m’appartenait pas de décider entre ces deux augustes souverains.
Cette remarque est évidemment écrasante de tragicomique. Mais d'ironie ? ... Car l'ironie cherche toujours une complicité. Voltaire cherche-t-il une complicité ? ... Au contraire, jouant de scepticisme via Scarmentado, Voltaire énonce véridiquement - sur le mode tragicomique, en fait - le bon sens auquel est parvenu le personnage, que de ne pas susciter l'ire des tyrans, serait-ce par une remarque sensée.
Il y a là, très exactement, une sagesse que nous délivre Voltaire : la sagesse de la frivolité, apparemment pas si futile qu'elle en a l'air, puisqu'elle sauve la vie (voir aussi).

Voltaire ironise-t-il sur les contrastes, lui qui disait, dans son premier conte (le Monde comme il va) : "Laissez le monde aller comme il va car, si tout n'est pas bien, tout est passable." ? Mais, au contraire, est-il amer, ou triste ? ... Il est surtout à penser, qu'il est - comme qui dirait - réaliste.
Un jeune Français, avec qui je logeais, manqua, je l’avoue, de respect à l’empereur des Indes et à celui de Maroc. Il s’avisa de dire très-indiscrètement qu’il y avait en Europe de très-pieux souverains qui gouvernaient bien leurs États et qui fréquentaient même les églises, sans pourtant tuer leurs pères et leurs frères, et sans couper les têtes de leurs sujets. Notre interprète transmit en indou le discours impie de mon jeune homme. Instruit par le passé, je fis vite seller mes chameaux : nous partîmes, le Français et moi. J’ai su depuis que la nuit même les officiers du grand Aurengzeb étant venus pour nous prendre, ils ne trouvèrent que l’interprète. Il fut exécuté en place publique, et tous les courtisans avouèrent sans flatterie que sa mort était très-juste.
Plus tôt dans la nouvelle, Scarmentado eut des mésaventures du même acabit avec des Européens : le Français avec lequel il est, est un énième mal-instruit des choses du monde, manquant de - comme qui dirait - réalisme. Or il s'agissait bien de garder la vie sauve, puisqu'ils partent.
Et derrière, avec la mort de l'interprète qui n'y était pour rien, et dont on comprend bien qu'il servit au prince à se passer les nerfs, c'est toujours le tragicomique du triangle honneurs-hypocrisies-exactions. Que peut la personne seule, devant un tel triangle ? ... Cette personne a le nombre contre elle, aussi la sagesse de la frivolité, encore une fois, démontre qu'elle n'est pas futile, et enseigne la prudence.
Tout concrètement, les contes voltairiens révèlent, au fur et à mesure, une vraie phrônesis mondaine, qui ne semble pas propre à l'époque : à la charnière des XVIIIème-XIXème siècles, l'amer et triste Chamfort le soulignera encore. Et, quand on observe les salamalecs des gouvernements, nous savons - par-devers la "démocratie" - que les diplomaties nécessitent toujours une telle phrônesis.

Aussi bien, Voltaire est-il moins ironique, qu'il ne révèle l'ironie du sort - ce qui n'est strictement pas la même chose.
Voltaire cherche moins des complices en ironie, qu'il ne s'avère duplice devant la duplicité-même, élément de sa phrônesis. Ensuite seulement, il écrit des libéralités (les Lettres sur les Anglais, les Lettres philosophiques, le Traité de la tolérance, etc.) car d'abord, il regarde le réel droit dans les yeux ; et, ce qu'il y voit, c'est la gravité terrible des choses humaines, devant lesquelles il n'y a que la frivolité qui sauve (voir aussi).

Mais enfin, il reste à souligner l'impartialité, la probité extrême, de Voltaire : pas plus que pour les Indiens, les Arabes, les Chinois, les Européens ou les Africains, Voltaire n'a de complaisance. En effet, il ne fait preuve d'aucune compassion. Lisez plutôt :
Il me restait de voir l’Afrique, pour jouir de toutes les douceurs de notre continent. Je la vis en effet. Mon vaisseau fut pris par des corsaires nègres. Notre patron fit de grandes plaintes, il leur demanda pourquoi ils violaient ainsi les lois des nations. Le capitaine nègre lui répondit : « Vous avez le nez long, et nous l’avons plat ; vos cheveux sont tout droits, et notre laine est frisée ; vous avez la peau de couleur de cendre, et nous de couleur d’ébène ; par conséquent nous devons, par les lois sacrées de la nature, être toujours ennemis. Vous nous achetez aux foires de la côte de Guinée, comme des bêtes de somme, pour nous faire travailler à je ne sais quel emploi aussi pénible que ridicule. Vous nous faites fouiller à coups de nerfs de bœuf dans des montagnes pour en tirer une espèce de terre jaune qui par elle-même n’est bonne à rien, et qui ne vaut pas, à beaucoup près, un bon ognon d’Égypte ; aussi quand nous vous rencontrons, et que nous sommes les plus forts, nous vous faisons labourer nos champs, ou nous vous coupons le nez et les oreilles. »
En somme, on a tout simplement affaire à un contre-racisme. Or, racisme ou contre-racisme, c'est toujours racisme, puisque les méthodes ne varient pas d'un iota.
Dans tous les cas, on procède d'un délis de faciès, logique identificatoire racialiste, par laquelle on sélectionne et cantonne autrui à un rôle (serait-ce, comme aujourd'hui, celui du side kick rigolo, jusque dans l'inversion des rôles ! qui reste communautariste - suivre).

Et la phrônesis de conclure tragicomiquement :
On n’avait rien à répliquer à un discours si sage.
Non, certainement pas, puisqu'il s'agit de survivre, et de s'en remettre frivolement, par sagesse, à la folie du monde.
J’allai labourer le champ d’une vieille négresse, pour conserver mes oreilles et mon nez. On me racheta au bout d’un an. J’avais vu tout ce qu’il y a de beau, de bon et d’admirable sur la terre : je résolus de ne plus voir que mes pénates. Je me mariai chez moi : je fus cocu, et je vis que c’était l’état le plus doux de la vie.
Il n'y a aucun secours. Sagesse tragi(comi)que.

A tout le moins, Voltaire ne ressort absolument pas de nos tendances humanitaires trop charitables pour être vraies, escomptant un monde idéal, de sorte que, avec Voltaire, on se contentera assez bien d'un monde tolérable.
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Re: Voltaire, extrait de "l'Histoire des voyages de Scarmentado"

Message  LibertéPhilo le Sam 12 Mai 2018 - 9:24

Mal' a écrit:de sorte que, avec Voltaire, on se contentera assez bien d'un monde tolérable.
La foire d'empoigne peut commencer *Lol*
Car le tolérable est perspectif, je crois.

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Re: Voltaire, extrait de "l'Histoire des voyages de Scarmentado"

Message  Kenshin le Sam 12 Mai 2018 - 17:22

un bon texte que je ne connaissais pas, merci. très amusant et ironique, oui !

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Re: Voltaire, extrait de "l'Histoire des voyages de Scarmentado"

Message  Mal' le Dim 13 Mai 2018 - 10:52

LibertéPhilo a écrit:La foire d'empoigne peut commencer *Lol*
Car le tolérable est perspectif, je crois.
Non mais, je n'ai repris tolérable que par association d'idées avec la tolérance évoquée sur le Traité, etc. Sous cet angle-là, Voltaire passe pour très rassurant à l'âme actuelle, qui se gausse ignominieusement de "lutter contre l'intolérance", sans réaliser les propres intolérances dans lesquelles elle s'empêtre, dans des contradictions démentielles, à commencer par dénier ce qui n'est pas elle, "l'ouvertitude-même", au prétexte de quoi ne reste plus rien que sa vacuité et sa vanité.

En fait, le tolérable réfère au passable du conte le Monde comme il va. Or, une telle tolérance clinique, admet précisément ce que l'âme actuelle ne veut pas admettre ; à savoir : des maux. Entre autres, cette même âme ne se lasse pas de reprocher sottement à Voltaire, d'avoir eu des actions dans la traite négrière, mais c'est comme si elle se reprochait d'utiliser un ordinateur personnel avec Internet : il y a derrière toute une exploitation, afin de rendre l'acquisition de l'objet possible, et je crains que tout le monde regardera le Mondial de 2022 au Qatar, alors que des hommes meurent sur les chantiers. De manière générale en effet, l'esclavagisme a augmenté sur Terre : il serait temps que ces bénis-oui-oui quittent le pays des Bisounours (suivre).

Ce que précisément invite à faire Voltaire (quitter le monde des Bisounours), entre autre via cette Histoire des voyages de Scarmentado. Voltaire ... tolère les maux, quoiqu'à les décrire il interroge sur leur nécessité, la possibilité d'en évincer, mais surtout cette sagesse de la frivolité, qui consiste à les tolérer, sans rien dénier pourtant - l'essentiel étant d'y surseoir aventurièrement. C'est aussi l'esprit d'aventure, que Voltaire ne doit pas qu'à la mode des récits de voyages, qui anime le voltairisme (pourquoi aurait-il jeté son dévolu sur de tels récits, sans cela ? quand même Charles de Montesquieu ouvrit la voie du relativisme culturel, avec ses Lettres persanes : tout un néo-scepticisme classique).
Kenshin a écrit:un bon texte que je ne connaissais pas, merci. très amusant et ironique, oui !
En notant bien - je préfère le souligner - qu'à mon sens l'ironie est moins voltairienne que dégottée par Voltaire au cœur du sort (ironie du sort) à lui donner les formes expressives adéquates. C'est-à-dire, à la limite, que Voltaire est plutôt satirique (mais la satire use certes de l'ironie) voire surtout d'un burlesque d'ingénuité sceptique (ce qui est plus singulier) afin de révéler comiquement la tragédie de l'existence.

En effet, si l'humour comme l'ironie font rire, il n'y a pas dans l'humour, cette recherche de complicité propre à l'ironie, et Voltaire ne me semble pas tant chercher la complicité, que chercher à étonner philosophiquement, et précisément édifier son lecteur aux fatalités sociales-sociétales (ironie du sort), devant lesquelles il est plus sage de rester frivole, et où donc la frivolité n'est absolument pas futile.

Sur l'amusement, je disais aussi :
Mal' a écrit:Or, avant de continuer, je ferai remarquer - sur la base de l’Ère du vide (Gilles Lipovetsky) - que par on ne sait quelle distorsion, c'en est aujourd'hui à qui sera le plus humoristique. C'est-à-dire que l'humour courant, l'habileté humoristique, est au fond, paradoxalement, notre nouveau sérieux, sérieux tentant de masquer nos vacuités et nos vanités.
Je produirai prochainement un topic sous Belhaj Kacem (suivre), topic - sur Cancer encore - pour m'en expliquer.

Reste qu'effectivement, dans sa sagesse de la frivolité, Voltaire reste amusant : quel bonheur que la littérature philosophique, que la philosophie littéraire.
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Re: Voltaire, extrait de "l'Histoire des voyages de Scarmentado"

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