Les professeurs de philosophie

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Les professeurs de philosophie

Message  Philosophos le Mar 22 Jan 2013 - 10:26

Les professeurs de philosophie sont payés par l'Etat. C'est pourquoi la philosophie universitaire est totalement dépendante des Etats. Aucun philosophe universitaire n'osera jamais critiquer la morale. Or, depuis ses débuts, la philosophie est une activité d'hommes libres. Les seuls philosophes valables de nos jours sont ceux qui ne vivent pas de subventions. Michel Onfray est de ceux-là. Il n'a pas besoin de l'Etat pour vivre.

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Re: Les professeurs de philosophie

Message  Princeps le Mer 24 Juil 2013 - 23:34

Les liens entres philosophes et pouvoir ne sont pas une exclusivité de notre temps. Peut-être vouliez-vous dire que  la relation a basculée, du philosophe instructeur , dominant - je pense a Aristote, Sénèque voir Érasme ou Machiavel - nous passons à des commis de l’État ?
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Re: Les professeurs de philosophie

Message  Philosophos le Jeu 25 Juil 2013 - 10:10

Princeps a écrit:Peut-être vouliez-vous dire que  la relation a basculée, du philosophe instructeur , dominant - je pense a Aristote, Sénèque voir Érasme ou Machiavel - nous passons à des commis de l’État ?
Sénèque a payé cher sa liberté de parole, Erasme a vu son meilleur ami condamné à mort, Machiavel a dû se dissimuler derrière des conseils donnés au Prince pour faire l'éloge de la République. Mais un professeur de philosophie payé par l'Etat ne risque rien, il n'a même plus besoin de le critiquer. Kant devait obéir à son prince et cesser de publier. Hegel n'a jamais pensé à critiquer. L'Etat prussien avait déjà son philosophe officiel.

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Re: Les professeurs de philosophie

Message  Malcolm le Mer 19 Oct 2016 - 19:34

J'en ai d'expérience fait les frais.
Ayant parlé de médiocrité d'un auteur, en termes nietzschéens, on me rabroua complaisamment, de ce que "ça ne se dit pas, d'un auteur, qu'il contient de la médiocrité", inconséquemment !
On me croyait dans le jugement de valeur alors que, immoraliste, je situais l'auteur à un niveau populiste-plébéien, éventuellement consensualiste.
Mais non, répondit l'universitaire : si tel auteur fut reconnu, il ne saurait être dit médiocre .............
Vaffanculo ! *Lol*

Et je ne sais pas si vous vous penchâtes jamais sur les rapports de jury CAPES Philo, mais il s'en dégage quelque chose de tout à fait intéressant (avis aux capessiens). Il s'en dégage que ce n'est pas l'érudition comme telle (l'étendue méticuleuse d'un savoir des philosophes), ni l'organisation judicieuse de ces différents items plus ou moins érudits, qui fait la bonne note au final, et donc finalement le recrutement. Et cela, que ce soit pour les épreuves de dissertation (écrit) et cours notionnel (oral), comme pour les commentaires de textes (un écrit, un oral). Je trouve ça pas mal.

Mais, de ce qu'il m'est permis de deviner et de sentir, ce qu'attendent les jurés, est quelque chose que tout professeur à l'université attend de même, et que, je suppose, pour autant qu'il est possible, les professeurs de terminale espèrent autant. Ce quelque chose, est en fait totalement et purement de l'ordre d'une méditation philosophique. C'est-à-dire que, sans jamais s'engager personnellement - c'est-à-dire : en correspondant à un idéal-type d'objectivité, qui n'est pas propre à l'académisme loin de là, mais concrètement à la science ... c'est-à-dire qu'il n'est pas permis de construire depuis les philosophes, c'est-à-dire qu'il est inadmissible qu'on admette la valeur de leurs propos (aussitôt interprété comme invocation d'arguments d'autorité). Au contraire, il faut les méditer, les discuter, les critiquer, tout cela sans jamais se mouiller, car cette sécheresse serait garante de ... de quoi, au juste ? ... de philosophie ? ...

Disons que c'est une option et, at least, un genre clérical que l'on se donne. Comme clergé alors, il est évident que pour "remetteur en cause" que soit tel philosophe reconnu, les clercs perpétuent "cela" qui est remis en cause par le philosophe pourtant, en n'en faisant qu'un jugement. Donc, la méditation philosophique relativement aspectée par l'institution et la science (qui est une institution de la connaissance), est d'emblée obligatoirement philosophique dans cette mesure exacte, où le philosophique demeure en retrait, où il reste là devant les étales de la philosophie, à comparer les prix et la qualité des marchandises, en nommant synthèse le rapport qualité/prix d'un philosophe.

Si cette posture cléricale a un intérêt méditatif, assurément, il est tout aussi assuré que la méditation n'est pas tout le philosophique, loin de là, et qu'il y a beaucoup de pédanterie, à dédaigner quiconque s'inspire d'un philosophe, comme si cette inspiration était forcément soumise à son autorité. J'en ai fait les frais, aussi. Mais d'ailleurs, il est curieux alors, comme les clercs projettent leur ombre sur autrui : ils sont, eux, soumis à l'institution et la science ; ils moquent autrui de se soumettre à un philosophe ... quand autrui l'exalte et se sent exalté par telle philosophie (ce qui était le but de tel philosophe : d'amener ailleurs). Au final, les clercs mêmes, en restreignant le philosophique à l'institutionnel/scientifique (au méditatif), ne font pas honneur au philosophique dans toutes ses indéfinitions et ses transformations - quand bien même l'un ou l'autre clerc, ayant suffisamment de subtilité et d'ancienneté, trouverait à décrire finement l'indéfini et le transformateur dits.

Seulement voilà : il y a ces mots que j'appose là, et il y a les Hommes, où j'ai déjà rencontré des critiques de l'institutionnel/scientifique, qui n'en étaient pas moins des clercs pour autant. Il ne suffit pas d'être hors académie, sentiers battus, pour être libéré ; et être dans l'académie, sur les avenues, ne fait pas automatiquement de vous un clerc, quoi que ça vous y prépose - mais ne vous obstinez pas trop dans votre veine, si c'est clerc, que vous voulez devenir : cela fait mauvais genre.

En fait, ce mauvais genre fait courir un risque systémique au monde tel qu'il va, sans être mauvais pour autant.
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