Henri Guillemin raconte Pascal

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Henri Guillemin raconte Pascal

Message  LibertéPhilo le Sam 26 Juil 2014 - 15:08

L'historien Henri Guillemin nous raconte Pascal en revenant sur deux des chefs-d'oeuvre du philosophe mathématicien : les Provinciales et les Pensées.

Tout le monde sait à peu près qui fut Pascal : mathématicien précoce, physicien découvreur de la pression atmosphérique, inventeur d'une machine à calculer, écrivain qui nous a légué quelques phrases fameuses de la littérature française, auteur des Provinciales et de ces manuscrits que sa soeur a regroupés après sa mort et qu'on a sobrement intitulées "Pensées", le titre le plus simple qu'on ait pu trouver, mais le moins parlant.

Dans les Provinciales, on découvre un polémiste redoutable, qui n'hésite pas à utiliser l'ad hominem contre des adversaires, il faut le dire, déloyaux, les Jésuites, cachés derrière la Sorbonne. Pascal est un de ceux qui ont le plus efficacement ruiné la casuistique, en utilisant une méthode fort simple : la citation. Guillemin nous en donne quelques exemples, que leur absurdité suffit à discréditer.

Les Pensées sont un livre plus grave. Pascal voulait écrire une apologétique de la religion chrétienne. Mais, nous dit Guillemin, elle est ratée, c'est la partie la moins bonne de l'oeuvre. Le pari, le célèbre pari à l'adresse des libertins athées, nous paraît aujourd'hui ridicule. Non, le grand Pascal est à chercher dans ces phrases anodines, où il révèle l'inanité de la coutume, la tyrannie qu'elle cache, l'énigme de la destinée humaine et le désir incessant de l'homme de fuir l'ennui ou ces interrogations sur ce qu'était l'homme avant sa naissance et ce qu'il sera après sa mort. On y découvre un croyant qui s'interroge sur Dieu, "sensible au coeur", Dieu que nous ne pouvons appréhender par la raison mais que nous ressentons au tréfonds de nous-même, "au coeur".

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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  Princeps le Sam 26 Juil 2014 - 15:19

Je suis toujours fasciné de ces historiens qui s'improvisent - avec succès pour certains - critiques.
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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  LibertéPhilo le Sam 26 Juil 2014 - 15:28

Il a consacré un grand nombre de conférences et de livres aux écrivains. Il fait même la critique (en dix minutes) du roman Aimez-vous Brahms ?, de Françoise Sagan.

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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  Dionysos le Lun 14 Sep 2015 - 21:25

On oublie trop souvent que Pascal était un janséniste... Un dévot chrétien, adepte de la prédestination, et d'une intolérance redoutable.
Ce qu'il reproche aux jésuites, dans les "provinciales", c'est avant tout d'essayer d'ouvrir les portes du Paradis à tout le monde. Et la réponse de Pascal sonne alors comme celle du Tartuffe de Molière : "Cachez ces gueux que je ne saurais voir..."

Pour résumer :

Le Moi est haïssable - Pascal

J'emmerde Pascal - Moi

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une énigmatique parole

Message  Invité le Dim 17 Juil 2016 - 22:00

Dionysos a écrit:On oublie trop souvent que Pascal était un janséniste... Un dévot chrétien, adepte de la prédestination, et d'une intolérance redoutable.
Ce qu'il reproche aux jésuites, dans les "provinciales", c'est avant tout d'essayer d'ouvrir les portes du Paradis à tout le monde. Et la réponse de Pascal sonne alors comme celle du Tartuffe de Molière : "Cachez ces gueux que je ne saurais voir..." (La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. le j'emmerde libérale accrois de surplus )(La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice)
Pour résumer :
il était injustifiée de quantifier

Le Moi est haïssable - Pascal

J'emmerde Pascal - Moi


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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  Malcolm le Mer 20 Juil 2016 - 18:28

C'est drôle comme Dionysos rentériné par DNoah, me font l'effet de la même intransigeance dénoncée ...
Philo a écrit:Non, le grand Pascal est à chercher dans ces phrases anodines, où il révèle l'inanité de la coutume, la tyrannie qu'elle cache, l'énigme de la destinée humaine et le désir incessant de l'homme de fuir l'ennui ou ces interrogations sur ce qu'était l'homme avant sa naissance et ce qu'il sera après sa mort. On y découvre un croyant qui s'interroge sur Dieu, "sensible au coeur", Dieu que nous ne pouvons appréhender par la raison mais que nous ressentons au tréfonds de nous-même, "au coeur".
Il me semble s'agir du Pascal que F.W.Nietzsche chérissait : celui qui n'avait pas [tout à fait] fait le sacrifizio del intelleto, qui n'avait pas plié devant la croix.
Un Pascal alors, aussi, qui nous semble relativement contemporain, dans son genre.

Mais je ne crois pas que le pari de Pascal soit si nul que cela.

S'il l'est, il l'était déjà ; s'il ne l'est pas, il ne l'a jamais été, encore qu'il pût choquer son clerc, de ce que la foi serait dérationnelle, non-rationnelle sans être irrationnelle non plus. Le mathématisme probabiliste du pari laisse certes à désirer, mais ne pas ignorer que Pascal cherchait à convertir des libertins d'alors, adeptes des jeux d'argent. Disons que ce n'est pas idiot dans la dynamique, ce pari.
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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  LibertéPhilo le Mer 20 Juil 2016 - 18:55

Malcolm S. Cooper a écrit:Il me semble s'agir du Pascal que F.W.Nietzsche chérissait : celui qui n'avait pas [tout à fait] fait le sacrifizio del intelleto, qui n'avait pas plié devant la croix.
Le Pascal disciple de Montaigne, le sceptique.

Le mathématisme probabiliste du pari laisse certes à désirer, mais ne pas ignorer que Pascal cherchait à convertir des libertins d'alors, adeptes des jeux d'argent.
Des libertins intellectuels chers à Onfray, ou des débauchés ?

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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  Malcolm le Mer 20 Juil 2016 - 18:58

Oui, Montaigne, mais tout de même : Pascal voyait le scepticisme comme l'idiotie de celui qui nie tout au prétexte d'infondement, et lui oppose alors le Cœur comme fondement de l'intuition Kant-like, ce cœur non-sentimental qui a ses raisons que la raison ignore ...

Des libertins idéal-typifiés par Onfray, Weber-like.
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Pourquoi pas

Message  Invité le Jeu 21 Juil 2016 - 11:19

Si on parle de TItus Andronicus j'affirme la validité de tout les dire ici présent .En revanche si on ce base sur L’immatérialisme de Berkeley
Réfutation de l’athéisme, du scepticisme et preuve de l’existence de Dieu
Le sous-titre du traité concernant les principes de la connaissance humaine est « Où l’on recherche les principales causes d’erreur et de difficulté dans les sciences, et raisons du scepticisme, de l’athéisme et de l’irréligion ». Par ce sous-titre, on peut déjà remarquer de façon explicite que Berkeley cherche à éloigner l’homme de toute sorte d’irréligion ou de dédain envers Dieu en tentant d’en expliquer les raisons. Ici, l’enjeu semble fort puisqu’en effet, si Berkeley prouve que les raisons pour lesquelles l’homme se détourne de Dieu sont infondées, alors de lui-même, l’homme abandonnera ses conceptions athéistes pour revenir vers la religion qui a une « influence directe sur les moeurs », d’après Berkeley. L’auteur des Principes de la connaissance humaine va même plus loin en accusant les gens qui ne perçoivent pas Dieu d’être tout simplement des personnes privées de leur faculté de penser. Cette critique est assez âpre dans la bouche de Berkeley parce qu’il ne prête aucune qualité réflexive à ceux qui sont incapables de percevoir Dieu à travers l’harmonie, l’ordre et la rigueur qu’il met dans la nature.

Résumer rapide Divertissement et vanité
Un tableau de la condition humaine chez Pascal ( dit le fou ) ^_^
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Re: Henri Guillemin raconte Pascal

Message  Malcolm le Jeu 21 Juil 2016 - 12:20

Le cocasse, c'est que Nietzsche cite positivement Berkeley : non pour sa religion, mais pour le pas que l'immatérialisme représenta vers la volonté de puissance, tout comme la monadologie leibnizienne d'ailleurs, et la substance spinozienne ... "Dieu", quand tu nous tiens ...
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