GPA et prostitution, même combat pour les féministes

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GPA et prostitution, même combat pour les féministes

Message  LibertéPhilo le Mar 5 Fév 2013 - 9:37

La GPA (mères-porteuses) est la location du corps d'une femme à des fins de procréation. En quoi se distingue-t-elle de la prostitution, qui est aussi une location du corps de la femme, mais à des fins de plaisir sexuel ? Pourtant le traitement médiatique et politique de ces deux cas diffère énormément. Alors pourquoi condamne-t-on aussi violemment la prostitution, l'accusant d'être un commerce du corps humain, et pas la GPA ? Peut-être parce que la sexualité est depuis le début de l'ère chrétienne associée à quelque chose de sale et de "mal", les chrétiens faisant de la procréation le seul but de la sexualité. Le commerce du corps serait donc autorisé pour procréer, mais pas pour donner du plaisir.

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Pas si simple de faire un enfant à 3 !

Message  LibertéPhilo le Mer 31 Juil 2013 - 14:46

L'AFP nous apprend que :
Libé a écrit:Après un don de sperme à un couple d'amies, l'homme a finalement décidé, sept mois après la naissance du bébé, de le reconnaître. La justice familiale lui a octroyé droit de visite et d'hébergement.

La mère a fait valoir que «la famille, c’est moi et ma compagne. On n’avait pas prévu que ce monsieur viendrait revendiquer ses droits», a rapporté Me Bouillon. «Ca bouleverse notre famille», a souligné la mère, selon les propos de Me Bouillon qui a précisé que sa cliente «n’avait pas demandé au juge de nier les droits du père».

«Il y a un monsieur qui a rendu service à ma cliente et sa compagne. Il a changé d’avis et voulu prendre sa place de père. Dont acte. Il le fait dans un cadre organisé par la justice», a commenté Me Bouillon. Pour cette dernière, la question posée par ce dossier est «ce qui fait famille et comment les familles homoparentales doivent se préparer à composer une organisation parentale à plus de deux».

Me Bouillon pose en outre le problème de l’adoption de l’enfant par la compagne et future épouse de la maman. «Elle ne pourra adopter que dans le cadre de l’adoption simple. Et il faut que le père consente à cette adoption», souligne Me Bouillon, pour qui «tout cela est en jachère».
Comme quoi, il n'est pas si facile de faire des enfants sans homme ou sans femme, en considérant que l'autre sexe n'est qu'un objet, en "réifiant" le futur père ou la future mère. La nature réclame aussi ses droits. Cet homme, 7 mois après la naissance de l'enfant, s'est senti père.


http://www.liberation.fr/societe/2013/07/31/un-couple-de-lesbiennes-contraint-de-reconnaitre-les-droits-du-pere-de-l-enfant_921959

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Interdire la prostitution ?

Message  LibertéPhilo le Dim 29 Déc 2013 - 15:08

A ma connaissance, aucune réflexion philosophique n'a eu lieu sur ce texte de loi. J'en propose donc une ici, au moins pour poser les vraies questions de fond sur ce débat.

1. La liberté
Le texte de loi part du principe que les prostituées (en majorité des femmes) ne sont jamais libres de leur choix. Un petit rappel de ce qu'est la prostitution : un échange de relations sexuelles contre une rémunération. Supposons donc qu'une femme soit amenée par des raisons économiques à des relations sexuelles non désirées, n'en est-il pas de même de tout métier ? Qui travaille pour le plaisir ?

2. Le corps
La prostitution touche au corps. Le corps du travailleur doit-il être exempt de toute souffrance ? Il existe de nombreux métiers qui font énormément souffrir le corps du travailleur, bien davantage que la prostitution. Pénalise-t-on pour autant les clients ?

3. Le viol
Un acte de prostitution serait assimilable à un viol. Le viol est un rapport sexuel imposé par la violence. En dehors des cas de viol manifestes, mais qui ne sont pas que le fait de la prostitution, on en revient à la question de la liberté : l'échange de services sexuels contre rémunération est-il libre ou forcé ?

4. L'amour
La loi suppose que l'acte sexuel est la concrétisation de l'amour et qu'il ne doit y entrer aucun intérêt.

5. La religion
Dans le christianisme, héritier du judaïsme, religion très pudique, le corps est considéré comme le réceptacle de toutes les saletés. Excréments, salives, urine, sperme, sans compter tous les composés chimiques, comme l'acide sulfurique ou l'ammoniaque. Seul l'amour peut spiritualiser une telle horreur ! La prostitution revient pour ceux qui la pratiquent à se rouler dans la boue.

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Re: GPA et prostitution, même combat pour les féministes

Message  LibertéPhilo le Mar 8 Juil 2014 - 16:32

Le texte passe au Sénat : http://www.20minutes.fr/societe/1345277-prostitution-la-proposition-de-loi-pour-penaliser-le-client-examinee-au-senat

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Re: GPA et prostitution, même combat pour les féministes

Message  Malcolm le Ven 30 Sep 2016 - 14:19

Cela rentre dans un champ anthropologique plus vaste, forcément tiré du sol millénaire de l'accouplement. Donc : toutes les civilisations ont géré la sexuation à l'ac-couple-ment, notamment par ce qui s'appelle le mariage sexué. C'est aussi pour cela, que le "mariage pour tous" est d'abord et avant tout un mariage asexué, choquant/heurtant de plein fouet cet héritage.

Mais :
1. De mémoire d'Hommes, il y a toujours eu Trafic d'enfants : dans l'adoption, la confiance à un tiers (via vente ou formation hors-famillle), l'adjonction de tel(le) enfant à tel groupe plus ou moins large (orphelinat, communauté, etc.), ou bien à une autre branche familiale (parrain, grand-parent, etc.) ou amis. Ceci étant, notons aussitôt que la majorité statistique demeure hétéroparentale, pour des raisons évidentes. Néanmoins, cela dit donc que la gestion de l'enfance, éducative, dressante voire exploitatrice, est coutumière, de façon éparse mais pourtant claire & évidente, dans sa marginalité pourtant.
2. De mémoire d'Hommes, seule la civilisation occidentale d'une poignée de dernières décennies, est parvenue à ce stade d'égocentration féminine quant à la génération ("mon corps m'appartient"), liée notamment à la tolérance contraceptive et nouvelle donne idoine en termes de possibilités, dans le contexte très général de l'individualisme autonomiste au plan moral (habeas corpus, Droits de l'Homme, etc.) : tout cela, au plan symbolique de la Loi morale & juridique - à la durkheimienne - est un état d'exception. État d'exception, totalement hors-sol, pris dans l'idéologie techno-ingénierique & humanitaire d'un progressisme politico-scientifique, en vue de lendemains idéalisés, paradoxalement marxo-capitalistes (en fait, concordant avec la prédiction schumpeterienne - de Joseph Schumpeter, selon laquelle, de façon non-marxiste, le capitalisme tourne comme le petit lait au socialisme de type soviétique, via la gestion bureaucratique ... ou société bureaucratique à consommation dirigée, à la Henri Lefebvre).

C'est-à-dire que, sociotechniquement, étant entré dans cet état d'exception, l'Homme numérique matricule insexuel est censé pouvoir s'adonner à ce que bon lui semble, à sa guise, du moment que "il y a de l'aâamour" et que "la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres" ... autant d'éléments relativement psychoïdes quand on y pense, dans le double bind de Gregory Bateson, ainsi que dans la mentalité finalement structuraliste/French Theory. Or, qu'on le veuille ou non, sexuellement, la procréation implique quelque accouplement, in vivo comme in vitro.

Qu'un droit de fait témoigne que tels adultes sont les acteurs légitimes & prégnants d'une éducation, excluant moralement un tiers pourtant accouplé génitivement - donc pas si tiers que ça - est une évidence indéniable, et les éducateurs, socioaffectivement, ne devraient normalement rien avoir à craindre, s'ils ont confiance en leur impact (socio)éducatif : le temps passé avec l'adulte-en-devenir, joue en leur faveur. Mais cela est tout aussi indéniable que cet adulte-en-devenir, devenant adulte, et constatant l'indéniabilité de l'accouplement génitif, a le droit de s'interroger sur sa biologie originaire, donc sur celui ou celle qui le généra (dans les cadres de l'insémination d'un couple lesbien, de l'adoption ou de la GPA éventuelle pour un couple gay). Or, qu'il me soit permis de dire qu'il y a quelque chose de sordide, à devoir se dire que nos éducateurs, par-devers tous l'amour qu'ils ont eu pour nous et que nous avons pour eux, se sont servis d'un tiers comme d'un menu à MacDonald, à usage unique.

C'est là que l'on réalise l'absence de sens de la terre de tous ces bricolages génitifs, par lequel ses adeptes, sans être inhumains, sont pourtant anhumains ou déshumains, c'est-à-dire déjà transhumanisés dans l'âme, comme HGM (Humains Génétiquement Modifiés), ou bien HAM (Humains Animiquement Modifiés) - modifiés par la techno-ingénierie, la biotechnologie, sorte de biotechnologisme dans la démarche ... et l'art, même commercial, concernant les cyborgs, les androïdes, l'humanité de synthèse à la Enki Bilal, etc. (voir récemment la série Akta Manniskor - Real humain, 100% humain). C'est-à-dire qu'ils ont réalisé (compote)mentalement un bond post-anthropologique, mais cela procède d'un négréalisme, comme en idéalisme, révisionnisme, voire négationnisme sexuel.

A la fin, donc, que l'on s'adonne à un Trafic d'enfants, ne changera rien à la donne millénaire humaine, sinon qu'on le fera dans les termes de cette extra-humanité techno-ingénierique, comme en néo-gnosticisme (voir : J.Y. Guillebaud : la Vie vivante) - et l'on voit bien que, paradoxalement, c'est la peur de l'orgasme, qui anime tout cela, la haine de l'orgasme, la haine du coït précisément, antimasculinement.


EDIT: quant au "plus vieux métier du monde", l'hypocrisie est à son comble, et le réglementarisme vaudrait infiniment mieux, soit donc la réouverture des maisons closes, que cette soupe abolitionniste doublée de cet aveuglement quant au fait que tout cela passe alors sur Internet, où les client(e)s "rendent visite aux/invitent les" prostitué(e)s.

La violence qu'on trouve à la prostitution, n'est jamais que l'ombre projetée de la violence socioéconomique régnante, où le salariat est déjà une prostitution sociotechnique, etc.

Sens de la terre, quand tu nous manques ...
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