Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

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Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar I le Mar 5 Aoû 2014 - 16:19

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L'INFORMATION

La philosophie de l'information est une tentative d'examiner certains problèmes classiques de la philosophie du point de vue de l'information.

Quelle information mérite-t-elle d'être utilisée pour fonder une nouvelle méthode d'exploration philosophique ?

L'information n'est ni de la matière, ni de la masse, ni de l'énergie, mais elle a besoin de matière pour être mémorisée et d'énergie pour être communiquée. L'information est immatérielle. C'est la forme moderne de l'esprit.

Par son caractère immatériel, l'information est peut-être ce qu'un scientifique de la physique ou de la biologie pourrait le mieux imaginer pour penser l'idée d'une âme ou d'un esprit quittant le corps à sa mort. Lorsqu'un être vivant meurt, c'est le maintien d'une information biologique qui cesse. La matière demeure.

Les systèmes biologiques sont différents des systèmes exclusivement physiques surtout parce qu'ils créent, stockent et communiquent de l'information. Les êtres vivants stockent de l'information dans une mémoire portant le nom de passé pour l'utiliser en vue de donner forme à ce qui porte le nom de futur. Les objets physiques comme les atomes ne se caractérisent ni par une mémoire, ni par une histoire.

Lorsque les êtres humains exportent une part de leur information personnelle pour former une culture humaine, cette information fait un pas vers sa propre immortalité.

Les êtres humains diffèrent des autres animaux par leur extraordinaire capacité de communiquer de l'information et de la stocker au sein d'artefacts, qui sont extérieurs à eux-mêmes. Dans les dix dernières années, la quantité d'information extérieure à l'être humain a augmenté au point de dépasser en volume l'information purement biologique de chacun.

L'information est une excellente base pour la philosophie, ainsi que pour la science. Elle permet de répondre à des questions de métaphysique (ontologie des choses), d'épistémologie (façon de connaître les idées et leur facette existentielle), d'idéalisme (information pure), et de problème de corps et d'esprit, de libre arbitre et de conscience.

Dans sa définition la plus simple, l'information, c'est l'acte d'informer. C'est la communication d'une connaissance entre un émetteur et un récepteur pour informer celui-ci en lui donnant littéralement une forme.

Un message disant à quelqu'un quelque chose qu'il connaît déjà ne comprend aucune information nouvelle.

Si tout se passait comme prévu et en accord avec les affirmations des philosophes du déterminisme, aucune information nouvelle n'émergerait jamais de l'univers. L'information serait une constante universelle. Il n'y aurait jamais rien de nouveau. Chaque événement passé ou futur pourrait en principe être connu par une super intelligence ayant accès à une information totalement fixe.

L'information est émergente. Il existe trois sortes distinctes d'émergence de l'information :

1 )  « L'ordre issu du chaos », où la matière de l'univers forme des structures d'information.

2 )  « L'ordre issu de l'ordre », où les structures d'information forment des structures d'information biologique se répliquant.

3 )  La pure « information issue de l'ordre », où les organismes dotés d'un esprit traitent et externalisent l'information en la communiquant à d'autres organismes dotés d'un esprit et en la stockant dans l'environnement.

La Philosophie de l'information explique comment l'information est créée en permanence par la nature et l'humanité. Nous sommes les co-créateurs de notre univers.

La Théorie de l'information est la quantification mathématique de la communication montrant comment l'information est émise et reçue.

La Sciende de l'information est l'étude de la catégorisation, du classement, de la manipulation, du stockage et de la récupération de l'information.

La Science de la cognition est l'étude des processus mentaux d'acquisition, de retenue et d'utilisation de la connaissance, ce qui peut se voir comme de l'information agissante.

L'information agissante a une valeur pragmatique.

En philosophie de l'information, la connaissance est la somme de toute l'information créée et préservée par l'humanité. C'est l'ensemble de l'information contenue dans les esprits humains et les artefacts de toutes sortes, des livres aux ordinateurs mis en réseaux jusqu'aux agglomérations et à l'environnement administré par l'humain.

Toute l'information de l'univers est créée par un processus en deux parties, seul capable de produire et conserver de l'information malgré la terrible seconde loi de la thermodynamique établissant l'augmentation irrésistible du désordre et de l'entropie. Ce processus néguentropique est qualifié d'« ergodique », néologisme créé à partir de l'unité internationale de l'énergie, l'Erg, auquel a été ajouté le zéro inspiré de l'état fondamental de l'énergie, E0 , pour donner l'« Ergo », mot reportant par jeu à l'« ergo » de Descartes pour des raisons de mémétique.

Le processus créateur cosmique permis par l'expansion relativiste de l'univers a donné le macrocosme des galaxies, des étoiles et des planètes. Il a aussi donné les formes particulières de la matière microscopique, comme les atomes, les molécules et les macromolécules complexes formant la base des organismes biologiques. Ce processus comprend tous les phénomènes coopérant à l'échelle quantique.

Les phénomènes quantiques commandent l'évolution de la vie et des connaissances humaines. Ils aident à introduire une information nouvelle d'une façon fondamentalement imprévisible. Ils commandent la spéciation biologique. Ils facilitent la créativité humaine et soutiennent le libre arbitre humain.

Bien que la philosophie de l'information s'intéresse à l'univers, à la vie et à l'intelligence à travers le seul filtre de l'information, elle est loin d'être purement mécaniste et réductible à la seule physique du déterminisme. Le principe de l'augmentation progressive et permanente de l'information est la raison essentielle pour laquelle le temps a de l'importance et les individus se distinguent les uns des autres.

L'information est la raison principale pour laquelle la biologie n'est pas réductible à la chimie et à la physique. L'augmentation de l'information combinant la réplication et les erreurs de copie occasionnelles explique tous les phénomènes émergeant, y compris de nombreuses lois de la nature.

Avec la philosophie de l'information, le futur est imprévisible pour deux raisons fondamentales :

Premièrement, la mécanique quantique montre que certains événements ne sont pas prévisibles. Le monde est causal, mais il n'est pas prédéterminé.

Deuxièmement, au début de son existence, l'univers ne comprend aucune information concernant les temps futurs, exactement de la même façon que les premiers primates ne comprennent aucune structure d'information concernant l'intelligence et les communications verbales de l'humain et que les enfants ne sont habités par aucune expérience des connaissances et des souvenirs qu'ils auront acquis en grandissant jusqu'à l'âge adulte.

Dans le monde naïf du démon de Laplace et du déterminisme le plus strict, toute l'information de l'univers est constante à tout moment. Le déterminisme en soi et une idée émergente réalisée lorsque de grands nombres de particules s'assemblent dans des corps pouvant produire une moyenne de l'indéterminisme microscopique et irréductible à l'échelle des atomes qui les composent.

Les deux principes de la philosophie de l'information et leur corollaire.

Principe de l'augmentation de l'information.

Dans notre univers en expansion ouverte, l'entropie maximale possible augmente plus vite que l'entropie réelle. La différence entre l'entropie maximale possible et l'entropie réelle porte le nom de néguentropie.



Le terme de consonance positive « Ergo » a été attribué à la quantité d'essence particulièrement positive qu'est la néguentropie.

Les processus ergodiques produisent un domaine d'augmentation des structures d'information dans l'univers. Comme le signale David Layser, la flèche du temps ne pointe pas vers la seule augmentation du désordre, mais aussi vers l'augmentation de l'information. L'univers est son propre observateur.

L'augmentation de l'information biologique se produit surtout par la réplication parfaite d'une information déjà existante, mais il est d'une importance capitale que des erreurs de réplication se produisent de temps en temps. Ces erreurs sont à l'origine des nouvelles espèces et des idées nouvelles et créatives.

Principe de causalité souple.

Les événements sont causés, mais ils ne sont pas toujours déterminés. Un événement est causé par des événements préalables approximatifs (techniquement, ce sont ceux compris dans le cône de lumière relativiste du passé), mais les événements ne sont pas tous prévisibles, car certains éléments quantiques ne sont pas causés, même statistiquement, comme toute « causa sui » n'est par définition pas causée.

Comme le diraient les philosophes de la logique, le déterminisme (le prédéterminisme, pour être plus précis) n'est pas « vrai ». Le déterminisme qui se présente à nous est un déterminisme adéquat. Une causalité souple n'occasionne pas un prédéterminisme strict.

Corollaire.

L'univers est créatif. Les structures et les processus d'information sont émergents. Certaines lois de la nature sont émergentes. Les phénomènes adéquatement déterministes sont émergents. L'idée même de déterminisme est émergente. La connaissance du présent n'était pas entièrement présente dans le passé. Nous n'avons qu'une vague idée du futur.

Le processus créatif continue, aujourd'hui. La vie et l'humanité font partie de ce processus. Ce qui est créé est en partie placé sous notre propre responsabilité. Nous pouvons choisir de créer et préserver l'information. Nous pouvons aussi choisir de la détruire. Nous sommes libres de créer notre propre avenir.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar I le Mar 5 Aoû 2014 - 16:33

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Philosophie et Physique

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Quelques grandes questions de la philosophie auxquelles la physique moderne et la philosophie de l'information peuvent particulièrement bien répondre, sinon apporter des solutions convaincantes et pratiques, sont exposées ci-dessous.

Bon nombre de ces questions sont des problèmes du 20e siècle que des philosophes comme Ludwig Witgenstein ou Bertrand Russell ont appelés « puzzles philosophiques » ou « pseudo-problèmes ». Les philosophes de l'analyse linguistiques ont pensé que ces problèmes pouvaient être « dissouts » et révéler ainsi qu'ils n'étaient causés que par une utilisation fautive de la langue. Gilbert Ryle a avancé qu'ils n'étaient que des « erreurs de catégorie » pouvant être évitées par des « analyses conceptuelles » prudentes. Son analyse du « concept d'esprit » a conclus que l'esprit n'existait tout simplement pas ! … La nouvelle méthodologie de l'information permet de remettre ces problèmes de l'avant en considérant qu'ils sont importants, qu'ils peuvent être analysés, que des solutions potentielles peuvent leur être apportées et que des tests expérimentaux peuvent s'appliquer à certains de leurs éléments.


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Problèmes de la philosophie classique


Problème du libre arbitre

Depuis 1884, avec William James, un modèle de libre arbitre « à deux paliers » à été proposé par deux bonne douzaines de penseurs. Ces deux paliers sont :  d'abord le « libre », puis « l'arbitre » ; ou d'abord le hasard, puis le choix ; ou encore, d'abord la multiplicité des possibilités, puis l'unicité de la réalisation. La solution la plus crédible et la plus pratique à ce problème de libre arbitre vieux de 2400 ans est apportée par le modèle du cogito de la philosophie de l'information, dans lequel le premier palier est représenté par un processus aléatoire crucial.


Problème de la valeur

La philosophie de l'information définit l'origine fondamentale de la valeur par-delà l'humain et les dieux qu'il a imaginé, par-delà la Terre et par-delà la vie pour reporter cette origine sur une « providence » cosmique créant des structures d'information stables appelées Ergo. Notons que si la mécanique quantique est vue comme quelque chose qui n'ajoute que de l'indéterminisme au monde, elle est aussi la cause d'une stabilité remarquable dans la plupart des structures d'information.


Problème de la connaissance (épistémologie)

Pour être plus précis, ce problème est celui de certaines connaissances, partant du principe que nos moyens de perception sont limités et faillibles. Au lieu de s'appuyer sur un langage logique visant à débattre de la vérité d'une croyance justifiée, la philosophie de l'information cherche dans le cerveau les structures d'information correspondant aux structures du monde et des autres cerveaux.


Problème de la causalité mentale

Ce problème est résolu en montrant comment un système de traitement de l'information lié à la vie émerge de la matière, et comment l'esprit émerge de la vie. Dans les deux cas, il y existe une causalité « allant du haut vers le bas » et commandant l'agencement des atomes par un système de niveau de traitement supérieur de l'information. Il existe également un bruit thermique et quantique dans les blocs de niveau inférieur d'une causalité « allant du bas vers le haut ». Il n'y a cependant pas de flux ascendant de l'information. L'émergence de la vie à partir de la matière, c'est « de l'ordre issu de l'ordre », comme le disait  Schrödinger en parlant de « vie alimentée par la néguentropie » (par déphosphorylation de l'adénosine triphosphate). L'émergence de l'esprit à partir de la matière est « de l'information pure issue de l'ordre ». Et l'information est l'étoffe de la pensée.


Problème de la conscience

Ce problème peut se définir en termes d'information décrivant une entité vivante (ou un ordinateur doté d'une conscience artificielle) réagissant à l'information caractérisant l'environnement, en particulier celle qui change. C'est la « conscience de l'information ».


Problème du mal et de la théodicée

« If God is Good He is not God. If God is God He is not Good. » (Archibald MacLeish) (Si Dieu est bon, il n'est pas Dieu. Si Dieu est Dieu, il n'est pas bon, le jeu de mots en moins). La question n'est pas de savoir si Dieu existe, mais de savoir si la bonté existe. La solution se trouve dans la dualité d'un monde habité à la fois par le bien et le mal. Si l'information ergodique est un bien, objectivement, alors la destruction entropique de l'information est « l'incarnation du mal », comme le dit Norbert Wiener.


Problème de l'immortalité

La philosophie de l'information s'attache à deux sortes d'immortalité. Celle de la survie matérielle de l'information génétique et celle de la survie des idées à travers toutes les connaissances et tous les artefacts. La survie de certains éléments d'information contenus dans la molécule l'ADN est « l'approximation » la plus durable d'une immortalité du vivant.


Problème de l'induction

Nous savons aujourd'hui que Hume a raison de dire que l'induction ne permet pas d'atteindre une vérité avec la certitude la plus absolue. Mais l'induction peut (comme l'expérience) mettre en lumière des probabilités et des statistiques plaidant pour ou contre les hypothèses et les théories de la philosophie de l'information.


Problème de la métaphysique

Existe-il des principes premiers, inévitables, a priori, de la philosophie et donc de la science ? Réponse : Des axiomes et des hypothèses peuvent permettent de lancer toute pensée et tout raisonnement. Ils représentent les motifs d'un exercice sur le minimalisme de l'information. Ou sur le minimum pouvant se dire des choses.


Problème du corps-esprit

Ce problème est résolu par le modèle appelé « Somme », qui explique comment une information abstraite, une idée ou une connaissance est intégrée à l'esprit humain et comment les idées pures agissent sur le monde physique. L'information n'est ni de la matière, ni de l'énergie, mais elle a besoin de matière pour exister et d'énergie pour être communiquée. L'information, c'est l'esprit de la corporéité. C'est ce qui s'approche au plus près d'un esprit ou d'une âme compréhensible par la science. Lorsque nous mourrons, c'est l'information nous concernant qui est perdue. Le modèle d'enregistreur reproducteur d'expérience de pensée de la philosophie de l'information est plus simple, mais plus efficace que les modèles informatiques de la pensée des sciences cognitives.


Problème du monisme et la dualité.

Le monde forme-t-il une unité ou une dualité ? Il est en fait une remarquable dualité idéel-matériel, être-devenir, esprit-matière, sur la base d'un « monisme neutre » pouvant se voir comme l'union des « pensées » et des « choses » formant le fond d'une « pure expérience », selon le terme créé par William James pour nommer le processus d'information produisant un isomorphisme approximatif de ce qui est au monde ou qui est de la connaissance intégrée à l'esprit.


Problème de l'altérité pensée

Ce problème est résolu par une compréhension de la communication de l'information entre esprits, de l'accord intersubjectif entre les divers acteurs et solliciteurs de la société et des relations entre les idées et les objets mis en commun dans le monde physique.


Problème de l'opposition entre ce qui est et ce qui devrait être

Ce qui est ne permet pas de déduire ce qui devrait être. Les descriptions ne conduisent pas à des prescriptions. La science ne permet de fonder aucune éthique. L'humain est la mesure de toute chose. Rien ne représente le bien ou le mal. Seule la pensée permet de prendre parti à ce sujet. Nous pouvons accorder de la valeur à l'information.


Problème des universaux

La question décisive posée par Porphyre de Tyr, « Est-ce que les catégories existent », peut être vue sous l'angle d'un isomorphisme informationnel entre les idées et les choses du monde.


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Problèmes de la physique moderne


La flèche du temps

Arthur Stanley Eddington a lié la « flèche du temps » à la direction de l'augmentation de l'entropie et de la seconde loi de la thermodynamique. Cette augmentation caractérise aussi l'information, qui augmente donc elle aussi. L'augmentation a lieu sur une « flèche rayonnante » (comme s'il existait des ondes d'éloignement sphérique), parce que les ondes de rapprochement sphérique sont impossibles. Mais il n'y a en réalité aucune onde d'éloignement sphérique tangible, car ce type d'onde ne peut être révélé que par la détection d'un rayonnement électromagnétique, et il n'y pas de théorie de champ unifié dans ce domaine parce qu'il n'y a pas de champ correspondant à cette théorie. Il n'y a que des particules et des moyennes les concernant.


L'intrication des particules

L'intrication des particules est un mystère de la physique quantique qui semble permettre à l'information d'aller plus vite que la lumière sur de grandes distances. Cette propriété nommée « non-localité » a été découverte en 1905 par Albert Einstein. La physique de l'information montre que même de  l'information sur des probabilités (ou des possibilités) émerge au même moment à des points séparés dans l'espace, une signal peut avoir lieu sans dépassement de la vitesse de la lumière, puisque ce qui est transmis n'est ni de la matière, ni de l'énergie.


Mystère de l'effondrement de la fonction d'onde

Ce mystère est une question de possibilités, de probabilités et de réalité. Le mystère de l'effondrement de la fonction d'onde à deux particules de l'expérience d'Einstein-Podolsky-Rosen (EPR) est le même que celui de l'expérience à deux fentes, sauf qu'avec le premier, seulement deux particules se caractérisent instantanément et simultanément malgré leur éloignement spatial. Cela peut être vu en reformulant le paradoxe de l'EPR pour y ajouter un cadre de référence préférentiel dans lequel la source des particules intriquées et les observateurs de l'expérience sont au repos.
Lorsque des particules identiques et indiffférenciables sont intriquées, la désintrication qui suit se produit de façon symétrique et synchrone dans un cadre de référence préférentiel dans lequel la source de l'intrication (et la moindre possibilité de mouvement) est au repos. Le paradoxe de l'EPR est causé par un observateur introduisant une asymétrie là où il n'y en a pas.


L'horizon événementiel et le caractère plat de l'univers

L'univers est plat parce qu'il a été créé à partir d'un univers vide, qui est plat lui aussi. La question de Leibniz, « Pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien » peut trouver une réponse simple. L'univers est fait de quelque chose et de l'exact opposé de ce quelque chose. La solution du problème de l'horizon événementiel consiste à accepter l'idée d'Einstein voulant que l'effondrement de la fonction d'onde « se déplace » plus vite que la lumière. Lorsque la fonction d'onde universelle Ψ s'effondre au moment t = 0, la partie extérieure à notre horizon événementiel a été « informée » du fait que c'était le moment de démarrer.


« Interprétation » de la mécanique quantique

L'interprétation de la mécanique quantique par la philosophie de l'information correspond à la somme de l'interprétation de Copenhague, PLUS celle de l'information, MOINS celle de l'observateur conscient. La philosophie de l'information interprète la fonction d'onde ψ comme une fonction de « possibilités ». Elle accepte le principe de superposition, l'axiome de la mesure et le postulat de la projection de la mécanique quantique standard. Mais elle part du principe voulant qu'aucun observateur n'est nécessaire pour que se produise l'effondrement de la fonction d'onde.
La théorie de la transformation de Dirac et Jordan nous permet de représenter ψ par sa propre expansion dans une ensemble de fonctions pour lequel la combinaison du système quantique et de l'appareil de mesure possède des « possibilités » de valeurs propres. La mécanique quantique permet de calculer des probabilités pour chacune des ces « possibilités ». Mais pour qu'une telle chose soit un « observable » ( un « beable » de John Bell, c'est-à-dire un « être-capable »), de l'information doit être créée et de l'entropie positive doit extraite de la structure d'information nouvelle en accord avec le processus de création d'information.


Récurrence macroscopique

Ernst Zermelo a contesté le théorème H de Ludwig Boltzmann (sa dérivation de la seconde loi de la thermodynamique) en disant qu'avec le temps, à la longue, tout système devra revenir à son état de départ et que par conséquent l'entropie devrait finir par diminuer un jour autant qu'elle aura augmenté. La physique de l'information montre au contraire qu'aucune situation absolument identique ne pourra jamais exister de nouveau. L'éternel retour du même de Friedrich Nietzsche est physiquement impossible à cause de l'augmentation de l'information dans l'univers.


Le problème de la mesure

La philosophie de l'information explique comment les instruments de mesure, qui sont habituellement des objets macroscopiques possiblement traités par une physique classique « adéquatement déterminée », peuvent communiquer de l'information sur le monde microscopique des atomes et des particules subatomiques comme les électrons et les photons de la physique quantique. La raison pour laquelle il n'existe pas de superposition (avec par exemple le chat de Shrödinger), c'est que lorsque la « fonction des possibilités » ψ devient réelle, l'entropie est extraite de la structure d'information « déterminée adéquatement », les amplitudes de probabilité deviennent des probabilités et la superposition avec les interférence n'est plus une « possibilité ».


« Effondrement » de la fonction d'onde.

Cet effondrement peut se produire chaque fois qu'il y a une interaction entre la matière et l'énergie (ou la matière et la matière). Les mesures sont de minuscules fraction de l'ensemble total des interactions. L'univers est son propre observateur.


Réversibilité microscopique

Joseph Loschmidt a contesté lui aussi le théorème H de Ludwig Boltzmann (sa dérivation de la seconde loi de la thermodynamique) en disant que si le temps s'inversait, l'entropie diminuerait. Dans un premier temps Boltzmann a été d'accord, mais par la suite il a défendu le principe de l'augmentation de l'entropie en se basant sur des probabilités sur l'hypothèse d'un « désordre moléculaire ». Un traitement mécanique-quantique de collisions binaires (à deux particules) a confirmé l'hypothèse du « désordre moléculaire » de  Boltzmann. La physique de l'information explique l'origine de l'irréversbilité, confirmant l'idée d'Albert Einstein voulant que les processus élémentaires de l'interaction entre la matière et le rayonnement ne se caractérise par aucune inversion. Tout rayonnement d'onde de rapprochement sphérique est par exemple impossible.


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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar I le Jeu 20 Nov 2014 - 2:32

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La question fondamentale de la philosophie de l'information est cosmologique et métaphysique. C'est la suivante : Quelle est la nature (l'essence, pour faire plaisir aux penseurs de la philosophie classique) des processus de création des structures d'information émergeant dans l'univers ?

Comme la seconde loi de la thermodynamique indique qu'avec le temps tout se dirige vers un équilibre thermodynamique accompagné d'un désordre maximal (l'entropie), et comme le modèle de l'origine de l'univers faisant consensus aujourd'hui indique que tout a commencé dans un état d'équilibre il y a 13,75 milliards d'années, après tant de temps, pourquoi des êtres vivants créent et communiquent encore de l'information ?

Pourquoi l'univers n'est-il pas demeuré à l'état d'équilibre d'origine ?

La question est peut-être cosmologique et métaphysique, mais la réponse est éminemment pratique et physique. Elle se trouve dans l'interaction existant entre la mécanique quantique et la thermodynamique.

Quand de l'information est stockée dans une structure, deux processus physiques se produisent nécessairement.
Le premier processus, c'est l'effondrement de la fonction d'onde quantique en un des états possibles au sein d'une superposition de plusieurs états (ce qui se produit d'ailleurs au cours de toute mesure effectuée à l'échelle quantique). Ces événements quantiques mettent en jeu une irréductibilité du hasard et de l'indéterminisme, mais ce qui n'est pas facile à percevoir, c'est que la physique quantique est directement responsable de l'extraordinaire stabilité dans le temps et du déterminisme adéquat de la plupart des structures d'information.

Le second processus est une diminution locale de l'entropie (qui paraît contredire la seconde loi de la thermodynamique). La part de l'entropie plus importante que l'augmentation de l'information doit être transférée hors de la nouvelle information, ce qui donne la noirceur du ciel la nuit et le fond diffus cosmologique et permet de respecter la seconde loi de la thermodynamique.

Avec le troisième processus, comme cette nouvelle information est stable au point que le système quantique en résultant peut être isolé approximativement, le système évolue selon un déterminisme adéquat respectant le second processus de Von Neuman, qui correspond à l'évolution unitaire du temps indiquée par l'équation de Schrödinger.

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Ces trois processus font partie de la solution apportée par la philosophie de l'information au problème de la mesure à l'échelle quantique, auquel doit être ajouté le rôle de l'observateur. La découverte et l'élucidation des deux premiers processus en tant que paliers de création ou d'émergence cosmique éclaire certains problèmes classique de la philosophie et de la physique, puisque ces processus permettent la création de nouvelles espèces biologiques et expliquent la liberté et la créativité de la pensée humaine.

Les processus de création cosmique produisent les conditions sans lesquelles il ne pourrait y avoir rien qui ait de la valeur dans l'univers, c'est-à-dire rien à connaître. Et personne pour connaître quoi que ce soit.

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Les trois sortes d'émergence de l'information sont les suivantes :

1 )  L'ordre issu du chaos.

C'est l'ordre produit lorsque la matière de l'univers forme des structures d'information.

Ça n'a pas été possible avant que les premiers atomes ont été formés, environ 400 000 ans après le Big Bang, période au cours de laquelle aucune structure d'information comme les étoiles et les galaxies n'ont pu exister.

À ce moment, des cellules de turbulence et de convection ont probablement commencé par former des nuages de poussière et de gaz fort loin d'être en équilibre, comme l'indique Ilya Prigorine. De telles cellules se forment encore aujourd'hui, mais il s'agit d'un ordre purement physique et matériel. Ça représente de l'information, mais ça ne traite pas l'information.

L'ordre issu du chaos peut expliquer l'émergence de systèmes complexes exerçant une rétrocausalité sur leurs éléments atomiques et moléculaires. Mais il s'agit d'une influence rétrocausale assez grossière. L'explication de la vie et de l'esprit par les systèmes adaptifs complexes n'a pas beaucoup de succès. Il est nécessaire d'aller au delà des théories du chaos et de la complexité pour s'y reconnaître.

2 )  L'ordre issu de l'ordre

C'est l'ordre produit lorsque les structures d'information matérielles forment des structures d'information biologiques par auto-réplication.

Dans son essais intitulé « What is life », Erwin Schrödinger note que la vie s'alimente sur l'entropie négative (l'information). C'est lui qui appelle ça « l'ordre issu de l'ordre ».

Cette sorte de traitement biologique de l'information a émergé pour la première fois il y a 4 milliards d'années sur terre. Cela continue aujourd'hui à divers niveaux d'émergence biologique, comme à ceux des systèmes unicellulaires ou multicellulaire, des organes, etc., chaque niveau créant de nouvelles structures d'information irréductibles à des niveaux inférieurs, mais exerçant toutefois une rétrocausalité sur les niveaux inférieurs.

Cette influence rétrocausale est extrêmement fine et commande le mouvement et l'agencement de molécules et d'atomes individuels, sans toutefois s'appuyer sur un hypothétique probabilisme quantique.

Les systèmes biologiques sont des systèmes cognitifs utilisant des connaissances internes subjectives pour acquérir une connaissance de l'environnement externe objectif et interagir avec lui en vue de maintenir leur intégrité et étendre leur population par apprentissage puisé dans l'expérience.

3 )  L'information pure issue de l'ordre

C'est l'information produite par les organisme pensants qui intègrent puis expriment l'information non-biologique en la communiquant aux autres  organisme pensants et en la stockant dans l'environnement.

Cette sorte d'information peut être de l'idée particulièrement abstraite du genre de celle décrite par Platon, idée formant le pain et le beurre des philosophes classiques. Ce n'est ni de la matière, ni de l'énergie, mais une sorte de pur esprit pouvant s'adapter au raisonnement de Descartes sur la substance dualiste.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Malcolm le Jeu 3 Mar 2016 - 17:08

Tout cela est extrêmement intéressant, mais est récupéré idéologiquement par son journaliste d'auteur, pour faire du grabuge veule, en dehors de ses articles activistes, chargés d'esprits de vengeance et de pesanteur contemporains qui, par certains côtés, servent d'auto-justifications audit grabuge.
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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar II le Ven 25 Mar 2016 - 8:34

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Quelle est donc cette connerie que tu nous sors en marquant ce faisant tant d'incompétence face au sujet, camarade ?

Pourquoi tant de haine ?

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Malcolm le Ven 25 Mar 2016 - 12:28

Cher ami, regarde la date d'envoi du post. "L'époque" était différente.
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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Crosswind le Sam 26 Mar 2016 - 10:55

Ragnar II a écrit:L'information n'est ni de la matière, ni de la masse, ni de l'énergie, mais elle a besoin de matière pour être mémorisée et d'énergie pour être communiquée. L'information est immatérielle.

Sur quoi se fonde cette affirmation ? Est-ce un axiome de la théorie ? Dire que l'information n'est pas matérielle mais qu'elle en a besoin, qu'elle nécessite de l'énergie signifie déjà un positionnement sur l'échiquier ontologique. Dire cela présuppose nécessairement la reconnaissance de la matière, de l'énergie en tant qu'entités particulières. En effet, quel avantage y aurait-il à dire que quelque chose est autre chose qu'une chose, tout en ayant besoin de cette chose, si cette "autre" chose n'est rien de plus qu'un concept fonctionnel, qu'un mode d'arrangement structurel des phénomènes ontologiquement non fondé ? Cela revient à énoncer : "Grand-père dit : X n'est pas de la matière mais, tu sais petit Pierre, la matière elle-même n'étant pas grand chose d'autre qu'une vue de l'esprit, il est délicat d'affirmer X comme étant plus qu'une vue de l'esprit conceptuellement différente. Et petit Pierre de répondre: mais alors, grand-père, si X n'est qu'une structure sans aucune ontologie, pourquoi donc la lier ontologiquement à la mémoire et à l'énergie ?"

Et Grand-père mourut.

Ragnar II a écrit:Par son caractère immatériel, l'information est peut-être ce qu'un scientifique de la physique ou de la biologie pourrait le mieux imaginer pour penser l'idée d'une âme ou d'un esprit quittant le corps à sa mort. Lorsqu'un être vivant meurt, c'est le maintien d'une information biologique qui cesse. La matière demeure

Je laisse la métaphore spirituelle de côté. On retrouve ici une forme doublement axiomatique, lourde et hautement spéculative. La matière demeure. Pour affirmer cela, il faut d'abord accepter l'idée de matière en tant qu'entité, ensuite comprendre pour qui cette information disparaît. Car, enfin, cette information sur laquelle on ne dispose encore de rien de tangible, n'est pas matérielle, mais est, preuve s'il en faut : sa dénomination présente et son besoin en énergie. La seule manière possible d'interpréter cette phrase, est de montrer la dissolution d'une structure déterminée, structure qui incarne ce qui est appelé ici l'information. La matière, structurée d'une certaine manière par une ou plusieurs lois (ce n'est pas spécifié ici) permet semble-t-il l'émergence de quelque chose d'informe mais bien réel, l'information. Mais l'information ne voit-elle pas ? L'information se goûte-t-elle ? Se sent-elle, se touche-t-elle (la salop') ? Se pense-t-elle ? Une réponse négative à ces questions est plausible excepté pour la dernière. Elle se pense. Et puisqu'elle se pense, elle se pense par elle-même. C'est un brin circulaire et j'aimerais quelques détails à ce propos. Et j'en rigole d'avance  ❤

Ragnar II a écrit:Les systèmes biologiques sont différents des systèmes exclusivement physiques surtout parce qu'ils créent, stockent et communiquent de l'information. Les êtres vivants stockent de l'information dans une mémoire portant le nom de passé pour l'utiliser en vue de donner forme à ce qui porte le nom de futur.

Tu voudrais mettre en évidence le matérialisme scientifique que tu ne pourrais mieux faire, en enfumant encore un peu plus le débat. Sans oublier bien sûr de le vendre comme tu sais si bien le faire. Tu devrais vendre des bagnoles mon vieille   :cyclops:  . Donc, nous avons de l'information, dont on ne sait rien sauf que c'est une entité somme toute réelle mais pas matérielle, et qui a besoin d'énergie. Là-dessus on ne sait pas ce qu'est la matière ni l'énergie (oh, si, des moyens théoriques de décrire et prédire les phénomènes, ça on sait merci), par contre s'invite dans la danse l'être vivant. Ah bah oui alors, c'était prévisible, fatal ! Ce qui le caractérise par-rapport à la matière et l'énergie ? Une structure qui permet le stockage de cette information nébul... Ah non, on me dit dans l'oreillette que l'information n'est plus ce fantôme discret, non, l'information pourrait se trouver dans une... Une quoi ? Une mémoire ! Chouette, allons donc à la rencontre de l'information ! Comment, vous ne savez pas me dire où se trouve la mémoire ? Enfin si, mais que l'on n'y trouvera rien de plus qu'une structure matérielle ? Ah merde...

Donc, l'information qu'on ne voit pas, qu'on ne sent pas mais qu'on pense n'est pas matérielle, ce dernier concept n'étant pas précisé outre mesure, mais nécessite de l'énergie (au demeurant aussi nébuleuse) tout en se cachant au sein d'une "mémoire" (que l'on imagine être un mot pour un assemblage structurel)  apte à être utilisé par quelque chose pour donner forme à une idée somme toute... spirituelle...

Moi je dis : BRAVO RAGNAR II ! *

*Clown*

* Il serait peut-être temps de passer à la version  III ?

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar II le Sam 26 Mar 2016 - 13:49

.

Je pense que tu prends plaisir à jouir d'une pensée tienne voulue sur le champ exclusif d'une ignorance attendrissante.

.

Ta volonté de nier la matière est révélatrice à ce propos, alors que tu n'as pas encore réfuté le raisonnement débouchant sur la fameuse égalité E = MC2, dans laquelle M est la MASSE.

Et la masse, qu'est-ce que c'est ?

Réponse : La masse est la grandeur positive intrinsèque du CORPS intervenant directement dans le principe fondamental de la dynamique : c'est donc une notion présente dans de nombreuses relations de la physique classique et dans les calculs qui en découlent. Son unité est le kilogramme dans le système international d'unités (S.I.).

Et le corps, qu'est-ce que c'est ?

Réponse : Le terme corps ou solide est utilisé en physique et en chimie pour désigner les substances ou objets MATÉRIELS.

Évidemment, pour comprendre une chose aussi simple, il faut commencer par savoir que le domaine de validité du microscopique quantique (où la matière n'existe pas plus que la photo du point de vue microscopique sur le pixel), ce n'est pas celui du macroscopique classique (où la matière existe comme existe la photo).

.

Ta volonté de nier le fait que l'information – immatérielle - émerge de la matière est tout aussi révélatrice, alors que tu n'as pas encore réfuté le principe élémentaire voulant que toute information en tant que fonctionnement de quelque machine ne peut en aucun cas être dissociée de la machine d'où émerge l'information en tant que fonctionnement (ou alors il faudra que tu nous montres un fonctionnement seul, sans pour cela ne pas pouvoir nous montrer une machine ne fonctionnant pas).

.

Ta pensée se laisse embobiner par elle-même ...

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Crosswind le Sam 26 Mar 2016 - 17:19

L'information n'est qu'un mot pour pointer du doigt la raison au sein de la réflexivité consciente. Pas plus.

Quant à ton concept de matière, ce pari du réalisme convergent n'est pas convaincant. Mais nous y reviendrons, je ne te lâcherai pas !

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Malcolm le Lun 28 Mar 2016 - 14:34

A sa façon, ce topic concorde, si ce n'est sa plus-value éthique et ses accointances psychanalytiques réprouvées par l'auteur de ce topic, à le mettre de mauvaise humeur camarade, du genre à te taxer d'incompétence sans fondement. Lol.

A cette nuance-là de discordance, que l'informativisme se situe sur quelque chose comme un plan d'immanence/d'absolu deleuzien, trop purement scientifique dans l'art de vivre.
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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Jérôme le Mer 30 Mar 2016 - 2:37

Bonjour,
Sujet aussi vaste qu'intéressant (mais vaste tout de même).

Un détail ponctuel :
"L'intrication des particules est un mystère de la physique quantique qui semble permettre à l'information d'aller plus vite que la lumière sur de grandes distances."
L'intrication ne permet pas de transmettre d'information plus vite que la lumière, autrement dit elle ne pourrait pas être utilisée comme un moyen de télécommunication à grande distance plus vite que la lumière. Je suis certain de ça pour l'avoir lu ou entendu de chercheurs (je ne saurais pas démontrer pourquoi précisément). Les particules réagissent à distance mais ça ne peut pas transmettre d'information plus vite que la lumière.

Sur l'indéterminisme de la physique quantique, ça fait partie des choses qui m'intriguent. Je retire de ce que je vois que la physique quantique est encore aujourd'hui l'objet de débats quant à "l'interprétation".
https://lejournal.cnrs.fr/articles/donner-du-sens-a-la-mecanique-quantique
Est-ce que cela a une importance sur le sujet du libre-arbitre ? Je suis dubitatif. Je vois plutot le libre-arbitre comme une faculté d'analyse en fonction de valeurs ... (pas trop le temps de développer à l'instant)

Sur l'entropie, je me souviens d'un bouquin d'Hubert Reeves (l'heure de s'enivrer, ou Malicorne) relevant la notion d'entropie par unité de volume, grandeur à la baisse dans l'univers en expansion, conduisant à la complexité. Sa démarche allait précisément à l'encontre de l'idée classique "le désordre ne fait qu'augmenter" ... Au chapitre "culture scientifique" à promouvoir, je mets la croissance de la complexité dans l'univers.

Réponse rapide et un peu désordonnée, désolé ...

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar II le Jeu 31 Mar 2016 - 13:17

Crosswind a écrit:L'information n'est qu'un mot pour pointer du doigt la raison au sein de la réflexivité consciente. Pas plus.

Oui, mais pas moins non plus ...

Crosswind a écrit:Quant à ton concept de matière, ce pari du réalisme convergent n'est pas convaincant. Mais nous y reviendrons, je ne te lâcherai pas !

Avant d'y revenir pou ne pas me lâcher, je t'invite à te faire tomber sur la gueule une masse de 3 tonnes d'une hauteur de 10 mètres, juste pour voir qu'est-ce que c'est, « mon » concept de matière ...

Si ce n'est pas assez convaincant, ne me lâche surtout pas ! Reviens-y : essaie avec une masse de 4 tonnes d'une hauteur de 15 mètres.

❤ *Clown* ❤

.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Malcolm le Jeu 31 Mar 2016 - 14:39

Concernant cette chute cartoonesque, qui ne finirait pas en cartoon, mais en jackasserie dégueulasse :
- Matérialisme et naturalisme ;
- Étude de l'eccéité ou quiddité du réel.
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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar II le Jeu 31 Mar 2016 - 14:51

.

À Jérôme.

.

Voir l'explication suivante sur l'intrication des particules. Elle est assez bien vulgarisée pour valoir le détour :

https://www.youtube.com/watch?v=5R6k2mEacZo

.

Au sujet de l'utilisation de l'intrication quantique en cryptage de messages - en passant :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptographie_quantique

.

Cela dit, l'interprétation de la physique quantique est un sujet aussi déroutant et aussi passionnant que la question de savoir ce qu'on ne sait pas. (Simple point de vue.)

En ce sens, les philosophes ont de quoi se régaler ...

.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Crosswind le Jeu 31 Mar 2016 - 16:46

Ragnar II a écrit:

[...] alors que tu n'as pas encore réfuté le raisonnement débouchant sur la fameuse égalité E = MC2, dans laquelle M est la MASSE.

Et la masse, qu'est-ce que c'est ?

Réponse : La masse est la grandeur positive intrinsèque du CORPS intervenant directement dans le principe fondamental de la dynamique : c'est donc une notion présente dans de nombreuses relations de la physique classique et dans les calculs qui en découlent. Son unité est le kilogramme dans le système international d'unités (S.I.).

Et le corps, qu'est-ce que c'est ?

Réponse : Le terme corps ou solide est utilisé en physique et en chimie pour désigner les substances ou objets MATÉRIELS.

Évidemment, pour comprendre une chose aussi simple, il faut commencer par savoir que le domaine de validité du microscopique quantique (où la matière n'existe pas plus que la photo du point de vue microscopique sur le pixel), ce n'est pas celui du macroscopique classique (où la matière existe comme existe la photo).

Mais que diable la réfutation de cette célèbre équation, E=MC², vient faire dans la critique des concepts de corps et de masse ? Rien. Que ces concepts soient ontologiquement vides n'entame d'ailleurs pas le moins du monde l'efficacité pragmatique de la formule, ce n'est que ta propre volonté qui substitue, à un simple constat d'efficacité, une ontologie lourde de prégugés. Mais ce n'est en rien nécessaire. Quoi qu'il en soit :

- Hermann Helmholtz, scientifique né en 1871, à Potsdam, l'un des pères fondateurs du principe de la conservation de l'énergie, disait à propos de la matière et de la force qu'elles n'étaient que des abstractions ("Sur la conservation de la Force", 1847). Selon lui, la matière n'est rien d'accessible sans les forces qu'elle exerce, et les forces rien d'indépendant de la matière qui est leur source. Matière et force ne sont que des pôles artificiellement distingués par le truchement du symbolisme scientifique au coeur d'un formalisme donné permettant la maîtrise et l'anticipation des effets naturels. Autrement dit, "Le dualisme de la matière et des forces, des relata et des relations dynamiques, n'est que l'ombre portée d'une articulation duale de la pensée s'efforçant de produire une structure formelle apte à prédire les phénomènes du mouvement".

- Heinrich Hertz, physicien né à Hambourg en 1857, va même encore plus loin dans ses Principes de la mécanique (publiés à titre posthume en 1894, l'est pas mort vieux c't'homme-là). Dans cet ouvrage, Hertz retire toute portée ontologique au concept de corps matériel en le "reconduisant au procédé de son identification".
Hertz a écrit: Une particule matérielle est une caractéristique par laquelle nous associons sans ambiguïté un point donné de l'espace à un temps donné, avec un point donné à tout autre temps.

Résumons par : "si une caractéristique des phénomènes nous permet de raccorder de manière univoque deux points successifs, et de les considérer comme s'ils relevaient d'une seule entité persistante ayant parcouru une trajectoire continue entre eux, alors nous disons qu'il y a là une particule matérielle."

Voici un point capital. On considère arbitrairement que deux points de l'espace, séparés dans le temps, forment un objet (au sens philosophique du terme, ontologique) si au moins une caractéristique (dite physique) peut se voir retrouvée dans chacun de ces deux points. Si d'aventure cette caractéristique se retrouve sur des millions de points successifs, notre entendement ne se pose même plus la question et nous affirmons nous trouver en face d'un objet, objet doté d'au moins une caractéristique, celle qui permet d'en conclure son existence. Par extension, nous construisons ensuite des "objets" plus complexes. Mais cette manière de faire n'est en rien une preuve de l'existence de l'objet, car sa définition est purement et simplement notre définition .

Hertz dit encore :
Hertz a écrit: Nous formons pour nous des images artificielles internes ou des symboles des objets externes, et la forme que nous leur donnons est telle que les relations logiques entre les images sont en retour une image des relations nomologiques entre les objets représentés.

Où l'on ne peut être plus clair : les normes que nous établissons ne peuvent être dites refléter une quelconque ontologie. Elles ne sont qu'un moyen contingent mais pragmatiquement efficace de décrire les phénomènes. Elles ne caractérisent pas ontologiquement les objets arbitrairement façonnés, elle s'en sert comme simple moyen de contrôle, de prédiction.  Mieux encore, Hertz montre qu'il est parfaitement possible de concevoir une physique, une nomologie, radicalement différente de celle que l'on connaît, par exemple en se passant du concept de force (et par extension du concept de corps, de masse...). Après avoir vidé le concept d'objet de sa consistance ontologique, voilà que même les forces se voient infliger le même régime. Plus d'ontologie pour Hertz, mais un simple formalisme plus ou moins efficace en fonction d'un ou de plusieurs buts.

Bitbol résume ainsi :

Michel Bitbol a écrit:Les relations de l'image sont avant tout nos relations ; elles sont déterminées dans une large mesure par la syntaxe interne de nos systèmes symboliques, au lieu de l'être par une contrainte sémantique externe univoque. "Les forces ne sont pas les relations de la nature, mais l'un des outils conceptuels qui peuvent être utilisés afin de composer une reconstruction relationnelle adéquate des phénomènes."

Des exemples de ce genre, où l'ontologie des concepts physique s'est vue destituée de son rôle de Prince régent, on peut encore en trouver beaucoup. Et quoi de plus normal puisque l'histoire de la physique montre que, d'une science originellement orientée "objets", on passe progressivement à une discipline orientée "relations abstraites". Une chose amusante, et qui me fait penser à tes cris d'orfraie lorsque l'on ose évoquer l'inexistence de la matière, tant au niveau micro qu'au niveau macro, réside en ce que, lorsque le Monde est passé d'une physique cartésienne à une physique newtonienne, nombreux furent les scientifiques conservateurs à s'offusquer de ce que ce passage pouvait se résumer au retour de l'occulte. Pour ces vieux bonshommes, les forces invisibles de Newton ne pouvaient être sérieusement envisagées au regard de la solidité matérielle offerte par Descartes. En physique cartésienne, l'entité fondamentale est le corps étendu et impénétrable (qui se cogne aux autres corps) tandis qu'en physique newtonienne le corps n'est rien de plus que le centre géométrique, conceptuel, des forces d'attraction et de répulsions.

Mais résumons. Ni la matière ni les forces ne peuvent en définitive trouver le socle suffisamment crédible que pour accueillir leur ontologie. Les sens et notre entendement nous informent bien d'un monde donné, intuitif, mais les sciences sont dans l'incapacité de le corroborer, surtout lorsqu'on en vient à considérer les dernières avancées exposées par la mécanique quantique. Ce qui est admirable, c'est que ce constat s'est imposé à des intellectuels plongés dans une époque où les apories du mécanisme quantique n'étaient pas encore connues. Se maintenir dans une image classique du monde revient à faire face aux paradoxes de cette mécanique surprenante, sortir de l'image classique oblige à adopter un nouveau paradigme sur ce qu'est une théorie physique.

Je précise encore qu'il ne s'agit pas ici d'un débat entre réalisme et anti-réalisme car il est parfaitement possible d'envisager un réalisme sans invoquer de matière (il suffit d'invoquer une nomologie).


Dernière édition par Crosswind le Jeu 31 Mar 2016 - 17:18, édité 1 fois

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Crosswind le Jeu 31 Mar 2016 - 16:55

Mais revenons au sujet, et à cette petite conclusion sous forme de question :

Cette théorie de l'information peut-elle tenir debout sans ontologie de matière/énergie ?

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Crosswind le Jeu 31 Mar 2016 - 17:13

Ragnar II a écrit:
Avant d'y revenir pou ne pas me lâcher, je t'invite à te faire tomber sur la gueule une masse de 3 tonnes d'une hauteur de 10 mètres, juste pour voir qu'est-ce que c'est, « mon » concept de matière ...

Si ce n'est pas assez convaincant, ne me lâche surtout pas ! Reviens-y : essaie avec une masse de 4 tonnes d'une hauteur de 15 mètres.

Si tu en es à affirmer que la défense d'un réalisme ontologique suppose une prise de position identique vis-à-vis d'un réalisme empirique, d'une réalité factuelle, alors de deux choses l'une : soit tu es vraiment un amateur, soit tu n'as aucune morale dialectique.

J'ai bien mon idée, mais... La politique de ce forum m'empêche de la rendre publique.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar II le Jeu 31 Mar 2016 - 18:41

.

Peux-tu prouver hors de tout doute que tu as procédé à l'expérience que je t'ai déjà suggérée et que je suggère ci-dessous de nouveau à ton attention personnelle, car tu ne me sembles pas en avoir tenu compte et encore moins en avoir saisi la teneur ...

« Je t'invite à te faire tomber sur la gueule une masse de 3 tonnes d'une hauteur de 10 mètres, juste pour voir qu'est-ce que c'est, « mon » concept de matière ...  Si tu n'as pas compris ce concept, essaie avec une masse de 4 tonnes d'une hauteur de 15 mètres. »

Si néanmoins tu n'as pas encore compris, augmente encore la masse et la hauteur de chute, puis dis-moi à partir de quelle masse et quelle hauteur tu commences à voir de quoi je te parle ...

.


Dernière édition par Ragnar II le Jeu 31 Mar 2016 - 18:49, édité 1 fois

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Crosswind le Jeu 31 Mar 2016 - 18:49

Ragnar II a écrit:.

Peux-tu prouver hors de tout doute que tu as procédé à l'expérience que je t'ai déjà suggérée et que je suggère ci-dessous de nouveau à ton attention personnelle, car tu ne me sembles pas en avoir tenu compte et encore moins en avoir saisi la teneur ...

« Je t'invite à te faire tomber sur la gueule une masse de 3 tonnes d'une hauteur de 10 mètres, juste pour voir qu'est-ce que c'est, « mon » concept de matière ...  Si tu n'as pas compris ce concept, essaie avec une masse de 4 tonnes d'une hauteur de 15 mètres. »

Si néanmoins tu n'as pas encore compris, augmente encore la masse et la hauteur de chute, puis dis-moins à partir de quelle masse et quelle hauteur tu commences à saisir de quoi je te parle ...

.


Si tu en es à affirmer que la défense d'un réalisme ontologique suppose une prise de position identique vis-à-vis d'un réalisme empirique, d'une réalité factuelle, alors de deux choses l'une : soit tu es vraiment un amateur, soit tu n'as aucune morale dialectique.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

Message  Ragnar II le Jeu 31 Mar 2016 - 19:38

Crosswind a écrit:
Ragnar II a écrit:.

Peux-tu prouver hors de tout doute que tu as procédé à l'expérience que je t'ai déjà suggérée et que je suggère ci-dessous de nouveau à ton attention personnelle, car tu ne me sembles pas en avoir tenu compte et encore moins en avoir saisi la teneur ...

« Je t'invite à te faire tomber sur la gueule une masse de 3 tonnes d'une hauteur de 10 mètres, juste pour voir qu'est-ce que c'est, « mon » concept de matière ...  Si tu n'as pas compris ce concept, essaie avec une masse de 4 tonnes d'une hauteur de 15 mètres. »

Si néanmoins tu n'as pas encore compris, augmente encore la masse et la hauteur de chute, puis dis-moins à partir de quelle masse et quelle hauteur tu commences à saisir de quoi je te parle ...

.

Si tu en es à affirmer que la défense d'un réalisme ontologique suppose une prise de position identique vis-à-vis d'un réalisme empirique, d'une réalité factuelle, alors de deux choses l'une : soit tu es vraiment un amateur, soit tu n'as aucune morale dialectique.

Si tu n'es pas apte à mettre ton propre corps et ta propre sensibilité à l'épreuve de ce que tu avances, alors j'ai l'honneur et l'avantage de te faire savoir que tu n'es certainement pas apte pour discuter avec moi.

Il te faut des enfumeurs verbiageux, des idéalistes de la pensée se pensant elle-même, des paumés de la philosophie philosophante, comme interlocuteurs, et surtout pas des matérialistes, ni des sensualistes, ni des utiltaristes, ni des pragmatistes,

.

Dans le domaine philosophique englobant entre autres le matérialisme, le sensualisme, l'utilitarisme et le pragmatisme, la physique quantique a une place de choix avec toutes ses interprétations possibles et imaginables, y compris celles dont tu te fais le hérault pour des raisons et qui placent toute ton argumentation à côté de la plaque, au cas où tu ne le saurais pas encore ...

.

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Re: Introduction à la nouvelle philosophie de l'information

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