Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

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Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Ven 15 Aoû 2014 - 16:13

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Au cours des travaux scientifiques, la question de savoir « quelle est la question à laquelle je ne pense pas » s'impose à chaque instant.

Exemple récent : un étudiant en stage au laboratoire devait utiliser de l'acétaldéhyde pour une expérience. Il avait prévu de peser une certaine quantité d'acétaldéhyde, de la mêler à une certaine quantité d'eau en vue d'une expérience ultérieure.

Tout cela semble bien anodin, mais quand on manipule des quantités aussi petites que des milligrammes, ce qui est à peine pesable sur des balances de grande précision, tout ce complique. En particulier, notre ami ignorait que l'acétaldéhyde peut s'évaporer, de sorte que la quantité finalement présente au cours de l'expérience pouvait différer notablement de celle qu'il voulait utiliser.

Je lui ai donc conseillé de faire une expérience préalable, qui consistait à poser un verre de montre sur une balance de précision, à déposer une goutte d'acétaldéhyde, et à peser à intervalles réguliers.

A ce stade, on voit déjà qu'une certaine culture s'impose, pour faire l'expérience : qui ignore que l'acétaldéhyde s'évapore rapidement, surtout en été, quand il fait chaud dans le laboratoire, n'aurait pas eu l'idée d'aller faire cette expérience préliminaire. Bien sûr, une bonne méthodologie peut nous aider. Par exemple l'emploi de l'acétaldéhyde doit être précédé de la lecture des fiches de sécurité lesquelles ne montrent pas de toxicité particulière, mais signalent les inflammabilités, des pressions de vapeur saturante, etc. Une lecture critique de ces données aurait pu faire penser que l'acétaldéhyde s'évaporait, et qu'il valait donc mieux en suivre l'évaporation, afin, ultérieurement , de connaître les phénomènes pouvant survenir lors de l'expérience.

L'étudiant fit donc l'expérience, et, consciencieusement, il releva les masses au cours du temps. Pourtant, tout était faux, encore une fois par ignorance (j'insiste : ce n'est pas une faute, seulement une caractéristique universelle que nous pouvons nous efforcer de combattre) : voulant bien faire, il utilisa une balance placée sous une hotte aspirante, afin d'éviter la toxicité de ce composé organique. Toutefois les balances de précision sont très sensibles aux courants d'air, et celle-ci étant placée dans un courant d'air constant, elle marquait une valeur constamment fausse. Notre ami aurait été alerté si la balance avait divagué... mis elle divaguait de façon invisible. Il fallait arrêter l'aspiration pendant la mesure, et la réarmer juste après.

Toutes précautions prises, notre ami observa une diminution rapide de la masse, dans un premier temps, avant une diminution plus lente.

Il se mit à imaginer mille phénomènes compliqués... omettant la possibilité que le petit volume enclos dans la balance (il y a des portes en verre que l'on ferme pour éviter les courants d'air) pouvait se saturer de vapeur d'acétaldéhyde. Une fois la pression de vapeur saturante établie, l'évaporation devait ralentir, le liquide étant en équilibre avec la vapeur. Autrement dit, notre ami ne mesurait pas l'évaporation libre de l'acétaldéhyde, mais plutôt l’établissement de l'équilibre entre le liquide et la vapeur. Il aurait fallu garder la balance ouverte, afin que les vapeurs soient éliminées, et, mieux, utiliser un léger courant d'air pour entraîner les vapeurs afin qu'elles ne modifient pas l'évaporation.

Cette fois, notre ami aurait-il pu dénicher le diable caché dans les détails expérimentaux ? Là encore, il fallait connaître la pression de vapeur saturante, et analyser le système. L'analyse n'est pas le plus difficile pour un esprit clair, mais la connaissance de pression de vapeur saturante s'invente difficilement, et, surtout, elle aurait imposé de retracer le chemin de nombreux grands scientifiques du passé.

L’enseignement scientifique sert précisément à cela : nous mettre, nains, sur les épaules de géants.

Finalement, la question « quelle est la question à la quelle je ne pense pas », est une question terrible, puisqu'elle nous renvoie à notre culture scientifique, puisqu'elle nous dit que nous ferions bien de ne rien ignorer des travaux de ceux qui nous ont précédés. Nous pouvons avoir confiance dans notre esprit analytique, mais cela est insuffisant, et nous serions bien avisés de compter sur les forces de la collectivité, celle de notre temps comme celle du passé, celle des différents laboratoires du monde, pour parvenir à des expérimentations fiable.

Dans les publications scientifiques, le rôle des rapporteurs est essentiel, puisqu'il permet parfois de pointer ainsi les taches aveugles que nous avions. Bien sûr, nous avons intérêt à grandir, mais pourquoi nous priver du bonheur de collaboration avec des collègues remarquables ?

Hervé This

Chimiste
Gastronome
&
Philosophe des sciences


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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Mar 19 Aoû 2014 - 11:52

Je ferais une objection a ce texte . Si je le qualifie d' arrogant et de suffisant, je risque d'en facher son auteur . Pourtant cette arrogance et cette suffisance n'est que celle commune a notre espèce et qu'on peut rapporter au "scientisme" . Le Scientisme étant notre "Croyance" dominante , si l' on admet qu' une "vraie " croyance est inconsciente et ne peut être qu'inconsciente.
Pour éclairer mon propos qui pourrait te paraitre agressif , je vais tenter de m' expliquer . Ce texte place l' "homme" et sa "raison" ( certe faillible) sur un un sommet éclairé des projecteurs de la magnificience  . Il est persuadé d'être au sommum  de la création et des connaissances sur la réalité.Croyant etre libre de ses actes choix et peu aliéné a un déterminisme .

Je voudrais te proposer un autre scénario . Je l' appelle le "Théorème du Lampadaire".
Cette "fable" comique que tout le monde connait doit être poussée plus avant pour l' adapter au champ scientifique .
Sachant que :
- les découvertes scientifiques et technologiques se font, pour la majorité , de façon collatérale a des recherches peu abouties.
- Que l' on recherche là ou il y a des équipes , des tunes, du matos ....pour des intérets plus commerciaux que pour des intérets de l' individu .
Les "découvertes" seront donc référées ou déterminées sur une "zone" tres limitée de nos capacités d'investigation...au regard des territoires qui ne sont pas l' objet de recherches .
Ce déterminisme financier sert plus les intérets d' un "système" que les notres ...C'est une thèse qui rejoint celle de l' organicisme ( Spencer , Durkheim) .

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Mar 19 Aoû 2014 - 16:49

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Tu dis que tout scientifique est par définition un humain.

C'est incontestable !

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Cela dit, si je pense bien savoir ce qu'est le scientisme, je ne vois pas ce qui autorise à qualifier le scientifique de scientiste.

En effet, si le scientisme est l'attitude de celui qui pense pouvoir résoudre les problèmes philosophiques par la science, alors le scientiste, c'est celui qui pense pouvoir résoudre certains problèmes fondamentaux de la philosophie, comme celui de savoir « pourquoi il y a quelque chose et pas rien », ou celui d'établir « la preuve de l'existence de Dieu », ou celui de « l'être en tant qu'être ».

Je n'ai jamais vu ni entendu parler de qui que ce soit s'étant sérieusement penché sur de tels problèmes en faisant de la science pour les résoudre. Je n'ai jamais vu un scientifique « scientiste ». Même en plein jour avec une lanterne à la main ...

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Re-cela dit, le petit texte de Hervé This n'a pas d'autre prétention que celui de montrer que la méthode scientifique n'est pas aussi simple qu'elle paraît, dans son application, car les pièges qu'elle tend aux intelligences les plus fines sont trop bien camouflés pour qu'on ne risque pas d'y tomber comme Thales dans le puits de la réalité. Il vaut mieux regarder où on met les pieds, lorsqu'on s'aventure en science.

Mais ça, je pense que tu le sais. Non ?

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Mer 20 Aoû 2014 - 8:37

Ragnar Lothbrok a écrit:.



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Cela dit, si je pense bien savoir ce qu'est le scientisme, je ne vois pas ce qui autorise à qualifier le scientifique de scientiste.

En effet, si le scientisme est l'attitude de celui qui pense pouvoir résoudre les problèmes philosophiques par la science, alors le scientiste, c'est celui qui pense pouvoir résoudre certains problèmes fondamentaux de la philosophie, comme celui de savoir « pourquoi il y a quelque chose et pas rien », ou celui d'établir « la preuve de l'existence de Dieu », ou celui de « l'être en tant qu'être ».

Je n'ai jamais vu ni entendu parler de qui que ce soit s'étant sérieusement penché sur de tels problèmes en faisant de la science pour les résoudre. Je n'ai jamais vu un scientifique « scientiste ».

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Ce n'est pas le scientifique que je qualifie de" scientiste ". C'est l' ensemble de l' humanité occidentale ou occidentalisée. ....J ' utilise ce terme en tant que "croyance vraie" ...je le répète , une croyance vraie étant nécessairement inconsciente . Nous vivons depuis notre naissance dans un monde qui a "subi" une croissance technologique sensée satisfaire chaque jour d'avantage nos besoins -plaisirs les plus triviaux , ....et a la fin de chaque film , Bd ou roman, c'est la science qui gagne , c'est la science qui est "Morale" ....Il est donc normal , puisqu' on est infoutu de maitriser la palette démultipliée des domaines scientifico-technologique ( y compris les scientifiques d'ailleurs , hyper spécialisés et bien plus impliqués-dépendants / tous les scientifiques pro-Nuke bossent pour EDF ou AREVA ) .
En 70 , j' étais militaire puisqu' on nous "appelait" pour ce rituel que je commence à reconsidérer . Apres 68, on ne mélange plus . A Bicêtre , il n' y avait que des bac + 2 minimum .....et c'était plutot cool ( éviter les suicides!) . J' étais de formation scientifique , dans une population plutot "classique" . Deja sensibilisé aux problèmes de pénuries a venir ( Dumont , club de Rome ...) je fus sidéré des réponses unanimes de types pourtant intelligents , éduqués ......sur mes interrogation sur la poursuite du modèle consumériste :.....""Aucun problème , "ON" ( la science) trouvera des solutions !!""" ......Quand on a fouillé certains domaines et qu' on pense les approcher au plus près ( voir par ex les chiffres de Jancovici qui est ingénieur et non économiste) ....on déprime sévère et on peut parler du concept de "croyance" ou de "scientisme" .
Cette croyance ( vraie parce qu'inconsciente) est des plus dangereuse ...Une croyance consciente , révélée, verbalisée serait doutée . Mais une croyance inconscient fait AGIR sans impliquer la "raison" ( comme les rites d'ailleurs bien que ça n' a rien a voir).
Tu considères le scientisme comme cherchant a résoudre des problèmes philo .....Il n' en a rien a foutre de la philo , il ne sait même pas qu'il est "sous croyance" et ce qu'est la philosophie ....Bien sur le philosophe est soumis au la même aliénation ( et c'est plus grave puisque la pluspart sont fonctionnaires et enseignent !) . Cette croyance il l' intègre de façon plus dangereuse puisque par exemple il va admettre de facto comme normal et bénéfique le productivisme ( marxiste ou capitaliste) .

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Invité le Mer 20 Aoû 2014 - 10:56

Tous les romans ne font pas l'apologie du consumérisme, beaucoup ne se préoccupe ni de science ni de morale, de nombreux philosophes critiques la société capitaliste : Herbert Marcus parle même de Totalitarisme. En ce qui concerne le productivisme, si on y mêle marxisme et capitalisme , ça ne veut plus rien dire.


Dernière édition par Princeps le Mer 20 Aoû 2014 - 19:42, édité 1 fois
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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Mer 20 Aoû 2014 - 13:14

Princeps a écrit:Tous les romans ne font pas l'apologie du consumérisme, beaucoup ne se préoccupe ni de science ni de morale, de nombreux philosophes critiques le capitalismes : Herbert Marcus parle même de Totalitarisme. En ce qui concerne le productivisme, si on y même marxisme et capitalisme , ça ne veut plus rien dire.  

Je ne dis pas celà ...je parle  de l' apologie de la "science" . Le consumérisme n' a pas besoin de pub . Nous sommes tous volontaire pour les pipes gratuites ( image osée certe mais parlante)..
Pour le productivisme ( je pense que tu voulais écrire "mêler" ) Les deux idéologies ont cette démarche ( quoiqu'en dise Jonas et Onfray) .
On se trompe en opposant Capitalismes  et socialisme . Il faut opposer Productivisme et naturalisme ....mais c'est entrer dans un autre débat , structuraliste ...

Pour la profession de foi de Marx sur le productivisme , voir "le 18 Brumaire" ou il déplore les paysans français " comme des sacs de pomme de terre" qui ont une productivité si faible qu'ils ne parviennent qu' à l' autarcie ......( situation dont aujourd'hui certains rêveraient !)

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Mer 20 Aoû 2014 - 14:33

Ragnar Lothbrok a écrit:.



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je ne vois pas ce qui autorise à qualifier le scientifique de scientiste.



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C'est une très bonne question ...si j' ai réagi à ton premier post , c'était pour caser mon "théorème du Lampadaire".
C'est à dire sur le déterminisme scientifique -technologique et son lien avec le déterminisme sociétal ........voire même avec la thèse "organiciste" ( société en tant que méta-organisme dont nous serions progressivement de plus en plus des pions des instruments ...)
Structurellement cette "étape suivante" du couple individu - groupe peut être considéré comme "normale" en terme d'évolution ou de recherche néguentropique de la nature a occuper tout espace entropique. Mon problème c'est qu' une cellule , pour servir de "brique" et se spécialiser en vu d' un organisme plus "complexe" ,perd ET son autonomie- liberté ET son caractère d' éternité ...I smell a rat comme disent nos amis glophones .
DE plus la "nature" a la fâcheuse habitude d' avancer a "taton" et produit des milliers d'échecs pour une réussite relative...donc je dirais que "rien ne presse " pour nous transformer en fourmis .
Quand au scientifiques, pour les voisiner trop souvent , je puis te dire que dans leur cursus , il y a quasi pas de sciences humaine et ils se contrefichent de l' éthique . Si dans leur domaine , ils sont souvent conscient de l' impasse de ce dernier pour 'sauver" la société , ils vont te dire que les solutions seront dans le labo d' à coté . Ils sont tellement spécialisés que ce ne sont plus que des techniciens a qui on fait croire avec un peu de green washing ...que les Ogm sur lesquels ils bossent vont sauver les affamés et pousseront sans flotte.

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Mer 20 Aoû 2014 - 15:03

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À kercoz

Tu as réagi à un texte proposé par un scientifique. J'ai réagi à cette réaction. Je n'ai pas vu que tu voulais parler de la civilisation occidentale, qu'on peut d'ailleurs traiter de tous les noms comme toutes les civilisations, suivant l'humeur du moment.

Et en effet, les scientifiques se fichent la plupart, mais pas tous, de la philosophie. Comme la plupart des philosophes, mais pas tous, se fichent des sciences. C'est regrettable, de mon point de vue, parce que je vois de solides passerelles entre ces deux disciplines, même si je vois aussi de sérieuses distances.

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Mer 20 Aoû 2014 - 15:15

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P. S. Avec les OGM, nous sommes entrés dans une phase de guerre d'idées qui a de quoi faire regretter d'être né au sein d'une espèce vivante de débiles si profonds tellement c'est con. Je me demande parfois en tant qu'athée radical qu'est-ce que j'ai pu faire à Dieu pour qu'il se soit vengé de moi au point de m'avoir fait émerger au sein de cette humanité là, si un instant de cabotinage est permis ...  :) ...

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Mer 20 Aoû 2014 - 15:35

Nous ne sommes pas hors sujet , loin de là. Le déterminisme scientifique devrait faire hurler les chercheurs " quelle sont les questions que je ne me pose pas !!"".
Mais le système va lui répondre "t' occupes ! si tu veux bosser et changer de 4x4, reste sous ton lampadaire , il y a là des tunes , des subventions, des équipes des infrastructures et du matos .......
Flemmin n' acertainement jamais su qu' il avait inventé la péniciline ....de mémoire sa découverte (fortuite ) a été oubliée 2 fois 40 ans ; La 2e , volontairement pour des raisons commerciales du fait que ça concurençait une autre piste deja financée.
J' ai beaucoup bossé sur les "BRF" et ça ne sort pas puisque ce concept d' utiliser la pédogénèse forestière ne rapporte a personne .
La vérité ne peut être que financière , et non objective ...De plus les intérets du système divergent des nôtres ..et c'est une raison suffisante pour fausser la recherche et faire agir les chercheurs dans certaines directions.

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Mer 20 Aoû 2014 - 17:47

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La vérité financière ne m'a jamais trop gêné, je dois dire. Elle existe comme simple champ de remplacement de la cruauté des tigres et des crocodiles. C'est la jungle. Pas plus. Y a pas de quoi s'en faire si l'on connaît les règles du jeu (en gros).

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Mer 20 Aoû 2014 - 22:09

Ragnar Lothbrok a écrit:.

La vérité financière ne m'a jamais trop gêné, je dois dire. Elle existe comme simple champ de remplacement de la cruauté des tigres et des crocodiles. C'est la jungle. Pas plus. Y a pas de quoi s'en faire si l'on connaît les règles du jeu (en gros).

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Il te faudrait relire K.Lorenz . Il n' y a pas de loi de la Jungle ..Le loup n'est un loup que pour le loup ....L' agressivité sur terre est toujours intra-spécifique ...Le lion que l' on filme sautant sur une gazelle n'est pas agressif , il a la gueule détendue ...par contre quand il se bat contre un autre lion il est hissurte , défiguré de haine ...pareil pour le chat qui joue avec une souris qui va se battre "a mort" contre un autre chat.
Pour la vérité ou objectivité " financière" , ce qui me gène c'est que c'est un déterminisme ( finalisme) dont les intérets ne co-incident plus avec les notres . La manipulation structurelle de nos groupes , que nous subissons , ne peut être évaluée en terme de traumatisme. Comme nous faisons partie du système , nous pourrions être tombé à 20% de notre optimisation sans nous en apercevoir .....On s' étonne juste de voir que les enfants de ces gens " non modernes" sont toujours souriants. ...Alors que les notres sont d' une tristesse .
Puisque tu suis de plus près la science , tu as du voir passer l' info que nous naissons avec un écart important de séroténone ( ou recapture de ce truc ..) Ce produit gère notre agressivité ...il me semble remarquable que la "culture" par ses rites inhibiteurs ait réussi a maitriser , contraindre un tel écart , alors que nous sommes obligé de "soigner" cet écart de façon médicamental ( enfant hyperactif ..etc) .

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Jeu 21 Aoû 2014 - 0:00

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Je vois.

Mais tout ça ne me gêne pas tant que ça.

Peut-être parce que j'ai eu pas mal de chance dans la vie. Peut-être parce que je sais comment trouver l'argent. Peut-être parce que j'estime que je suis riche (même si je n'ai pas des milliards en banque). Peut-être parce que le fait d'avoir exploité une soixantaine de personnes dans l'entreprise que j'avais et que j'ai vendu avec un bon bénéfice sans leur verser un seul cent ne m'a jamais empêché de dormir. Peut-être parce que ça ne les a pas empêché de dormir eux non plus, puisqu'ils m'invitent régulièrement depuis plus de dix ans à leurs fêtes de famille. Peut-être parce que leurs enfants sont bien soignés par le système de santé du coin où j'habite lorsqu'ils ont des difficultés de concentration dans leurs études.

Je suis trop bien conscient de vivre comme un dieu pour me casser la tête avec des histoire d'enfants assassinés sous les bombes Syriennes ou Israéliennes, par exemple. Et tant que ma fille est en bonne santé et s'épanouit autant dans sa petite famille que sur les lieux de son travail, je t'assure que les autres peuvent tous crever sans que je ne verse la moindre larme de crocodile sur leur sort.

Cela dit avec toute la bienveillance possible et imaginable envers les milliards de gens de la terre qui pensent et agissent en toute innocence exactement comme moi. Ils ont parfaitement raison. Et j'irais jusqu'à dire que je les aime, tiens ...

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Jeu 21 Aoû 2014 - 8:24

Puisque tu nous racontes ta vie de capitalo, une remarque qu'on peut y trouver qui rejoint le concept structuraliste et la vertu des interactions courtes ( style casse croute avec tes exploités) :
Si j' ai une barque et que je pèche disons 10 poisons ( autosuffisance). Mon voisin est un faignasse, un peu alcolo ou un philosophe qui a laissé pourrir sa barque et du bord ne pèche que 3 poissons ce qui est insuffisant pour nourrir sa famille ( style Thoreau )....je vais lui offrir de bénéficier de ma barque et de mon filet . Nous allons augmenter la productivité à 30 poissons . J'en garde 20 et lui en refile 10.
Je peux même descendre son "salaire" à 5 , mais je ne l' exploiterait jamais autant qu' un "fond de pension" . On passe de l' immoralité à l' amoralité bien plus traumatisante pour la société , du moins pour les individus qui la composent.
La proximité des acteurs contraint à la moralisation minimum de nos actes ....on retrouve les notions de la th. des Systèmes chaos etc : les systèmes morcelés sont auto-organisés et stables ...les systèmes hypertrophiés tentent de reproduire la morale par des lois , mais échouent du fait qu' on ne peut remplacer un outil complexe ( au sens math) par un outil linéaire .
Pour le nb d' individu des groupes , j' avais discuté un moment avec un indien du Quebec sur ces thèmes ( pseudo CICERO).
La destructuration semble passer par l' agriculture . on passe de la scissiparité à l' hypertrophie . Il me semble que l' EROI reste positif tant qu' on spécialise des productions de biens essentiels .

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Message  Kercoz le Jeu 21 Aoû 2014 - 8:43

Pour revenir dans le titre du fil .
Une question que pas grand monde se pose : Nous somme solitaire en tant qu'espèce . Quelles peuvent être les conséquences de cette solitude spécifique ?
- L'éthologie va nous renseigner sur l' intéret voire la nécessité éventuelle d' une altérité spécifique .
- de façon général, on peut soutenir que : ""L' altérité semble être un concept fondamental a la survie sinon a la vie """ça semble lié a l' entropie du moins a sa "recapture"
- L' altérité spécifique permet l' hybridation ...l' hybridation semble être un "Joker" adaptatif lorsqu' une espèce vivante arrive en bout de ses "vies" spécialisations ( renard blanc , ours blanc ..) puisqu'il semble que les spécialisations de caractères adaptatifs ne soient pas ( ou tres peu réversibles).

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Jeu 21 Aoû 2014 - 10:41

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Petite remarque (j'avais oublié). Je suis un capitalo qui a appris à pêcher à ses employés. Je ne leur ai pas prêté ma barque. Ils ont la leur, aujourd'hui. C'est à eux que j'ai vendu mon entreprise. C'est la banque où je faisais affaire qui les a financés. Tous les capitalo ne se ressemblent pas, et tous les exploités ne se ressemblent pas non plus.

Avec cette remarque sur ma vie personnelle, je ne fais que dire une chose bien simple, déjà dite par Montaigne il y a bien longtemps et Régis Debray il y a deux ou trois mois, à savoir que la philosophie n'a pas à se dérouler exclusivement dans les livres.

Hors des livres, il y a la réalité du monde, qui n'est pas exclusivement celle des idées. La réalité du monde comprend depuis des dizaines de milliers d'année ce qu'on peut nommer aujourd'hui le capitalisme ou l'argent.

Si Nietzsche dit que le mieux placé pour faire un vrai philosophe, c'est le banquier, je crois que ça mérite l'attention.

Tout ça pour développer la digression que tu as amenée sur le problème de la relation entre le scientifique et l'argent.

Aujourd'hui, le scientifique ne fait pas QUE de la recherche scientifique. Il fait aussi de la recherche de financement. Il y est forcé. Il vit dans la réalité du monde. Pas dans les idées livresques. S'il n'a pas d'argent, il est mort. Alors il en cherche et il en trouve. (Il est en général assez malin pour ça.)

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Jeu 21 Aoû 2014 - 11:14

kercoz a écrit:Nous somme solitaire en tant qu'espèce .

Disons que nous sommes solitaire en tant qu'animal, à cause de la nécessité de se déplacer de façon autonome propre à ce volet du vivant. Mais disons aussi que parmi les animaux, il y en a pas mal qui ne se débrouille bien qu'en compagnie d'autres animaux de leur espèce, le leur horde, dans le cas des primates en général et de l'humain en particulier.

kercoz a écrit:- L'éthologie va nous renseigner sur l' intéret voire la nécessité éventuelle d' une altérité spécifique .
- de façon général, on peut soutenir que : ""L' altérité semble être un concept fondamental a la survie sinon a la vie """ça semble lié a l' entropie du moins a sa "recapture"

En effet, le vivant a besoin d'une altérité. Cette altérité, c'est la matérialité du monde dans lequel il évolue. Et en effet aussi, l'altérité du monde comprend l'entropie sur laquelle le vivant s'appuie pour en extraire la néguentropie le faisant émerger du monde.


kercoz a écrit:Une question que pas grand monde se pose : Nous somme solitaire en tant qu'espèce . Quelles peuvent être les conséquences de cette solitude spécifique ?

La solitude de l'animal engendrée par la nécessité de se déplacer a deux conséquences d'importance (entre autres), à savoir le désir de meurtre, pour s'alimenter, et la pulsion de mort, pour alimenter l'autre. Pour ça, tous les moyens sont bons à travers l'évolution des espèces et par delà le bien et le mal.

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Jeu 21 Aoû 2014 - 12:01

Ragnar Lothbrok a écrit:


kercoz a écrit:Une question que pas grand monde se pose : Nous somme solitaire en tant qu'espèce . Quelles peuvent être les conséquences de cette solitude spécifique ?

La solitude de l'animal engendrée par la nécessité de se déplacer a deux conséquences d'importance (entre autres), à savoir le désir de meurtre, pour s'alimenter, et la pulsion de mort, pour alimenter l'autre. Pour ça, tous les moyens sont bons à travers l'évolution des espèces et par delà le bien et le mal.

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Tu m' a lu trop vite ou je me suis mal exprimé .
Je dis que c'est l' espèce qui est solitaire ...pas l' individu . C' est cette solitude spécifique qui débute mon raisonnement ...du fait que nous n' avons plus depuis 15 ooo ans d'espèces voisines , nous ne pouvons plus nous hybrider .
Relis mon délire sur cette base
Le but de ma thèse serait de démontrer que n' ayant plus d'altérité spécifique , nous avons "forcé" le développement d' une altérité culturelle ....altérité culturelle qui n' existe pas chez les autres espèces ( ou seulement de façon latente , anecdotique).

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Ragnar I le Jeu 21 Aoû 2014 - 12:49

kercoz a écrit:Je dis que c'est l' espèce qui est solitaire ...pas l' individu . C' est cette solitude spécifique qui débute mon raisonnement ...du fait que nous n' avons plus depuis 15 ooo ans d'espèces voisines , nous ne pouvons plus nous hybrider .

Je vois, mais c'est toujours l'individu qui est l'unité de toute mutation produisant toute séparation d'espèces. Ce n'est pas l'espèce.

Par ailleurs, nous avons une quantité non négligeable d'espèces voisines avec la domestication des animaux.

Quant à l'hybridation, si on ne voit pas comment elle pourrait se réaliser naturellement, elle a plus de chances (je devrais dire risques) de se réaliser aujourd'hui par la technogénétique que n'importe quand dans l'histoire du monde, à l'échelle des temps géologiques.

En ce moment même, dans des laboratoires de génétique de Chine, où les questions de bioéthique n'écorchent personne, des tentatives d'intégrer aux gènes de l'humain des gènes de résistance aux radiations nucléaires pris dans certaines bactéries déjà résistantes à ça ont sans doute lieu  dans le plus grand secret entourant les recherches militaires de ce pays, par exemple ...

Dans les laboratoires du monde occidental, certaines recherches s'orientent vers l'intégration à certaines espèces de caractéristiques bénéfiques tirées des gènes d'autres espèces. On appelle ça les OGM. Pour l'instant, ça touche surtout les végétaux, mais rien n'interdit en principe de chercher à trafiquer l'animal en général et l'humain en particulier, bien que ça ne soit pas demain la veille que ça va se faire pour l'humain, je pense. Sauf qu'il suffirait d'un seul bonhomme ou d'une seule bonne femme ainsi trafiquée pour que ça se réalise à l'échelle de l'espèce humaine.

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

Message  Kercoz le Jeu 21 Aoû 2014 - 13:33

Ragnar Lothbrok a écrit:
kercoz a écrit:Je dis que c'est l' espèce qui est solitaire ...pas l' individu . C' est cette solitude spécifique qui débute mon raisonnement ...du fait que nous n' avons plus depuis 15 ooo ans d'espèces voisines , nous ne pouvons plus nous hybrider .

Je vois, mais c'est toujours l'individu qui est l'unité de toute mutation produisant toute séparation d'espèces. Ce n'est pas l'espèce.

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Oui , bien sur , mais statistiquement la quasi totalité des "essais" génétiques ( naturels ou provoqués) échouent. De plus il faut une conjonction conjoncturelle pour qu'il s' installe .
Je fais une recherche d' archéo- sociologie sur du factuel et pour ce faire , suis obligé de tenir comme négligeable l' arrogance créationiste humaine .
Je base ma réflexion sur le fait " factuel" que l' altérité spécifique est une nécessité adaptative en permettant l' hybridation . Hybridation qui est un "joker" , une nouvelle chance quand l' espèce est au "taquet" de sa spécialisation .
Le fait que nous n' ayons plus ce "choix" aurait pu "forcer " une autre altérité .......que spécifique . Ce serait la "raison" de l' altérité culturelle humaine .....Bon ,si je trouve mon idée géniale , c'est norrmal puisque c'est la mienne ( pas trouvé ailleurs , copyright ..) , c'est donc un jugement subjectif puisqu' affectif ...mais ça me parait a minima qd même digne d'intérêt .

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Re: Quelle est la question à laquelle je ne pense pas ?

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