L'immoralisme

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Re: L'immoralisme

Message  Kenshin (Bigone) le Mer 12 Oct 2016 - 18:19

ok, je vais acheter ça, je te remercie. si tu en un as à me conseiller, je suis preneur !

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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Mer 12 Oct 2016 - 18:20

Tichikarasu a écrit:

M a écrit: l'amoralisme, quand une personne n'a pas accédé à la maturité éthico-morale de l'adulte au sens plein du terme (capable de prendre en compte autrui, quitte à prendre sur soi)


Ou comme tu me le dis aussi ici, à propos de l'enfant sauvage. Pourquoi n'est tu pas aller plus loin dans la caractérisation de l'amoralisme ? N'est elle pas un élément qui prend sens même dans la démarche immorale ? Quelle était ta volonté ici ?
En tout état de fait un enfant qui aurai vécu sans repère éducatif d'"Homme", n'aurais pas développer les capacités relatif à la vie en société. Capacité qui serai entre autre, cette notions de prise en compte de l'autre. Tout autant qu'il se peut très bien qu'il n'est pas la faculté d'un point de vue biologique pour prendre en compte l'autre. (Défaut dans le cerveau).
Sans entrer dans le détail du deuxième cas, le premier exemple nous montre qu'un homme qui n'aurais pas de repère culturel, pas de modèle éducatif, n'aurais donc pas de moral. Car il n'en a pas développer le pouvoir.

L'amoralisme nous montre que d'une manière plus absolutiste, la moral n'est pas intrinsèque à l'Homme. Il n'est pas livré d'origine avec.

L' enfant non socialisé n'est pas la seule possibilité de fabriquer de l' amoralité.
Le capitalisme traditionnel est une forme d'économie morale ou immorale suivant la façon dont elle est pratiquée.
L' économie néo-libérale, comme la démarche globalisatrice est "amorale". C'est la distance des interactions qui est en cause. L' interaction des économies humaine ( au sens propre du terme s' il en a un) est appuyée sur l' affect. La distance ou la multiplication des intermédiaires dés'affecte les échanges et les interaction et supprime la dose de morale qu' ils contiennent.
Toujours l' importance des structures. La morale est strictement structurelle et non idéologique.

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Re: L'immoralisme

Message  Prince' le Mer 12 Oct 2016 - 18:54

bigone74 a écrit:ok, je vais acheter ça, je te remercie. si tu en un as à me conseiller, je suis preneur !
Le Lallande est sûrement le meilleur. Il est en plusieurs volume, cherches en une édition disponible sur le net. C'est plus économique et parfois plus rapide.

Kercoz qu'entends-tu par idéologique ?

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Re: L'immoralisme

Message  Kenshin (Bigone) le Mer 12 Oct 2016 - 19:17

en lisant la preface d'Aurore ( éditions Pluriel) , j'ai ça :

" Pour Nietzsche, au contraire, la moralité n'est rien d'autre que l'obéissance aux mœurs et à la tradition ; l'individu libre ne peut donc pas affirmer son autonomie ( se donner lui-même sa loi) qu'en niant la moralité, en même temps qu'il refuse de se soumettre à la tradition"

Bon, j'ai plus que 300 pages à lire... à un de ces jours, alors ! :-)

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Re: L'immoralisme

Message  Prince' le Mer 12 Oct 2016 - 19:26

C'est simple. Non ? Du reste, c'est correspondant à ce que je sais.
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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Mer 12 Oct 2016 - 20:11

Princeps a écrit:

Kercoz qu'entends-tu par idéologique ?


Il faudrait plusieurs tomes pour développer ça.
Mon point de vue, c'est qu'en destructurant un modèle originel archaïque, ou plutôt, éthologique, .....on fait passer les obligations de comportements moraux ( donc immoraux) , à  amoraux. ( ex : tu peux exploiter ton voisin, mais jamais autant qu' un fond de pension américain).
Cette transition essaie de compenser- remplacer  des interactions autrefois vertueuses pour le groupe  par des obligations règlementaires . La portée globale de ces obligations va reposer sur des concepts "non naturels" , construits, inventés, qui vont tenter de faire aussi bien que la régulation éthologique. Ce sont ces concepts globaux qui sont ce que j' appelle des " idéologies ".
Bien évidemment ces outils sont insuffisant parce que réducteurs , simplifiés , simplistes et ne peuvent résoudre la gestion d' un système "complexe" ( au sens math).
Le constat Immoral versus Amoral  est une démo simple et radicale que l' outil échoue....Il ne fait pourtant que démontrer que nous sommes régis par l' affect  et que c'est la nécessité d' un groupe restreint qui contraint la structure globale. Ce sont les "Rites" qui gèrent les autres espèces . Ce sont des outils rigidifiant les comportements ....L' idéologie est une tentative, voire une caricature de rigidification  pour un groupe plus important , taille sur laquelle les rites ou la morale n'a plus assez d' effet.


Dernière édition par kercoz le Mer 12 Oct 2016 - 20:21, édité 1 fois

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Re: L'immoralisme

Message  Prince' le Mer 12 Oct 2016 - 20:21

Je connais ta thèse. En revanche, idéologie est polysémique donc je souhaite connaître le sens Que tu utilises.
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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Mer 12 Oct 2016 - 20:31

Princeps a écrit:Je connais ta thèse. En revanche, idéologie est polysémique donc je souhaite connaître le sens Que tu utilises.

Pour moi, une idéologie est un modèle de gestion des groupes humains basé sur une théorie pré-déterminée. Quelle qu'elle soit, elle est sensée gérer au mieux l' économie ( au sens noble) de ces groupes, par des choix reposant sur l' égalité ou l' équité et surtout envisager la pérénité du groupe immédiat comme celui du groupe historique.
Ma thèse, si tu la connais réside donc dans le fait que les dérives sociétaux proviennent toujours de causes structurelles et non de causes idéologiques. Je m' appuie pour celà sur l' hypothèse d' une forte rigidité comportementale .....comme semble le montrer les autres especes animales.

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Re: L'immoralisme

Message  Prince' le Mer 12 Oct 2016 - 20:40

Je connais ta thèse, et j'y ai répondu : les comportements sont invariants, c'est la sanction sociale qui varie. J'ai l'histoire pour moi,
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Re: L'immoralisme

Message  Tichikarasu le Mer 12 Oct 2016 - 20:57

K a écrit:L' enfant non socialisé n'est pas la seule possibilité de fabriquer de l' amoralité.
Le capitalisme traditionnel est une forme d'économie morale ou immorale suivant la façon dont elle est pratiquée.
L' économie néo-libérale, comme la démarche globalisatrice est "amorale". C'est la distance des interactions qui est en cause. L' interaction des économies humaine ( au sens propre du terme s' il en a un) est appuyée sur l' affect. La distance ou la multiplication des intermédiaires dés'affecte les échanges et les interaction et supprime la dose de morale qu' ils contiennent.
Toujours l' importance des structures. La morale est strictement structurelle et non idéologique.

Bien entendu que ce n'est pas la seule, et en cela je suis d'accord avec toi. J'ai pris celle-ci car, en premiers lieux j'y ai souvent réfléchi, dans un deuxième temps car, un seul exemple me semble suffisant à montrer l’existence d'une chose. Pour prendre une image, je peux montrer une goutte d'eau pour illustré le fait que les molécules d'Hydrogènes "fusionnent "avec une molécule d'Oxygène. Y aurait-il alors lieux de te montrer de la glace et de la vapeur ? Ce ne serait pas faux, mais prendrai plus de temps. Le temps qui est la ressource qui nous est le plus fini ( dans mon contexte particulier, j'en ai encore moins que ce que je désirerais mais c'est ainsi).

Sur ton exemple du néolibéralisme, je suis d'accord avec ta conséquence, qu'elle se trouve être dans une forme d'amoralisme. Je suis globalement d'accord avec ta cause qui est cette profusion d'intermédiaires. Mais pas tout à fait d'accord sur la manière dont cela se passe. Je dirai plutôt que dans les échanges les Hommes apportaient leurs moralités avec eux, tout comme leur affect, et c'était la moralité des personnes concernait par l'échange qui rendait cette économie morale. Est-ce que tu voulais dire ?
Il en résulte en effet que l'économie néolibérale et sans moral, du fait de la dépersonnification de l'autre au cours de la transaction, il n'est plus qu'un chiffre, un logo, un ordre, une mission, un objectif. Cela change tout en effet.

Toujours l' importance des structures. La morale est strictement structurelle et non idéologique.

Cela devint complexe à comprendre, en tout cas pour mon "tit cerveau ramolli. Je vais faire comme à mon habitude quand je comprends pas je reformule. Pour toi l'important serait la structure sociale, la hiérarchie, l'ordre établi au coeur du groupe ? Et ce serait de cette structure que serait issue la morale ? Et non pas justement de l'idéologie ? Donc si je prends un exemple un peu bateau, le communisme n'a pas fonctionné en Russie, du fait de la classe dirigeante et non pas du fait de l'idée de basse ? Et que la morale Communiste serai issus de la structure sociale et non pas de l'idée .
Ou ai-je faux, ou et le juste ?

Princeps a écrit:Je connais ta thèse, et j'y ai répondu : les comportements sont invariants, c'est la sanction sociale qui varie. J'ai l'histoire pour moi.

Tout d'abord merci d'avoir posé la question sur l'idéologie, cela ma aider à comprendre plus adroitement le propos, mais ma curiosité est piquée. Quelle est le sujet ou vous en avait débattu, s'il vous plaît ?

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Re: L'immoralisme

Message  Malcolm le Mer 12 Oct 2016 - 21:43

TK a écrit:La distinction entre bien et mal, serait elle indispensable pour vivre ensemble . C'est une question qui fera débat très longtemps je pense. Mais de ce que l'on peut observer trivialement, il y a bien une "entité" distinguant bien et mal au cœur de la société. J'entends derrière cette entité la notion de loi. Les lois ne sont elles pas ce qui dictent le bien et le mal dans une société ? Il s'agit ici d'un vivre ensemble, "vivre en bonne entente". Je suis sur que plus d'un sur ce forum à de bien meilleur connaissance de la politique et en notions de loi que moi. Donc je n'en parle ici que dans une vision "épuré" des manigances, des coups de Trafalgar des uns et des autres. Je n'en retiens que son origine, non pas historique ( bien que cela ait un certain intérêt), mais d'un point de vue d'un "besoin sociologique".
Bref indispensable peut être pas, fort utile, surement.
De toutes évidences, une expérience collective suscite des harmonisations, des moyennisations, voire des médiocrisations, en faveur d'un bon et d'un mauvais communs. Par contre, que ces éléments finissent par être pétrifés comme bien et mal "en soi", c'est une témérité affective & intellectuelle en faveur de soi et sa collectivité, qui passe l'entendement, sinon dans les termes du fanatisme, même subliminal, et qui à tout le moins est ethnocentrique.
Mais pourquoi ce besoin de moral/loi ?
Toujours en partant du postulat que l'Homme se trouve être un animal social, il doit vivre avec les autres. Il est bien sur que l'on peut vivre avec l'autre bon gré, mal-gré. Mais ce n'est pas la chose la plus évidente, car en parallèle de ce comportement social, il y a l’égoïsme qui tient une part importante des "intentions/volonté" . La moral serai alors, selon moi, ce qui formerait les liens entre ce comportement sociale obligatoire pour la survie de l'homme et son autre face tout autant obligatoire. (Des obligations non absolues). Dit autrement la morale serait le ciment de nos ego qui ensemble formerait la société. Cette image met en avant plusieurs points, tout d'abord que la société et formé d'ego disjoint, mais ce n'est pas utile ici, mais il y a surtout une forme de lourdeur. Comme si la morale fessait pesé tout son poids sur nos épaules, comme si elle enclavait nos mouvements.
Il me semble que c'est bien cela qu'elle est aussi, une camisole de force pour notre ego, d'autres diraient pour nos passions. Mais alors quelle est la vocation de la morale ?
De mon point de vue, elle répond à un besoin de sécurité. L'Homme a fondamentalement peur du monde, d'une certaine manière, cela lui donne un cadre dans le quelle il a ces habitudes, là il s'y sentira bien plus en sécurité. Il y a aussi cette idée de liant sociétal. Mais pourquoi avoir recours à des règles, des codes de conduite tout fait alors que l'on peut user de raison pour vivre ensemble ? Et bien justement parce que certains ont la raison assez grande pour vivre ensemble, alors que d'autres ne l'ont pas. Ils s'entre-tueraient comme des lions affamés. La moral répond, contient les habitudes à adopté afin que cela ne se produisent pas.
Le domaine moral constitue potentiellement en effet un réservoir d'habitudes, de sacralisations, de respects, de rites, de manières, etc. propre à la sauvegarde sécuritaire de la communauté, sur la base d'un bon et d'un mauvais authentiques, du moins espérons-le.
Par contre, ton assimilation de ce domaine au domaine légal, quand bien même ils ont des accointances, laisse à désirer : le domaine moral n'est pas aussi structurant que le domaine légal ; le moral n'a pas la juridiction du légal ; le moral peut bien "tomber punitivement sur quelqu'un", il ne le fera qu'au nom d'une vindicte dissentimentale, voire ressentimentale. Inversement, le légal, quand bien même instauré sous le coup de quelque sentiment, comme juridiction, a "force de loi", imposant presque fatalement de - sinon s'y conformer - du moins d'en tenir compte. Le moral n'a pour lui que "le poids du nombre", tandis que le légal a pour lui "la sommité juridictionnelle". Le moral contexture, le légal structure.
Alors, l'Homme a besoin de moral pour "avoir communément chaud", mais de légal, au contraire, pour "donner de bonnes douches froides (ou chaudes) - norvégiennes" - au commun.
En gros : le légal, c'est le Père, et le moral, c'est la Mère. Le père sanctionne en vertu d'un droit ; la mère (dés)affectionne en vertu d'un choix. Ou toute la différence entre falloir et devoir.
Ou comme tu me le dis aussi ici, à propos de l'enfant sauvage. Pourquoi n'est tu pas aller plus loin dans la caractérisation de l'amoralisme ? N'est elle pas un élément qui prend sens même dans la démarche immorale ? Quelle était ta volonté ici ?
+ Bigone a écrit:En gros, immoralisme si j'ai bien compris c'est de juger sans morale , c'est donc d'avoir comme morale de ne pas en avoir ?

Dans tous les cas ( je dois être très loin de Nietzsche , je sais...), je pense que l'homme a tendance à se déresponsabiliser à travers la morale et au fond (  n'est ce pas facile de faire exister un Dieu quand en fait on joue soi même à dieu ? ), et de se rendre important à travers la morale ( ça reste lui qui l'applique...)
l'immoralisme permettrait il de juger au cas pas cas et donc de rendre la morale non plus "omnipotente", statique, mais dynamique dans le sens ou elle pourrait se remettre en question. Une morale "vivante" qui s'adapterait, qui serait humaine, quoi ! On appelle ça la jurisprudence en droit, non ?

L'immoralisme c'est juste la Raison, quoi ! , ou j'ai rien compris ? J'ai mal à la tête avec cette notion !!!
Il n'y d'immoral que relativement à la morale. Mais l'immoral, comme privation de morale, est donc extramoral, et un acte amoral (extramoral à sa façon), n'est jamais immoral que pour celui qui le juge relativement à la morale.
L'amoral, quant à lui, ignore la morale, tout simplement : il est dépourvu de valeurs. Auquel titre, donc, l'immoral peut bien raisonner immoralement, qu'il peut agir moralement, dans l'ordre de quelque(s) valeur(s). Nietzsche honore la probité qui, en sus d'être honnêteté intellectuelle, est conformité à la morale sociale (avis à ceux qui font de Nietzsche un salopard ... ).
Kercoz a écrit:Le capitalisme traditionnel est une forme d'économie morale ou immorale suivant la façon dont elle est pratiquée.
L' économie néo-libérale, comme la démarche globalisatrice est "amorale". C'est la distance des interactions qui est en cause. L' interaction des économies humaine ( au sens propre du terme s' il en a un) est appuyée sur l' affect. La distance ou la multiplication des intermédiaires dés'affecte les échanges et les interaction et supprime la dose de morale qu' ils contiennent.
Toujours l' importance des structures. La morale est strictement structurelle et non idéologique.
Abstraction faite de l'emploi du mot idéologie, tu parles d'organisation/de gestion politico-économique du social (des relations/interactions entre les Hommes) ; une organisation/gestion bourso- ou banquo-centrique, avec possibilité d'actionnariat et de SA inhérentes. Voilà, pour ainsi dire, tout le "capitalisme libéral" or, il ne s'agit jamais que d'une technologie de l'entreprenariat, et rien d'autre. Aux entrepreneurs de déterminer les valeurs, d'oblitérer les valeurs, ou de méconnaître les valeurs, dans leur démarche (cette méconnaissance ne sachant être volontaire).
En somme, cette technologie de l'entreprenariat est, de soi, extramorale, mais ni morale, ni immorale, ni amorale, de ce que, technologique, matérielle, elle n'a pas "l'âme" (pour le dire vite) à moraliser, immoraliser ou amoraliser. Par contre les Hommes qui s'en saisissent, si, comme on se saisit d'un couteau pour cuisiner ou pour éventrer, ou d'Internet pour philosopher ou pornographier. La question de savoir si une technologie est morale (ou non) est juste absurde, encore que militer en sa faveur comme en sa défaveur soient des phénomènes moraux, immoraux ou amoraux, selon le contexte et les personnes porteuses de la militance.

Le reste des échanges est HS.
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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Mer 12 Oct 2016 - 22:08

Princeps a écrit: J'ai l'histoire pour moi,
Certe, mais "les peuples heureux n' ont pas d' histoire"

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Re: L'immoralisme

Message  Prince' le Mer 12 Oct 2016 - 22:09

Et donc on ne peut que supputer sur leur bonheur *Pouce*, faute de preuve. Du reste, l'historien ne juge pas du bonheur.
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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Mer 12 Oct 2016 - 22:47

Tichikarasu a écrit:
1/ Mais pas tout à fait d'accord sur la manière dont cela se passe. Je dirai plutôt que dans les échanges les Hommes apportaient leurs moralités avec eux, tout comme leur affect, et c'était la moralité des personnes concernait par l'échange qui rendait cette économie morale. Est-ce que tu voulais dire ?
2/ Pour toi l'important serait la structure sociale, la hiérarchie, l'ordre établi au coeur du groupe ? Et ce serait de cette structure que serait issue la morale ? Et non pas justement de l'idéologie ? Donc si je prends un exemple un peu bateau, le communisme n'a pas fonctionné en Russie, du fait de la classe dirigeante et non pas du fait de l'idée de basse ? Et que la morale Communiste serai issus de la structure sociale et non pas de l'idée .
Ou ai-je faux, ou et le juste ?

1/ L' ethnologie montre que l'"échange" ou le "Don" ne sont pas à l' origine des transferts nécessaires ou vitaux. L' objet échangé est plus souvent le support d' un affect , d' un pouvoir, dont le role participe à la hiérarchisation-structuration. l' individu archaïque est auto-suffisant.
La proximité des groupes et le début de la spécialisation a réutilisé ce processus dans un but utilitaire sans pourtant abandonner sa partie de processus culturel. L' étape suivant de monétisation , c'est à dire de réduction de l' objet échangé à une valeur référencée, permet le double échange mais éloigne l' affect de l' échange.
2/ Oui. La nécessité de l' affect interdit l' hypertrophie du groupe . Ce qui est contradictoire avec la recherche d' un "gain de productivité".
Dans un groupe restreint, la structuration est auto-organisée . Dans une cordée d'escalade ou un atelier de menuiserie traditionnel, il serait ridicule de faire des élections. La hiérarchisation est mieux qu' acceptée, elle est demandée. C'est le groupe trop important qui permet l' Ubris - Hybris, du fait que les acteurs ne se connaissent pas.
Pour la Morale , c'est plus compliqué...mais ce n'est que mon point de vue:
La morale c'est la réutilisation civile ou religieuse des rites bien plus anciens. Les espèces sociales ont des comportements moraux ( K.LOrenz / L' agression) . Ce sont des comportements qui permettent à des individus de coopérer et de voisiner en inhibant leur agressivité et en réutilisant cette agressivité pour structurer le groupe sans violence.
Le problème humain vient de l' émergence d' un cognitif trop important. Cette "raison", n' accepte plus sans raison valable ( même mythique) des comportement qui lui parait peu logique ( ne pas copuler avec la voisine). La survie du groupe est pourtant liée à la perpétuation de ces comportements anciens. La "morale" sera donc une tentative de revisiter ces "rites" et de leur trouver des raisons d' être. C'est bien évidemment un "lieu de pouvoir" et la religiosité va très vite être squattée par la religion .
Le problème actuel est évident: la raison actuelle doute de la Religion et donc ne trouve plus de nécessité à la "morale".
Pour les socialismes comme les capitalismes, ce sont tous deux des modèles identiques : Productivistes. Et comme tel ils utilisent le même outil structurel rationnel. Il n' y a , à mon sens qu'un seul dualisme : productiviste et non productiviste et ces modèles se réfèrent à deux modèles structurels différents. Hypertrophié centralisé ou morcelé auto-organisé.

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Re: L'immoralisme

Message  Prince' le Mer 12 Oct 2016 - 22:56

C'est édifiant quant aux limites de l'ethnologie. Je regrette le départ de Néo' il était bien meilleur que moi sur ce thème.
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Re: L'immoralisme

Message  Malcolm le Jeu 13 Oct 2016 - 11:44

Le problème humain vient de l' émergence d' un cognitif trop important.
Tout est là.
Ce qui rejoint aussi les éléments en lien : http://cafenetphilosophie.centerblog.net/238-9-le-statut-de-la-conscience-selon-nietzsche-cours
Par contre, je ne sais pas si le modalisateur adverbial trop est judicieux : il pourrait être de ... trop ! *Lol* Le fait est que l'Homme en est là, voilà tout.
C'est édifiant quant aux limites de l'ethnologie.
L'Homme en est là d'une fantasmatique énorme, d'un imaginaire énorme, d'une conscience énorme* :
- http://www.scienceshumaines.com/les-pouvoirs-de-l-imaginaire_fr_34817.html
- http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1476-ortega-y-gasset-le-mythe-de-l-homme-derriere-la-technique
Que le générateur de conscience-fantasme-imagine soit physiologique n'a aucune espèce d'importance, dans son genre, puisque, dans son genre, cette génération de conscience-fantasme-imagine, pour fondée en physiologie qu'elle soit, n'origine & organise pas moins une spéciation ... spécifique .... à l'humanitaire (humanitaire, entendu non comme secours, mais comme caractère de l'humanité, de même que l'on dit censitaire, réfractaire, libertaire, originaire).

Or, indéniablement le moral/immoral/amoral per-détermine nos existences. Que l'on veuille s'en débarrasser en l'estimant vieillot, traditionnel/immoderne ou antilibéral de mœurs, ne change rien à l'affaire : il faut lire Ph. Muray, pour réaliser tout le (néo)moralisme des générations X, Y, Z, "que donc nous sommes", dans le cadre d'un certain empirisme politique qui règne. En effet, nous sommes dominés par l'humanitarisme bonbon du sympa/gentil/kikoolol/mignon, dans un espace traversif open space exigé comme tel, par exemples, qui n'en a pas moins ses "envies de pénal" militantistes de "mutins de Panurge" avec ses "matons de Panurge" et ses "rebellocrates subventionnés" (Muray), tous moralisateurs "à balle".

Tout ce qui, si l'on veut, relève de l'habitus bourdieusien et, pour ainsi dire, je ne suis pas loin de penser que la sociologie est une "morologie" - encore qu'elle tienne compte d'éléments extramoraux dans la démarche.
A partir de là, il faut bien réaliser qu'on ne conspue jamais "la morale", de nos jours, que par assimilation "confusionniste" (Muray toujours) avec le légal (voir alors mon propos précédent), de sorte qu'on ne veuille plus supporter la coutume, perçue comme coercitive, dans une adresse à la "densité morale" et la "conscience collective" (E. Durkheim) personnifiée en grand-méchant-dieu-le-père (alors que les chrétiens ne sont pas réputés pour être ... très catholiques ! *Lol* ... en vérité ; et, en vérité, c'est le moralisme contemporain qui est plus royaliste que le roi, et plus catholique que le pape ! *Lol* ).

En somme, à l'ère des masses (Bidiss, Histoire de la pensée européenne 6), à l'ère de la comm', à l'ère des médias, nous sommes en fait assujettis à un moralisme libéral-libertaire post-soixante-huitard s'accommodant très bien du capitalisme ou du socialisme.

Mais enfin, en tant que tout cela se produit-là présentement, que nous manquons de recul pour bien en juger, et que le mondialisme se produit relativement en pagaille internationale, avec des morales concourantes chez les acteurs individuels comme collectifs, tout cela appert ainsi qu'une amoralité monstre, sous-humaine, sous-hominisante, ensauvageante à tous les niveaux (y compris militants, y compris "de la rue", mimétiquement de la délinquance financière off shore et "paradisiaquement" fiscale), alors que le problème est avant tout légal, au plan international - immoral, donc.

Le productivisme n'a rien à voir là-dedans, encore que sa boulimie soit une perversion de cette technologie de l'entreprenariat, que j'appelle volontiers entertainment establish-entrepreneurist, évidemment entretenu pour le pouvoir de quelques grandes familles/groupes transnationaux. Mais ne jamais ignorer non plus ce que j'en dis là, au plan existentiel commun : c'est-à-dire que nous restons dans une société foncièrement démocratique de sens noble (voir Jean Lassalle), par-devers les perversions, pour un peu que l'on se débarbouille le crâne des "médiattitudes" et "collectivitudes" (bref : du (néo)moralisme ambiant). Un libéralisme économique réel (atomistique, transparent sur les marchés, réellement libre de concurrence, etc.) ne donnerait pas ce que nous vivons (monopolistique, opaque de par les flux financiers boursiers & banquiers, faussement libre de concurrence, etc.) => encore qu'on puisse douter de la faisabilité d'un tel libéralisme "pur & sain", en tant que les acteurs déploieront toujours leurs Parts maudites (G. Bataille), personnellement et structurellement, ici comme en anarcho-syndicalisme.

Bref : la dérégulation légale (qui, au vrai, est une rerégulation légale libérale-libertaire), provoque des exigences morales démentielles, quand bien même ces exigences, libérales-libertaires quant à elle aussi, conspuent la morale. Ou bien, inversement, effraient de "retour à l'autorité", quand pourtant ce retour serait nécessaire pour légiférer, donc réguler utilitaristement (efficacement de bien commun). Mais tout cela est extramoral. Hobbes, es-tu là ?


Voir aussi, morologiquement :
- http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1349-zombards
- http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1365-star-wars
- http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1342-la-fantasy

_____________
* Conscience énorme, au point qu'un Crosswind veuille en faire "notre tout". *Lol*
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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Jeu 13 Oct 2016 - 13:30

Malcolm a écrit:
Le problème humain vient de l' émergence d' un cognitif trop important.
Tout est là.

Par contre, je ne sais pas si le modalisateur adverbial trop est judicieux : il pourrait être de ... trop ! *Lol* Le fait est que l'Homme en est là, voilà tout.

........ je ne suis pas loin de penser
Je suis sur que tu peux y arriver si tu laisses un peu de coté la pensée des autres ( mode humour).
Pour le "trop" , j' ai hésité.
Pour moi , cette émergence ou croissance cognitive est une conséquence et non une cause. La cognition existe chez d'autres espèces sociales , mais elle ne s'applique exclusivement que sur l' environnement. Les interactions entre individus n' y sont pas sujet.
C'est l' utilisation de ce cognitif en intra-spécifique pour une autre "raison" , celle d ' induire des cultures alternatives, .... qui a collatéralement boosté ce cognitif et lui a fait dépasser un seuil ou les comportements issus des rites ethologiques ne sont plus admis en tant que tel..., sans explications admise par la raison naissante ( même mythique , l' explication).

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Re: L'immoralisme

Message  Malcolm le Jeu 13 Oct 2016 - 13:38

Tout ce qui confirme mon premier lien.
Mais quid de la morale dans ton post ?
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Re: L'immoralisme

Message  Kercoz le Jeu 13 Oct 2016 - 15:21

Malcolm a écrit:
Mais quid de la morale dans ton post ?

C'est le "trop" de cognitif que tu as relevé que j' ai voulu précisé.
On peut rejoindre la "morale" par le biais de l' excès cognitif . Les "Rites", qui selon moi inhibent l' agressivité et permettent la socialisation, étant contestés par la "raison", cette raison invente des "règles" pour se substituer à cette absence de rigidité comportementale. D'inconsciente elle va devenir consciente ..du moins le tenter.
La "Morale" n'est que le squatt tres tardif de l' obligation de comportements permettant au groupe ou à la culture de survivre.

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Re: L'immoralisme

Message  Malcolm le Jeu 13 Oct 2016 - 19:26

"Survie, survie" ... il n'y en a que pour elle ...
Cf. la Part maudite, de G. Bataille.
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Malcolm
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Re: L'immoralisme

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