Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

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Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Ragnar I le Lun 22 Sep 2014 - 20:10

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Le contrat social, qu'est-ce que c'est, à la lumière de notre connaissance actuelle de l'humain ?

Réponse : C'est un développement certes fort désireux d'une véritable amélioration du monde par la politique, mais d'un développement dont les prémices sont fausses !

Et quelles sont ces prémices ?

Ce sont celles de la métaphysique de la volonté générale.

« Chacun se donnant librement à tous ne se donne à personne, et comme il n'y a pas un associé sur lequel on n'acquière le même droit qu'on lui cède sur soi, on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd et plus de force pour conserver ce qu'on a ».

Cette métaphysique de la volonté générale ne tient compte d'aucune limitation, d'aucune différenciation, d'aucune détermination extérieure au contrat, d'aucun préjugé, d'aucune passion, d'aucune haine, d'aucune envie, d'aucune volonté particulière, d'aucun conflit entre factions !

Le contrat s'appuie sur une simple convention, tous se promettant d'agir en vue du bien commun avant d'agir pour leur bien propre ! On oppose ce qui doit être à ce qui est !

Le contrat social procède du même angélisme que celui de l'Émile, qui explique ce qui doit être en donnant une très belle leçon de formation de l'enfance, mais en oubliant ce qui est, à savoir les cinq enfants de Rousseau jetés à l'orphelinat comme des chiens.

Le livre premier du contrat social est une étrange fiction, un rêve utopique.

Le livre second est plus réaliste en ce sens que Rousseau nous apprend qu'il est impossible de faire des lois plaisant à tout le monde « aussi voit-on peu d'États bien constitués ».

Quelle profondeur ! Quelle intelligence ! Nous n'y aurions jamais pensé !

Le livre troisième est une guerre ouverte à la démocratie. Rousseau y dit clairement tout le mal qu'il pense des régimes parlementaires, c'est-à-dire des démocraties actuelles. Qu'il soit permis d'être du côté de Winston Churchill, qui dit mieux que personne ce qu'est la démocratie, et pas de Rousseau, qui déconne à plein tube, dans cette affaire.

Le livre quatrième, Rousseau revient sur sa métaphysique de la volonté générale. Il y est question d'une véritable profession de foi du citoyen devant s'exprimer dans le cadre d'une véritable religion civile. Et il y est question de fortifier l'État chargé d'obliger le citoyen à aimer religieusement ses devoirs. Une profession de foi, l'une tout intérieure, l'autre décrétée par l'État.  Qui n'en voit pas la contradiction !?

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Princeps le Lun 22 Sep 2014 - 20:22

Rousseau n'a pas fait une virgule de métaphysique.
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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Ragnar I le Lun 22 Sep 2014 - 20:28

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Ah oui ?

Mais alors qu'est-ce que c'est, si ce n'est pas de la métaphysique, la réflexion systématique sur les fondements d'une activité humaine fondée sur le respect de l'intérêt général dont nous parle Rousseau dans le premier livre de son Contrat social ?

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Dernière édition par Ragnar Lothbrok le Lun 22 Sep 2014 - 22:25, édité 1 fois

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Princeps le Lun 22 Sep 2014 - 21:29

Message de la modération
Restons courtois, et sans hors-sujet. Le sujet a son intérêt, profitons-en.
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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Ragnar I le Lun 22 Sep 2014 - 22:29

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Allez, je me censure moi-même ...

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Dernière édition par Ragnar Lothbrok le Lun 22 Sep 2014 - 23:12, édité 1 fois

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Neo' le Lun 22 Sep 2014 - 23:00

Ragnar se plaint auprès de la modération, qu'il lui arrive d'insulter avec toute la régularité cyclique qu'on peut imaginer. Enfin bref.

C'est donc le plus courtoisement du monde que j'invite Ragnar à effacer de son esprit le mot " métaphysique ", il lui est d'une absolue inutilité, voire pire, puisqu'il fait absolument tout ce qu'il faut pour, dans les faits, de façon expérimentale et explicite, en rester le plus éloigné possible. Je lui conseille de s'en tenir à " philosophie ", puisqu'il y tient, mais de ne pas se risquer plus en avant ( Distinction entre ontologie, métaphysique, et autres branches de la philosophie. ).

Pour poursuivre le débat sur Rousseau, voire donc potentiellement les Lumières, rappelons que celles-ci ne disposent d'aucune assise métaphysique.
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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Ragnar I le Mar 23 Sep 2014 - 0:17

Neopilina a écrit:C'est le plus courtoisement du monde que j'invite Ragnar à effacer de son esprit le mot " métaphysique "

Et moi, j'invite le plus courtoisement du monde Neopilina à voir la signification exacte du terme « métaphysique » employé par Ragnar dans son message d'origine.

Cette signification, ce n'est pas celle que Neopilina veut exclusivement associer au terme « métaphysique ».

Pour mémoire, ce terme, « métaphysique », il a TROIS significations.

À Neo de voir que celle qu'il veut absolument retenir n'est pas celle retenue par Ragnar.

J'espère que mon message sera considéré comme courtois et que chacun finira par comprendre ce qui est y indiqué.

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Je peux donner une explication :


Par exemple, de la même manière que Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, eh bien Rousseau faisait de la métaphysique peut-être sans le savoir non plus, puisqu'il a posé dans le premier livre de son Contrat social une réflexion systématique sur les fondements d'une activité humaine fondée sur le respect de l'intérêt général, et qu'il ne s'en est peut-être pas aperçu (cela dit, franchement, j'en doute...).

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Je peux donner une explication un peu plus élaborée :


1 )  Ce n'est pas une métaphysique en tant que recherche rationnelle ayant pour objet la connaissance de l'être absolu, des causes de l'univers et des principes premiers de la connaissance que nous pond Rousseau.
(Première signification du terme « métaphysique ».) (C'est celle que veut penser exclusivement Neo)
Mais nous sommes bien d'accord sur ce point, Neo, nous sommes bien d'accord. Rousseau ne produit pas une telle métaphysique.

2 )  Ce n'est pas non plus une métaphysique en tant qu'abus de réflexion abstraite rendant obscure la pensée que nous pond Rousseau, qui écrit très clairement et qui est plutôt facile à lire.
(Deuxième signification du terme « métaphysique »)
Nous sommes bien d'accord, je pense là aussi. Rousseau se lit sans effort.

3 )  Ce que nous pond Rousseau dans le premier livre de son Contrat social, c'est
UNE RÉFLEXION SYSTÉMATIQUE SUR LES FONDEMENTS D'UNE ACTIVITÉ HUMAINE,
(troisième signification du terme « métaphysique »)
À SAVOIR CELLE RÉGISSANT LES RAPPORTS POSSIBLES ENTRE HUMAINS SE PRÉVALANT DU CONCEPT D'INTÉRÊT GÉNÉRAL
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Ça va ?

C'est courtois ?

C'est clair ?

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Neo' le Mar 23 Sep 2014 - 1:06

Ragnar a écrit:Ce n'est pas une métaphysique en tant que recherche rationnelle ayant pour objet la connaissance de l'être absolu, des causes de l'univers et des principes premiers de la connaissance que nous pond Rousseau.
(Première signification du terme « métaphysique ».) (C'est celle que veut penser exclusivement Neo)".

Je me permets de renvoyer, par exemple, à la section " Aristote " du forum " Digression " où je fais le tri entre les diverses prétentions de la métaphysiques telles que décrites par cette première signification, qui sont effectivement celles d'un Aristote par exemple. La métaphysique s'occupe effectivement entre autres des principes premiers de la connaissance. Quant à l'Être en qu'Être, on s'en remettra bien sûr à l'ontologie. Quant causes de l'univers, on s'en remet aujourd'hui à la science, la physique, la cosmologie, sauf à persister dans la voie théologique, autre débat. Enfin bref, on voit absolument que la partie soulignée par moi de la citation ne vaut pas pour moi. Ma métaphysique, pour ceux qui suivent un peu, est même la première a entériner aussi radicalement que possible le divorce épistémologue entre philosophie et science, divorce non-effectif chez les Grecs, c'est contre les murs de cette situation aporétique qu'ils éprouveront leurs propres limites dans cette discipline. Mais comme dit Nietzsche, les Grecs sont ceux qui dés le début sont allez le plus loin : c'est en Grec que je me suis attaqué au cogito. Et inversement, c'est en cartésien, que je peux venir au secours des Grecs. Je m'égare, pardon.

Ragnar a écrit:Une réflexion systématique sur les fondements d'une activité humaine, ... , à savoir celle régissant les rapports possibles entre humains se prévalant du concept d'intérêt général

Ca peut éventuellement convenir à " philosophie ", pour ceux qui s'en contenteront. Mais pas à la métaphysique : la métaphysique " se fout de l'intérêt général a priori ", je m'explique, puisque toute notion d'intérêt général, entre autres, mais c'est ce qui est dans la citation, requiert justement des fondements métaphysiques.

Donc je répète, Kant qui est métaphysicien, et qui est des Lumières, ne fonde pas métaphysiquement les Lumières, les valeurs qui caractérisent et qu'a véhiculé ce mouvement et qui ont fait l'Occident d'aujourd'hui, et qui aussi péniblement que possible, ce que je concède mille fois, gagne cependant le reste du monde. La Déclaration universelle des Droits de l'Homme, un avatar on ne peut plus avéré des Lumières, aux dernières nouvelles, n'a pas de fondements métaphysiques connus, explicites. Si Ragnar est en mesure de me faire mentir sur ce point, qu'il sache que j'attends ( Et je ne serais sans doute pas le seul. ) avec le plus grand intérêt ses sources et/ou lumières à ce sujet précis.

P.S. Je pouvais bien sûr faire beaucoup plus court pour si peu, mais c'était encourir le courroux de la modération.  Je comprends parfaitement que, par exemple : " Vas jouer avec les gosses de rue " soit modéré. Mr Ragnar se plaint. Il devrait songer que d'autres ont eux aussi des motifs parfaitement valables de se plaindre de Ragnar ( Célèbre amateur d'apéricubes. ).


Dernière édition par Neopilina le Mar 23 Sep 2014 - 12:27, édité 1 fois
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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  LibertéPhilo le Mar 23 Sep 2014 - 9:48

Au contraire, les écrivains des Lumières étaient soit carrément athées, soit anticléricaux et se contentant comme Voltaire, d'un vague théisme (Dieu horloger, le genre de pensée qui ne mange pas de pain). D'après ce que j'ai compris de la seconde préface de Kant à sa Critique de la raison pure, et c'est en général comme cela qu'on l'interprète, il voulait "abolir le savoir (= la métaphysique) pour promouvoir la foi", parce qu'il avait peur des conséquences de l'esprit des Lumières, que dans un premier temps, en jeune homme fougueux, il avait promu lui-même, avant que Rousseau ne lui fasse prendre conscience (il le dit aussi dans la préface) de l'importance de la morale, qui comme on le sait était à cette époque basée sur l'existence de Dieu.

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Neo' le Mar 23 Sep 2014 - 12:49

Philosophos a raison de très bien préciser qu'il se réfère à la préface de la seconde édition de la " Critique de la raison pure ". Les meilleurs lecteurs constateront très vite qu'entre les deux éditions, pour faire court je vais prendre le fameux mot de Nietzsche, " Kant est rentré au bercail ", et pour vraiment comprendre, strico sensu, par le menu, ce qu'il faut entendre par là, voir les analyses exemplaires de Schopenhauer. Dont Nietzsche adopte très souvent la position, métaphysiquement Nietzsche peut très bien être entendu comme un avatar schopenhauérien.
Kant sait que sa critique, la première version, n'a pas les moyens d'induire, de fonder, métaphysiquement quoi que ce soit, une philosophie donc. Autre mot célèbre, " elle est magnifique, mais elle n'a pas de mains " ( En substance, la formule exacte m'échappe. ).
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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  LibertéPhilo le Mar 23 Sep 2014 - 13:21

Neopilina a écrit:Nietzsche adopte très souvent la position de Schopenhauer, métaphysiquement Nietzsche peut très bien être entendu comme un avatar schopenhauérien.
Nietzsche a repris le concept de volonté à Schopenhauer, mais en lui ôtant sa principale caractéristique, qui était d'avoir élevé la volonté, ce concept classique de la philosophie, jusqu'à l'Etre (la raison du V majuscule). On ne sait pas trop ce qu'est la volonté dans la philosophie nietzschéenne ; d'ailleurs, il utilise très peu le mot, et toujours avec un complément, volonté de vérité, volonté de puissance. Il n'était pas à l'aise avec ce concept, dont il ne savait sans doute que faire. Par "volonté", il exprime un mouvement ou un instinct, mot qu'on retrouve plus souvent sous sa plume que celui de "volonté".

Si Nietzsche n'a pas su renouveler le concept schopenhauérien de volonté, il a en revanche été plus à l'aise avec ceux de la représentation et des phénomènes, mais ceux-ci sont d'origine kantienne, bien qu'ils aient été réutilisés par Schopenhauer. C'est de là que viennent toutes les critiques de Nietzsche sur les illusions de la raison (concept de phénomène) et son relativisme (concept de représentation). Kant a détruit la croyance dans la toute-puissance de la raison et sa prétention universaliste. Le premier briseur d'idoles, c'est lui.

Kant sait que sa critique, la première version, n'a pas les moyens d'induire, de fonder, métaphysiquement quoi que ce soit, une philosophie donc.
Si comme il le dit, son but est "d'abolir le savoir", Kant n'avait pas besoin de fonder une nouvelle métaphysique. En détruisant toutes les prétentions de la métaphysique, il ne restait plus que la foi, chrétienne, évidemment, dans l'Allemagne de son époque. Il fallait, pour rester fidèle à l'esprit des Lumières, lui enlever tout caractère de superstition. C'est ce qu'a très bien vu Schopenhauer, et Nietzsche, qui a repris la critique de Schopenhauer : Kant restait prisonnier de l'âme, de l'immortalité et de la liberté, les vieilles illusions judéo-chrétiennes.

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Ragnar I le Mar 23 Sep 2014 - 14:13

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Neo, lorsqu'on maîtrise le français au point de savoir exactement ce qu'on dit lorsqu'on utilise toutes les finesses qu'elle permet par la diversité de son vocabulaire, on sait que le terme « métaphysique » a dans cette langue TROIS significations distinctes.

Manifestement, Neo, et sauf ton respect, non seulement tu ne le sais pas, mais tu ne veux à l'évidence pas le savoir.

C'est ton problème, pas le mien. Si tu veux le régler, la meilleure solution serait à mon avis d'écrire à l'Académie française et aux éditeurs de dictionnaires comme Le Robert et Larousse pour leur demander de modifier les définitions du terme en question selon tes propres recommandations. Fais-le, mais en ayant s'il te plaît la gentillesse de m'oublier, si tu en as la possibilité. Merci ! (Ta métaphysique ne m'intéresse pas. Tes éléates ne m'intéressent pas. Ton Sade ne n'intéresse pas.) (Simple question de goût.) (Rien de personnel donc.)

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En attendant, qu'il me soit permis de redire ici que le Contrat social de Rousseau part d'une métaphysique de l'intérêt général ne tenant compte d'aucune limitation, d'aucune différenciation, d'aucune détermination extérieure au contrat, d'aucun préjugé, d'aucune passion, d'aucune haine, d'aucune envie, d'aucune volonté particulière, d'aucun conflit entre factions, et que cette métaphysique de l'intérêt général constitue par conséquent une grossière erreur, qui, constituant le pivot de tout le reste, ne débouche que sur des principes impossibles à universaliser, car lorsqu'on indique ce qui doit être sans tenir compte de ce qui est, alors on se trompe. Rousseau s'est trompé.

Mais il ne s'est pas trompé que sur sa métaphysique de l'intérêt général, avec son Contrat social.

Il s'est trompé aussi sur sa métaphysique du mal en soi, avec son Discours de l'origine de l'inégalité.

En effet, lorsqu'il dit : « Les hommes sont méchants; une triste et continuelle expérience dispense de la preuve; », il a tort, l'homme est à la fois bon et méchant. Et lorsqu'il poursuit en disant « cependant, l'homme est naturellement bon, je crois l'avoir démontré », non seulement il a tort, mais il n'a rien démontré.

Mais s'il n'a rien démontré, c'est qu'il l'a bien voulu, sinon pourquoi dirait-il dans dès le départ de la démonstration de son Discours « Commençons par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question » ?

Et dans les faits, qu'y a-t-il qu'il a écarté ?

Réponse : Il y a les remarques des philosophes qui ont pensé l'homme avant lui sans se tromper sur la question du bien et du mal, eux, à savoir :

Paul de Tarse : « Je vois le bien, je l'aime, et le mal me séduit. Mon Dieu ! Quelle guerre cruelle, je sens deux hommes en moi. »

Xénophon : « Je me connais maintenant, et j'éprouve sensiblement que j'ai deux âmes. L'une qui me porte au bien, l'autre qui m'entraîne vers le mal. »

Socrate : « La nature a réuni en nous les principes de la sociabilité et de la dissension. »

Augustin d'Hippone : « D'où vient donc que je veux le mal et que je ne veux pas le bien ? Est-ce pour subir de justes châtiments ? Qui a mis en moi, qui a semé en moi ces germes d'amertume, puisque je suis tout entier l'œuvre de mon Dieu très doux ? »

Ajoutons que l'éthologie donne raison à ces penseurs, puisqu'elle nous explique preuve et démonstration à l'appui que l'humain est un singe bipolaire capable du meilleur comme du pire. Et en donnant raison à ces penseurs, la science donne tort à Rousseau.

Pour Rousseau, l'humain est foncièrement bon à son émergence au monde en tant qu'individu isolé. C'est faux, l'humain n'a jamais vécu en tant qu'individu isolé de la société, et il est foncièrement bon et mauvais à la fois depuis la nuit des temps.

Pour Rousseau, l'humain devient mauvais après formation de la société dans laquelle il s'insère un jour, et à cause de cette société. C'est faux, la société émerge avant l'individu et contribue à le rendre bon et mauvais à la fois depuis la nuit des temps.

Chez Rousseau, tout est prétexte à de dangereuses rêveries. Rousseau est demeuré aveugle à la réalité. Son rêve d'innocence et de pureté n'est qu'un miroir aux alouettes.

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Mais Rousseau, qui est au demeurant quelqu'un de très articulé dans son langage et donc pourvu d'une intelligence à ne pas dédaigner, comment se fait-il qu'il en soit arrivé à produire les inepties dont il tapisse toute son œuvre ?

La réponse, c'est Rousseau lui-même qui la donne dans ses Confessions en racontant la bizarrerie de sentiment ressentie après sa première punition, infligée par une femme qui avait autorité sur lui dans son enfance :

Mesurez bien la chose, mes amis. Mesurez-la bien :

« Qui croirait que ce châtiment d'enfant, reçu à huit ans par la main d'une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela dans le sens contraire de ce qui devait s'ensuivre naturellement ? En même temps que mes sens furent allumés, mes désirs prirent si bien le change, que, bornés à ce que j'avais éprouvé, ils ne s'avisèrent point de cherche autre chose. »

TOUT Rousseau est là, expliqué par Rousseau EN PERSONNE.

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Neo' le Mar 23 Sep 2014 - 16:21

Neopilina a écrit:Donc je répète, Kant qui est métaphysicien, et qui est des Lumières, ne fonde pas métaphysiquement les Lumières, les valeurs qui caractérisent et qu'a véhiculé ce mouvement et qui ont fait l'Occident d'aujourd'hui, et qui aussi péniblement que possible, ce que je concède mille fois, gagne cependant le reste du monde. La Déclaration universelle des Droits de l'Homme, un avatar on ne peut plus avéré des Lumières, aux dernières nouvelles, n'a pas de fondements métaphysiques connus, explicites. Si Ragnar est en mesure de me faire mentir sur ce point, qu'il sache que j'attends ( Et je ne serais sans doute pas le seul. ) avec le plus grand intérêt ses sources et/ou lumières à ce sujet précis.

N'attendons pas une réponse qui ne saurait venir. Rousseau était un philosophe pas un métaphysicien ( Ce pourquoi je ne le lis pas. ). C'est de notoriété publique en philosophie. Mais pas pour Ragnar qui invoque en dernière instance ... des dictionnaires. Ragnar tendant la perche, la mise en boite expresse façon Zénon s'impose : mais pourquoi donc y'a t-il encore de la philosophie, des sciences humaines, etc, puisqu'il y a des dictionnaires !? Et faisons comme la caravane, passons : Victor = membre ignoré.

- Rousseau : " L'homme est bon ".
- Sade ( Membre des plus notoires de la branche athée, radicale, matérialiste des Lumières. ) : " Je n'en suis pas si sûr ".
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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

Message  Ragnar I le Mer 24 Sep 2014 - 21:11

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J'aime bien qu'on me parle à la troisième personne du singulier.

Ça me rappelle la notion de respect utilisée en italien pour s'adresser à ceux qu'on aime.

❤  ❤  ❤

Neopilina, que j'aime bien, puisque je m'adresse ici moi aussi à lui à la troisième personne du singulier sur le modèle italien du respect des gens instruits et intelligents, je pense qu'il est malheureusement bloqué dans une signification personnelle de la métaphysique. Je pense par ailleurs qu'il lui sera extrêmement difficile de se défaire de ce blocage, sinon, ça ferait longtemps qu'il y serait parvenu.

:face:  :face:  :face:

Mais comme il ne faut jamais désespérer, je lui répèterai que le sens du terme « métaphysique » employé par son ami Ragnar n'est pas celui que lui, Neopilina utilise pour parler de métaphysique.

S'il n'aime pas les définitions des dictionnaires qui lui permettraient de comprendre les significations fondamentalement différentes du terme « métaphysique »,  alors je lui conseillerais de consulter Witgeinstein au sujet des mots parfaitement identiques, mais dont la signification change en fonction du contexte dans lequel ils sont employés.

Référence 1 :
http://www.liberte-philosophie-forum.com/t280-recherches-philosophiques-ludwig-wittgenstein

« Ce sont les contextes toujours différents qui forcent à simplifier les communications par le mot, qui, toujours, n'a de sens que par rapport à ce qu'il désigne. Le mot commence toujours par servir à parler à son voisin, à communiquer avec l'autre. Il se mue en idée seulement APRÈS. Tout ce que j'ai eu l'heur d'observer dans la vie confirme à mon entendement la valeur de la pensée de Wittgenstein ainsi exprimée sur le mot. »

Référence 2 :
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-Philosophie/Recherches-philosophiques

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Re: Que la Métaphysique de la volonté générale serait fausse

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