Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

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Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Mar 23 Sep 2014 - 14:38

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Pour être bien comprise, la Volonté de Puissance doit être vue comme l'élément d'une trinité comprenant aussi le Surhumain et l'Éternel Retour. Dissocier ces trois éléments, c'est risquer de s'égarer et de ne rien comprendre à Nietzsche. (Voir le Nietzche contre Heidegger de Claude Laruelle, qui l'explique très bien.)

Nietzsche n'accorde de la valeur qu'au premier volet de la pensée de Kant, à savoir la Critique de la raison pure. Il voit qu'avec le reste, Kant est un théologien. Nietzshce prend donc la relève et annonce la mort de Dieu comme une sorte de suite au manque de volonté de Kant à ce sujet, en se moquant d'ailleurs de lui par le jeu de mot anglais « He Can't » (il ne peut pas, il est impuissant).

P.S. : Pourquoi Kant n'annonce-t-il pas la mort de Dieu à laquelle on peut s'attendre après la Critique de la raison pure ? Réponse : parce qu'il ne veut pas faire de peine à sa mère, qui est une bigote.

Vers la fin de son œuvre, après avoir posé son ERMVPS (Éternel-Retour-du-Même/Volonté de puissance/Surhumain), Nietzsche se rend compte qu'il est allé beaucoup plus loin que Shoppenhauer et qu'il a transfiguré le concept de volonté shoppenhauérien. Il le récuse en conséquence en s'en détachant complètement. Ses amis ne comprendront jamais.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Mar 23 Sep 2014 - 16:51

Ragnar Lothbrok a écrit:Pour être bien comprise, la Volonté de Puissance doit être vue comme l'élément d'une trinité comprenant aussi le Surhumain et l'Éternel Retour. Dissocier ces trois éléments, c'est risquer de s'égarer et de ne rien comprendre à Nietzsche. (Voir le Nietzche contre Heidegger de Claude Laruelle, qui l'explique très bien.)
C'est là qu'une analyse philologique de l'oeuvre de Nietzsche serait intéressante, plutôt que ce genre d'exégèses. Le concept de surhumain ne se revoit plus après Zarathoustra, pas plus que l'Eternel Retour, que l'on peut à la rigueur supposer avoir été remplacé par le concept de Dionysos. La Volonté de puissance ne se trouve qu'une fois sous sa plume, dans Par-delà Bien et Mal, et au cours d'une phrase, où la formule est suivie par d'autres qualificatifs, esclavage, domination, etc. Rien qui ressemble à un concept construit et élaboré.

En réalité, il est permis de penser que le succès de cette formule vient de... sa soeur, qui en a abusivement fait le titre d'un faux livre de Nietzsche, formule qui a ensuite été empruntée par les Nazis, et que les successeurs de Nietzsche ont soit édulcoré (à l'extrême gauche), soit encore accentué (à l'extrême droite) et dans un cas comme dans l'autre, popularisé !

Nietzsche n'accorde de la valeur qu'au premier volet de la pensée de Kant, à savoir la Critique de la raison pure. Il voit qu'avec le reste, Kant est un théologien. Nietzsche prend donc la relève et annonce la mort de Dieu comme une sorte de suite au manque de volonté de Kant à ce sujet, en se moquant d'ailleurs de lui par le jeu de mot anglais « He Can't » (il ne peut pas, il est impuissant).
D'abord, Nietzsche n'a jamais lu ni compris Kant. Il ne le connaît que par l'intermédiaire de ce qu'en a dit Schopenhauer (il en est donc totalement tributaire) et peut-être d'un historien de la philosophie, Kuno Fischer. Rappelons que Nietzsche voulait postuler pour la chaire de philosophie de l'Université de Bâle, et y a finalement renoncé, certes en partie parce qu'on ne voulait pas lui accorder une autre faveur après lui avoir donné sa chaire de philologie, mais surtout parce qu'il n'en avait pas les compétences.

Nietzsche n'avait pas besoin de s'en référer à Kant pour constater l'affaiblissement de la croyance en Dieu ! Dans l'aphorisme célèbre du Gai Savoir où on trouve la mort de Dieu, mise théâtralement en scène, il est fait référence non pas à Kant, mais à Copernic : "Que fîmes-nous en détachant la terre de son soleil ?"

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Mar 23 Sep 2014 - 17:43

Philosophos a écrit:D'abord, Nietzsche n'a jamais lu ni compris Kant.

Dis-moi, franchement, honnêtement et sans détour si tu es sérieux ou si tu ne cherches pas en réalité à me faire exploser la rate en me faisant éclater du rire de Coluche et Zarathoustra réunis ?

Parce que je ne sais pas si Nietzsche a lu ou n'a pas lu Kant et je ne sais pas non plus si, au cas où il l'aurait lu, il l'aurait compris ou ne l'aurait pas compris.

Mais ce que je sais, c'est que dans la bibliothèque de Nietzsche, il y avait les livres suivants de Kant :

Der Streit der Fakultäten;

Die Religion innerhalb der Grenzen der blossen Vernunft;

Kritik der praktischen Vernunft;

Kritik der reinen Vernunft;

Kritik der Urteilskraft.


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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Mar 23 Sep 2014 - 18:03

Nietzsche n'avait aucune formation philosophique, il ne pouvait comprendre ni Kant, ni Spinoza, ni Hegel au niveau nécessaire pour les critiquer. Mais il pouvait lire les commentaires de Schopenhauer sur Kant, et s'aider de Kuno Fischer, dont il possédait ce livre : Fischer, Kuno, Geschichte der neuern Philosophie (Heidelberg, 1865). C'est pour cette raison qu'il s'est contenté des quelques pirouettes que tu cites ici ou là, sans jamais critiquer les philosophes sur le fond. Il en aurait été incapable, il a comme je l'ai dit plus haut, dû renoncer à la chaire de philosophie qu'il avait envisagé de briguer. Il cite d'ailleurs Kant par l'intermédiaire de Schopenhauer ou Fischer, des citations de seconde main donc. Pour le détail, se référer aux éditions du Livre de Poche annotées par Marc Sautet, qui a vérifié chaque citation.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Mar 23 Sep 2014 - 18:35

Philosophos a écrit:C'est pour cette raison qu'il s'est contenté des quelques pirouettes que tu cites ici ou là, sans jamais critiquer les philosophes sur le fond. Il en aurait été incapable, il a comme je l'ai dit plus haut, dû renoncer à la chaire de philosophie qu'il avait envisagé de briguer.

Donc en philosophie, le philosophe Nietzsche est un con. :face: Dont acte. :cyclops:

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Regarde-bien ton Janz. Il y est dit en toute lettre que Nietzsche a été refusé par l'institution à la chaire de philosophie dont tu parles. Ce n'est pas lui qui y a renoncé. Détail sans importance, n'est-ce pas ? On juge ainsi que Nietzshce ne vaut rien en philosophie, donc Nietzsche ne vaut rien en philosophie.

Et si en plus, le premier Socrate de café-philo le dit, alors c'est vrai. Un lecteur comme Marc Sautet dit quelque chose qui te convient, ça va. Mais s'il dit comme Laruelle quelque chose qui ne te convient pas, alors ça ne va pas.

C'est la rhétorique habituelle si bien décrite par le camarade Shopenhauer, ça, justement. Et moi, respectant la méthode du camarade Sho-Sho, je te dis que Claude Sautet n'a certainement pas l'envergure de Claude Laruelle.

Humain, trop humain. Moi aussi.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Mar 23 Sep 2014 - 18:40

Message de la modération :
Pense à regrouper tes messages plutôt que de les écrire à la suite.

Philosophos a écrit: D'abord, Nietzsche n'a jamais lu ni compris Kant

Bon, y a quand même un progrès, on dirait.

Tu disais plus haut que Nietzsche n'avait pas lu Kant, comme je le mets en évidence en te citant, mais tu ne le dis plus, je constate maintenant.

Ou alors il faut que tu dises qu'il ne lisait pas les livres qu'il avait dans sa bibliothèque.

Alors, vas-y ! Dis-le ! Ne te dégonfle pas, mon vieux ...

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Mar 23 Sep 2014 - 18:46

Ragnar Lothbrok a écrit:Regarde-bien ton Janz. Il y est dit en toute lettre que Nietzsche a été refusé par l'institution à la chaire de philosophie dont tu parles. Ce n'est pas lui qui y a renoncé. Détail sans importance, n'est-ce pas ? On juge ainsi que Nietzshce ne vaut rien en philosophie, donc Nietzsche ne vaut rien en philosophie.
Non, il dit qu'il a été forcé d'y renoncer, car on lui a fait comprendre qu'il n'aurait pas un deuxième passe-droit. Janz rajoute, ce qui est vrai, que Nietzsche n'avait fait aucune étude de philosophie (il était philologue, ce qui n'est pas du tout la même chose) et qu'il savait ses insuffisances en la matière. Il ne pouvait rien présenter de sérieux dans ce domaine, au contraire de ses thèses de philologie.

Donc en philosophie, le philosophe Nietzsche est un con.
Nietzsche n'était pas philosophe, dans le sens où on l'entend d'abord à l'Université : connaisseur de l'oeuvre des philosophes passés. Il aurait été incapable d'expliquer les thèses de Spinoza, Kant ou Hegel. J'ai même des doutes sur celles de Schopenhauer ! Sans bagage philosophique conséquent, n'ayant pas fait d'études de philosophie, il ne le pouvait tout simplement pas. Il s'en tire avec les commentaires d'autres philosophes, de seconde main donc, et quelques pirouettes. Il suffit de comparer Schopenhauer, l'érudit Schopenhauer, ou Kant, qui connaît par coeur sa scolastique médiévale, pour voir la différence.

Mais cette ignorance n'empêche pas Nietzsche d'avoir été un grand philosophe, car on peut être philosophe sans connaître l'histoire de la philosophie. Sauf que justement, c'est pour moi une incongruité d'aller chercher chez Nietzsche ce qu'on ne peut y trouver, une continuité avec l'oeuvre de ses prédécesseurs. Nietzsche est un autre genre de philosophe.

Un lecteur comme Marc Sautet dit quelque chose qui te convient, ça va.
Je parle de notes de Marc Sautet, qui est allé vérifier textuellement l'origine des citations. Ce ne sont pas des opinions, mais des faits, des textes écrits.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Mer 24 Sep 2014 - 13:46

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Lorsqu'on s'interdit de lire la totalité de Nietzsche et de le ruminer par une lecture réitérée dans sa totalité, lorsqu'on ne sait pas différencier dans les écrits posthumes ce qui se rattache à la pensée nietzschéenne de ce qui ne s'en rattache pas et lorsqu'on s'interdit de lire la totalité de sa correspondance en sachant procéder à la même différenciation, alors, on peu comme n'importe qui extraire n'importe quoi et faire dire à Nietzsche absolument ce qu'on veut.

Claude Laruelle indique bien les 17 façons tout à fait contradictoires de lire Nietzsche en croyant le faire le plus sérieusement du monde, mais en le trahissant chaque fois jusqu'à l'os.

La lecture de Nietzsche, celle que tu indiques en affirmant que Nietzsche n'avait rien compris à la philosophie, elle fait partie des façons de lire faussement Nietzsche. Elle est très bien connue des vrais lecteurs de Nietzsche.

Sur la question de Kant, pour ne parler que de lui, si on ne rumine pas assez Nietzsche, on ne voit par exemple pas l'opposition fondamentale entre Kant et Nietzsche, qui se trouve en toutes lettres dans le fait que Nietzsche a dit qu'il haïssait sa sœur et sa mère (contrairement à Kant, qui, lui, a fondé une bonne partie de sa pensée sur le fait que non seulement il aimait sa famille en général et sa mère en particulier, mais que sa famille et sa mère constituaient une cellule de bigots ayant fortement contribué à la culture et à la pensée de Kant). Nietzsche pose le principe voulant que l'œuvre d'un philosophe, c'est le philosophe lui-même, c'est le philosophe ne parlant que de lui-même en émettant une longue confession sur sa propre vie. Kant est considéré par Nietzsche comme un philosophe tout à fait ordinaire sur ce plan. Il a raison. Les philosophes de la philosophie institutionnelle et traditionnelle ont du mal à avaler cette pilule. Ils ont étudié la philosophie, oui, mais ils sont aveugles aux vérités nietzschéennes ...

Sur la question de Kant, si on ne rumine pas assez Nietzsche, on ne voit pas non plus que les antinomies kantiennes font l'objet d'une perpétuelle destruction par Nietzsche dans les pensées-oxymores qui couvrent la totalité de l'œuvre du sage de Sils-Maria. « Détruire des antinomies, voilà la tâche », dit-il pourtant en toutes lettres. Mais peu nombreux sont les philosophes de la philosophie institutionnelle et traditionnelle qui ont vu la remarque. En conséquence, peu nombreux sont ceux qui en ont compris la signification exacte.

Sur la question de la lecture des philosophes par un Nietzsche qui n'y aurait rien compris ou presque par défaut de formation philosophique, il suffit de procéder à une lecture orientée, sélective, tendancieuse de Nietzsche pour dire non seulement ça de lui, mais de dire absolument tout et n'importe quoi de lui et sur lui. On trouve chez Nietzsche un idiot en philosophie en utilisant exactement la même méthode qu'on trouve chez sa sœur disant au monde que Nietzsche est un antisémite et un précurseur du nazisme.

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Sur ton argument concernant la lecture de Kant par Nietzsche, tu me sembles reconnaître implicitement que tu as tort, et ça me va très bien.

Sur ton argument concernant la compréhension par Nietzsche des philosophes en général et de Kant en particulier, sauf ton respect, tu ne me sembles pas être assez compétent pour en juger, et ça me va très bien aussi. Ce n'est pas une remarque personnelle à ton endroit, je t'assure, c'est un simple constat. C'est quelque chose qui me crève littéralement les yeux chaque fois que ça se présente à moi, ce qui arrive assez souvent pour qu'aujourd'hui je trouve ça tout à fait normal. Rien de plus. Rien de grave, donc.

Il faut dire que la lecture de Nietzsche demande un effort littéralement surhumain  :face:  *Héhéhey*  :shock:

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Mer 24 Sep 2014 - 15:09

Ragnar Lothbrok a écrit:Lorsqu'on s'interdit de lire la totalité de Nietzsche et de le ruminer par une lecture réitérée dans sa totalité
Pour moi, ruminer ne veut pas dire lire et relire, mais au contraire, laisser évoluer en nous la pensée de Nietzsche, loin du livre.

Lorsqu'on ne sait pas différencier dans les écrits posthumes ce qui se rattache à la pensée nietzschéenne de ce qui ne s'en rattache pas et lorsqu'on s'interdit de lire la totalité de sa correspondance en sachant procéder à la même différenciation, alors, on peut comme n'importe qui extraire n'importe quoi et faire dire à Nietzsche absolument ce qu'on veut.
Les profondes contradictions qu'on peut relever entre les différents commentateurs ne tiennent pas aux citations de Nietzsche, mais bel et bien à ses propres textes.

Claude Laruelle indique bien les 17 façons tout à fait contradictoires de lire Nietzsche en croyant le faire le plus sérieusement du monde, mais en le trahissant chaque fois jusqu'à l'os.
Nietzsche est le genre de penseur qui sera toujours trahi par ses lecteurs. Il n'aura jamais de disciple fidèle, il n'en voulait pas de toute façon, et on peut dire qu'il a tout fait pour écarter les importuns, même ceux qui pensent être les seuls à l'avoir compris et déclarent que les autres sont des traîtres.
Nietzsche a écrit:M'a-t-on compris ?... « Décidément non, Monsieur ! »
Voilà résumées toutes les lectures de Nietzsche ! *Lol*

La lecture de Nietzsche, celle que tu indiques en affirmant que Nietzsche n'avait rien compris à la philosophie, elle fait partie des façons de lire faussement Nietzsche. Elle est très bien connue des vrais lecteurs de Nietzsche.
Il n'y a ni vrai ni faux lecteur de Nietzsche. Il y a un philosophe relativiste qui a pris son propre point de vue pour norme, au lieu du vrai, et qui a assumé cette position jusqu'au bout, et un lecteur qui est renvoyé constamment à sa propre personne en le lisant.

L'opposition fondamentale entre Kant et Nietzsche, qui se trouve en toutes lettres dans le fait que Nietzsche a dit qu'il haïssait sa sœur et sa mère (contrairement à Kant, qui, lui, a fondé une bonne partie de sa pensée sur le fait que non seulement il aimait sa famille en général et sa mère en particulier, mais que sa famille et sa mère constituaient une cellule de bigots ayant fortement contribué à la culture et à la pensée de Kant).
En dehors du côté purement anecdotique de cette observation, qui n'a aucune valeur philosophique, pas plus que de savoir que Kant adorait le vin et Nietzsche l'eau claire jette une lumière sur leur philosophie, je te ferai remarquer que Nietzsche est né aussi dans une famille de bigots, et qu'il aimait profondément sa soeur.

Nietzsche pose le principe voulant que l'œuvre d'un philosophe, c'est le philosophe lui-même, c'est le philosophe ne parlant que de lui-même en émettant une longue confession sur sa propre vie.
Ce n'est pas si simple. La confession dont parle Nietzsche, ne porte pas sur le fait qu'il aimait ou pas sa mère, à la Jean-Jacques Rousseau (ça, Nietzsche le méprise), mais sur la hiérarchie des instincts du philosophe qui préside à la constitution de sa morale :
Par-delà Bien et Mal a écrit:Je me suis rendu compte peu à peu de ce que fut jusqu’à présent toute grande philosophie : la confession de son auteur, une sorte de mémoires involontaires et insensibles ; et je me suis aperçu aussi que les intentions morales ou immorales formaient, dans toute philosophie, le véritable germe vital d’où chaque fois la plante entière est éclose.
Texte qui fait écho à celui-ci :
Instinct du troupeau. — Là où nous rencontrons une morale, nous trouvons une appréciation et une hiérarchie des pulsions et des actions humaines.
C'est exactement la même chose, et chez l'individu et dans le groupe.

On trouve chez Nietzsche un idiot en philosophie en utilisant exactement la même méthode qu'on trouve chez sa sœur disant au monde que Nietzsche est un antisémite et un précurseur du nazisme.
Quel rapport entre les deux ? Les Nazis étaient de sombres imbéciles, mais Kant non. Schopenhauer consacre la moitié de son Essai sur le libre-arbitre à décortiquer et relever toutes les approximations de la philosophie morale de Kant. Il ne se contente pas d'une pirouette ou d'un bon mot, qui ne feront jamais office de critique sérieuse en philosophie. Nietzsche cherchait à séduire plus qu'à emporter la conviction. Par là, il se distingue aussi des autres philosophes. Il ressemble plus à un poète. L'adhésion à lui se fait par le coeur, les affinités ne sont pas intellectuelles, mais de tempérament.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Mer 24 Sep 2014 - 19:00

Philosophos a écrit:Pour moi, ruminer ne veut pas dire lire et relire, mais au contraire, laisser évoluer en nous la pensée de Nietzsche, loin du livre.

Pour moi, ruminer Nietzsche, ça veut dire le lire et le relire plusieurs fois dans n'importe quel ordre et en totalité, PUIS laisser évoluer en soi sa pensée.

Quiconque s'est précipité sur Nietzsche en n'en lisant que quelques ouvrages une seule fois et sans jamais se pencher ni sur ses écrits posthumes ni sur sa correspondance, c'est quelqu'un qui ne peut pas savoir de quoi il parle quand il parle de Nietzsche.

Philosophos a écrit:
Nietzsche a écrit:M'a-t-on compris ?... « Décidément non, Monsieur ! »
Voilà résumées toutes les lectures de Nietzsche ! *Lol*
Non, mon vieux, pas toutes ... Mais la tienne, oui, certainement ...

Philosophos a écrit:
La lecture de Nietzsche, celle que tu indiques en affirmant que Nietzsche n'avait rien compris à la philosophie, elle fait partie des façons de lire faussement Nietzsche. Elle est très bien connue des vrais lecteurs de Nietzsche.
Il n'y a ni vrai ni faux lecteur de Nietzsche. Il y a un philosophe relativiste qui a pris son propre point de vue pour norme, au lieu du vrai, et qui a assumé cette position jusqu'au bout, et un lecteur qui est renvoyé constamment à sa propre personne en le lisant.
Si, mon vieux, il y a de vrais lecteurs de Nietzsche, et il y en a de faux.

Les vrais lecteurs de Nietzsche, ce sont ceux qui l'ont lu selon les recommandations-mêmes de Nietzsche lui-même.

Les autres, les faux lecteurs de Nietzsche, ce sont ceux qui, comme par hasard, n'ont jamais entendu parler de ces recommandations et ne l'ont en conséquence par lu dans n'importe quel ordre et en totalité ni ruminé comme il convient.

Philosophos a écrit:
L'opposition fondamentale entre Kant et Nietzsche, qui se trouve en toutes lettres dans le fait que Nietzsche a dit qu'il haïssait sa sœur et sa mère (contrairement à Kant, qui, lui, a fondé une bonne partie de sa pensée sur le fait que non seulement il aimait sa famille en général et sa mère en particulier, mais que sa famille et sa mère constituaient une cellule de bigots ayant fortement contribué à la culture et à la pensée de Kant).
En dehors du côté purement anecdotique de cette observation, qui n'a aucune valeur philosophique, pas plus que de savoir que Kant adorait le vin et Nietzsche l'eau claire jette une lumière sur leur philosophie, je te ferai remarquer que Nietzsche est né aussi dans une famille de bigots, et qu'il aimait profondément sa soeur.


Tu dis que cette observation n'a aucune valeur philosophique, et pourtant c'est dans Ecce Homo que se trouve ce qui suit :

« C’est avec ses parents que l’on a le moins de parenté : ce serait le pire signe de bassesse que de vouloir se sentir ''apparenté'' à ses parents. » « mon objection la plus profonde contre le ''retour éternel'', ma pensée proprement ''abysmale'', c’est toujours ma mère et ma sœur. »

J'en déduis que d'après toi, Ecce Homo, ça n'a aucune valeur philosophique.

Le passage que je viens de te mettre sous les yeux, c'est une anecdote ! Hein ?

Nietzshce a été élevé dans une maison de gigots dont il s'est très vite complètement dégagé, contrairement à Kant, qui n'a jamais cessé d'en subir l'influence, mais ça n'a aucun poids philosophique ! N'est-ce pas ?

Nietzsche est trop peu philosophe pour avoir mis ça dans son Ecce Homo avec pour objectif d'opposer sa philosophie à celle de Kant, dont il nous dit par ailleurs que c'est un théologien ! Pas vrai ?


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Pour le reste de ton message, mis à part quelques détails sans importance, je suis d'accord, dans l'ensemble, donc.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Jeu 25 Sep 2014 - 9:42

Ragnar Lothbrok a écrit:Quiconque s'est précipité sur Nietzsche en n'en lisant que quelques ouvrages une seule fois et sans jamais se pencher ni sur ses écrits posthumes ni sur sa correspondance, c'est quelqu'un qui ne peut pas savoir de quoi il parle quand il parle de Nietzsche.
Les écrits posthumes ne sont que des notes utilisées pour la rédaction de ses livres, notes que Nietzsche a finalement laissées tomber en mettant ses manuscrits au propre (enfin, son secrétaire Peter Gast, Nietzsche, aux trois/quarts aveugle, était incapable de se relire). On ne peut leur attribuer qu'une importance relative. Sa correspondance nous renseigne sur l'élaboration de ses oeuvres, mais surtout sur ses ennuis de santé, ses vadrouilles dans le sud de la France et de l'Italie, et ses bisbilles avec sa mère et sa soeur, jalouses des quelques femmes qu'il a fréquentées.

Les vrais lecteurs de Nietzsche, ce sont ceux qui l'ont lu selon les recommandations-mêmes de Nietzsche lui-même.
Nietzsche n'est pas non plus un Saint qui a écrit une Bible ! Même si parfois, il s'est pris pour un prophète dans sa Correspondance (cf. Janz).

Nietzshce a été élevé dans une maison de gigots dont il s'est très vite complètement dégagé, contrairement à Kant, qui n'a jamais cessé d'en subir l'influence, mais ça n'a aucun poids philosophique ! N'est-ce pas ?
Au contraire, il ne s'en est jamais dégagé ! Non seulement il continue à vouloir le prouver bruyamment dans l'un des deux derniers livres de sa vie, mais en plus, l'un se nomme Ecce homo, l'autre l'Antéchrist. Je veux bien qu'il ait eu un humour allemand un peu lourdingue, que seule sa soeur pouvait trouver génial, mais on peut dire qu'il a fait une fixette sur le christianisme. Les libertins athées n'en avaient rien à cirer de la personne du Christ, et certainement pas pour ambition ultime de le réhabiliter !

Nietzsche est trop peu philosophe pour avoir mis ça dans son Ecce Homo avec pour objectif d'opposer sa philosophie à celle de Kant, dont il nous dit par ailleurs que c'est un théologien ! Pas vrai ?
S'opposer à Kant, ce type qu'il qualifie de "Grand Chinois de Königsberg" ? A Platon oui, je veux bien, il estimait Platon, comme il estimait tous les Grecs depuis ses études à l'école de Pforta, où il les a découverts avec passion.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Ragnar I le Ven 26 Sep 2014 - 14:25

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Pour les écrits posthumes, il ne faut évidemment pas se précipiter là-dedans sans savoir ce que ça représente, à savoir l'enregistrement sur papier de choses qu'il a notées en vrac et qu'il a jugées sur le coup bonnes de servir peut-être de point d'appui à sa pensée ou qu'il a décidé de défendre ou de détruire à sa façon plus tard dans ses publications.

Aujourd'hui, on a l'équivalent avec la bibliothèque de n'importe quel penseur.

Ce n'est pas parce que le « MeinKampf » d'Adolf Hitler se trouve dans la bibliothèque de Camus que celui-ci est un nazi, par exemple, mais si cette bibliothèque comprend le « Qu'est-ce que la propriété » de Proudhon, on peut envisager que Camus trouve dans cet ouvrage quelques éléments de pensée acceptables et justifiables.

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Pour adopter la meilleure méthode de lecture de Nietzsche, on peut évidemment considérer qu'il savait ou qu'il ne savait pas ce qu'il en disait. À la suite de mes trois lectures, j'ai cru comprendre qu'il le savait.

Ma première lecture, je l'ai effectuée très jeune et un peu n'importe comment. Je n'ai pas compris grand-chose à Nietzsche.

La seconde, elle a eu lieu en totalité et dans l'ordre chronologique. Ça a été mieux, mais pas tout à fait satisfaisant. Car sans que je n'ai eu à l'époque le moyen de savoir qu'il manquait à cette lecture la notion de chaos ordonné et la rumination nécessaire, je sentais bien qu'il y manquait encore quelque chose.

La troisième lecture, j'ai décidé de l'effectuer en suivant les conseils de Nietzsche, c'est-à-dire en totalité, dans n'importe quel ordre et en ruminant ensuite assez longtemps ma lecture pour que s'en dégage possiblement quelque chose de nouveau. C'est cette troisième lecture qui m'a donné la nette impression que je m'étais enfin vraiment approché de près de la pensée du bonhomme. C'est cette lecture qui m'a par exemple permis de déceler chez Nietzsche la destruction minutieuse et permanente des antinomies kantiennes, pour ne parler que de ça.

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En ce qui concerne le christianisme, il est vrai que Nietzsche considérait qu'il y avait deux sortes d'athée. Les honnêtes et les malhonnêtes. Et il se classait dans celle des honnêtes, évidemment, c'est-à-dire dans celle qui, pour réfuter Dieu, devait commencer par savoir ce que c'était.

Je pense d'ailleurs que pour s'approcher de la pensée nietzschéenne, tout athée né athée et resté athée en s'imaginant avoir compris la mort de Dieu annoncée par le sage de Sils-Maria doit commencer par s'informer sérieusement sur la religion en général et sur le christianisme en particulier.

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Wikipédia

Message  Malcolm le Mer 11 Mai 2016 - 18:25

Voici un article actuellement en cours de réécriture Wikipédia, produit par mes soins, auquel des non-lecteurs de Nietzsche reprochèrent à peu près tout ce qui est reprochable sur Wikipédia (vous savez, les en-têtes de couleur qu'ils mettent parfois). Peu importe, amor fati, même si je suis déçu (bilan : j'ai subi un refoulement, où je ne sais pas par quel idéalisme encore - enthousiasime en réalité, imprudence avec les Hommes, - je m'imaginais que l'encyclopédie libre était libre d'esprit, alors qu'elle a ses sbires d'humeurs passables ; alors pourtant que l'article actuel laisse à désirer, et appelait à un recyclage avant qu'on ne le réactualise). Bref : des branques, quand bien même on peut à juste titre critiquer le mésencyclopédisme de ma littérature et de mes quelques sources. Passons, et lisez plutôt.


VOLONTÉ DE PUISSANCE

La volonté de puissance est un thème nietzschéen, avant que d'être un concept, par quoi on l'envisagera mieux en songeant qu'il s'agit d'une notion - ainsi que tous les thèmes nietzschéens, d'ailleurs (Patrick Wotling). Tout ce qui pousse encore Dorian Astor, à systématiser dynamiquement le nietzschéisme (s'il en est un). A partir là, il faut comprendre que volonté de puissance ne signifie pas ce que ça désigne lexicologiquement, à savoir une sommaire - voire bête et méchante - velléité de pouvoir.
La volonté nietzschéenne, dans l'héritage schopenhauerien, elle correspond plus sûrement à l'arkhè universelle (impersonnelle, transpersonnelle comme personnelle) dont l'univers procède - selon l'esprit de méthode du §36 de Par-delà bien et mal. Elle n'est donc pas une volonté classique par laquelle on se décide, mais une volonté néoclassique qui agit l'univers, et qui nous agit subséquemment (acausalement et achroniquement).
Quant à la puissance nietzschéenne, dans l'héritage aristotélicien (Aristote, que ne critiqua jamais directement Nietzsche), elle correspond plus sûrement à une potentialité universelle, de mêmes traits que la volonté nietzschéenne dont l'univers procède inhéremment de ce qu'il faut alors que tout se pourvoie. D'où suit que, dans ces pourvoyances cosmologiques, advienne une thelemachia (lutte des ramifications fractales hiérarchiques et orageuses polémiques), par quoi la cosmologie perd de son évidence logique, donc intelligible : règne d'un chaos hasardeux, (cf. l'Anti-Nature, de Clément Rosset) configurant toutefois nesciemment des régularités, que l'Homme finit (anthropomorphiquement) par nommer lois naturelles ou scientifiques, dans son département universel (le "coin" d'univers qui lui advint en partage, décrit dans Vérité et mensonge ...).
Reste que, l'univers nietzschéen étant éternel, mais disposant d'un quantum défini de forces - ou volonté de puissance (selon les fragments posthumes), - cet esprit de méthode doit conclure à la certitude de l'éternel retour à l'identique des configurations, dans une Grande Année universelle - si vaste que nous n'y aurions évidemment pas accès. Et ceci, sur la base intuitive des premières études indianistes du XIXème siècle, auxquelles Nietzsche eut accès.
En somme, la volonté de puissance est telle un fleuve inexorable, dont chaque chose serait un courant, un tourbillon et un canal (héritage héraclitéen).

  • Reste enfin que, marginalement, la Volonté de puissance désigne un projet de Nietzsche, abandonné vers la fin de l'année 1888, soit peu avant sa tragique démence.

Sommaire


Die Wille zur Macht traduite

Ce n'est pas une surprise, Friedrich W. Nietzsche écrivait massivement en allemand ; ceci bien que, philologue de formation, il connût le grec ancien, le latin, le français et l'italien notamment. Aussi bien, lorsque l'on se penche sur une traduction avec Nietzsche, il faut toujours avoir en tête les §§27-28 de Par-delà bien et mal, d'autant plus que Nietzsche propose - selon ses termes - un nouveau langage qu'il exemplifiera avec Ainsi parlait Zarathoustra, et qui nous fit dire que la volonté de puissance tenait plus du thème ou de la notion (plurivoques/équivoques), que du concept (normalement biunivoque) : il n'y a pas de normalité avec Nietzsche, sinon celle, dynamique, du "fleuve inexorable" de la volonté de puissance.

Sur le Wiktionnaire

On a, pour Wille zur (contraction de zu der) Macht :
Wille masculin - 1. Gré, volonté.
zu \t͡suː\ (Suivi du datif) - 1. À, chez. Ich gehe zum Friseur. Je vais chez le coiffeur. - 2. Particule utilisée pour former certaines propositions subordonnées. Um besser zu sehen. Pour mieux voir. - 3. Pour, devant un verbe à l’infinitif employé seul ; cet infinitif se substantise (son genre est toujours le neutre) et prend une majuscule. - Zum Essen. Pour manger.
der - 1. Article défini introduisant un nom masculin au nominatif singulier. Der Zug kommt. Le train arrive. Das ist der Klaus. C’est Klaus (en allemand, on met souvent un article devant les prénoms). - 2. Article défini introduisant un nom féminin au génitif singulier. Am Ende der Woche à la fin de la semaine. - 3. Article défini introduisant un nom féminin au datif singulier. Im Urlaub war ich an der See. Pendant les vacances, j’étais à la mer. - 4. Article défini introduisant un nom au génitif pluriel (qu’il soit masculin, féminin ou neutre). Paß nicht auf, das ist das Haus der Kinder hier. Ne fais pas attention, c’est la maison des enfants ici.
Macht \maxt\ féminin - 1. Puissance, force. Möge die Macht mit dir sein. Que la Force soit avec toi.1

Analyse lexicale conséquente

Le terme Wille est assez bien traduit par volonté, encore que la nuance de gré induise une tendance, au sens intensif de tendre vers. Il y a là une dépersonnalisation de la volonté, qui la renvoie aussi au non-intentionnel décrit par Nietzsche, en plus de l'intentionnel (à l'inconscient ou au subconscient, ou à l'infraconscient d'une psychologie des profondeurs - selon la Pensée du sous-sol, de Patrick Wotling).
Ensuite, le zu devient problématique (étant évident que les items 2 et 3 sont exclues), et l'on voit bien que de est un raccourci francophone. Ainsi l'a-t-on traduit par vers parfois, puisqu'en allemand on dit ich gehe zu Hause (je vais à/en direction de la maison). Mais on ne vois pas pourquoi il faudrait que l'on mette vers là où à et chez sont proposés (par-devers le souhait de rendre l'intensif du tendre à de Wille, qui fait parfois traduire volonté vers la puissance).
Alors, le der, en tant que Macht est un féminin, est à entendre au sens 3, puisque zu est une préposition de même que an dans l'exemple donné par le Wiktionnaire. Or, le datif allemand correspond à la déclinaison pour nos compléments d'objets indirects (introduits par la préposition à : à qui, à quoi) et signale le don, de donner, de do, dat, dare en latin.
Enfin, le Macht est ici clairement distingué du pouvoir, qui n'est pas la puissance, quand bien même il en dépendrait. Alors comprenons bien que l'allemand a trois verbes distincts : machen, können et tun. Le tun et le machen correspondent à quelque chose comme nos faire, fabriquer, mais c'est machen qui a le plus de nuance de fabriquer. Le können, lui, désigne pouvoir. Bref : le Macht correspond clairement et nettement à une capacitation, une vertu au sens de propriété scientifique - or, c'est dans ce sens que Nietzsche valorise le terme de vertu, - d'où suit que Nietzsche exalte la virtu de la Renaissance trouvable chez un Machiavel par exemple, mais aussi chez les Anciens, qui correspond à la fortitudo, vertu de force et de bravoure par la fortuna. En somme, le Macht désigne une encapacitation spontanément dynamique, dans l'ordre d'une pourvoyance universelle qui doit croître pour être, c'est-à-dire devenir toujours pour rester encore (en quoi la volonté de puissance n'a rien de la volonté schopenhaueurienne, simple vouloir-vivre, ni du conatus spinozien de même, persévérance dans l'être) de sorte que la volonté de puissance veut l'éternité, selon le Chant d'ivresse de Zarathoustra.
De là, vient que traduire Wille zur Macht par volonté de puissance est une imperfection dont on s'accoutuma dans l'Histoire contemporaine francophone, prêtant à confusions. Et en résumé, tout, tous et chacun, par nature, nous serions dotés (datif) de vertus (naturelles par définition, de propriétés) qui sont voulues (notez la tournure passive) par l'impersonnalité et l'impassibilité du fatum qui nous comprend tous hiérarchiquement et polémiquement, et qui est bien volonté (parfois traduit par vouloir, au sens où le mode infinitif du verbe nous rend au plan impersonnel-impassible de l'événement pur, cognitivement).

Volonté de puissance et éternel retour à l'identique

Tel que dit en introduction, « l'univers nietzschéen étant éternel, mais disposant d'un quantum défini de forces (ou volonté de puissance, selon les fragments posthumes), cet esprit de méthode doit conclure à la certitude de l'éternel retour à l'identique des configurations, dans une Grande Année universelle - si vaste que nous n'y aurions évidemment pas accès. Et ceci, sur la base intuitive des premières études indianistes du XIXème siècle, auxquelles Nietzsche eut accès. » Mais on ne saurait taxer le nietzschéisme ni de new age (encore que les Dithyrambes de Dionysos s'adonnent allègrement à un genre d'énergétisme), ni d'orientalisme (encore que Nietzsche apprécia le traitement oriental des femmes, et trouvait exemplaires les lois de Manou, dans Par-delà bien et mal et l'Antéchrist), ni de scientisme d'ailleurs (quand bien même il valorisa les sciences en radicalisant les Lumières, dans Humain, trop humain).
En tant qu'expérience de pensée corroborée & fondée par les sciences & spiritualités, l'éternel retour à l'identique est tout à la fois la conséquence métadynamique de la volonté de puissance universelle et l'épreuve initiatiquement philosophique, mystérique (cf. le §30 de Par-delà bien et mal), par laquelle la volonté de puissance d'un Homme est confrontée à sa plus grande difficulté existentielle, telle que mise en scène dans la Vision et l'Enigme de Zarathoustra, mais encore le Convalescent - où Zarathoustra appert ainsi qu'un homme supérieurement supérieur, rapport aux hommes supérieurs du livre quatrième.
Bref : parvenir à supporter expérienciellement l'éternel retour à l'identique, de façon somatique, non seulement théorique, c'est la preuve nietzschéenne par laquelle on est en bonne voie d'avènement du surhumain.

Volonté de puissance et surhumain

Le surhumain annoncé dans le Prologue, de l'aveu même de Zarathoustra dans les Poètes auxquelles il s'associe - quand bien même prophète aussi de son aveu, dans le Cri de détresse, - correspond à une figure de style zarathoustrienne. Aussi bien, et dans l'optique para-darwinienne de Nietzsche, évolutionniste pourtant, le surhumain correspond de facto à l'évolution psychophysique millénaire science-fictionnelle de l'Homme à venir. Cela s'entend bien, de ce que Nietzsche fait référence au singe dans le Prologue, où l'Homme alors est un sur-singe, ou sur-animal, risquant toujours la réanimalisation sous-hominique en dernière humanité, décriée aussi dans ce Prologue. De sorte que quoi.
De sorte que le surhumain de Nietzsche, se présente ainsi qu'une démarche vers le surhumain, espèce de "surhumanisme" posthumaniste, n'ayant rien à voir avec le transhumanisme toutefois, pour ce qu'il s'agit d'une évolution vitale (Nietzsche n'a que faire de la technique et a fortiori de la technologie, dans toute son œuvre, quand bien même traitant d'épistémologie morale, religieuse, scientifique & artistique). Aussi le posthumanisme transhumaniste ferait-il conclure à Nietzsche, à la faiblesse d'une volonté de puissance tendant à se pourvoir matériellement dans l'existence, dans une morale d'esclaves, opérant via les recherches du grand nombre - quand bien même il est un désir d'éternité là-dedans, et quand bien même quelconque surhumain, immoraliste, ne saurait se passer de prothèses technologiques, anthropologiquement, ainsi que toute humanité est pourvue artificiellement (cf. l'Origine de la tragédie).
Aussi bien, un "surhumaniste" tel que Zarathoustra procède d'une morale des maîtres, n'a aucune mauvaise conscience a vouloir la puissance, innocemment dans le devenir universel, précisément de ce que cette volonté est classiquement involontaire. Au contraire, il ne s'agit pas non plus de s'en repaître en toute bonne conscience (mentalité de dernier homme), mais d'y apposer un grand style, parce que de grande santé déculpabilisée - tout ce qui rejoint l'incompréhension de la volonté de puissance comme velléité de pouvoir, quand bien même la volonté de puissance chercher à se pourvoir, et donc à accroître ses potentialités existentielles (y compris en velléités de pouvoir, donc).
Ce fut notamment l'erreur - pour ne pas dire la démence - nazie (quand bien même la volonté de puissance a trait à la force). Réciproquement, l'erreur dandy, décadentiste, fut de n'en faire qu'une notion esthétique (quand bien même la volonté de puissance assimile l'éthique & l'esthétique, dans le grand style - erreur de Michel Onfray et sa Sculpture de soi, aussi) : on oublie la grande santé - de même, d'ailleurs, que la grande politique. Ne jamais oublier que le corps nietzschéen, est tréfondamentalement cosmodynamique par la volonté de puissance (le Soi zarathoustrien).

Volonté de puissance et morale

La morale, pour Nietzsche, elle correspond globalement à cette falsification de l'aperception/apprésentation de l'univers, anthropocentrique. A savoir que les Hommes, fatalement doués de mœurs en ce qu'ils procèdent de cultures, interprètent l'univers dans l'ordre de leurs volontés de puissance respectives, personnelles ou groupales, participant d'ailleurs de leurs dynamiques de groupes et, pris individuellement, de leur psychologie. Mais Nietzsche prétend qu'il n'y eut pas de véritable psychologue avant lui dans Par-delà bien et mal, et Patrick Wotling ajoute dans sa Pensée du sous-sol, qu'il n'y en eut pas d'autre comme lui ensuite, c'est-à-dire de psychologue immoraliste : car il faut lire le texte universel avec philologie (formation et premier métier de Nietzsche).
L'immoralisme nietzschéen, il vient & tient de la notion de volonté de puissance. En effet, comme la volonté de puissance est un principe cosmodynamique, elle n'est jamais que neutralement descriptive. Aussi, les mœurs & morales idoines, procédant fatalement de la volonté de puissance, sont proprement des volontés de puissance personnelles et groupales sur l'univers - de la volonté de puissance sur la volonté de puissance, - et volontés de puissance interprétatives - la volonté de puissance équivalent à l'interprétation, selon Wotling toujours, - qui se traduiront concrètement ès idéologies, prosélytismes, électoralismes, populismes, mais aussi ès conversations, débats, relations interpersonnelles & intergroupales, mais encore dans l'appropriation culturelle de l'univers par une personne ou un groupe donné (dont la technologie) - voir Nietzsche, la Détresse du présent, de Dorian Astor. En effet, Nietzsche est un précurseur de l'anthropologie historique & culturelle, ainsi qu'il appert dans les paragraphes §§23, 174 et 175 d'Humain, trop humain II, §§7 et 23 du Gai savoir, les chapitres Mille et un buts et des Tables anciennes et nouvelles d'Ainsi parlait Zarathoustra, et §§34, 186 et 224 de Par-delà bien et mal, notamment à travers les notions de sens historique, d'histoire des sentiments moraux, de moralité des mœurs, de valeurs et d'évaluation - autant de phénomènes interprétatifs, procédant de la volonté de puissance, notamment exemplifiés dans la Généalogie de la morale.

Morale des maîtres, morale des esclaves

A partir de ses recoupements anthropologiques historiques & culturelles, Nietzsche propose notamment le §260 de Par-delà bien et mal, qui se présente comme une synthèse, où les morales universelles se distingueraient axiologiquement entre deux pôles extrêmes, pôles de la morale des maîtres et de la morale des esclaves. Mais attention : le maître nietzschéen, c'est l'Homme de grande santé, de grand style et de grande politique, "surhumaniste", genre d'enfant - sinon de lion - métamorphique, voire enfant aimé & espéré de Zarathoustra.
Généalogiquement, il s'agit de l'âme forte, sauvage, aux instincts libres (étymon indo-européen *leud, assemblée des hommes libres,homme provient de wiros, le guerrier), suite à quoi l'aristocrate du chapitre 9 de Par-delà bien et mal ainsi que la nouvelle noblesse zarathoustrienne, ne sont certes pas de simples courtisans, et peuvent exister indépendamment de tout régime aristocratique. Le maître nietzschéen correspond tréfondamentalement à un type d'Hommes, par quoi il échappe à la dialectique hegelienne du maître et de l'esclave, dont les notions de maître et d'esclave ont une nature sociologique : si elles peuvent en avoir chez Nietzsche, elles n'en ont pas nécessairement, et son maître peut occuper la place d'esclave hegelien, tandis que le maître hegelien peut être nietzschéennement esclave. "La dynamique nietzschéenne du maître et de l'esclave", elle est ontogénétique.
Aussi bien, l'esclave nietzschéen a-t-il l'âme faible, policée, aux instincts bridés. Tout ce que Zarathoustra nomme « les gens bien, bons et justes » autoproclamés, qui craignent tréfondamentalement de s'affranchir du troupeau humain, par instinct grégaire et comportement grégaire, ou grégarisme. En quoi ils ne pouvaient pas comprendre les premières paroles publiques zarathoustriennes du Prologue, et en quoi ils tombent généralement sous le coup des premier et deuxième livres, ainsi que de quelques autres chapitres ensuite, tels que la Vertu qui rapetisse.
C'est que les esclaves nietzschéens ont une volonté de puissance faible et le pressentent, pour quoi ils se rassemblent et s'unissent - quand bien même hypocrites & cruels entre eux, - pour d'abord et avant tout soutenir leur effort existentiel, par lequel ils écraseront les maîtres sous le poids de leur nombre & moralisations idoines ; mais c'est meurtir le maître, misarchiquement (néologisme nietzschéen sous la plume de Wotling, soit : la haine de la puissance), par ressentiment, esprits de vengeance et de pesanteur. D'où suit que le psychologue-Nietzsche est éploré par sa vision de l'Histoire des hommes supérieurs, dans Par-delà bien et mal, car seuls ces hommes, potentiellement maîtres, ont ce qu'il faut pour supporter l'éternel retour et conduire au surhumain.

Volonté de puissance et connaissance

Surdéterminant l'univers, la volonté de puissance surdétermine même la connaissance. Si l'Homme désire connaître, c'est tréfondamentalement pour se pourvoir dans l'existence et, à tout le moins, rendre praticable - serait-ce intellectuellement - le monde dans lequel il vit fatalement. Aussi le philosophe correspond-il à l'extrême dynamique du désir de connaissance, passion pour la connaissance analysée notamment dans la première partie de Par-delà bien et mal, des Préjugés des philosophes.
Or, sur le modèle des deux morales, et pour autant que l'Homme qui philosophe veut se rendre philosophiquement maître de l'univers, il est « des gens bien, bons et justes » de la connaissance, décrits par Zarathoustra dans de l'Immaculée connaissance et des Savants, par quoi Zarathoustra - auquel Nietzsche s'identifie, de son aveu express dans Ecce homo - s'allie volontiers à la sagesse populaire, notamment dans de la Rédemption.
Au reste, le désir de connaissance n'est jamais qu'un cas particulier de l'interprétation de l'univers, échelonné dans une hiérarchie où le philosophe de l'avenir (l'esprit libre) est au sommet, d'après le §44 de Par-delà bien et mal.

Volonté de puissance et tragique

Le registre tragique, chez Nietzsche, il correspond proprement au registre de sa sagesse par la volonté de puissance, sagesse tragique par laquelle pourtant ledit "surhumanisme" laisse entendre une épopée souterraine, ainsi que dans toute tragédie antique. Il n'en reste pas moins que la volonté de puissance éprend fatalement l'univers, notre département dans l'univers, nos groupements & nos personnes dans ce département ; car, en tant qu'elle conduit à l'éternel retour à l'identique, tout a été joué, est joué et sera joué, dans l'innocence du devenir. Ce qui amène Patrick Wotling à proposer cette maxime, pour l'éthique nietzschéenne : « Mène ton existence de telle sorte que tu puisses en vouloir le rejeu éternel, identiquement. » - tout ce qui ouvre la voie au surhumain.
C'est tragique, parce qu'on n'en sort pas, et c'est épique, parce qu'on endosse joyeusement cette Grande Responsabilité, métamorphiquement enfantin pourtant, par l'esprit de légèreté défait de ressentiment encontre le monde (valeur zarathoustrienne de la danse) : amor fati, grand acquiescement à ce qui est, quand bien même l'innocence du devenir ne présuppose pas son décours de tout repos, exempt de violences et de rétorsions. C'est le privilège des maîtres, ou des forts, que de lui donner leur assentiment, eux qui maîtrisent leur force et agissent véridiquement (les faibles les piégeant ainsi, violemment et retorsement).
Les esclaves, ou les faibles, quant à eux, non contents de se tenir chaud grégairement, vont encore développer un ressentiment sans objet que le sort - partiellement projeté sur les forts, - et vont soit condamner pessimistement l'existence, soit l'exciter optimistement. Dans les deux cas, il s'agit d'un nihilisme passif, mais le premier nihilisme s'exprime de façon judéo-chrétienne par exemple, ou morale généralement, tandis que le second s'exprime de façon humanitaire, ou progressiste. En effet, Nietzsche récuse le démocratisme, le socialisme, l'anarchisme, le libertarisme, autant que le libéralisme, le capitalisme et la société bourgeoise, pour ce qu'ils sont dans ce type de dynamiques morbides, encontre toute tragédie. Ces idéologies & régimes moralisent pourtant à leur façon séculière, laïque, semblerait-il postchrétiennes, quand ils ne font que continuer le nihilisme chrétien sous d'autres formes éthiques - mais l'éthologie est la même : leur volonté de puissance est faible, et seul l'aristocratisme est fort, dans une aristocratie instinctive toutefois (où l'instinct n'est qu'un autre nom pour la volonté de puissance, de même qu'affect, pulsion, etc. selon Patrick Wotling). Or, cet instinctivisme autorise Dorian Astor à songer (dans Nietzsche, la détresse du présent), que la démocrate contemporaine peut "s'aristocratiser collectivement" en ce sens - sinon qu'il faudrait alors une congénitalité eugénique, nietzschéennement, afin de partager le même type d'humanité aristocratique ...
Bref, la tragédie des forts n'est pas le drame des faibles, et meurtrit le faible quand elle exalte le fort. Fort qui, quant à lui, est dans un nihilisme actif, par lequel il surmonte le nihilisme-même en suscitant de nouvelles valeurs, par son Soi cosmodynamique.

Volonté de puissance et dionysisme

Puisque Nietzsche fait de Dionysos son maître, dans l'avant-dernier paragraphe de Par-delà bien et mal, il faut supposer que Dionysos personnifie la volonté de puissance, soit l'univers, sur le modèle dynamique de la Victoire sur soi-même zarathoustrien - indépassable en tant qu'univers, et tragiquement indépassable, dans sa « lutte des ramifications fractales hiérarchiques et orageuses polémiques » introductivement citée. Aussi bien, sur la base de l'Origine de la tragédie, on peut dire que le grand style et la grande politique, dans une grande santé dionysiaque, dessinent les formes apolliniennes qu'il faut à la personne et au groupe, pour vivre la tragédie universelle de la volonté de puissance ainsi que les Grecs anciens, « superficiels, par profondeur » (préface du Gai savoir) - et tragédie sans auteur, selon le §34 de Par-delà bien et mal, très proche du §36 introductivement cité, d'ailleurs.
Bref, le dionysisme nietzschéen correspond à la religiosité impie de l'Homme à la sagesse tragique, supportant expérienciellement l'éternel retour à l'identique, de par la volonté de puissance universelle au devenir innocent, dans une évolution vers le surhumain, quelle qu'en soit les mœurs & morales idoines ou bien les connaissances, pourvu qu'on ne cherche pas à se voiler la face (ce qui serait perdre le tragique), pourvu d'un sens de la terre immoraliste.
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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Marat le Ven 13 Mai 2016 - 12:17

Céline Denat travaille avec Patrick Wotling, spécialiste de Nietzsche en France, notamment sur le Dictionnaire Nietzsche :


Avec cette nuance personnelle, que Céline Denat découple l'autorité de la puissance, en l'associant au pouvoir seul, comme s'il n'y avait pas de dialectique de la puissance et du pouvoir, un peu idéalistement à mon goût.
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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Jeu 26 Mai 2016 - 11:18

Tu as modifié la page Wikipédia ?

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Malcolm le Ven 27 Mai 2016 - 1:43

Oui, c'est vérifiable dans l'historique de la page.


Dernière édition par Malcolm le Mar 4 Oct 2016 - 21:53, édité 1 fois
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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Philosophos le Ven 27 Mai 2016 - 10:07

Tiens, c'est toi qui a écrit l'article sur le Gai Savoir ? Il n'est pas fait mention de l'aphorisme célèbre sur la mort de Dieu ! Egalement, le lien polémique évident avec Parsifal de Wagner et la lecture de Stendhal.

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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

Message  Malcolm le Ven 28 Oct 2016 - 13:55

Je l'ai créé en 2005 et ne m'y suis plus penché (il a été développé par d'autres depuis) : tes remarques sont pertinentes.

***

Pour aller au-delà, tiré de ...
Vus tous les malentendus & quiproquos sur la volonté-de-puissance, je préfère redire que c'est :
* un gré à s'encapaciter ;
* une motion par laquelle on se potentialise ;
* un process par lequel tout évolue dynamiquement ;
* une tendance à se pourvoir au-delà ;
* un désir d'auto-surmontement ;
* Etc. dans la veine.
... qui certes peut bien passer par du groupal/matériel/militaire/politique, aussi ! sinon que les lâches ne passent que par là, et les forts ont un courage tréfondamental, qui certes n'est pas une méthode Coué, mais une exaltation inaliénable, quand bien même affligée parfois !

***

Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1516-l-affect-comme-seul-mode-du-connaitre
Et, qui en est issu :
** Par quoi [Affect scepticien] on comprend assez bien pourquoi Nietzsche ne reconnaît antiquement de pleine valeur qu'au scepticisme, en en faisant la condition sine qua non de l'Humanité supérieure : le scepticien ne juge pas, et a fortiori moralement, afin de douceur, éminente qualité nietzschéenne par-devers sa sauvagerie philosophique. Cette sauvagerie-même, est fruit scepticien, de par l'aléa Affectif, dont Nietzsche fait une surdétermination de la volonté de puissance qui s'entre-affecte, tout en disant ne pas avoir confiance dans les systèmes, pour se fier à son propre système, à savoir : l'hypothèse - et l'hypothèse seulement - de la volonté de puissance.
Au fond, je ne suis pas loin de penser que Nietzsche est la tentative saine et salutaire de réactualiser le scepticisme pour nos jours, dominés par le dogmatisme et l'académisme jusqu'au fanatisme, sans parler desfascismes, ni tout simplement du rationalisme moderne (bureaucratique, scientifique, idéologique, etc.).
De là, on mesure à quel point la volonté de puissance est éloignée d'un nazisme, par exemple.
Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1498-d-ou-parle-heidegger#28589

Et, si seulement "Nietzsche était antisémite" (ce que j'admets scepticiennement tout en en doutant, à le lire) - http://www.liberte-philosophie-forum.com/t256-pourquoi-nietzsche-etait-antisemite - il ne l'était jamais que sur un mode critique immoraliste. A la limite, il était antijudaïste, ce qui n'est probablement pas la même chose, quand bien même de véritables antisémites à la con, voudraient se réfugier sous ce vocable, à la manière de la judéophobie soralienne - http://www.liberte-philosophie-forum.com/t139-le-phenomene-alain-soral - débilitoirement. Cet antijudaïsme dont je parle - qui est tout autant antichristianisme, etc. : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1257-judeite-chretiente-islamite-psychogenese - et que je partage scepticiennement (en tant que le judaïsme est un dogmatisme et un académisme), ne s'en prend donc jamais qu'au "ressentimentalisme" inhérent à tout dogmatisme/académisme, sous l'angle nietzschéen (aussi pour moi, affubler Nietzsche d'antisémitisme comme Philo le fait, ressort de la démarche d'E. Faye face à Arendt ou Heidegger - http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1506-arendt-heidegger-face-a-e-faye ).

Voir aussi cet élément, sur lequel Nietzsche eût été le dernier à cracher : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1520-l-invention-du-peuple-juif#28648 - distinguant clairement son antijudaïsme moral (judéo-chrétien) du judaïsme sociohistorique.
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Re: Le concept de "Volonté de puissance" dans l'oeuvre de Nietzsche

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