Schopenhauer et la vie en société

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Schopenhauer et la vie en société

Message  LibertéPhilo le Dim 28 Sep 2014 - 18:50

Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851) a écrit:Et tout d'abord toute société exige nécessairement un accommodement réciproque, une volonté d'harmonie : aussi, plus elle est nombreuse, plus elle devient fade. On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul. Toute société a pour compagne inséparable la contrainte et réclame des sacrifices qui coûtent d'autant plus cher que la propre individualité est plus marquante. Par conséquent, chacun fuira, supportera ou chérira la solitude en proportion exacte de la valeur de son propre moi. Car c'est là que le mesquin sent toute sa mesquinerie et le grand esprit toute sa grandeur ; bref, chacun s'y pèse à sa vraie valeur.
Schopenhauer oppose ici l'individu pauvre en esprit, à la vie intérieure quasi inexistante, à l'individu riche de son intelligence, dont la vie intérieure est profonde et variée. Cet individu n'a pas grand chose à faire de la vie en société, pis, elle lui semble inopportune, en ce qu'elle le détourne de poursuivre ses pensées. On retrouve ici le thème cher à Pascal du divertissement, auquel Schopenhauer semble avoir trouvé une solution dans la vie de l'esprit, lui qui, contrairement à Pascal, ne croyait pas en Dieu.

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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Princeps le Dim 28 Sep 2014 - 18:58

Penses-tu que l'on puisse rapprocher Schopenhaeur d'auteur comme Leopardi (dont je ne me risquerai pas à le classer où que se soit) qui partage cette aversion pour la vie en société, au profit de l'intériorité ?
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  LibertéPhilo le Dim 28 Sep 2014 - 19:05

Il me semble que Leopardi est plus pessimiste que Schopenhauer, qui nous propose dans ses Aphorismes... une sagesse presque hédoniste. J'avais d'ailleurs qualifié, à la suite d'Onfray, Schopenhauer d'hédoniste en faisant son portrait au quotidien : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t66-schopenhauer-l-hedoniste

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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Kal' le Dim 28 Sep 2014 - 19:17

Leopardi, sombre amant de la mort, disait Musset. Je crois que pessimiste est assez juste *Lol*. Il n'a rien d'un hédoniste c'est certain.
Sur les liens avec Schopenhauer
En 1818, l'éclosion des mêmes idées est presque simultanée chez le poète italien confiné dans sa petite ville et le philosophe allemand Schopenhauer, impatient de célébrité, et qui ne connaîtra la gloire que vingt ans plus tard. Ces deux hommes ne se sont probablement jamais rencontrés ni écrits, Leopardi n'a pas lu le livre de Schopenhauer Le Monde comme Volonté et comme Représentation. La philosophie du pessimisme de Leopardi se trouve dans la théorie de "L'Infelicità". Leopardi n'écrit pas pour propager ses idées, il le fait en poète pour chanter son mal de vivre et en tire une conception philosophique de la condition humaine. Il ne veut pas adhérer à l'école des lyriques et des désespérés qui l'ont réclamé pour leur frère. Il ne veut pas du désespoir intellectuel et garde sa liberté de pensée.
Durant ses voyages, ses ressources sont parcimonieuses. Au mois d'octobre 1822, sur les instances de quelques amis, il quitte Recanati pour Rome. Il rencontre des amis (Niebuhr, ministre de Prusse à la cour pontificale, Alessandro Manzoni, M. Bunsen, M. Reinhold, ministre de Hollande, bibliothécaire d'Angelo Mai), et se fait des ennemis (le bibliothécaire Manzi). Il ne trouve pas de situation stable, refusant d'entrer en prélature, ainsi qu'un emprunt qui lui aurait permis de vivre mieux. Il ne demande rien à son père qui ne lui propose aucune aide financière, il doit subvenir à ses besoins. Leopardi opte donc pour du travail d'édition qui lui permet de vivre et d'avoir assez de liberté pour ses écrits. Il est chargé de dresser le catalogue des Manuscrits grecs de la bibliothèque Barberine. Les quelques voyages hors de la maison familiale seront brefs, à Bologne, Pise ou Florence.

Source : http://asso.machiavelli.free.fr/Site_francais/Culture_Italienne/Litterature/Litterature_L/Leopardi.html
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  LibertéPhilo le Dim 28 Sep 2014 - 19:35

Texte emprunté à Wikipédia.

Schopenhauer, sous son masque de pessimiste, était en réalité un bon vivant, soucieux seulement de sa tranquillité. La vie qu'il conseille dans son livre est celle qu'il vivait : un travail intellectuel modéré assorti de quelques plaisirs (nourriture, théâtre, pratique de la musique, prostituées), une vie pépère de rentier, en somme ! Rien de très différent non plus de ce que vivaient la majorité des hommes de son temps. Certes, sa solitude était plus prononcée que le commun des mortels, son principal compagnon étant son chien.

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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Malcolm le Jeu 4 Aoû 2016 - 14:35

Ceci corroborant cela. Mais allons plus loin.
S. a écrit:Et tout d'abord toute société exige nécessairement un accommodement réciproque, une volonté d'harmonie :
Pas si sûr. Mais d'abord, il faut s'entendre sur cette société (acception dix-neuviémiste antésociologique), par laquelle on dit société pour être-en-compagnie, à la manière des salons dix-huitiémiste. S. ne traite donc pas de "la société, [qui] elle a que des problèmes" (les Trois Frères, des Inconnus), à caractère sociologique, ou au moins sociographique. Pour autant, S. fait de sa société/être-en-compagnie/salon mondain, une expérience qui ne cause que des problèmes.
Son problème à lui, S., tient tréfondamentalement de la coresponsabilité, qu'il nomme accomodement réciproque, volonté d'harmonie. En effet, toute société (acception dix-neuviémiste) nécessite un tenir-compte-de. Ce tenir-compte-de, il s'adresse à la fois aux autres, et à la situation. Toute société a son lieu situé/situationnant/situationnel et sa fréquentation, les deux jouant les uns sur les autres interactivement (les ergonomistes, proxémistes, architectes, architectes d'intérieur, urbanistes, etc. le savent bien, qui vous font des centres mégacommerciaux comme un on-est-bien-chez-soi intersuggestif-à-l'achat).
Là, non content d'avoir à répondre de soi, il faut pourtant, dans ce tenir-compte-de, répondre de soi in situ populo, desquelles nous sommes ni directement, ni pourtant indirectement, responsables, aussi, en tant que nous sommes empathiques & contextués (S. parle notamment de la pitié, qu'apparemment il n'assumait ou ne tenait pas à assumer). Autant de signes de son irresponsabilité, au moins de sa déresponsabilisation (en dehors de soi), sans coresponsabilité in situ populo.
Mais enfin, il y a bien irresponsabilité de soi, même, de ce qu'il n'actionne pas ou ne tient pas à actionner de compétence sociale/sociable/sociétale (sa si fameuse "misanthropie", née d'une lâcheté existentielle).

Au reste, il n'est pas si certain que cette société ait besoin d'accommodements réciproques, de ce que les dynamiques des groupes créent des hiérarchies informelles, même évolutives. Ou bien, l'instauration-conservation du pouvoir (Machiavel, Hobbes). Ou bien, la lutte pour la reconnaissance (Hegel). Ou encore, la volonté de puissance (Nietzsche). Autant d'éléments par lesquels on s'accommode moins qu'on ne s'extraie, n'assimile, ou ne se fait/laisse soustraire, assimiler (crainte de cette volonté schopenhaurienne comme appétence vorace). Inutile de s'appesantir sur la volonté d'harmonie alors, qui n'est que théâtralité, mais dont S. est dupe.
aussi, plus elle est nombreuse, plus elle devient fade.
Cela s'entend d'un philosophe, qui aime à intellectualiser, mais d'aucuns y trouvent tout leur top délire mégagros, pour ne prendre que le contre-exemple radical de l'hyperfestivisme murayien.
On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ;
Sinon que notre soi provient cooriginalement d'un toi, tous les psychologues du développement le savent + cas des "enfants [pas si] sauvages [que cela, mais sous-hominisés quand même définitivement de leurs carences interhumaines]".
qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul.
C'est la liberté et-puis-je-fais-ce-que-je-veux d'un petit enfant boudeur. Mais, comme marge de manœuvre pourtant, on peut opposer à S. que certaines choses ne sont possibles (ne permet d'être libre d'en jouir) qu'avec autrui. Par exemple : les putes.
Toute société a pour compagne inséparable la contrainte et réclame des sacrifices
Oui, mais pourquoi le vivre comme dolorisme, quand ponosiquement cela permet d'aller au-delà parfois (et sans nier nos velléités de solitude, comme en besoin d'intimité) ?
qui coûtent d'autant plus cher que la propre individualité est plus marquante.
On sent comme une préforme de la force nietzschéenne là-dedans. Mais, au-delà, il faudrait s'entendre sur ces "individualités marquantes" : quid des grandes gueules, des caractères têtus, des petits malins, des charmants filous, des grands séducteurs ? Giaccomo Casanova, par exemple ...
Par conséquent, chacun fuira, supportera ou chérira la solitude en proportion exacte de la valeur de son propre moi. Car c'est là que le mesquin sent toute sa mesquinerie et le grand esprit toute sa grandeur ; bref, chacun s'y pèse à sa vraie valeur.
"Pince-mi et pince-moi sont sur un bateau. Pince-mi tombe à l'eau. Qui reste sur le bateau ?" (rapport à mon analyse donc)
Au fond, S. ne cherche qu'à se rassurer en s'enferrant dans son propre type de vie, en se renvoyant dans la glace une image imbue de soi, mesquinement !
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Kal' le Ven 28 Avr 2017 - 19:51

Mal' a écrit:Au fond, S. ne cherche qu'à se rassurer en s'enferrant dans son propre type de vie, en se renvoyant dans la glace une image imbue de soi, mesquinement !

D'abord, il faut savoir que la solitude est une démarche nécessaire dans celle plus générale qu'est l'ascétisme. De par sa nature intrinsèque, l'homme est un animal grégaire et qui s'ennuie profondément lorsqu'il se détache de ses semblables. La sociabilité est l'exutoire qui, en apparence, permet justement à la personne de se soustraire au poids de sa propre existence ; alors que cette souffrance peut être le déclencheur qui opère le basculement à la négation du vouloir-vivre. En cela, Schopenhauer prône non naïvement la solitude, quiétif du vouloir, et qui exprime la vraie liberté de la Volonté en soi, à la différence des motifs qui poussent l'ensemble des hommes à s'assembler. De plus, Schopenhauer reste pragmatique, il suffit de se référer à l'Apologue des porcs-épics, dans lequel il dit bien que la société est un moyen terme adéquat, un juste milieu, comme un vase enserré par deux cordes à chacun de ses côtés, et qui risque de se briser si on le tire trop à droite ou trop à gauche, entre la solitude la plus complète et une promiscuité abusive. La solitude, donc, n'est pas bêtement l'image que Schopenhauer se renvoie à lui-même, ou un justificatif de sa propre attitude à l'égard de la société. C'est aussi oublier que ce sont souvent les individus les plus entourés qui sont en réalité les plus esseulés. Il n'y a pas antinomie entre la solitude et la société, parce que société n'est pas sociabilité, et que la solitude n'est pas simplement le fait d'être seul. C'est la démarche qui compte, en définitive, et celle-ci ne se réduit pas à un caprice pubère kikoolol.
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Propos le Mer 13 Déc 2017 - 21:06

Lettre d'Arthur Schopenhauer, écrite en français, à son ami d'enfance Anthime de Blésimaire:

10 décembre 1836

Mon cher Anthime !

Ta lettre à ma sœur qui me l’a envoyée m’a fait un plaisir inexprimable : c’est comme un son doux qui vient de loin, du beau pays de l’heureuse enfance. […] Tu ne dois pas croire que je suis désormais un vieux. Mes cheveux et ma barbe, il est vrai, ont presque tout à fait blanchi, effet de l’étude et du souci ; mais mon visage est jeune, sans rides, rose et frais, et j’ai (à ce qu’on dit) de très beaux yeux, brillants, d’un éclat spécial, que je n’avais pas, étant jeune homme; je me tiens bien et j’ai le pas sûr et leste; aujourd’hui encore je vais en général plus vite que tous les autres. Et j’ai toujours ma petite et très nécessaire liaison ! Enfin j’ai de bonnes bases pour atteindre les soixante-dix ou quatre-vingts ans. Mais le choléra, qui approche !

Tu voudrais savoir l’histoire de ma vie et ses résultats. Cela va être très difficile de t’en donner une idée, car elle s’est déroulée avec des objectifs qui sont étrangers à ta sphère, et je ne sais pas où commencer : il y a une vie extérieure visible et une vie intérieure réelle. Bien que tu ne sois pas un écrivain, tu sais certainement qu’il y a eu, dans les sciences des hommes, de grand mérite qui n’ont pas été reconnus pour tels de leur vivant, mais d’autant plus après leur mort, ou bien, quand le destin leur a été favorable, dans leur vieillesse ; ce fut le cas de beaucoup de ces hommes de tout temps et dans tous les pays. Je suis un de ces hommes.
Tu seras assez raisonnable pour pouvoir me croire, si tu songes que les grands mérites sont aussi rares que les vanités sont quotidiennes, je n’en dois pas moins te dire sincèrement les choses ; parce que j’ai là-dessus ma conviction certaine et que je sais que je ne dois pas le rang que j’occupe à la vanité. Tu peux croire ce que tu veux. J’ai eu la tristesse de voir négliger mes œuvres, tandis qu’on célébrait le faux mérite. Mais je connais les raisons, l’intérêt matériel y joue son rôle : les visées des gouvernements allemands, dont nos pauvres professeurs sont les créatures, et qui, alors que le christianisme était chancelant et tout près de sa chute inévitable, auraient bien voulu le remettre debout grâce à la philosophie (à quoi la mienne ne se prête guère, bien au contraire !), voilà ce qui s’est combiné avec la mesquinerie des esprits, la jalousie, la haine naturelle de la médiocrité pour tout ce qui n’est pas médiocre : on s’est efforcé de m’ignorer et on s’accorde pour m’étouffer.
Notre célèbre Jean Paul a chanté les louanges de ma philosophie dans sa dernière œuvre, Goethe a parlé de moi dans ses souvenirs avec la plus grande estime, j’ai reçu les hommages de quelques inconnus : mais tout cela ne suffit pas. […] Mon système philosophique, publié en 1819 [Le Monde comme volonté et comme représentation], et ma théorie des couleurs, publiée en allemand en 1816, puis en latin en 1830, voilà le cœur de ma vie, mon unique objectif atteint : je veux me voir reconnu, et je veux avant tout voir la deuxième édition de ma philosophie, pour y consigner les résultats de mes réflexions depuis dix-huit ans ; quand cela sera fait, je suis prêt à partir. […]
Mes revenus, même diminués, suffisent encore pour une vie de célibataire, dans une chambre meublée, avec repas à la table d’hôtes, tout cela sans luxe, mais convenable, j’ai le nécessaire et rien de plus, et je remercie le destin de n’avoir ni femme ni enfants ; deux bâtards que j’avais sont morts jeunes. S’il y a une nouvelle conversion, je placerai le reste en viager.

J’ai été deux fois en Italie, en 1819 et en 1823, presque toute une année chaque fois. En 1820, après ma soutenance de thèse, on m’a donné une chaire à l’université de Berlin, comme une sorte de professeur honoraire, qui n’est pas payé par le gouvernement mais par ses étudiants. C’est ensuite qu’on devient professeur. Mais je n’ai fait de cours que durant les premiers six mois, en 1820, après je n’ai plus occupé mon poste que formellement je suis tout de même resté à Berlin de 1820 à 1831, excepté trois années d’absence et de voyages. Mes études ont toujours dévoré mon temps, l’enseignement en aurait trop pris, et puis je voyais bien que je n’étais pas l’homme dont le gouvernement avait besoin, car je n’étais pas fait pour être son instrument. Ma vie a été une étude continue, qui est à elle-même sa propre récompense. […] En 1831, le choléra m‘a chassé de Berlin ; je me suis réfugié ici. J’avais depuis dix ans une liaison secrète avec une fille que j’aimais beaucoup ; depuis des années elle m’avait promis de me suivre si je quittais Berlin, et j’y avais toujours compté ; le moment vint brusquement et elle ne tint pas sa promesse : elle avait certes quelques obligations familiales, mais elle n’avait pas besoin de rien promettre. J’en ai eu beaucoup de chagrin ; mais le temps a fait peu à peu son œuvre. Tout de même elle était le seul être qui m’était sincèrement attaché ; ce sont les circonstances qui l’ont forcée.

Je suis donc ici [à Francfort] depuis plus de cinq années, en comptant la deuxième que j’ai passée à Mannheim en croyant m’y trouver mieux, après quoi je suis revenu ici. J’ai appris à m’y plaire ; le climat est le plus agréable et le plus sain de toute l’Allemagne, presque aussi doux qu’à Paris, les environs sont charmants et je suis un grand marcheur, on vit ici beaucoup mieux et pour beaucoup moins cher qu’à Berlin, les hôtels et leurs restaurants, en particulier, sont les meilleurs de toute l’Europe, et les classes basse et moyenne des habitants sont d’une rare honnêteté, il y a un bon théâtre, bref, en ce qui concerne la santé et le confort, c’est le meilleur endroit de l’Allemagne ; et en ce qui concerne les gens, la société, qui est, je crois, encore plus sotte que partout ailleurs — elle ne me dérange pas, il y a trop longtemps que la fréquentation des hommes me dégoûte et que je sais qu’ils ne valent pas la peine de perdre mon temps avec eux : ils forment partout, vu de l’extérieur, une collection de caricatures, du point de vue de l’esprit, un hôpital de fous, et pour le caractère moral, un cabaret mal famé. Les exceptions sont très rares et ont toutes fait choix d’un petit coin pour s’abriter.
Je vis donc en solitaire, avec mon caniche blanc, une bonne bête très intelligente, avec ma bibliothèque que j’ai fait venir, et je suis bien loin de m’ennuyer, le temps défile trop vite.

Ton histoire sera bien différente et d’une autre sorte que la mienne. Mais en tout cas elle fera grand plaisir à

ton plus vieil ami, Arthur SCHOPENHAUER
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Avis' le Jeu 14 Déc 2017 - 5:16

"La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage: Le premier, d'être avec soi-même, et le second, de n'être pas avec les autres" Schopenhauer.

Quand même les autres le vaudraient cent fois.
Inutile d'user de circAVonlocutions, Schopenhauer relève d'un autisme aggravé puisqu'il s'inclut lui-même au nombre de ces esprits supérieurs.

Schopenhauer cache ainsi des failles de raisonnement : il serait, solitaire, le plus intelligent qui se puisse trouver, les autres n'en valant pas la peine. Se surestimer, c'est s'esbroufer.

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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Malcolm le Jeu 14 Déc 2017 - 10:14

L'essentiel étant que ça face un caractère, et que ce caractère accouche d'une philosophie nourrie - et nourrissante. D'une norroture, comme aurait dit les Médiévaux (d'une éducation, d'une formation, d'une initiation).

Inutile de conspuer, ça n'est pas raisonnable - au sens que l'on pourrait raisonner cela, et raisonner à partir de cela. En effet, que Schopenhauer s'autistise ainsi - et encore, sa vie fut plus folichonne - le laisse néanmoins dans un contact plus direct avec sa Volonté métaphysique, et là est le seul point qui nous intéresse. Martin Heidegger l'aurait jugé plus authentique, plus en-propre, alors. Le Dasein, nécessite cette solitarité. Aussi Schopenhauer était-il préposé - entre autres facteurs - à l'accouchement de cette philosophie méga-volontariste.



Tu connais ça, Avistodénas.

Bref : il y a une psychologie de bazar, qui stigmatise ; et il y a une psychologie de savoir (profan-e/-atrice soit-elle), qui explique.

Déontologiquement, ne vous essayez qu'à la seconde.
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Avis' le Jeu 14 Déc 2017 - 11:32

Très juste. Mais ça devait être dit. Autrement, peut-être...

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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Malcolm le Jeu 14 Déc 2017 - 12:53

Merci de l'avoir reconnu.
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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Avis' le Jeu 14 Déc 2017 - 13:22

Je reconnais volontiers que ce n'est que le point de vue d'un cow boy du wild wild west.

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Re: Schopenhauer et la vie en société

Message  Malcolm le Jeu 14 Déc 2017 - 13:37

Et depuis cette solitarité, il y a et moyen de sentir l'authenticité du Dasein heideggerien, et moyen de sentir le sentiment antisocial de Schopenhauer, depuis lesquels ils découvrent respectivement être-en-propre et Volonté, mais ce deuxième terme nous concerne plus spécifiquement : nous sommes sur Schopenhauer ... ce qui était donc dire que tu es bien plus proche de lui que tu ne te l'imagines en repoussant sauvagement son propos. Montaigne trouvait que chaque homme renferme en lui la condition humaine, ou bien Térence : "Rien de ce qui est humain ne m'est étranger." Il suffit de reconnaître que le philosophe n'est pas un non-humain alors, pour entamer une compréhension spécifique. De même, avec tout le monde : c'est cela, l'humanisme. Ne soyons ni racistes ni antiracistes, l'humanisme seul suffit.
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