Casanova l'hédoniste

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Casanova l'hédoniste

Message  LibertéPhilo le Dim 28 Sep 2014 - 19:00

Giacomo Casanova a écrit dans son Histoire de ma fuite des prisons de la république de Venise qu'on appelle les plombs (éditions Allia) :

La vie est comme une coquine que nous aimons, à laquelle nous accordons à la fin toutes les conditions qu'elle nous impose, pourvu qu'elle ne nous quitte pas: ceux qui ont dit qu'il faut la mépriser ont mal raisonné ; c'est la mort qu'il faut mépriser, et non pas la vie ; et ce n'est pas la même chose : ce sont deux idées entièrement diverses ; aimant la vie j'aime moi-même, et je hais la mort parce qu'elle en est le bourreau : le sage cependant ne doit que la mépriser parce que la haine est un sentiment qui incommode. Ceux qui la craignent sont un peu sots, car elle est inévitable : et ceux qui la désirent sont des lâches, car chacun est maître de se la donner.

Ne faudrait-il pas l'inscrire de fait dans la république des Hédonistes, en plus de la république de Venise, à laquelle il appartient historiquement ?

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Re: Casanova l'hédoniste

Message  Ragnar I le Mer 1 Oct 2014 - 22:40

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Casanova est certes un hédoniste de première.

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En passant, celui qui a le mieux cerné la personnalité et le caractère de Casanova, c'est à mon avis Philippe Sollers, avec son « Cansanova l'admirable ».



Onfray fait d'ailleurs l'apologie du bouquin (il n'est pourtant pas très ami avec Sollers).

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Casanova hédoniste, vraiment ?

Message  Malcolm le Mer 30 Mar 2016 - 9:49

J'ai lu l'ouvrage cité, avec beaucoup de plaisir d'ailleurs : Giacomo Casanova est un bel écrivain, d'ailleurs récemment paru en Pléiades pour les amateurs disposant de plusieurs dizaines d'euros pour ça. En effet, Giacomo Casanova, c'est la vie aventureuse, aventurière, étym. à l'avenant, ainsi que la tournure d'esprit des chevaliers du roman courtois, et précisément de la Table Ronde, abstraction faite de l'inadaptation donquichottesque à son siècle - comme ce pouvait être déjà le cas au XVIème, où Miguel de Cervantès put tourner en dérision Don Quichotte de la Mancha, lui, ayant trop lu de romans médiévaux, sans prendre acte de l'évolution des mentalités (le mousquet rend progressivement les armures caduques, la piraterie naît, ou la non-noblesse des passions démocratiques, etc.).

Giacomo Casanova est un homme qui se risque, mais non pas courageusement par-devers la peur (ainsi que tout courage) : il se risque témérairement, par ce goût du jeu qu'a plus tard décrit à merveille Fedor Dostoïevski, dans le Joueur. C'est précisément pour cela que l'extrait commence par "la vie est une coquine que nous aimons" : or une coquine, c'est d'abord une coquette, ensuite une minaude, enfin une chipie. La vie, aux yeux de Giacomo Casanova, et dans une métaphore connue avec la féminité, n'est pas perçue comme chez d'autres, en tant que gouvernante, maîtresse, ou putain. Dans le premier cas, on aura plus sûrement affaire avec un homme timoré se sentant malmené par l'existence ; dans le second, un homme rêveur se sentant exalté par l'existence ; dans le troisième, un homme rude se sentant mis à contribution par l'existence - à moins que l'ambivalence de la prostitution ne le fasse vindicatif, détestant sa mise à contribution. Passons.

La coquinerie de la vie, chez Casanova, l'entraîne et l'excite (entertainment, excitment avant l'heure) : coquette, elle plaît ; minaude, elle séduit et incite à la posséder ; chipie, elle nous agrée selon ses drôles d'humeurs. Autant de phénomènes perspectifs, pour l'homme aventureux. Alors, Casanova peut juger mauvais juges, ceux qui veulent la mépriser, car il n'a pour elle que tendresse affectueuse, voire condescendance ou indulgence : il la trouve trop volage pour ne pas tout lui pardonner, et c'est en cela que sa témérité est justement équilibrée par cette apprésentation : il ne se sentira jamais mal d'avoir pris un risque, car ce n'est pas lui la cause de son malheur, mais elle qui ne connaît pas son drame, alors qu'il le connaîtrait mieux, lui, à vouloir la maîtriser. Aussi, conséquemment, méprise-t-il la mort, mais pas pour les raisons qu'il se donne en réalité : sa témérité s'irrite de la mort, qui ne se laisse pas maîtriser dans sa perspective ; la vie quant à elle, maîtrisable (à tort ou à raison) mérite alors toute notre attention, et la vie et la mort casanovistes se distinguent précisément par là, que l'une est gérable, l'autre non. Casanova est dans une velléité de contrôle sur les événements, de composition du moins. De composition car, s'aimant tel qu'il s'aime, par amour de la vie - c'est-à-dire par procuration, comme le chrétien aime son prochain par amour de Dieu, soit par procuration encore, - il se mire dans la vie : il lui reconnaît l'âme, l'animation qu'il ne se reconnaît pas, lui, au fond nescient de soi-même (sans quoi il ne serait probablement pas téméraire) : il compose, il se donne en spectacle, il a besoin que ce spectacle soit nécessaire, afin de se sentir fondé à exister, nesciemment (à supposer qu'il indifférait superbement à sa mère, par quoi il compensa durant toute son existence).

Casanova dit haïr la mort, se reconnaissant non-sage, puisque le sage, dit-il, en tant que l'épreuve de la haine incommode, doit mépriser la mort seulement. De sorte que, se reconnaissant inconstant par ce comparatif éthique dans sa perspective, il toucherait presque à sa propre témérité, mais d'abord il témoigne de sa propre épreuve de la haine envers la mort : singulier positionnement, où la mort est digne de haine ainsi qu'une personne, elle, personnifiée ainsi que la vie, en négatif. Quelle est-elle, cette mort, dans la perspective casanoviste ? ... La mort est comme une sorte de tyran ingérable, comme on a dit (que je rapprocherais volontiers de mon abduction d'une mère superbement indifférente envers l'auteur). "Ceux qui la craignent sont un peu sots, car elle est inévitable" : posture simili-épicurienne ou para-épicurienne, car Casanova reconnaît à la mort (dans ce texte du moins) le caractère de l'inévitable, i.e. de ce qui ne saurait être évité, ainsi qu'il pouvait éviter le danger dans la vie ; cette détermination n'a rien de tragique : pour ainsi dire, en filigrane, Casanova prend la mort pour la dernière aventure, un peu comme le Peter Pan de Hook répliquant à James Crochet :
Le Scénario de /Hook/ a écrit:Crochet : "Tu vas mourir, Pan."
Peter : "La mort peut être une grande aventure."
Crochet : "La mort, est la seule aventure qu'il te reste."
"Et ceux qui la désirent sont des lâches, car chacun est maître de se la donner" : ce qui est assez téméraire, comme affirmation, par laquelle Casanova se rend négativement maître de la mort, gestionnaire de la mort, comme pour se rassurer, car je ne doute pas que les lâches désignent comme une aliénation projective de sa propre lâcheté, lâcheté nesciente sur-compensée par sa témérité aventurière en spectacle : pour se sentir vivant, Casanova a besoin de se sentir glorieux dans et après le danger - sans quoi il n'eut jamais pris le temps de consigner toutes ses trajectoires pour la postérité.

En somme, ignoré superbement par la première femme de sa vie, il échoirait à Casanova, de s'apprésenter la vie comme une coquine, de par l'évitement du danger, c'est-à-dire de la mort, qui viendra rompre l'aventure. Ce danger qui m'évoque supposément un père dur mais absent, dur parce qu'absent, et effrayant alors dans l'envie de la mère ... œdipe, quand tu nous tiens ...

Aussi bien, faisant primer par-dessus tout le principe de plaisir, et philosophant en auto-légitimation de sa démarche, je classerai volontiers Giacomo Casanova parmi les hédonistes, encore qu'il ne rechigna jamais à la via dura cynique, par quoi j'hésite dans mon classement. Car il me semble que l'hédonisme casanoviste, est proprement un libertinage classique, presque consubstantiel aux gens de son extraction, à cette époque et en ces lieux : parti philosophique, Lumières latines, qu'il ne partage certes plus au point précis où il se moque de tout confort et de toute civilité, de tout confort civil et de toute civilité confortable.

L'aventure est une épreuve constante, à laquelle l’œdipe ne contrevient pas - l’œdipe n'est jamais un contre-argument, mais toujours une constatation fondatrice, - et Casanova semble plus pouvoir figurer au palmarès nietzschéen, il me semble, par-delà plaisir et douleur, hédonisme et dolorisme (encore donc, que son libertinage classique le situe zeitgeistlichweise, du côté des hédonistes - par éclectisme syncrétique).
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Re: Casanova l'hédoniste

Message  Ragnar II le Mer 13 Avr 2016 - 12:01

Malcolm S. Cooper a écrit:Giacomo Casanova est un bel écrivain, d'ailleurs récemment paru en Pléiades pour les amateurs disposant de plusieurs dizaines d'euros pour ça.

Aïe ! ...

Je suis tombé dans le piège !

J'ai acheté il y a bien longtemps la première version de la Pléiade, intitulée « Mémoires », et qui était une traduction de l'allemand traduit du français (!), alors que Casanova avait écrit son « Histoire de ma vie » directement en français !

Ils ont corrigé leur erreur, chez Gallimard, en publiant il n'y a pas longtemps la véritable œuvre d'origine …

Mais en attendant, je ne crois pas qu'ils me rembourseraient la première édition, si je le leur demandais, ce que je ne vais d'ailleurs pas faire, car me voilà peut-être possesseur d'une édition de grande valeur commerciale, de la même façon que les timbres mal imprimés valent des fortunes sur le marché des philatélistes avides de raretés.

Imprimé correctement, avec l'avion à l'endroit, le timbre suivant ne vaut qu'une poignée de dollars chez les philatélistes, mais avec l'avion à l'envers, il vaut entre 100 000 et 200 000 $ ! … (Pour l'anecdote, seulement)



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Re: Casanova l'hédoniste

Message  LibertéPhilo le Mer 13 Avr 2016 - 14:34

Ragnar II a écrit:Mais en attendant, je ne crois pas qu'ils me rembourseraient la première édition, si je le leur demandais, ce que je ne vais d'ailleurs pas faire, car me voilà peut-être possesseur d'une édition de grande valeur commerciale, de la même façon que les timbres mal imprimés valent des fortunes sur le marché des philatélistes avides de raretés.
Je viens de vendre la mienne pour 60 €.  *Lol* Cela dit, comme avec la Volonté de puissance, il ne faudrait pas croire que le manuscrit original est très différent de cette version. A titre d'exemple, voici le début de la "mauvaise" édition :
Je commence par déclarer à mon lecteur que, dans tout ce que j’ai fait de bon ou de mauvais durant tout le cours de ma vie, je suis sûr d’avoir mérité ou démérité, et que par conséquent je dois me croire libre.
La doctrine des stoïciens et de toute autre secte sur la force du destin est une chimère de l’imagination qui tient à l’athéisme. Je suis non seulement monothéiste, mais chrétien fortifié par la philosophie, qui n’a jamais rien gâté.


http://expositions.bnf.fr/casanova/livres/HMV/index.htm

Après comparaison d'autres pages de la préface, on constate que les phrases sont assez souvent modifiées, mais jamais le sens. Il y a les mêmes différences qu'on peut trouver dans deux traductions d'un même texte. On y perd sans doute en saveur, l'original est moins lisse. La chance pour nous est que Casanova ait écrit en français, et que donc, on puisse goûter les différences, comme toute personne avec sa langue natale. Ça ne me fera pas débourser les 200 € nécessaires à l'acquisition de la nouvelle édition.

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Re: Casanova l'hédoniste

Message  Ragnar II le Jeu 14 Avr 2016 - 10:32

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Il me semble qu'avec la première édition de la Pléiade, celle intitulée « Mémoires », seul le premier volume est paru (je ne possède d'ailleurs que ce volume), ce qui expliquerait la différence de prix par rapport à la seconde, celle intitulée « Histoire de ma vie », qui comprend les trois volumes de l'œuvre.

Il est par ailleurs fort possible que de très nombreuses parties de la première version n'aient pas été traduites, mais prises directement du français écrit par Casanova (sauf le titre...) ...

Cela dit, d'accord avec ta remarque concernant « La volonté de puissance » ...

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Re: Casanova l'hédoniste

Message  LibertéPhilo le Jeu 14 Avr 2016 - 10:53

Ragnar II a écrit:Il me semble qu'avec la première édition de la Pléiade, celle intitulée « Mémoires », seul le premier volume est paru (je ne possède d'ailleurs que ce volume), ce qui expliquerait la différence de prix par rapport à la seconde, celle intitulée « Histoire de ma vie », qui comprend les trois volumes de l'œuvre.
Non, non, il y avait bien 3 tomes. Je les ai vendus il y a deux semaines. Je les avais achetés 700 francs à l'époque, soit environ moitié prix par rapport à la nouvelle édition.

Il est par ailleurs fort possible que de très nombreuses parties de la première version n'aient pas été traduites, mais prises directement du français écrit par Casanova (sauf le titre...) ...
Les tournures de phrases sont souvent différentes, mais d'autres parties semblent identiques, sauf parfois la ponctuation. Je pense donc que tu as raison.

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Re: Casanova l'hédoniste

Message  Ragnar II le Jeu 14 Avr 2016 - 11:42

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Ah ! Hé ben pour les trois tomes des « Mémoires », je ne savais pas ...

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Tiens, ça me fait penser à Kundera, dont on avait traduit quelques bouquins en français du temps où il était encore en Tchécoslovaquie, et qui, après s'être installé en France et avoir bien étudié le français, a réécrit ces bouquins en français en disant qu'ils avaient été mal traduits (ce qui lui a permis de les vendre une seconde fois, le petit malin).

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Re: Casanova l'hédoniste

Message  Malcolm le Jeu 14 Avr 2016 - 14:01

Et en définitive, mon analyse de Casanova ??
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Re: Casanova l'hédoniste

Message  LibertéPhilo le Ven 15 Avr 2016 - 10:07

Tu sembles être d'accord avec moi pour classer Casanova parmi les hédonistes. Disons pour préciser : les hédonistes lucides, mais pas cyniques, car Casanova adorait la vie en société, aidé en cela par son époque de socialisation extrême.

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Re: Casanova l'hédoniste

Message  Malcolm le Ven 15 Avr 2016 - 10:32

Oui, enfin, je dirais plutôt qu'il y a de l'hédonisme chez Casanova, parce qu'il y a de l'hédonisme dans le libertinage classique, mais que cet hédonisme intégré n'est pas exactement princeps, sociologiquement d'abord, ou anthropologiquement-historique, et que Casanova compose dans ce cadre, sans franche réflexion de fond (on ne lui en voudra pas, c'est un littéraire, et les littéraires témoignent véracement - pas forcément en vérité, mais en véracité, cf. Lejeune, le Pacte autobiographique - d'une expérience ou d'une expérimentation scripturale, ayant sa part d'aletheia sous bien des angles d'interprétation).

Aussi bien, et pour autant qu'il jouit de la vie témérairement, je ne suis pas aussi sûr de pouvoir le dire purement hédoniste, dans la mesure où la sagesse cyrénaïque puis plus largement hédoniste, suppose une réflexivité ici absente, et réflexivité conduisant à une modestia ou une prudentia absente encore chez Casanova, par-devers sa phronesis tactique dans l'existence. De sorte qu'il m'appert plus certainement épique, ou "épiciste" - si cela se veut bien dire, - et que cet "épicisme" peut bien faire l'effet d'un plaisir, qu'il n'en est pas pour autant pur hédoniste : ne pas ignorer que le classicisme a ses mises en forme, passant aujourd'hui pour des mises au pas, que même le libertinage classique partage.

Là encore, on pourrait les dire plaisantes à leurs façons, dans le vécu même des classiques, mais ... l'épicisme induit plutôt, non un dolorisme, mais un ponosisme, pour le coup, c'est-à-dire une intégration de la peine dans la démarche. La démarche aventurière, cavalière, primesautière, d'un Casanova, ne passe jamais vraiment pour hédoniste, à mes yeux, qu'à des interprétations romantisantes car post-romantiques. Casanova est pittoresque, romanesque, picaresque évidemment, mais pas romantisant dans la démarche - où le romantisme est une jouissance de soi, jusque dans la tourmente.

Bref : dire Casanova hédoniste revient, je le pense, à s'être fait avoir par son esthétique littéraire, ses figures de style, ses effets de langue, sa rhétorique, qui, elles, ont pour objectif de plaire en effet, d'autant plus du fait de leur libertinage classique dans la démarche, de sorte à ce que nous puissions aisément tomber sous le charme casanoviste, qui fait plaisir à sa façon, qui contient semble-t-il de l'hédonisme, donc, sans pour autant en être simplement.

Car enfin, le problème de l'hédonisme est que, convoquant le plaisir, et le plaisir étant partie-prenante de tout (avec la peine et la douleur), on peut bien finir par dire que Platon ou Kant prenaient du plaisir dans leurs styles de vie et à écrire de la philosophie (sans quoi ils n'auraient peut-être pas philosophé toute leur vie, sauf à être masos) ils n'en sont pas hédonistes pour autant. Casanova s'en rapproche donc en bien des points, mais il fait illusion rétrospective testimoniale.

Au vrai, je l'imagine tréfondamentalement inquiet, toujours surmené, ne parvenant jamais à se départir de ses angoisses et cherchant à les oublier, à les refouler, à les compenser dans son type de vie (ce qui n'est pas un contre-argument, mais un constat anhédoniste, en disant éventuellement long sur les dynamiques hédonistes de tous les partisans de l'hédonisme, mais surtout ceux qui le prennent en exemple).

Je disais donc que ton éclectisme syncrétique situait Casanova dans l'hédonisme.


Dernière édition par Malcolm S. Cooper le Ven 15 Avr 2016 - 15:28, édité 8 fois
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Re: Casanova l'hédoniste

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