Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

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Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Juliette le Jeu 30 Oct 2014 - 15:26

Bonjour,
Je vous propose ici de partager vos hypothèses par rapport à ces questions: "D'où vient l'univers?", et, plus philosophique: "D'où vient qu'il y a un univers?".
Inlassablement, la question de l'univers se pose à nous. Elle attise notre soif. A l'évidence, quelque chose de très profond se joue là.
Certains parlent de création ex nihilo, expression fort curieuse puisqu'elle suggère que c'est un méli-mélo de néant et d'être qui aurait organisé l'origine de l'univers. Mais par quel mécanisme (ou miracle) le néant pourrait-il avoir créé de l'être? On ne se bouscule guère pour y répondre. D'autres, citant tel ou tel récit mythique, expliquent "qu'au tout début il y avait ceci ou cela". Mais un début qui fait suite à quelque chose qui l'a précédé, est-ce vraiment le début? :idea:

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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Ragnar I le Ven 31 Oct 2014 - 6:01

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La question philosophique que tu sembles vouloir poser est la suivante : « Pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien ? »

Depuis que Leibniz se l'est posée et a consacré des centaines de pages pour tenter d'y répondre sans toutefois y parvenir, j'en suis venu à la conclusion que si la question est remarquablement intelligente, mais qu'on ne parvient pas à y répondre même à l'aide de la plus fine des intelligences, alors elle ne vaut vraiment pas le coup de constituer une interrogation philosophique ou autre.

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Quant à la question de savoir d'où vient l'univers, ce n'est pas tout à fait pareil en ce sens qu'on cherche à y répondre et que ce faisant, il se présente à l'entendement des idées non négligeable en ce domaine.

La cosmologie moderne propose aujourd'hui un fait parfaitement vérifié par de nombreux recoupements et qui n'est en conséquence plus une théorie. Ça s'appelle le Big Bang.

Elle propose aussi des théories qui, bien que non vérifiées pour l'instant, sont littéralement remarquables.

Il s'agit par exemple de la gravité quantique à boucle, qui propose une émergence d'univers parallèles à partir de ce que les physiciens explorent avec les lois régissant la physique à l'échelle microscopique des particules élémentaires. Avec cette théorie, une multitude d'univers cohabitent dans le même espace-temps, à des distances infiniment petites les uns des autres, tout en n'ayant pas la moindre possibilité de communiquer entre eux. Le spécialiste de cette théorie est français. Il se nomme Aurélien Barrau et travaille comme professeur de physique subatomique à l'université de Grenoble et comme chercheur en physique moderne au CNRS. Il travaille activement en philosophie et en épistémologie, ce qui est rare pour un scientifique.

Il s'agit par exemple encore des multivers permis par une succession de Big Bang et de Big Crunch se répétant une infinité de fois dans l'espace et le temps. Dans l'espace-temps, quoi. Avec cette théorie, il existe à l'instant même et à une distance faramineuse une personne qui a pris le pseudonyme de juliette.soyer pour fréquenter un forum de philosophie nommé LibertéPhilo et qui lit elle aussi le message que tu lis en ce moment. Avec cette théorie, non seulement cette personne existe, mais elle existe aussi à un nombre infini de fois. Avec cette théorie, nous n'avons pas besoin de nous poser la question de savoir d'où vient l'univers, puisqu'il vient à la fois de nous-mêmes et de partout. Le spécialiste de cette théorie est américain. Il se nomme Marx Tegmark et travaille comme chercheur au MIT de Boston. Celui-là travaille aussi en philosophie et en épistémologie, ce qui est rare pour un scientifique, là aussi.

Ces deux théories sont nouvelles. Elles n'ont donc pas eu le temps de coloniser beaucoup d'esprits. Et d'ailleurs je t'avouerais humblement que même si elles m'intéressent profondément, je ne pense pas les avoir encore vraiment assimilées.

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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Neo' le Ven 31 Oct 2014 - 12:50

La question de l'origine de l'univers pose un problème très particulier, tellement particulier qu'on en n'en connait pas d'autre exemple. Pourquoi ?
Tout ce qui est vivant use en permanence de façon constitutive, réflexe, et ce avec le plus grand succès que ça soit pour la vie de tous les jours ou les réflexions les plus ardues de la relation  de cause à effet.
Mais, dans ce précis, ce réflexe logique, épistémologique, etc., habituellement si efficace, utile, nous précipitent à toute vitesse vers un mur.
- Le surgissement ex-nihilo est scientifiquement, logiquement, inacceptable. Donc :
- On a soi un itération à l'infini de la cause de la cause, soi un univers qui a toujours été sous une forme ou une autre, éternel donc, ce qui est une forme d'infini, ce qui revient globalement au même : on aurait, exemple absolument unique, un infini en acte ( Les autres sont dit en puissance, par exemple, la possibilité de compléter une suite de nombre, seulement potentiellement infinie, et/ou conceptuels, les infinis mathématiques par exemple. ).
Ce cul de sac mental a été très tôt relevé, on le trouve par exemple déjà dans la " Physique " d'Aristote.
On se trouve devant une question, le seul cas connu, où le cerveau humain et sa façon de fonctionner se trouve en flagrant délit d'incapacité manifeste. Cette question requiert manifestement une autre façon de penser !
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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Ragnar I le Ven 31 Oct 2014 - 14:42

Neopilina a écrit:- Le surgissement ex-nihilo est scientifiquement, logiquement, inacceptable.

Tout à fait exact.

Neopilina a écrit:On a soi un itération à l'infini de la cause de la cause, soi un univers qui a toujours été sous une forme ou une autre, éternel donc, ce qui est une forme d'infini, ce qui revient globalement au même : on aurait, exemple absolument unique, un infini en acte ( Les autres sont dit en puissance, par exemple, la possibilité de compléter une suite de nombre, seulement potentiellement infinie, et/ou conceptuels, les infinis mathématiques par exemple. ).

Une des théories cosmologiques actuelles pose le principe de l'éternelle inflation d'un espace totalement dépourvu de temps au sein duquel se produiraient en parallèle comme en série une multitude de big bang et de big crunch encadrant l'émergence d'une multitude d'espace-temps ponctuels constituant une multitude d'univers en soi. L'univers qui est le nôtre et dont nous constatons l'existence ne serait alors qu'un univers parmi d'autres en nombre infini au sens mathématique du terme.

Neopilina a écrit:On se trouve devant une question, le seul cas connu, où le cerveau humain et sa façon de fonctionner se trouve en flagrant délit d'incapacité manifeste. Cette question requiert manifestement une autre façon de penser !

Non, le cerveau n'est pas tout à fait incapable en ce domaine.

Et oui, cette question requiert une autre façon de penser.

La cosmologie actuelle n'est pas une pure invention sortie de la folie des scientifiques qui la proposent. Elle est le fruit d'un travail très strict de déductions physiques et mathématiques effectuée en toute logique à partir d'une idée nouvelle consistant à réfléchir sur le fait qu'à la loterie de la multitude possible et infinie des univers en émergence dans un espace dépourvu de temps, nous n'ayons le résultat que d'un seul tirage au sort. Comment traiter le hasard à partir d'un seul résultat ? Voilà une des nouvelles façons de penser la cosmologie.

À noter aussi que le fait d'envisager l'existence d'un espace dépourvu de temps constitue aussi une des nouvelles façon de penser l'éternité, qui n'a dans ce cas aucun lien avec la moindre horloge ...

Un espace dépourvu de temps, c'est quelque chose dont la cause et l'effet sont inextricablement liés sans que le principe de causalité ne soit réfuté. Un espace dépourvu de temps, c'est un être (substantif) étant (verbe) au sein d'un instant parfaitement éternel. (Consulter à ce sujet les ouvrages d'Aurélien Barrau, maître de physique moderne et de philosophie.)

Cela dit, des protocoles sont actuellement appliqués avec toute la rigueur et la méthode nécessaire pour chercher et tenter de trouver dans le fond diffus cosmologique des cercles de contact avec un ou plusieurs univers voisins au moment de « notre » big bang.


------------


Aurélien Barrau, scientifique et philosophe, en exemple de maître des façon nouvelles de penser la cosmologie :

(Ça commence à 20 secondes du début du film, ça ne dure pas longtemps, mais ça dit à peu près tout sur la question)







« La question même de l'avant big bang aurait été considérée comme purement métaphysique il y a quelques années et entre maintenant de plein pieds dans le champ des sciences dures.  »
( à la fin du film )...



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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Philosophème le Dim 5 Juil 2015 - 15:43

Ragnar Lothbrok a écrit:Il s'agit par exemple de la gravité quantique à boucle, qui propose une émergence d'univers parallèles à partir de ce que les physiciens explorent avec les lois régissant la physique à l'échelle microscopique des particules élémentaires. Avec cette théorie, une multitude d'univers cohabitent dans le même espace-temps, à des distances infiniment petites les uns des autres, tout en n'ayant pas la moindre possibilité de communiquer entre eux. Le spécialiste de cette théorie est français. Il se nomme Aurélien Barrau et travaille comme professeur de physique subatomique à l'université de Grenoble et comme chercheur en physique moderne au CNRS. Il travaille activement en philosophie et en épistémologie, ce qui est rare pour un scientifique.
J'ai vu ton copain sur Arte, dans les documentaires Entre terre et ciel, par Serge Brunier (émission sur le Big Bang et le LHC). Aurélien Barrau, cheveux longs et de dos, on dirait une fille. En dehors de cette confusion des genres, il a plaidé pour sa théorie du multivers, ce qui n'a pas empêché Serge Brunier de conclure sur la célèbre phrase du "grand philosophe et mathématicien Leibniz" : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" :geek:

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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Philosophème le Ven 29 Avr 2016 - 18:25

Le doumentaire est apparu sur Youtube :

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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Malcolm le Ven 29 Avr 2016 - 18:33

Pour répondre à la question de base, j'ai un jour écrit ceci sur un autre site que mon <-- SITE.
Arbitrence
Arbitrence, un néologisme suggéré sur le modèle de la contingence, pour la contrecarrer. Voyons ces grands mots :  providence, fortune, hasard, liberté, destin, déterminisme, causalité, contingence. Ils semblent se repousser les uns les autres, alors pourtant qu’ils aspectent le réel sous des jours différents ou quasi différents, et qu’ils coexistent harmonieusement.
En effet, prenons d’abord la contingence, phénomène par lequel nous nous trouvons saisi par la possibilité que l’Être, l’étant, le monde, eût très bien pu ne pas être. Habituellement, celui qui en arrive à ce point fait, autant qu’il se peut, l’expérience du néant — néant qui ne correspond même pas à rien ou au vide, car les deux peuvent encore évoquer un point ou un espace (un rien, un vide), et pas même au non-être, auquel on peut parfaitement faire coïncider le chaos duquel émergeront les choses. Bref : la personne saisie par la contingence, incapable pourtant de répondre à cette métaphysicienne de question — « Pourquoi y a-t-il de l’être plutôt que rien ? » — glisse généralement vers la question procédurale du fonctionnement de l’Être, auxquelles répondent diversement les notions de fortune, providence, hasard, liberté, destin, déterminisme, et causalité. Et en fait, ces sept notions peuvent se répartir en deux groupes, dont la liberté constitue l’axe médian. Les voici donc :  providence, fortune, hasard d’un côté, et destin, prédestination, causalité de l’autre.
Continuons avec le premier groupe, que nous avons rassemblé à cause d’une forme d’aléa principiel. En effet, si évidemment le hasard fonctionne aléatoirement, la perspective actuelle dans laquelle il nous situe, relève intrinsèquement de la science. La science parle de hasard, quand l’explication vient à manquer, hasard ne véhiculant aucune valeur mythique ou divine. Valeurs que, justement, portent respectivement les notions de fortune et de providence : la fortune — chez les latins ; tyché chez les grecs — inspire une mouvance aléatoire métanaturelle, tandis que la providence désigne clairement l’aléa surnaturel d’un dieu intervenant, à commencer par la création du monde. En somme : si pourtant la science parle de hasard, elle n’a jamais fait que recycler une vieille formule intellectuelle répandue parmi les Hommes de tous les âges et de toutes les terres, hasard correspondant à la forme contemporainement acceptable de ses ancêtres fortune et providence.
Quant au deuxième groupe, nous l’avons rassemblé à cause d’une forme de fée — de fatum, fatalité — principielle. En effet, si évidemment la causalité fonctionne féeriquement — à chaque cause son ou ses effet(s) en chaîne cause(s) d’un autre ou d’autres effet(s), et à chaque effet sa ou ses cause(s) en chaîne effet(s) d’une ou d’autres cause(s), dans la temporalité, — la perspective actuelle dans laquelle elle nous situe, relève intrinsèquement de la science. La science parle de causalité, quand les explications existent, causalité ne véhiculant aucune valeur mythique ou divine. Valeurs que, justement, portent respectivement les notions de destin et de prédestination : le destin — chez les latins ; moire chez les grecs — inspire une mouvance féerique métanaturelle, tandis que la prédestination désigne clairement la fée surnaturelle d’un dieu décrétant, notamment en vue de la fin des temps. En somme : si pourtant la science parle de causalité, elle n’a jamais fait que recycler une vieille formule intellectuelle répandue parmi les Hommes de tous les âges et de toutes les terres, causalité correspondant à la forme contemporainement acceptable de ses ancêtres destin et prédestination.
Si évidemment la liberté tient lieu de charnière entre ces deux groupes, cela vient de ce qu’elle se trouve de sang mêlé, agissant aléatoirement dans la fatalité, et fatalement dans l’aléatoire, à moins qu’on ne la pose principiellement dans l’ordre du monde, de sorte que, par un espèce de vitalisme épistémique, on juge que toute chose en dispose à son niveau — ce qui rejoint, aussi, l’animisme. Ici, tout délibère par soi et évolue en conséquence, en vertu d’un espèce de Spiritus Mundi alchimique.
Bien. Cela posé, voyez plutôt : dans la mesure où tout procéderait de l’aléa, nous devrions bien admettre la fée de l’aléa, qui s’impose à nous arbitrairement ; inversement, si tout procédait de la fée, nous devrions bien admettre l’aléa de la fée, qui aurait très bien pu ne pas se dérouler arbitrairement ainsi. Bon. Jusque là, nous pouvions parler ainsi au nom de la contingence.
Mais enfin, en tant que la contingence ne désigne techniquement que cette motion psychologique idéaliste, aspirant au néant en pensant pouvoir transcender le réel — motion parfaitement infantile, accommodée à la pompe philosophique, — nous devons bien nous rendre à son contraire, que je nomme arbitrence, à savoir le terme de cette frustration inhérente à l’idéalisme du néant et de sa transcendance, de sorte que, pragmatiquement, nous nous rendions à l’arbitraire « de cette réalité-ci », bref : du réel, seul réel entre les virtualités que nous trépignons de concevoir. — Il va de soi que l’arbitrence admise, notre tempérament devient enfin réaliste, ce qui dit bien mature.
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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Ragnar II le Mar 7 Juin 2016 - 6:14

Philo a écrit:Le doumentaire est apparu sur Youtube :



À noter, à 24:00, l'émergence scientifique de ce qui ressemble fort à la doctrine de l'Éternel Retour du Même de Nietzsche ...

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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

Message  Malcolm le Mar 7 Juin 2016 - 11:04

Le post initial me fait encore songer à ceci :
Avis de brouillard sur l'aurore du monde...
On dit "avis de brouillard" "sur l'aurore du monde", en convoquant encore "l'univers".
Mais d'abord, dire univers signifie qu'il y a une unique version des choses, que nous partagerions, ce que l'oscillation quantique ou ne serait-ce que la relativité généralisée modulent foncièrement à leurs niveaux alter-réaliste & spatio-temporel. C'est intéressant et effectuel comme descriptions, mais cela présuppose toujours qu'il y ait un fond commun absolu, genre de toile sur laquelle se déroulerait encore nos sensings/scanings gnoséologiques. C'est donc qu'il s'agit d'un per-gnosticisme, où la gnose, aujourd'hui autant qu'hier, nous renverrait à l'arkhè (le principe, l'origine, le déterminant) - l'univers.

Ensuite, cet avis de brouillard, non seulement concerne-t-il la source, mais encore concerne-t-il la frontière, la limite, et la fin. C'est-à-dire qu'arrière, alentour & avant, nous découvrons ce brouillard, qui pourrait tout aussi bien dire que nous vivons dans "une bulle de savon" en-dehors de laquelle rien ne se déroule selon les règlements/régulations qu'il nous semble gnoso-scientifiquement extirper de l'univers ...
Autant de phénomènes esthétiques, soit donc sensitifs, quand bien même illusoirement "transcendés" par l'outillage analytique (le téléscope, le microscope, les axiomatiques - non-euclidiennes par exemple, - etc.). Car enfin, cet outillage est anthropodynamique, soit donc conçu pour épouser nos anthropismes.
Enfin et surtout, quand bien même nous pouvons nous faire une idée sur notre propre naissance, la scène primitive/originaire de l'accouplement parental nous reste un fantasme allégué. Alors quant au "tout" ...

La notion de monde-même, de même que celle de cosmos, renvoient à des entités esthétiques (cosmétique, par exemple ... ). Et ce n'est pas un hasard alors, que d'avoir employé la poésie de l'aurore pour désigner les commencements. Anthropisme du jour et de la nuit géocentriquement vécus, mais aussi projection gnostique encore, d'une gnose lumineuse, éclairante, etc.

En définitive, désirer connaître de façon flamboyante le "tout", c'est le beau rêve apollinien de qui ne supporte pas l'apparaître dionysiaque enivrant, soûlant peut-être, toujours déroutant-désorientant. On supporte communément mal, de vivre dans l'incertitude. Il nous faut consensuellement des "vérités absolues", des certitudes, des illusions vitales.
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Re: Avis de brouillard sur l'aurore du monde...

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