Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Philosophos le Lun 10 Nov 2014 - 16:29

Ragnar Lothbrok a écrit:
Philosophos a écrit:Oui, certes, mais le savant transforme la question "pourquoi ?" en "comment ?".
Non ! ... Quand une question est posée, elle ne peut plus être transformée.
La savant ne répond pas à la question "pourquoi ?", il répond à la question "comment ?", ou, autrement formulé et ainsi que tu l'as bien vu, il ne donne aucune explication de l'existence ou de l'essence des choses. Par exemple, à la question "pourquoi je souffre ?", la science répondra par exemple "parce que vous êtes malade, déprimé, etc.", alors que le prêtre bouddhiste répondra : "à cause de ton karma". La première réponse est une réponse à un "comment ?" (fonctionnement du corps), la seconde à un "pourquoi ?" (question existentielle). De ce fait, jamais la science ne parviendra, comme le croyaient certains savants, à faire disparaître la religion ou le besoin métaphysique, pour parler comme Kant.

C'est vite exclure le domaine de la philosophie traitant de la logique. C'est vite exclure le domaine de la philosophie traitant du matérialisme radical, qui fonde la science.
La science n'a pas eu besoin de la philosophie pour être fondée, pas plus que la religion n'a eu besoin de la métaphysique. La philosophie a commencé par de la poésie, et au XIXe siècle, Nietzsche écrit toujours de la poésie. Les logiciens n'ont que faire de la logique philosophique, Russel n'a jamais eu besoin de Hegel, un mathématicien d'un philosophe.

La science n'est ni plus ni moins modeste qu'au XIXe siècle, car c'est une méthode et rien d'autre. Cette méthode a évolué et continue d'évoluer aujourd'hui.
Au XIXe, on a voulu faire passer dans les sciences dures à peu près n'importe quoi, d'où les dérives raciales et autres.

Par ailleurs, oui, la démarche de la science est scientifique. C'est la moindre des choses.
Et elle n'est que cela.

C'est vraiment mal connaître la science que d'affirmer qu'elle ne remet pas en cause les découvertes du passé. Elle ne fait ou ne cherche à faire que ça !
La formule d'Archimède est toujours valable de nos jours. Platon, aux yeux de Nietzsche, n'avait plus aucune validité.

L'histoire de la philosophie, c'est intéressant, mais ce n'est pas de la philosophie ...
Il n'y a pas un seul philosophe qui ait pensé sans ses prédécesseurs. Pourquoi la philosophie devrait être le seul domaine de la pensée humaine où on ne devrait tenir aucun compte du passé ? Ce n'est pas l'histoire de la philosophie qui est à blâmer, pas plus que n'importe quelle histoire, mais le manque d'imagination de nos contemporains, qui ne produisent plus rien et qui nous obligent à regarder vers le passé.

Ceux qui annoncent que nous allons vivre 1000 ans ne sont pas des scientifiques, mais des charlatans et des journalistes en mal de sensations.
Pas du tout, c'est extrêmement sérieux.

Nietzsche, que tu cites chaque fois qu'il est question de science, il agissait en scientifique lorsqu'il procédait aux dosages expérimentaux de sa médication en vue d'atténuer ses souffrances.
Non, il agissait en drogué ! Il prenait de l'opium. C'est comme si tu me disais que le jeune qui fume un pétard agit en scientifique. Et, ironiquement, si la science l'avait soigné, il ne nous aurait jamais donné ses écrits. Qu'est-ce qui a fait de Nietzsche un génie ? Sa vie de crucifié !
Par ailleurs, c'est le seul philosophe qui ait fait une critique impitoyable de la science, y voyant à juste titre un ersatz de religion (du christianisme et de sa "volonté de vérité"), en un temps où tout le monde ne jurait que par elle. Il souhaitait la remettre à sa place, comme devant à l'avenir "construire des édifices cyclopéens", un outil à notre service, non une fin en soi, la fin dernière des choses étant du domaine de la philosophie, depuis Aristote (chez Nietzsche, le philosophe contemplateur est remplacé par le philosophe législateur, créateur de valeurs). Sa critique de la science est aussi une réponse à tous ceux qui l'accusent d'être le précurseur de l'eugénisme nazi.

Il a par ailleurs tenté aussi d'agir en scientifique pour essayer de justifier son éternel retour.
Très peu, il s'est vite rendu compte que la science ne lui apporterait rien pour une pensée qui dès la première seconde a été mystique (cf. l'histoire du rocher de Sils-Maria). Il n'a de toute façon utilisé la science que parce que son temps en était féru et la mettait à toutes les sauces. C'est aujourd'hui la partie la moins bonne de son oeuvre, non pas parce que la science de son époque n'était pas assez avancée, mais parce que la science n'est pour le philosophe qu'un instrument. Nietzsche l'utilisait comme Schopenhauer, pour prouver tout et n'importe quoi, que la matière est énergie, que les fantômes existent ou qu'il y a une Volonté dans les plantes. Caractéristique est à ce sujet la réaction méprisante de Schopenhauer à l'égard de Darwin, alors qu'il estimait bon nombre de savants de son temps, tout simplement parce que Darwin n'était pas compatible avec sa métaphysique.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Invité le Lun 10 Nov 2014 - 19:13

Ragnar Lothbrok a écrit:Après s'être posé la question de savoir pourquoi y il a quelque chose et pas rien, Leibniz rédige plusieurs centaines de pages consistant à tourner autour du pot sans jamais y mettre quoi que ce soit indiquant qu'il le sait ou qu'il est possible de le savoir.

J'aimerais bien accessoirement qu'on me dise où, dans quel ouvrage, " Leibniz rédige plusieurs centaines de pages ... " à propos de sa fameuse formule qu'on trouve dans " Principes de la nature et de la grâce " ( Qui fait à peine 6 pages en format de poche. ), celui qui dit ça ( Je soupçonne une énième ineptie ragnaro-apéricubienne. ) oublie dans quel contexte, pourquoi, Leibniz se pose cette question, qui n'a absolument rien de terrible pour lui.
Premièrement, elle n'a absolument rien d'ontologique. L'ontologie s'occupe de l'Être en tant que tel, et de rien d'autre.
Deuxièmement, oui, elle est complétement d'ordre métaphysique, elle ressort, émane, d'un Sujet de notre espèce face aux vertiges d'un monde, d'une vie, a priori sans Sens, à la perspective de la mort, etc., on est dans le registre, en plus apaisé, à la Leibniz, des vertiges pascaliens et autres néants cartésiens.
La question, plutôt pour être exact, l'aporie, pose clairement, au moment où elle fut formulée, la question de Dieu et dans l'ouvrage de Leibniz, il opte très vite à la suite pour cette solution qui à l'époque, selon lui, va de soi. Aujourd'hui, on peut opter pour l'alternative athée : il n'y a pas de pourquoi métaphysique à l'origine de toute chose, et l'homme est livré à lui-même. Ou donc, il y a un tel pourquoi métaphysique, ce qui revient à introduire Dieu d'une façon ou d'une autre.
Cette formule fait les choux gras, des vertiges pascaliens et autres néants, angoisses existentielles, etc., surtout si on ne connait pas Leibniz. Il suffit d'élaborer un tant soit peu la question pour que le " charme ", " l'ensorcellement ", " l'égarement ", " le vertige " métaphysiques, complétement propres au Sujet, opérés par la formule solitaire disparaissent aussi sec, l'aporie est levée ( Et j'ai sincèrement vu pire. ) : on peut donc passer à la suite : le problème du Dieu en soi. On connait la réponse de Leibniz qui fait système avec un Dieu architectonique, " horloger ", système que l'on peut significativement comparer à celui de Descartes.
Sade se posera lui aussi la question de l'origine de l'univers, et se heurtera au même mur logique que tous ceux qui se sont posés cette question ( Aristote le formalise dans sa " Physique " : soit on une itération de la cause à l'infini, soit l'univers a toujours existé, ce qui revient au même : on a un infini en acte, la seule possibilité scientifique d'un infini en acte connue à ce jour. Mais la difficulté était déjà connue avant, très tôt, même au temps des mythologies. ) et qualifiera ce problème de, je cite " nec plus ultra de l'ignorance ".  Il a bien raison, même sans Dieu, on a tout de même furieusement envie de savoir. Mais en bon athée radical, fin comptable, fin stratège, qu'il était, il avait parfaitement compris que débarrasser cette question de son volet métaphysique, via l'athéisme donc, la déprimait, la dépréciait, radicalement. Dans ce cas, il ne tient qu'à l'homme de devenir Homme, et à rien d'autre.

Lequel est le premier, l'oeuf ou la poule ?
Solution ( Et non " réponse ", c'est une aporie. ) : théorie de l'évolution. Et on sait parfaitement aujourd'hui que dans l'histoire du vivant, l'apparition de l'oeuf, c'est à dire, définition scientifique, la fusion d'un gamète femelle et d'un gamète mâle, est de très très loin antérieure à l'apparition de la poule, des oiseaux, idem pour l'oeuf externe ( Poissons, insectes, etc. ), idem pour l'oeuf externe à coquille dure ( Certains reptiles, etc. ), ici la poule est une tard venue !


Dernière édition par Neopilina le Lun 10 Nov 2014 - 23:26, édité 1 fois
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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Juliette le Lun 10 Nov 2014 - 20:34

Princeps a écrit:
juliette.soyer a écrit:Or, la science est plus rapide que la philosophie, car elle a non seulement le moyen de se poser des questions, mais aussi d'y répondre.
En poussant le raisonnement, tu en arrives à dire que la philosophie n'apporte rien, pas de réponse.

Non, en poussant le raisonnement, j'en arrive à dire que la philosophie apporte moins d'informations que la science. Enfin... je veux dire qu'elles combinent ensemble, qu'elles se complètent. La philosophie a été la première des deux à se poser des questions, mais la science est, quant à elle, la première à proposer des réponses (ou, du moins, des hypothèses) à ces problématiques.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Invité le Lun 10 Nov 2014 - 21:02

Ce sont deux domaines du savoir radicalement différents, épistémologiquement, en terme d'objets, de méthodes, de résultats, etc.
Et cette distinction claire aujourd'hui est pourtant le résultats de très très nombreux siècles de tâtonnements.
Même si le premier scientifique, au sens moderne, épistémologique, du terme, est Aristote, il faudra attendre le XVII° siècle pour avoir un essor autonome de la science, via le rejet de la domination scolastique ( Cruelle ironie pour Aristote ! ).
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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Lun 10 Nov 2014 - 22:22

Philosophos a écrit:La savant ne répond pas à la question "pourquoi ?", il répond à la question "comment ?", ou, autrement formulé et ainsi que tu l'as bien vu, il ne donne aucune explication de l'existence ou de l'essence des choses. Par exemple, à la question "pourquoi je souffre ?", la science répondra par exemple "parce que vous êtes malade, déprimé, etc.", alors que le prêtre bouddhiste répondra : "à cause de ton karma". La première réponse est une réponse à un "comment ?" (fonctionnement du corps), la seconde à un "pourquoi ?" (question existentielle). De ce fait, jamais la science ne parviendra, comme le croyaient certains savants, à faire disparaître la religion ou le besoin métaphysique, pour parler comme Kant.

Pas d'accord sur la question du « pourquoi » ! Le savant répond comme le philosophe à la question « pourquoi ». Seule la réponse diffère.

La réponse à la question du « pourquoi » donnée par la science est un « comment » et seule la réponse est alors un comment. Pas la question.

La réponse à la question du « pourquoi »donnée par la philosophie est ce que le philosophe veut ou peut répondre selon son talent et son entendement personnels.

La différence entre la science et la philosophie, face à la question de tous les « pourquoi », c'est que la première répond par une explication et donc un « comment », mais quand elle le peut, car elle ne le peut pas toujours et le reconnaît sans problème, tandis que la seconde répond par ce qu'elle veut comme elle veut quand elle veut, selon la volonté, les capacités et l'entendement de celui qui répond.

Encore une fois, je l'affirme sans problème, toute question débutant par le terme « pourquoi » est une interrogation sur le « pourquoi » et pas sur le « comment ». La science et la philosophie répondent à cette question chacune à sa façon. C'est simple. Et c'est tout.

Philosophos a écrit:
C'est vite exclure le domaine de la philosophie traitant de la logique. C'est vite exclure le domaine de la philosophie traitant du matérialisme radical, qui fonde la science.
La science n'a pas eu besoin de la philosophie pour être fondée, pas plus que la religion n'a eu besoin de la métaphysique. La philosophie a commencé par de la poésie, et au XIXe siècle, Nietzsche écrit toujours de la poésie. Les logiciens n'ont que faire de la logique philosophique, Russel n'a jamais eu besoin de Hegel, un mathématicien d'un philosophe.

C'est vite exclure les mathématiques si chères à Platon, Descartes et Leibniz, mathématiques qui forment le champ de validité d'une logique inflexible ...

Lorsque Platon fait de la géométrie des polygones a trois dimensions, lorsque Descartes invente la géométrie analytique liée aux coordonnées qui portent son nom et lorsque Leibniz établit les bases du calcul infinitésimal et différentiel, ces trois-là ne le savent certainement pas à leur époque, mais ils construisent les outils indispensables plus tard à Albert Einstein pour développer la relativité et à Max Planck pour fonder la physique quantique.

Or, par un retour des choses assez inattendu, la relativité et la physique quantique remettent en selle d'une façon toute nouvelle des idées philosophiques d'une importance capitale, comme celle du temps, de la détermination, du libre arbitre, du mal et de la théodicée (et oui, du mal et de la théodicée !).

Je poserais alors la question suivante : Pourquoi tant de haine envers la science ? (Je sais bien que tu ne hais pas la science, c'est une simple image ...). Pourquoi tant de haine, donc ?

Philosophos a écrit:
La science n'est ni plus ni moins modeste qu'au XIXe siècle, car c'est une méthode et rien d'autre. Cette méthode a évolué et continue d'évoluer aujourd'hui.
Au XIXe, on a voulu faire passer dans les sciences dures à peu près n'importe quoi, d'où les dérives raciales et autres.

Ça a bien changé, depuis. Mais tout n'est pas rose pour autant, en science. Il se pose aujourd'hui à la science le problème des humains trop humains qui sont passés maîtres es-science en tricherie de la pire espèce. Ils finiront bien par se faire coincer, mais en attendant, c'est là une vraie plaie, le plus souvent parfaitement ignorée de presque tous, philosophes compris.

Philosophos a écrit:
Par ailleurs, oui, la démarche de la science est scientifique. C'est la moindre des choses.
Et elle n'est que cela.

C'est exact !

La science est par définition exclusivement scientifique, contrairement à la philosophie, qui est parfois philosophique et parfois scientifique (voir plus haut les camarades mathématiciens Platon, Descartes et Leibniz)

Philosophos a écrit:
C'est vraiment mal connaître la science que d'affirmer qu'elle ne remet pas en cause les découvertes du passé. Elle ne fait ou ne cherche à faire que ça !
La formule d'Archimède est toujours valable de nos jours.
C'est vraiment mal connaître la science que d'ignorer que si la formule d'Archimède est toujours valable aujourd'hui, c'est dans le cadre d'un champ de validité bien défini. Cette formule a été réfutée dans le champ de validité tenant compte de deux variables, celle de la température des matériaux et celle de l'élasticité des matériaux. (Sans ses deux variables ajoutées aux calculs, les plus gros sous-marins du monde auraient de sérieux problèmes pour bien se maintenir entre deux eaux.)

La formule d'Archimède prospère et se développe au sein d'une théorie englobante tenant compte de variables nouvelles par rapport à l'époque d'Archimède.

Il faut revoir le camarade Popper, au rayon de la réfutabilité des théories qui peuvent parfois prospérer et se développer au sein de théories nouvelles et englobantes, mais pas destructrices.

Philosophos a écrit:Platon, aux yeux de Nietzsche, n'avait plus aucune validité.

Nietzsche me semble avoir réfuté le dualisme de Platon, mais pas sa géométrie.

Philosophos a écrit:
L'histoire de la philosophie, c'est intéressant, mais ce n'est pas de la philosophie ...
Il n'y a pas un seul philosophe qui ait pensé sans ses prédécesseurs. Pourquoi la philosophie devrait être le seul domaine de la pensée humaine où on ne devrait tenir aucun compte du passé ? Ce n'est pas l'histoire de la philosophie qui est à blâmer, pas plus que n'importe quelle histoire, mais le manque d'imagination de nos contemporains, qui ne produisent plus rien et qui nous obligent à regarder vers le passé.

Ah ça, tu l'as bien dit : il y a un manque d'imagination de pas mal de nos contemporains. Je ne les mettrais cependant pas tous dans le même sac.

J'explore et travaille un peu sur la nouvelle philosophie de l'information, et les idées qui sont développées au sein de cette nouvelle philosophie ont de quoi ravir quiconque s'intéresse à ce nouveau champ de la pensée. Cette nouvelle philosophie a l'heur de charmer littéralement quiconque s'y intéresse vraiment, ou plutôt qui a le goût de s'y intéresser. Je ne  pense pas qu'on puisse lier la science moderne et la philosophie, y compris celle de l'histoire, si bien qu'avec la nouvelle philosophie de l'information.

Philosophos a écrit:
Ceux qui annoncent que nous allons vivre 1000 ans ne sont pas des scientifiques, mais des charlatans et des journalistes en mal de sensations.
Pas du tout, c'est extrêmement sérieux.

Non, ce n'est pas sérieux en ce sens que c'est de la spéculation pure proposée par des tricheurs qui extrapolent avec une facilité déplorable et indigne du vrai travail des vrais scientifiques. Les théories avancées par la prospective se heurtent toutes à un horizon événementiel relativement proche du présent et au-delà duquel personne ne peut rien dire, et ce qu'on ne peut pas dire, il faut le taire, comme le dit si bien le camarade Witgennstein ... Les voyages interstellaires font par exemple partie de cette espèce de spéculation, alors que le Concorde est mort et que le voyage d'êtres humains vers Mars en est à des idioties exemplaires ...

Philosophos a écrit:
Nietzsche, que tu cites chaque fois qu'il est question de science, il agissait en scientifique lorsqu'il procédait aux dosages expérimentaux de sa médication en vue d'atténuer ses souffrances.
Non, il agissait en drogué ! Il prenait de l'opium. C'est comme si tu me disais que le jeune qui fume un pétard agit en scientifique. Et, ironiquement, si la science l'avait soigné, il ne nous aurait jamais donné ses écrits. Qu'est-ce qui a fait de Nietzsche un génie ? Sa vie de crucifié !

Et l'opium que prenait Nietzsche, ce n'est pas un des antalgiques les plus puissants de la pharmacopée ? Nietzsche était drogué, certes, mais d'où venait son état de drogué, sinon de tentatives antérieures de s'arrêter de souffrir ? Et ne procédait-il pas à des pesées très précises pour doser sa médication, car si l'opium est une drogue, c'est aussi un médicament destiné à soulager de la douleur s'il est dosée avec précision, ce que Nietzshce savait manifestement très bien.

Et procéder à des pesées minutieuse d'un agent antalgique actif, c'est de la science. De la science très élémentaire, certes, mais de la science quand même. Comme celle de l'étudiant en pharmacie (un jeune, donc) que j'ai connu à Toulouse dans les années 60 et qui se droguait au LSD qu'il produisait en cachette à la faculté de médecine et qu'il vendait à ses copains pour payer ses frais d'étude ...

Philosophos a écrit:Par ailleurs, c'est le seul philosophe qui ait fait une critique impitoyable de la science, y voyant à juste titre un ersatz de religion (du christianisme et de sa "volonté de vérité"), en un temps où tout le monde ne jurait que par elle.

Nietzshce vivrait aujourd'hui, il se rendrait vite compte que toute « volonté de vérité » a complètement disparu de la circulation, en science.

La science ne se joue plus aujourd'hui que sur le terrain du probabilisme et de la remise en question permanente, ce qui la place loin du christianisme, pour qui pas un chrétien n'est prêt à remettre en question la résurrection des corps, pour ne parler que de cette douce folie soutenue par la foi, c'est-à-dire par une tautologie tout à fait ordinaire.

Nietzshce dit par ailleurs qu'à force de nous faire parler de vérité par le christianisme, nous avons cherché à savoir ce que c'était, ça, la vérité, et non seulement Dieu en est mort, mais on peut affirmer aujourd'hui sur la lancée d'une telle analyse psychologique qu'en vérité, en toute petite vérité, la vérité en tant que telle, la vérité de l'essence de la vérité, hé bien ça n'existe pas. C'est aujourd'hui l'une des idées premières de la science : la vérité n'existe pas.

En fait, la science se contente de ne pas dire n'importe quoi tout en étant consciente de ne pas constituer le moyen d'explorer la totalité du réel. L'art (le roman, le théâtre, le cinéma) et la philosophie peuvent très bien permettre d'explorer le monde aussi, en établissant toutefois des chemins de traverse pouvant très bien mener à la science, qui peut de son côté renvoyer à son tour à l'art et à la philosophie. C'est tout au moins mon « crédo ».

Ne se complaire QUE dans la philosophie (ou QUE dans la science, au demeurant), c'est pour moi un manque de vigueur intellectuelles, un appauvrissement regrettable.

Philosophos a écrit:Il souhaitait la remettre à sa place, comme devant à l'avenir "construire des édifices cyclopéens", un outil à notre service, non une fin en soi, la fin dernière des choses étant du domaine de la philosophie, depuis Aristote (chez Nietzsche, le philosophe contemplateur est remplacé par le philosophe législateur, créateur de valeurs). Sa critique de la science est aussi une réponse à tous ceux qui l'accusent d'être le précurseur de l'eugénisme nazi.

La science s'est remise toute seule à sa place en tant que moyen. L'association de la science et de l'eugénisme nazi est aujourd'hui une connerie pure. Il y a bien un eugénisme proposé par la science avec l'IVG, le diagnostic prénatal ou préimplantatoire, mais cet eugénisme est individuel. Ce n'est pas un eugénisme d'État et encore moins un eugénisme nazi.

Cela dit, personne n'est à l'abris d'un eugénisme d'état, comme cela s'est passé pendant un demi-siècle et comme ça continue de se passer en Chine. Si la science est un outil comme un autre, un moyen comme un autre, personne ne peut garantir qu'elle ne servent qu'à des fins nobles et jamais à des fins viles. Le marteau peut comme la science servir à bâtir sa maison ou à casser la tête de son voisin. Il ne viendrait jamais à personne l'idée d'accuser le marteau. C'est pareil ou ça devrait l'être pour la science.

Philosophos a écrit:
Il a par ailleurs tenté aussi d'agir en scientifique pour essayer de justifier son éternel retour.
Très peu, il s'est vite rendu compte que la science ne lui apporterait rien pour une pensée qui dès la première seconde a été mystique (cf. l'histoire du rocher de Sils-Maria). Il n'a de toute façon utilisé la science que parce que son temps en était féru et la mettait à toutes les sauces. C'est aujourd'hui la partie la moins bonne de son oeuvre, non pas parce que la science de son époque n'était pas assez avancée, mais parce que la science n'est pour le philosophe qu'un instrument. Nietzsche l'utilisait comme Schopenhauer, pour prouver tout et n'importe quoi, que la matière est énergie, que les fantômes existent ou qu'il y a une Volonté dans les plantes. Caractéristique est à ce sujet la réaction méprisante de Schopenhauer à l'égard de Darwin, alors qu'il estimait bon nombre de savants de son temps, tout simplement parce que Darwin n'était pas compatible avec sa métaphysique.
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Le « déjà vu » dont nous parle Nietzshc avec son rocher de Sils-Maria est un phénomène parfaitement analysé et connu par la neuropsychologie (simple remarque, en passant). Si donc Nietzshce avait été au courant de ça, nous pouvons nous interroger sur le caractère mystique qu'il lui aurait accordé, le malheureux.

S'il n'a pas persisté en science pour tenter de justifier son éternel retour, c'est surtout parce qu'il s'est très vite rendu compte qu'il était incapable de résoudre une simple équation à deux inconnues et encore moins un calcul différentiel ou infinitésimal. Tout ça lui aurait peutêtre permis au moins de résoudre à son époque le paradoxe de la flèche de zénon en replaçant peut-être l'éternité de l'instant sur le plan d'une simple tangente en un point déterminé sur une courbe. Mais je sens bien que je te parle là en chinois mêlé d'hébreu ou de swahili. Ce n'est pas grave. Je pourrais t'expliquer, si tu le veux. Et je sens que tu ne le voudras pas, ce qui n'est pas grave non plus ...

La valeur du point de vue de Shopennhauer sur Darwin est nulle. N'importe qui en est capable avec la gratuité la plus absolue.

Mais la pensée de Darwin est aujourd'hui parfaitement vérifiée, contrairement à celle de Shopennhauer sur les couleurs, qui, sous l'apparence d'un savoir véritable avance en réalité des faussetés décelables par quiconque a déjà été confronté à la science des couleurs établie par le camarade Newton.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Mar 11 Nov 2014 - 6:15

Neopilina a écrit:J'aimerais bien accessoirement qu'on me dise où, dans quel ouvrage, " Leibniz rédige plusieurs centaines de pages ... " à propos de sa fameuse formule qu'on trouve dans " Principes de la nature et de la grâce " ( Qui fait à peine 6 pages en format de poche. ), celui qui dit ça ( Je soupçonne une énième ineptie ragnaro-apéricubienne. ) oublie dans quel contexte, pourquoi, Leibniz se pose cette question, qui n'a absolument rien de terrible pour lui.

Si la question de savoir pourquoi il y a quelque chose au lieu du néant n'a rien de terrible pour Leibniz, le métaphysicien que tu es devrait être en mesure de nous dire pourquoi Leibniz ne répond nulle part à cette question, tout en tournant sur au moins la moitié de son œuvre (des centaines de pages, eh oui, mon vieux) autour de tout ce qui pourrait apporter une réponse à cette question sans pourtant être capable de le faire.

Neopilina a écrit:Premièrement, [la question de savoir pourquoi il y a quelque chose et pas rien] n'a absolument rien d'ontologique. L'ontologie s'occupe de l'Être en tant que tel, et de rien d'autre.

« Heidegger effectue le retour à la question de l'être et, plus précisément, à la question du sens de l'être : Qu'en est-il de l'être en tant qu'être ?. Pour Heidegger, la question semble vouée à renaître perpétuellement de ses cendres sous la forme la plus insidieuse des interrogations : Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

(Je cite le Larousse encyclopédique posé sur mon piano, à côté de ma bouteille de vinaigre. Je ne plaisante pas, je te jure, j'adore jouer du piano en prenant de temps en temps une toute petite gorgée de vinaigre balsamique que je fais venir tout droit de Toscane même si ça me coûte les yeux de la tête.)

Mais pour revenir à nos moutons, à moins que Larousse ne se goure, Heidegger se pose la question de l'être en tant qu'être et en vient à la question de savoir pourquoi y il a quelque chose plutôt que rien, qui est une question du sens de l'être en tant que regard ponctuel sur l'être en tant que tel, mais ce n'est pas de l'ontologie, tout ça, contrairement à ce que dit Heidegger, puisque toi, Neopilina, tu dis que c'est de la métaphysique en disant que la question de savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien, c'est de la métaphysique et pas de l'ontologie, contrairement à ce que dit Heidegger.

Y va falloir vous mettre d'accord, là, tous les deux, Heidegger et toi, parce que moi, là, pfuiii, ça me donne le vertige, toute cette métaphysique de sommets apocalyptiques de la pensée se pensant elle-même, dis donc ! … Tiens, je vais prendre un petit fromage. Ça va me faire du bien. T'en veux un ?

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Juliette le Mar 11 Nov 2014 - 10:38

Neopilina a écrit:Ce sont deux domaines du savoir radicalement différents, épistémologiquement, en terme d'objets, de méthodes, de résultats, etc.

Effectivement, même s'ils ont tous deux le même objectif. Ils prennent en revanche des chemins différents l'un de l'autre, afin d'essayer toutes les pistes.
Je vais partager un exemple, qui, quoique un peu simplet, a le mérite d'être cohérent (selon moi). Imaginez la science et la philosophie, deux amis de longue date, en vacances. Ils dont une randonnée, et marchent jusqu'à un croisement de deux chemins (il faut savoir que les deux chemins mènent à la même ville) Celui de gauche est un raccourci, mais il est très caillouteux, et la progression est difficile. Quant à celui de droite, c'est une superbe route, toute lisse, mais elle est, quant à elle, très longue. On pourrait émettre une hypothèse comme quoi la philosophie décide d'emprunter le chemin de gauche, et la science, celui de droite.

Neopilina a écrit:Et cette distinction claire aujourd'hui est pourtant le résultats de très très nombreux siècles de tâtonnements.

Oui, et pour en revenir à mon exemple, la science est aujourd'hui plus en avance que la philosophie.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Philosophos le Mar 11 Nov 2014 - 12:01

juliette.soyer a écrit:Celui de gauche est un raccourci, mais il est très caillouteux, et la progression est difficile. Quant à celui de droite, c'est une superbe route, toute lisse, mais elle est, quant à elle, très longue. On pourrait émettre une hypothèse comme quoi la philosophie décide d'emprunter le chemin de gauche, et la science, celui de droite.
Tiens, j'aurais dit l'inverse, non par esprit de contradiction, mais parce que la science s'interdit toute facilité. Sur ce point, je suis d'accord avec Ragnar, sauf que j'en tire la conclusion inverse : la philosophie ne se mélange pas à la science et ses buts ne sont pas les mêmes, compréhension du monde pour la science, compréhension des questions existentielles pour la philosophie, qui est à mon avis le pendant plus rationnel de la religion, qui n'est pas totalement irrationnelle. On a beau jeu de critiquer la fausseté des philosophies du passé, mais on se trompe de critère ! Le vrai n'est pas un critère pour juger d'une philosophie.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Juliette le Mar 11 Nov 2014 - 12:47

Philosophos a écrit: Tiens, j'aurais dit l'inverse, non par esprit de contradiction, mais parce que la science s'interdit toute facilité.

Oui, si l'on prend en compte les critères de la science et de la philosophie, alors les chemins choisis seront inversés. Or, je parle ici de leur progression dans le temps, de leur avancée dans leurs recherches dans la compréhension du monde et des questions existentielles.

Philosophos a écrit: La philosophie ne se mélange pas à la science et ses buts ne sont pas les mêmes, compréhension du monde pour la science, compréhension des questions existentielles pour la philosophie.

Leurs buts sont les mêmes, mais ils empruntent tous deux des parcours différents pour y arriver. Tandis que la philosophie préfère en discuter calmement, avec réflexion et en formulant diverses hypothèses et des problématiques de taille, la science a choisit l'action, et préfère, quant à elle, de rechercher des solutions non pas dans notre esprit, mais dans la nature (dissections, vivisections, observations, opérations, etc..).

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Message  Ragnar I le Mar 11 Nov 2014 - 13:37

Philosophos a écrit:On a beau jeu de critiquer la fausseté des philosophies du passé, mais on se trompe de critère ! Le vrai n'est pas un critère pour juger d'une philosophie.

Le vrai n'est pas un critère pour juger quoi que ce soit en science non plus. L'application de la méthode scientifique consiste à se garder de dire n'importe quoi. Ce n'est pas pareil ...

Mais quiconque a le droit de dire que tel ou tel élément de philosophie ne tient debout que pour la seule raison qu'il exprime une idée propre à un écrivain dans un cadre historique, biographique, psychologique, sociologique qui lui est propre.

La philosophie, c'est de la littérature. De la poésie, comme tu le soulignes par ailleurs. Et en littérature comme en poésie, il est permis de penser juste, oui, certes, ou de dire carrément n'importe quoi, ce que la science s'interdit formellement.

Lorsque l'écrivain pense juste en ce sens que la politique, la logique, la dialectique, l'éthique, l'esthétique et la science DE NOTRE ÉPOQUE confirment cette justesse, alors une passerelle solide existe ou est construite solidement entre la philosophie et la science. Un point c'est tout.

Toute séparation totalitaire, absolue, dogmatique entre la science et la philosophie est de mon point de vue l'expression d'une véritable faiblesse intellectuelle doublée d'une parfaite idiotie.

Ce genre de discrimination entre la science et la philosophie est réfutée par la nouvelle philosophie de l'information, dont seuls ceux qui ne s'y intéressent pas pour des raisons qui les regardent ne peuvent saisir la portée en tant que liaison intime, solide, évidente entre la science et la philosophie.

.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Kercoz le Mar 11 Nov 2014 - 13:50

Ragnar Lothbrok a écrit:
kercoz a écrit:La question de l' infini ou de la finitude du temps et de l' espace me semble hors de portée de la science .....comme à celle de la philo d'ailleurs .

Non seulement la question du temps se trouve à portée de la science, mais elle a été envisagée de façon remarquable sur deux plans.

Celui de la biologie. Celui de la physique.

Augustin d'Hipponne nous dit fort justement que si on ne lui demande pas ce qu'est le temps, il le sait, mais que si on le lui demande, il ne le sait pas.

La biologie dit explicitement que la sensibilité à ce que l'humain nomme « temps » est une émergence du vivant.
Augustin serait content d'apprendre qu'il sait comme tout le monde ce qu'est le temps car il en ressent les effets, certes illusoires, mais nécessaires aussi, car ils sont le résultat de l'évolution du vivant et de la sélection naturelle des espèces.

La physique dit explicitement que le temps n'existe pas.
Augustin serait content d'apprendre que s'il ne sait pas ce qu'est le temps, c'est parce qu'il lui est impossible de le définir. Et si cela est impossible, c'est parce qu'il est impossible de définir une chose qui n'existe pas.

.

Les termes "à portée" sous entendent à porté d' une résolution , d' une explication ...la science résoud souvent u n problème en le nommant , ce qui n'est pas une résolution......mais là elle donne des piste différente et elle passe à autre chose .

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Mar 11 Nov 2014 - 14:08

juliette.soyer a écrit: Imaginez la science et la philosophie, deux amis de longue date, en vacances. Ils dont une randonnée, et marchent jusqu'à un croisement de deux chemins (il faut savoir que les deux chemins mènent à la même ville) Celui de gauche est un raccourci, mais il est très caillouteux, et la progression est difficile. Quant à celui de droite, c'est une superbe route, toute lisse, mais elle est, quant à elle, très longue. On pourrait émettre une hypothèse comme quoi la philosophie décide d'emprunter le chemin de gauche, et la science, celui de droite.

Pour compléter la métaphore, je dirais qu'il existe une multitude de sentiers de traverse, de ponts, de passerelles, de liaisons de toutes sortes entre ces deux chemins.

juliette.soyer a écrit:Oui, et pour en revenir à mon exemple, la science est aujourd'hui plus en avance que la philosophie.

Surtout pour lutter contre la syphilis dont a tant souffert le camarade Nietzsche, pour ne citer que cette exemple emblématique.

Car parfois, constatant que la souffrance pouvait être la cause du génie, comme avec celle provoquée par la maladie de Nietzsche ou la surdité de Beethoven, on se demande si certains penseurs ne seraient pas tenter de dire qu'il suffirait d'aller se choper le sida au bordel sans préservatif ou de se crever les tympans pour devenir un génie de la philosophie ou de la musique. Pourquoi ne pas se crever les yeux pour devenir un génie de la peinture ou du cinéma, tant qu'on y est ?

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Mar 11 Nov 2014 - 14:24

kercoz a écrit:
Ragnar Lothbrok a écrit:Non seulement la question du temps se trouve à portée de la science, mais elle a été envisagée de façon remarquable sur deux plans. Celui de la biologie. Celui de la physique.

Les termes "à portée" sous entendent à porté d' une résolution , d' une explication ...la science résoud souvent u n problème en le nommant , ce qui n'est pas une résolution......mais là elle donne des piste différente et elle passe à autre chose .

Alors je vais exprimer la chose en des termes différents :

Non seulement la question du temps se trouve dans le champ d'exploration de la science, mais elle a été résolue de façon remarquable sur deux plans. Celui de la biologie. Celui de la physique.

Cela dit, je n'ai jamais entendu parler de « résolution du problème en le nommant », de la part de la science. Par contre je vois souvent la science nommer des hypothèses de travail sur des problèmes non résolus, qui le seront ou ne le seront pas, suivant le résultats des recherches subséquentes.

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Philosophos le Mar 11 Nov 2014 - 16:02

juliette.soyer a écrit:Leurs buts sont les mêmes, mais ils empruntent tous deux des parcours différents pour y arriver. Tandis que la philosophie préfère en discuter calmement, avec réflexion et en formulant diverses hypothèses et des problématiques de taille, la science a choisit l'action, et préfère, quant à elle, de rechercher des solutions non pas dans notre esprit, mais dans la nature (dissections, vivisections, observations, opérations, etc..).
La science ne cherche aucunement à répondre aux questions existentielles. Je tiendrais d'ailleurs pour un très mauvais savant celui qui chercherait à répondre à des questions sur la nature de l'âme ou l'existence de Dieu. Il n'est pas prêt d'obtenir des résultats concrets (la seule chose qui l'intéresse) ! *Lol*

Ragnar Lothbrok a écrit:La philosophie, c'est de la littérature. De la poésie, comme tu le soulignes par ailleurs. Et en littérature comme en poésie, il est permis de penser juste, oui, certes, ou de dire carrément n'importe quoi, ce que la science s'interdit formellement.
Dans ce cas, je préfère la liberté de la philosophie, qui peut s'abstraire des contraintes de la nature ou de l'esprit !

Toute séparation totalitaire, absolue, dogmatique entre la science et la philosophie est de mon point de vue l'expression d'une véritable faiblesse intellectuelle doublée d'une parfaite idiotie.
Dans ce cas, la science devrait m'intéresser autant que la philosophie, alors que la science ne m'intéresse pas du tout. Elle ne répond pas à mes questions sur la vie, ce que fait la philosophie. Par exemple, Schopenhauer me parle de mon angoisse face au monde, alors que cette angoisse te fait rigoler, comme tous les savants apparemment. Ou bien, tu vas sortir une réponse à un "comment ?", en m'expliquant que c'est la faute de mon cerveau et me prescrire une TCC ! *Lol*

Surtout pour lutter contre la syphilis dont a tant souffert le camarade Nietzsche, pour ne citer que cette exemple emblématique.
Comme s'il n'avait pas pris goût à la drogue, l'ami Nietzsche (et pas qu'à la drogue wagnérienne) ! Il dit dans une lettre que le soir, il va prendre de l'opium jusqu'à en mourir, à cause de... Lou Salomé !

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Invité le Mar 11 Nov 2014 - 16:17

Qui parle de " séparation totalitaire, absolue, dogmatique entre la science et la philosophie " !? Ragnar bien sûr !
On parle d'une claire distinction en terme d'épistémologie, qui plus elle sera claire, nette, décrite, sera bénéfique aux deux, et bien sûr, cette différence de " nature ", ne s'oppose en rien à un Dialogue. Je rappelle que si pour nous cette différence est une évidence, il a fallu le XVII° siècle pour que ça devienne le cas ( Nécessaire divorce qu'avaient pressenti les éléates et l'Aristote " final " ( Il y a l'Aristote platonicien pur sucre, l'Aristote d'Assos et l'Aristote final, qui inaugure, le premier, la méthode scientifique. C'est à cause de ce tournant épistémologique qu'il ne terminera pas sa " Métaphysique ". ).
Le progrès c'est la science, les sciences humaines, et ce Dialogue.
" Science sans conscience ... "


Dernière édition par Neopilina le Mar 11 Nov 2014 - 18:11, édité 1 fois
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Message  Kercoz le Mar 11 Nov 2014 - 16:37

Philosophos a écrit:
La science ne cherche aucunement à répondre aux questions existentielles.

Pourtant les capacités de nos outils modernes permettent d'accéder à une réalité a laquelle les philosophes anciens ne pouvaient accéder .
La remise en cause du déterminisme scientifique est désormais admise et c'est un changement de paradignme très fort .......les systèmes complexes et la th.du Chaos sont de plus accessibles a quiconque se donne la peine de s' y pencher ( bac + 0,5) .

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Mer 12 Nov 2014 - 4:51

Philosophos a écrit:La science ne cherche aucunement à répondre aux questions existentielles. Je tiendrais d'ailleurs pour un très mauvais savant celui qui chercherait à répondre à des questions sur la nature de l'âme ou l'existence de Dieu. Il n'est pas prêt d'obtenir des résultats concrets (la seule chose qui l'intéresse) ! *Lol*

La nature de l'âme ? Quelle âme ? Qu'est-ce que c'est, ça, l'âme ?

Réponse de la philosophie matérialiste radicale alliée à la science : L'âme, c'est la personnalité d'un individu. La nature de l'âme, c'est l'essence d'une personnalité. Ce que la philosophie appelle l'âme, c'est ce que le matérialisme et la science appellent la personnalité.

Après, nous pouvons toujours étudier l'âme en tant que noumène kantien, monade leibnizienne, conviction cartésienne ou foi paulinienne, par exemple, mais lorsque nous avons fait le tour de ces choses, nous nous apercevons que nous avons étudié en réalité de la littérature, de la poésie, de la rhétorique, de la théologie et de l'histoire, ce que peux parfaitement permettre Marcel Proust, Jacques Prévert, Rosetta Stone, Isaac Asimov et André Castelot ainsi que les centaines de milliers de rédacteurs extrêmement talentueux, mais que les philosophes de la philosophie philosophante ne considèrent pas comme des philosophes (on se demande bien pourquoi !).

Philosophos a écrit:
Ragnar Lothbrok a écrit:La philosophie, c'est de la littérature. De la poésie, comme tu le soulignes par ailleurs. Et en littérature comme en poésie, il est permis de penser juste, oui, certes, ou de dire carrément n'importe quoi, ce que la science s'interdit formellement.
Dans ce cas, je préfère la liberté de la philosophie, qui peut s'abstraire des contraintes de la nature ou de l'esprit !

C'est exact ! La philosophie te rend parfaitement libre de penser juste ou de dire n'importe quoi ! ...  

C'est d'ailleurs dans le domaine exclusif de la pensée juste que des passerelles solides existent ou peuvent être construites entre la science et la philosophie.

Philosophos a écrit:
Toute séparation totalitaire, absolue, dogmatique entre la science et la philosophie est de mon point de vue l'expression d'une véritable faiblesse intellectuelle doublée d'une parfaite idiotie.
Dans ce cas, la science devrait m'intéresser autant que la philosophie, alors que la science ne m'intéresse pas du tout. Elle ne répond pas à mes questions sur la vie, ce que fait la philosophie. Par exemple, Schopenhauer me parle de mon angoisse face au monde, alors que cette angoisse te fait rigoler, comme tous les savants apparemment. Ou bien, tu vas sortir une réponse à un "comment ?", en m'expliquant que c'est la faute de mon cerveau et me prescrire une TCC ! *Lol*

Si tu as raison de dire que ton angoisse me fait rigoler, mais tu as tort de dire que tous les savants rigolent de ton angoisse. Certains d'entre eux savent traiter l'angoisse de façon surprenante en commençant par chercher POURQUOI tu es anxieux. Ce n'est qu'ensuite qu'il pourront peut-être t'expliquer COMMENT tu pourrais de libérer de ton angoisse.

Cela dit, Épicure  (un philosophe, si je ne me trompe pas), il te conseille de ne pas te faire trop de soucis face au monde, car le bonheur est possible, te dit-il avec bienveillance. Mais tu es libre de te plaire en compagnie de Schopenhauer et pas en compagnie d'Épicure, naturellement.

Philosophos a écrit:
Surtout pour lutter contre la syphilis dont a tant souffert le camarade Nietzsche, pour ne citer que cette exemple emblématique.
Comme s'il n'avait pas pris goût à la drogue, l'ami Nietzsche (et pas qu'à la drogue wagnérienne) ! Il dit dans une lettre que le soir, il va prendre de l'opium jusqu'à en mourir, à cause de... Lou Salomé !

Oui, c'est juste, à propos de Lou Salomé, qui lui avait « troué l'cul », comme on dit métaphoriquement chez « les djeunes de banlieue ».

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Mer 12 Nov 2014 - 5:13

Neopilina a écrit:Qui parle de " séparation totalitaire, absolue, dogmatique entre la science et la philosophie " !? Ragnar bien sûr !

Bien sûr que c'est Ragnar qui parle de ça. Ça t'étonnes ?

Serais-tu atteint de cécité pour ne pas te rendre compte que la séparation dont parle Ragnar, tu l'as ici même, sur ce forum, sous tes yeux ?

Neopilina a écrit:On parle d'une claire distinction en terme d'épistémologie, qui plus elle sera claire, nette, décrite, sera bénéfique aux deux, et bien sûr, cette différence de " nature ", ne s'oppose en rien à un Dialogue. Je rappelle que si pour nous cette différence est une évidence, il a fallu le XVII° siècle pour que ça devienne le cas ( Nécessaire divorce qu'avaient pressenti les éléates et l'Aristote " final " ( Il y a l'Aristote platonicien pur sucre, l'Aristote d'Assos et l'Aristote final, qui inaugure, le premier, la méthode scientifique. C'est à cause de ce tournant épistémologique qu'il ne terminera pas sa " Métaphysique ". ).
Le progrès c'est la science, les sciences humaines, et ce Dialogue.
" Science sans conscience ... "

Si le dialogue est possible et assurément bénéfique entre la science et la philosophie, il y a aussi qu'une nouvelle philosophie se joue aujourd'hui sur le terrain d'un amalgame de certains domaines de la science et de la philosophie. De la science dure et de la philosophie, pour être plus précis ...

Mais cette nouvelle philosophie n'intéresse pas beaucoup d'amateurs, du côté Est de l'Atlantique ... Il est vrai que pour s'y intéresser, il faudrait commencer par maîtriser non seulement de nombreux concept philosophique, mais aussi la thermodynamique, de la relativité générale et de la physique quantique, ce qui permettrait de comprendre comment ça se passe, la nouvelle philosophie de l'information, aujourd'hui, à Stanford, au MIT et à Harvard.

Pourtant tout le monde a bien compris ici que Heisenberg est un philosophe-scientifique, pour ne parler que de lui ...

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Ragnar I le Mer 12 Nov 2014 - 5:22

kercoz a écrit:
Philosophos a écrit:
La science ne cherche aucunement à répondre aux questions existentielles.

Pourtant les capacités de nos outils modernes permettent d'accéder à une réalité a laquelle les philosophes anciens ne pouvaient accéder .
La remise en cause du déterminisme scientifique est désormais admise et c'est un changement de paradignme  très fort .......les systèmes complexes et la th.du Chaos sont de plus accessibles a quiconque se donne la peine de s' y pencher ( bac + 0,5) .

Des tas de concepts philosophiques ont été littéralement mis à plat et reconstruits par la science. Le déterminisme. Le temps. Le dualisme. La conscience. L'éthique. Le libre arbitre. Etc. ...

Je suis chaque fois étonné de constater qu'il existe encore de nos jours des amateurs de philosophie aussi peut renseignés ...

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Philosophos le Mer 12 Nov 2014 - 9:24

Ragnar Lothbrok a écrit:Ce que la philosophie appelle l'âme, c'est ce que le matérialisme et la science appellent la personnalité.
Non, ça c'est ce que les moralistes décrivaient dans leurs Caractères, de Théophraste à La Bruyère et La Rochefoucauld, jusqu'à Nietzsche.

Après, nous pouvons toujours étudier l'âme en tant que noumène kantien, monade leibnizienne, conviction cartésienne ou foi paulinienne, par exemple, mais lorsque nous avons fait le tour de ces choses, nous nous apercevons que nous avons étudié en réalité de la littérature, de la poésie, de la rhétorique, de la théologie et de l'histoire
Où est le problème ?

Si tu as raison de dire que ton angoisse me fait rigoler, mais tu as tort de dire que tous les savants rigolent de ton angoisse. Certains d'entre eux savent traiter l'angoisse de façon surprenante en commençant par chercher POURQUOI tu es anxieux. Ce n'est qu'ensuite qu'il pourront peut-être t'expliquer COMMENT tu pourrais de libérer de ton angoisse.
Mais je ne veux pas me libérer de mon angoisse ! Sans cette angoisse existentielle, la vie n'aurait aucun intérêt. Un Camus n'aurait rien écrit s'il n'avait pas été angoissé. Quant au "pourquoi", encore une fois, la science ne peut pas l'expliquer, sauf de manière superficielle. Mais cela ouvre un nouveau champ d'exploration pour le philosophe, qui comme Nietzsche ferait la "psychologie des profondeurs" du savant, comme il a fait celle d'Epicure à la recherche du bonheur (une "volonté du néant" pour Nietzsche).

Cela dit, Épicure  (un philosophe, si je ne me trompe pas), il te conseille de ne pas te faire trop de soucis face au monde, car le bonheur est possible, te dit-il avec bienveillance. Mais tu es libre de te plaire en compagnie de Schopenhauer et pas en compagnie d'Épicure, naturellement.
Et si je n'ai pas envie d'être heureux ? Si le bonheur ne m'intéresse pas ? Si je trouve comme Kant que c'est un concept illusoire ?

Philosophos a écrit:
Surtout pour lutter contre la syphilis dont a tant souffert le camarade Nietzsche, pour ne citer que cette exemple emblématique.
Comme s'il n'avait pas pris goût à la drogue, l'ami Nietzsche (et pas qu'à la drogue wagnérienne) ! Il dit dans une lettre que le soir, il va prendre de l'opium jusqu'à en mourir, à cause de... Lou Salomé !

Oui, c'est juste, à propos de Lou Salomé, qui lui avait « troué l'cul », comme on dit métaphoriquement chez « les djeunes de banlieue ».
A propos de cette syphilis, la médecine, donc la science, n'a jamais pu prouver rétrospectivement que Nietzsche ait été atteint de cette maladie. Mais cette rumeur a produit beaucoup de littérature, et comme d'après toi la science ne recherche pas la vérité...

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Re: Y-a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond...?

Message  Invité le Mer 12 Nov 2014 - 16:14

Ragnar Lothbrok a écrit:Des tas de concepts philosophiques ont été littéralement mis à plat et reconstruits par la science. Le déterminisme. Le temps. Le dualisme. La conscience. L'éthique. Le libre arbitre. Etc. ...
La Philosophie ne propose pas de saint concept - sauf pour nos amis lycéens qui se doivent de débuter chaque dissertation par des définitions claires  ;). Il y a autant de définition qu'il y a de philosophe. La Science permet de trier ceux qui visent juste, et les autres. Sur la Liberté, pour reprendre un exemple duquel nous avons discuté, il peut y avoir un consensus philosophico-scientifique autour de la liberté négative.

PS :  Merci Philo. Edit : Merci à Ragnar.


Dernière édition par Princeps le Mer 12 Nov 2014 - 18:46, édité 1 fois
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