Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

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Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

Message  Juliette le Lun 22 Déc 2014 - 10:43

Bonjour,
Malgré le désaccord sur lequel l'on tombe régulièrement en évoquant le sujet, je persiste à le discourir. La raison? Car nous nous posons tous la question, et échafaudons plus ou moins des hypothèses, toutes différentes et plausibles, à leur manière - puisque nous ne connaissons guère la réponse, soit tout est acceptable, soit rien ne l'est.
Donc, selon moi, notre monde est absurde, dénué de sens. Et puis, comment le qualifier autrement? Nous vivons dans un monde dans lequel l'inégalité règne, dans lequel des personnes en égorgent d'autres en prétendant servir leur dieu? Un monde qui, au fur et à mesure de sa croissance, redevient - malgré toutes les contradictions - raciste, ségrégationniste, égocentrique et insensible? Celui ou celle qui nie tout cela doit posséder une bonne dose de mauvaise foi...
Bref, je n'écarte pas la possibilité que ce monde eut jadis un sens, mais considère qu'il n'y en a plus trace aujourd'hui.

Nous vivons dans un monde dans lequel, malgré nos illusions,  nous n'avons aucun pouvoir.
Nous ne voulons pas souffrir, nous souffrons.
Nous souhaitons parler, mais nous avons le devoir de nous taire.
Nous partageons nos opinions, nous sommes blâmés.

Cet avis ne fera peut-être pas la majorité, vous choquera sans doute, mais ce n'est, pour moi, qu'un simple miroir sur le monde.
Mais peut-être n'est-ce que le côté pessimiste de mon cerveau qui me fait voir le monde ainsi... J'en suis confuse si c'est le cas. :oops:

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Re: Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

Message  Ragnar I le Lun 22 Déc 2014 - 15:34

.

Épicure permet de traiter le sujet grâce à son tétraphamakos.

Il n'y a rien à craindre des dieux.
Il n'y a rien à craindre de la mort.
Le bonheur est possible.
Le malheur peut être évité.



Nietzsche permet lui aussi de traiter ça.

Cette adhésion au monde qui se donne, je l'appelle Amor Fati.


Camus est bon lui aussi.

Il faut imaginer Sysiphe heureux.


Chamfort n'est pas mal non plus.

Jouir et faire jouir sans faire de mal ni à soi ni à personne, voilà je pense le sens de toute la morale.


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Ce genre de penseur permet de ne pas tomber dans le piège des passions tristes.

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Cela dit, pragmatisme obligeant, il suffit de se promener dans les rues de son propre village, de son propre quartier, pour s'apercevoir que le monde dans lequel nous vivons n'est pas forcément celui de l'enfer décrit par les nouvelles télévisées.

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Re: Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

Message  Juliette le Lun 22 Déc 2014 - 20:59

Ragnar Lothbrok a écrit:Cela dit, pragmatisme obligeant, il suffit de se promener dans les rues de son propre village, de son propre quartier, pour s'apercevoir que le monde dans lequel nous vivons n'est pas forcément celui de l'enfer décrit par les nouvelles télévisées.

Bien entendu, le monde n'est pas absurde et injuste pour tout le monde. Les nouvelles télévisées, quoique régulièrement exagérées, ne sont pas dénuées de réalité, mais elles reflètent un univers dont on ignore tout, qui nous semble totalement fictif, tant nous ne manquons de rien.
C'est pour cette raison que j'utilise le terme "injuste", entraînant "l'absurde".

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Le monde est violence, et rien que violence - effet-papillon universel - destruction totale

Message  Mal' le Lun 5 Fév 2018 - 23:28

Le constat de base est touchant, et je dois dire qu'il ne manque pas de courage philosophique, dans la mesure où il s'agissait - comme on dit - de regarder la vérité en face, avoir les yeux en face des trous, prendre le taureau par les cornes, prendre son courage à deux mains. Le tout, pour donc assumer ce que le monde contient de plus terrible et de plus problématique, aussi légèrement ou rapidement abordé cela fut-il.

L'intervention de Ragnar ensuite, me semble tout aussi touchante. N'est-elle pas animée d'un paternalisme se voulant réconfortant à coups de citations ? citations, auxquelles d'ailleurs je souscris assez bien, dans mon fatalisme. Néanmoins, je crains que la lectrice contemporaine ne s'effarouche et ne se fâche à coups de #balancetonporc car, après tout, n'était-ce pas prendre Juliette pour un petit oiseau à protéger, voire à séduire ? dégueulasse ... Les hashtageu-r-se-s nous en dirons tant.

Bon.

Pour ma part, je titre ce message Le monde est violence, et rien que violence, ce qui - selon - en fera rire, pleurer, pâlir ou sursauter. Eh quoi ! Ragnar ne nous invitait-il pas à nous balader dans les rues, loin des journaux télévisés et leur terrorisme-alarmisme ? ...

Reprenons, alors.

Qu'est-ce que la violence ? La violence est la perception, le ressentiment ou l'épreuve d'une ... violence.
Qu'est-ce qu'une violence ? Une violence est un élément perçu, ressenti ou éprouvé comme ... violent.
Qu'est-ce qui est violent ? Est violent ce qui est perçu, ressenti ou éprouvé au point qu'on en souffre rudement, voire brutalement.
Aussi, la violence consiste toujours à souffrir rudement, voire brutalement, quelque chose, et quelque chose capable de causer des dommages irréparables ou durables dans l'ordre physique ou moral. (Il serait intéressant de se renseigner sur les définitions juridiques, ce que je n'ai pas fait, et que je ne ferai pas dans mon élan là ; reste que je ne dois pas être loin, et qu'en tout cas nous pouvons nous accorder sur ces définitions.)
A priori, "violence est destruction".

Aussi bien, la violence fonctionne telle un événement, un surgissement, une saillance, au cœur du vécu. Déchirure, elle vient précisément déchirer la trame en équilibre dynamique d'un vécu, au point de le rendre très instable momentanément comme durablement, de le rendre instable - voire de le déséquilibrer. A chaque fois, dans une souffrance physique, ou morale, et potentiellement les deux.
(Remarquons aussitôt comme nos mondes ne veulent plus bien les distinguer : par principe, dit-on, un coup de poing laisse des séquelles morales, et une insulte nous traumatise au point d'être somatisée. Non, cela va trop loin : il est des endurances, et des endurcissements.)

L'école de la vie, comme on dit ... depuis notre naissance jusqu'à la mort (encore qu'elle ait normalement moins à nous enseigner, à ce dernier point) ... l'école de la vie est une école d'endurance et d'endurcissement divers, à travers, notamment, des pratiques encapacitantes.
C'est-à-dire qu'à force de pratiques, nous acquérons les capacités nécessaires, à la fois pour endurer et nous endurcir, mais avant tout pour parer et pallier aux souffrances par différentes tactiques et stratégies de fuites, d'esquives, d'évitements, de contournements, d'accommodations, d'assimilations et d'asservissements.
Au fond, dans tous les cas - de la fuite à l'asservissement d'un élément - nous nous assurons une domination sur notre devenir, dont nous tentons de garder le contrôle en gérant sa paramétrique expériencielle. Ce qui s'appelle l'adaptation. Autant que possible, n'est-ce pas.

Bon.

Ceci posé, notons que des violences ne font pas débat : un meurtre, une frappe, une entaille, un tir, sont autant de démarches identifiées comme violentes, du moins en-dehors du sport ! ... La violence physique semble facile à identifier, néanmoins gardons à l'esprit qu'une attaque est parfois nécessaire, à commencer par l'autodéfense. Remarquons aussi que l'organisation d'un espace de travail peut être violente : un ouvrier sur une chaîne de montage subit son rythme répétitif inébranlable. Un employé de bureau dans un box à faire de la compta toute la journée, subit une sorte de violence noire (comme il y a de la matière noire dans l'univers) : violence physique invisible, où son corps est atrophié dans cette dimension ric-rac - seulement, nous feignons d'ignorer la violence noire, de ce qu'elle est contractuelle, donc "librement consentie par les marchés professionnels".

Moins évidentes encore à discerner, sont les violences morales. Bien sûr, il y a les insultes, mais de bons potes les emploient sans souffrance, parfois une telle insulte est même l'occasion d'une réjouissance. Le problème est patent avec les "blagues racistes" : pour les uns, ce sont des violences dégueulasses heurtant toute morale multiculturaliste-cosmopolitiste, mais pour d'autres ce sont des humours noirs précisément à même de déjouer le racisme, et ainsi permettre l'universalisme de leur culture.
Pires sont les violences perverses, par exemple et au plus simple : les hypocrisies. Actuellement d'ailleurs, dans le débat public, lorsqu'un homme blanc reproducteur traite de féminisme ou de genrisme, on le taxe volontiers d'hypocrisie dans la démarche, ou bien d'inconscience du poids coercitif de sa démarche. Sa présence-même est interprétée comme une violence, alors que par ailleurs il subit la distorsion d'être dit hypocrite et inconscient : littéralement infantilisé, démuni, démis de son intelligence et de sa dignité humaine, par des personnes qui précisément se sentent infantilisées, démunies, démises de leur intelligence et de leur dignité humaine. Singulier chassé-croisé.
Mais prenons encore le néo- voire chaos-management : sa dynamique consiste précisément à suggérer aux managés un être-en-faute, une culpabilisation qui ne dit pas son nom à travers reproches insidieux et piques mesquines, violences perverses pour s'assurer leur soumission par abasourdissement et interdiction de soi. Perversité narcissique, comme on dit couramment, ici au service d'un process vers le profit. La publicité en est un excellent exemple, harcèlement moral quotidien.
Etc.

Hélas, à ce stade des subtilités dans la violence, jusqu'à cette violence proprement occulte (le management est un occultisme, une sorcellerie, rationnels) nous voyons récursivement que le moindre de nos mouvements peut potentiellement constituer une violence pour autrui. Impossible de savoir ce qui le violentera, ni ce qui ne le violentera pas.
Les parents qui se renseignent à travers différents ouvrages et mentors éducatifs, en savent quelque chose : impossible de ne pas craindre traumatiser sa sacro-sainte progéniture, à faire ceci ou cela. Le moindre geste, le moindre mouvement, c'est horrible, atroce, impossible, peut occasionner les pires résultats.
Effet-papillon universel.

Effet-papillon universel, oui, de la violence qui, souvenons-nous-en, était identifiée à la destruction.
Eh quoi !? ... La destruction serait donc totale ? ...

Haha ! ... A ce stade, tout le monde de se récrier, railler et conforter : meuh non, encore une exagération, il n'y a pas de destruction totale, voyons. La preuve ? ... Quand vous vous baladez dans la rue, ça n'est pas le journal télévisé ... non et puis, quand même, il y a de la joie.
Hélas, quand vous ne savez plus si tel éclat de rire ne blessera personne, savez-vous bien si votre joie n'est pas destructrice, à son niveau ?

Car voilà : tout est affaire de niveau. A quel niveau subit-on la violence ? ... A un certain niveau ou l'autre, il y aura toujours quelqu'un pour la subir.
Vous n'y pouvez rien, donc le monde est violence, et rien que violence - effet-papillon universel - destruction totale, et pourtant, il tient. Il se tient de cela. La destruction fait tenir le monde au principe.
C'est que, comme vous m'avez compris, si vous êtes violent à un niveau ou l'autre (selon l'interprète de votre dynamique), c'est que cette violence vous fait vivre (violence, vie, racine latine vis, pour force).
Cette violence vous fait vivre, d'une part et, d'autre part, elle fait aussi vivre l'interprète-en-tant-que-violence, du moment qu'elle ne le tue pas - tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Soit donc qu'il faudra toujours parer à la violence, selon le niveau et l'interprète de la dynamique.
Où parer à la violence, ne peut être soi-même qu'une violence de plus, entre autres, parmi la violence totale de l'Être.

L'Être de l'étant est violence. C'était le point métaphysique-ontologique du propos.
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Re: Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

Message  Invité le Mar 6 Fév 2018 - 17:45

Juliette a écrit:Et puis, comment le qualifier autrement? Nous vivons dans un monde dans lequel l'inégalité règne, dans lequel des personnes en égorgent d'autres en prétendant servir leur dieu? Un monde qui, au fur et à mesure de sa croissance, redevient - malgré toutes les contradictions - raciste, ségrégationniste, égocentrique et insensible? Celui ou celle qui nie tout cela doit posséder une bonne dose de mauvaise foi...

Pour souligner les propos de Mal : Malgré la violence toujours plus présente à la télévision, dans les journaux ou à la radio ( https://www.youtube.com/watch?v=8WiiqssAME4 ) et celles qu'on peut croiser dans les rues, la criminalité mondiale tend à baisser pour diverses raisons: http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/Crime-statistics/International_Statistics_on_Crime_and_Justice.pdf

Nous vivons dans un monde dans lequel, malgré nos illusions, nous n'avons aucun pouvoir.
Nous ne voulons pas souffrir, nous souffrons.
Nous souhaitons parler, mais nous avons le devoir de nous taire.
Nous partageons nos opinions, nous sommes blâmés.

Comme l'on dit de nombreuses personnes: le pouvoir se prend, il ne se donne pas.
D'un point de vue philosophique, je suis du style à penser que pour profiter du bonheur, il faut avoir souffert un instant, de même que pour savourer un bon repas, encore faut-il avoir eu faim.
Le devoir est une obligation moral, si nécessiter moral il y a de parler alors il le faut. De plus le silence peut lui même être un cri de révolte: Plusieurs français se sont ainsi cloîtrer dans un silence lorsqu'ils devaient accueillir des soldats sous l'occupation allemande.
Et pour cette dernière phrase, je ne vois quoi ajouter: tes opinions peuvent être partagé par une minorité, parfois une majorité silencieuse.

Mal a écrit:
l'école de la vie est une école d'endurance et d'endurcissement divers, à travers, notamment, des pratiques encapacitantes.

Il s'agit donc de trouver un sens à ce monde, qu'il soit scientifique, spirituel ou autre, puis de trouver la force et la volonté pour s'assumer totalement: Le choix de ses valeurs morales, ainsi de ses devoirs qui s'accompagneront du choix des mots, du silence, ou tout autre forme de communication.

Il ne s'agit ici que d'un seul point de vue bien entendu
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Re: Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

Message  Mal' le Mer 7 Fév 2018 - 9:02

Kenny a écrit:Pour souligner les propos de Mal : Malgré la violence toujours plus présente à la télévision, dans les journaux ou à la radio ( https://www.youtube.com/watch?v=8WiiqssAME4 ) et celles qu'on peut croiser dans les rues, la criminalité mondiale tend à baisser pour diverses raisons: http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/Crime-statistics/International_Statistics_on_Crime_and_Justice.pdf
C'est curieux, que tu dises "Pour souligner le propos de Mal", parce sous un angle dire que la violence (démonstrative) diminue, mais que le sentiment de la violence (sous le coup des démonstrations médiatiques) augmente, serait une façon de dire que, au fond, non, l'Être de l'étant (métaphysique-ontologique) ne serait pas la violence ! ... Néanmoins, à commenter ainsi, je réalise que tu faisais peut-être référence dans mon propos, aux violences noire et occulte, respectivement la violence physique liée à nos dispositions ergonomiques (et urbaines, au-delà) et la violence morale liée à nos dispositions relationnelles (arrière-pensées, "sous-intentions" diverses, etc. par quoi l'ensemble devient bigrement pervers).

Il y a autre chose encore, dans ton propos : c'est de remarquer la frustration relative (Tocqueville, Gurr), qui est un effet de perspective (un perspectivisme). C'est exactement, en loufoque, l'équivalent de ce raisonnement : plus tu as de gruyère, plus tu as de trous ; plus tu as de trous, moins tu as de gruyère. Le raisonnement est évidemment biaisé, puisqu'il prend les mots pour les choses, indépendamment de leurs dispositions, néanmoins voici l'équivalent quant à la violence : plus tu as de sûreté, plus tu te défends du risque ; plus tu te défends du risque, moins tu as de sûreté. Mais, contrairement au gruyère, la défense du risque occasionne des affolements, donc des réactions qui peuvent être monstrueuses, telles que la stigmatisation de personnes, et cela entretient alors le militantisme, le communautarisme voire le fondamentalisme qui (de base, pour ces personnes) était un phénomène de regroupement relativement naturel pour rebondir. Ou bien, ces affolements entraînent sans conteste diverses courses aux armements, dans le champ militaire-interétatique.

Hélas, humains, l'aspect moral des choses est aussi voire plus important que l'aspect physique, puisque nous voyons bien qu'il engendre des monstres physiques. Je conseille, à ce titre, les effets de notification-signification, chez Thomas Hobbes, mais aussi l'impact du manque psychanalytique, selon Freud et pas que Freud, ou le mythe de l'homme derrière la technique, d'Ortega y Gasset, Globalement, Cornelius Castoriadis dirait que l'institution des sociétés est imaginaire, d'un imaginaire fondamentalement efficace. Carl G. Jung trouve d'ailleurs à l'imaginaire des surpuissances complexuelles (influences psychiques ordinaires comme maladives) et numénales (emportements mystico-religieux, que l'on retrouve jusque dans notre fascination devant un champignon atomique et autres "miracles de la technologie").

Bon. Cela continue de dire, que l'Être de l'étant (métaphysique-ontologique) serait violence, puisque ça nous trame instinctivement. Les femmes sont bien placées pour le savoir, entre règles et possibilités de viol, grossesse puis enfantement comme avortement : tout leur corps leur enseigne l'Être-comme-violence, à leur niveau, mais à côté d'elles les hommes sont prompts à (se) brutaliser, notoirement en leur nom à elles. La guerre de Troie a bien eu lieu.
Kenny a écrit:
Juliette a écrit:Nous vivons dans un monde dans lequel, malgré nos illusions, nous n'avons aucun pouvoir.
Nous ne voulons pas souffrir, nous souffrons.
Nous souhaitons parler, mais nous avons le devoir de nous taire.
Nous partageons nos opinions, nous sommes blâmés
Comme l'on dit de nombreuses personnes: le pouvoir se prend, il ne se donne pas.
D'un point de vue philosophique, je suis du style à penser que pour profiter du bonheur, il faut avoir souffert un instant, de même que pour savourer un bon repas, encore faut-il avoir eu faim.
Le devoir est une obligation moral, si nécessiter moral il y a de parler alors il le faut. De plus le silence peut lui même être un cri de révolte: Plusieurs français se sont ainsi cloîtrer dans un silence lorsqu'ils devaient accueillir des soldats sous l'occupation allemande.
Et pour cette dernière phrase, je ne vois quoi ajouter: tes opinions peuvent être partagé par une minorité, parfois une majorité silencieuse.
Autant je trouve que le propos contient son comptant de sagesse relative, autant depuis Juliette jusqu'à ton commentaire, Kenny, je trouve que c'est fourre-tout. Qu'en somme, on est plus dans l'ordre du précepte d'expérience que du concept. Pourquoi pas ? ... Car à vrai dire, nous sommes aussi tramés de ces effectuations-là, à caractère ineffable.

A caractère ineffable, quand on s'en tient à l'expérience des personnes, justement. Car alors, au plan dynamique, ces phénomènes sont notoirement machiavéliens, du moins tant qu'il n'y a pas obligation morale, mais uniquement obligeance a priori, s'adaptant aux situations.

Bref, il s'agit de la violence sociopolitique, liée aux dynamiques de groupements et leurs effets de pouvoir (Michel Foucault aiderait, je suppose).
Kenny a écrit:
Mal' a écrit:l'école de la vie est une école d'endurance et d'endurcissement divers, à travers, notamment, des pratiques encapacitantes.
Il s'agit donc de trouver un sens à ce monde, qu'il soit scientifique, spirituel ou autre, puis de trouver la force et la volonté pour s'assumer totalement: Le choix de ses valeurs morales, ainsi de ses devoirs qui s'accompagneront du choix des mots, du silence, ou tout autre forme de communication.

Il ne s'agit ici que d'un seul point de vue bien entendu
Comme nous tous, nous donnons nos points de vue (relativisme à la Feyerabend-Kundera de la Charte du forum). Alors, concentrons-nous sur l'apport précédent.

Ce que tu dis sur le faire-faire-sens (au monde, aux choses) ne me semble pas directement corrélé à l'école de la vie dans les termes où j'en parlais. Par contre, elle peut faire partie de l'école de la vie, sous l'angle d'un besoin d'encouragement vital. C'est-à-dire que le faire-faire-sens nous permet de nous impliquer dans la partie, d'entrer dans les enjeux, de nous prendre au jeu (latin in-lusio, qui donne notre illusion) soit donc de nous illusionner afin de nous motiver, bref : afin d'encouragement "dans la vie", à savoir donc : dans ce qui se joue.

Mais ce faire-faire-sens, cette illusion nécessaire (le lecteur, depuis qu'il aura reconnu l'expression tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, sait sur quelle base philosophique je parle), eh bien ce faire-faire-sens est en soi une violence imposée aux situations, qui n'en demandaient peut-être pas tant - façon de parler. C'est patent avec autrui, quand nous lui imposons nos vues, nos désirs, nos calculs, parfois malgré nous (quand on est parent devant son enfant, mais cela est pourtant nécessaire pour éduquer, que d'imposer notre être à notre progéniture ! jusqu'à tant qu'elle nous impose en retour ses arrachements et autres émancipations, si possible, et autant que possible).

Soit donc que l'exigence éthique dont tu témoignes, Kenny, et qui ne me semble d'elle-même pas sans noblesse, elle tourne aussi bien à l'intégrisme et au fanatisme dans "le pire des cas". Et en somme, d'entrée de jeu, ce sont des violences métaphysiques-ontologiques.
Hélas, celui qui voudrait s'en passer, dégénérerait, comme on voit allègrement sous nos yeux, de par nos mondes relâchés, où le macronisme - puisqu'il nous concerne nationalement - est autant une velléité de renforcement qu'une esbroufe électorale, un renforcement de façade par-devers un énième relâchement (fatalement, il n'échappe pas aux enjeux propres à ce nous nommons la démocratie, et simultanément il se donne une désinvolture "jupitérienne", ayant de quoi rendre schizoïdes les mœurs communes, tant l'oxymore est manifeste).

Au-delà pourtant, encore une fois, ton propos n'a pas manqué de sagesse relative, en précepte d'expérience. Mais enfin, pour nous donc, l'Être de l'étant (métaphysique-ontologie) reste violence.
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Re: Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ?

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