Mondialisation et fascisme démocratique

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Aldolo le Mer 18 Fév 2015 - 15:27

Impero a écrit:
Aldolo a écrit:je ne sais pas si tu incrimines le peuple de ne pas s'intéresser à la politique
Clairement oui. Je pourrais me tenir au constat de l'apolitisme des masses (ce que fait Veyne), mais en bon libéral j'ai une conception du "bon citoyen".
Je ne crois pas du tout que les masses soient apolitiques. Je pense qu'elles le deviennent au fur et à mesure qu'elles s'aperçoivent qu'on les mène en bateau, et en cela il est difficile de leur donner tort. On a vu les peuples arabes verser leur sang pour en finir avec la dictature, on a vu des taux de participations tout à fait étonnants en Afghanistan, alors que les talibans menaçaient de mort les gens qui allaient voter. On voit encore un réel intérêt politique en Amérique du Sud ou l'État semble encore avoir encore un peu la capacité d'agir sur les choses.
C'est bien dans les vieilles démocraties que le peuple se désintéresse de la politique, lassé de devoir choisir entre deux partis usés qui semblent ne plus avoir d'autre différence qu'idéologique, et ne changent rien à rien au quotidien des gens. Où certains en sont à lorgner du côté du pire en espérant trouver une chance que quoi que ce soit puisse encore bouger dans l'action politique. Un "bon citoyen" théorique n'a plus d'autre choix que de voter pour la solution la moins pire : tu parles d'un engagement, d'une participation citoyenne !

Impero a écrit:
Aldolo a écrit:tu ne réponds pas à l'idée que les dirigeants ou élites sont eux aussi pris dans le même mouvement schizophrène qui pense sur la base de mauvaises questions
Sur ce point, je changerai d'angle d'attaque ; les élites politique, ici au sens sociologique,  dirigeantes ne sont plus au niveau. Ortega parle "d'Espagne invertébrée" la formule me convient - et c'est fatalement très élitiste, avec l'idée d'un élite (qui n'est pas héréditaire, élite du mérite en quelque sorte) qui structure la société. Est-ce que ça rejoint ton idée de "mauvaise question" ?
Mais qui est "au niveau", qui entend-on dire quelque chose qui fasse sens, où sont les contre-pouvoirs, la soi-disant grande exclusivité des régimes démocratiques ? Où peut-on entendre autre chose que la soupe habituelle (si ce n'est à travers oui, de vagues débats élitistes à minuit sur deux chaînes télé perdues dans la masse) ?

Ce que je dis avec mes mauvaises questions, c'est pas du tout élitiste.
Je pense franchement que les élites ne sont pas mieux placées que quiconque pour voir les mauvaises questions (qu'une bonne partie du peuple voit très bien, avec sans doute un peu de retard). Je dis que les élites ne trouvent pas plus que les autres les bonnes questions, sinon il suffirait de les soumettre pour que l'opinion y adhère, voilà ce que je pense. Je dis qu'elles sont prises presque de la même façon dans le mouvement de pensée du moment, presque...
Et qu'une élite qui n'est pas capable de s'adresser au peuple et de l'aider à comprendre où sont les mauvaises questions ne mérite pas ce nom : s'il faut attendre que l'ensemble des citoyens aient un doctorat de philo pour pouvoir comprendre je-ne-sais quelle élite, c'est que celle-ci n'est pas à la hauteur, tout simplement, voilà ce que je pense !

Ça rejoint mon idée que c'est plus difficile de dénouer les nœuds d'un conditionnement devenu inextricable au fil des siècles (suite à des séries de mauvaises questions) que d'avoir quelque chose à dire d'intéressant, qui fasse sens. Je pense d'ailleurs que de la même façon qu'il est plus difficile en philo de se désembourber de vieux concepts répondant à des logiques ou systèmes dépassés que d'avoir simplement sur eux un regard critique, voire de les réfuter. Par exemple, il n'est pas difficile, une fois débarrassé de la religion, d'envisager un monde d'immanence, mais ça l'est pas du tout de se débarrasser des mille petites transcendances qui peuplent inconsciemment nos pensées, et qui veulent sans cesse nous rattraper.


Pour les mauvaises questions, prenons l'exemple du mariage gay. C'était pas difficile de comprendre que de s'habituer à des couples homos amènerait à un progrès par rapport à l'homophobie. C'était pas non plus très difficile de voir que le symbole prendrait quelque part valeur de norme en matière de sexualité. Mais les deux blocs adverses en sont resté là sans que jamais l'un n'approfondisse la réflexion de l'autre et même n'y réponde. Chacun disait : "les avantages de ma positions sont plus importants que ceux de la vôtre" (et encore, dans le meilleur des cas). Aucun débat digne de ce nom n'a jamais eu lieu malgré une mobilisation monstrueuse. On aurait peut-être pu faire une sorte de mariage à part mais les tensions idéologiques étaient trop fortes et tout le monde se foutait en fait des problèmes des gays, on se revendiquait du côté du progrès ou de celui des traditions, point barre. Quelle foutaise ! (débat ridicule et même inexistant)
(et finalement, peu importe de savoir si telle solution était meilleure qu'une autre : tout le monde s'y habituera).
On était là en pleine idéologie : morale contre morale.
Mauvaise question... putain de mauvaises questions.
On a totalement occulté le fait que cette victoire de l'amour sur la norme sexuelle (pour faire vite) ne prenait jamais en compte la totalités des problèmes en présence, en particulier la famille et la sexualité : on n'a jamais parlé de sexualité mais de droit (selon la formule normative, "entre adultes consentants" : fin du débat) ; on n'a jamais parlé de la famille, sauf pour mettre en avant les conséquences d'avoir deux papas (ou mamans), et d'entendre les querelles de chapelle entre psychanalystes, en tant qu'experts es famille  8)  .
Parmi les vrais questions, il y avait : c'est quoi la famille ; c'est quoi la sexualité ? (questions totalement occultées par les normes en vigueur). La famille, c'est évidemment la structure la plus rassurante pour l'État, la sexualité l'expérience la plus déstabilisante (potentiellement source d'incertitude, de déviance) parce que porteuse de rêves et d'envie de faire autre chose. Bref on a récupéré l'ancienne déviance homosexuelle pour la reporter sur les normes sexuelles et familiales, vachement intéressant dans la série vive le progrès !
Ceci dit, je ne tiens pas ici à débattre sur le mariage gay, je m'en fous, c'était juste un exemple.

Un exemple de la façon dont les problèmes sont traités de façon déconnectée de la multiplicité des contextes dans lesquels ils s'inscrivent, en suivant le seul fil d'une pseudo-actualité (qui se veut agitée) qui interprète tout en fonction des seuls savoirs et pouvoirs, sans jamais tenir compte de ce qui ne peut être circonscrit à ce cadre délimitant un univers normatif mental ; un univers où l'on prétend définir le sujet à travers ces seules caractéristiques de savoir et de pouvoir, et où les individus eux-même semblent en redemander, en s'y identifiant joyeusement (l'ego, la morale et la bêtise comblant les quelques vides restants).

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Prince' le Mer 18 Fév 2015 - 19:40

Aldolo a écrit:Je pense qu'elles le deviennent au fur et à mesure qu'elles s'aperçoivent qu'on les mène en bateau, et en cela il est difficile de leur donner tort.
Je ne partage pas cette vision d’une élite dirigeante préoccupée systématiquement de son seule intérêt – je ne nie pas qu’il puisse y avoir des exemples du genre (Cf. les abus des sénateurs romains). Par contre, je remarque qu’une élite politique de qualité entraine le peuple avec elle. Athènes, Sparte, Rome, la France, Venise, sont de brillants exemples d’élites dévouées sincèrement au peuple.
On a vu les peuples arabes verser leur sang pour en finir avec la dictature, on a vu des taux de participations tout à fait étonnants en Afghanistan, alors que les talibans menaçaient de mort les gens qui allaient voter.
L’apolitisme implique justement de s’en remettre aux dirigeants. Et rien n’indique que l’apolitisme ne puisse avoir de limite – le fameux droit à la révolte présent chez Locke et ambiguë chez Hobbes.
Le vote, s’il n’est pas motivé par une recherche préalable, que vaut-il ?
Et qu'une élite qui n'est pas capable de s'adresser au peuple et de l'aider à comprendre où sont les mauvaises questions ne mérite pas ce nom : s'il faut attendre que l'ensemble des citoyens aient un doctorat de philo pour pouvoir comprendre je-ne-sais quelle élite, c'est que celle-ci n'est pas à la hauteur, tout simplement, voilà ce que je pense
Le cœur du problème est là, me semble-t-il.
J’ai évoqué Ortega, trop sommairement comme toujours ; je ferai un bel et long article pour le Mag’ pour enfin évacuer cette question.
Ta première phrase indique que l’élite à un rôle, celui de guider le peuple, de l’éclairer. Je ne partage absolument pas cette vision. Kant explique dans « Qu’est-ce que les lumières » ce que signifie être « autonome » :
Kant a écrit:Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.

Je rejoins pleinement ce postulat, idéalement, chacun devrait suivre cette démarche. C’est par pragmatisme que je suis élitiste – l’apolitisme étant pour moi une constante que je remarque à chaque époque.
Maintenant, qu’est-ce que j’entends pas élitisme.  Rien d’héréditaire, rien de traditionnelle, de sociologique. Je n’entre pas dans la formidable question de l’idée d’élite chez Pareto et de son traitement – auteur injustement méconnu. Chez Ortega, l’élite définit celui qui s’oblige lui-même, qui s’efforce de dépasser sa condition. Aron dit « L’homme de l’élite obéit à lui-même, aux obligations qu’il se crée à lui-même ». Ortega dénonce la disparition de ce type d’homme, face à la monté des masses – grossièrement, l’exact contraire de l’élite. Masse apolitique par nature, puisque prônant une étatisation délirante de la vie. Ce que Tocqueville prédit déjà à son époque.
Ortega y Gasset, la Révolte des masses, p.196 a écrit:Voilà le plus grand danger qui menace aujourd’hui la civilisation ; l’étatisation de la vie, l’ »interventionnisme » de l’État, l’absorption de toute spontanéité sociale par l’État ; c’est-à-dire l’annulation de la spontanéité historique qui, en définitive, soutient, nourrit et entraîne les destins humains. Quand la masse éprouve quelque malheur, ou lorsque simplement elle ressent quelque violent désir, c’est pour elle une bien forte tentation que cette possibilité permanente et assurée de tout obtenir –sans effort et sans lutte, sans doute et sans risque- en se bornant à appuyer sur le ressort et à faire fonctionner ainsi la majestueuse machine. La masse dit : « l’État c’est moi », ce qui est une parfaite erreur. L’État est la masse dans le seul sens où l’on peut dire de deux hommes qu’ils sont identiques parce qu’aucun d’eux ne s’appelle Jean. L’État contemporain et la masse coïncident seulement en ce qu’ils sont anonymes. Mais le fait est que l’homme-masse croit effectivement qu’il est l’État, et qu’il tendra de plus en plus à le faire fonctionner sous n’importe quel prétexte, pour anéantir grâce à lui toute minorité créatrice qui le gêne –qui le gêne dans n’importe quel domaine : dans celui de la politique, de l’industrie, aussi bien que dans celui des idées.
Je me positionne différemment par rapport à cette question du dialogue : l’élite n’a pas à baisser de niveau pour faire du populisme, sans tomber dans le travers de la technification abusive, et la masse doit faire l’effort constant de s’intéresser à la chose politique. Le terme latin Res Publica est fabuleux : chose public, chose de tous.  
A
ucun débat digne de ce nom n'a jamais eu lieu malgré une mobilisation monstrueuse.
C’est une question de société, libre à chacun d’avoir des initiatives pour élever les choses. Dit autrement, et en suivant Ortega, l'élite n'existe plus ou elle est inaudible, donc on assiste a des débats d'homme-masse.
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Aldolo le Mer 18 Fév 2015 - 22:24

À propos de l'effort des masses que tu prônes (et qui n'est pour moi pas le problème) et la spécificité des élites qui d'après toi comprendraient quelque chose à la situation, je t'invite à essayer de comprendre mon point de vue globalement et non t'arrêter sur chaque phrase, sinon on va discuter sans fin, donner chacun son point de vue sans jamais se rencontrer (je sais que c'est pas facile).
Donc.
Je ne dis pas que les dirigeants sont seulement préoccupés par leur intérêt puisque je dis qu'ils sont comme les autres perdus dans les mêmes faux problèmes. Et si le peuple est mené en bateau, j'ai déjà indiqué que c'était au moins à moitié à cause de ça. (je te signale aussi que quand je parle de la mondialisation économique, je ne fais pas franchement  référence à César ou Néron  8) ). De la même façon, tu ne peux pas me faire dire que l'élite devrait guider le peuple alors que je viens d'écrire qu'elle est tout aussi paumée que lui, tout autant occupée avec ses problèmes identitaires de savoir et de pouvoir. Je te rappelle enfin que ce n'est pas moi qui ai parlé d'élite, c'est bien toi qui l'a introduite en disant que le peuple serait dans une servitude, ce à quoi j'ai tenté de répondre en marquant mon désaccord.

Et voilà maintenant que tu délires sur le peuple à propos de la façon de se remettre aux dirigeants. Des afghans... tu as bien mis les afghans dans cette galère ? Mais tu te rends compte que tu parles de types à 80% analphabètes qui sont en guerre depuis 35 ans ? S'en remettre aux dirigeants, les afghans... les afghans qui ont foutu une branlée mémorable à la deuxième puissance militaire du monde ?
Hum...
Il y a un demi-siècles, certains savaient à peine qu'ils étaient afghans : ils s'identifiaient à leur vallée plus qu'à leur ethnie même ! Personne à l'époque ne disait être afghan, les types étaient pachtouns ou tadjiks, voire panshiris (du Panshir, fief de Massoud, ndlr) !

Le cœur du problème, tu le veux citoyen, c'est ça que je comprends de ta prose. Et je sens que tu vas bientôt me dire qu'il faut éduquer les gens et que c'est le seul moyen de sortir de là... et tout ce discours convenu. Bon. Très bien. Attendons donc mille ans (après cent ans d'école obligatoire débouchant sur un siècle de boucherie) et on verra si tu as raison.
Personnellement je ne crois pas. Je crois que l'éducation est une usine à reproduire des conditionnements bien plus qu'un endroit où l'on apprend à penser : un endroit où l'on produit du prêt-à-penser.

Quand Kant suggère d'une responsabilité qui incomberait au peuple de ne pas "se servir de son entendement" parce qu'il manquerait de courage, je pense que c'est une ânerie. Je pense que ce type n'a jamais vécu au sein de ce peuple qu'il stigmatise, qu'il n'en connaît rien ; qu'il se croit au dessus des autres parce qu'il dispose d'un savoir. Et surtout qu'il s'illusionne parce qu'il a la chance d'avoir une passion, la philosophie (et qu'il n'a visiblement pas beaucoup réfléchi au problème de la chance). Il aurait pu simplement sortir et demander aux gens ce qu'ils pensaient de la chance, il en aurait sans doute tiré des enseignements autrement plus intéressants.

Je ne crois pas plus à ces types qui disent s'être extirpé de leur ignorance à la force du poignet. Ce discours à l'américaine du "si on veut, on peut", est une vaste foutaise resservie à loisir par ceux qui ont eu de la chance. Que ça puisse avoir une vertu pédagogique, soit, mais de là à le prôner en tant que qualité morale, hum et bof. Il existe des types oui, qui s'extirpent de leur ignorance, mais en général à force de coups de pieds au cul (et quelques autres par passion). Quand un penseur viendra m'expliquer quelque chose de sérieux sur la nature de la volonté, je l'écouterai attentivement. En attendant ce jour béni, que des types viennent me bassiner avec leur soi-disant volonté ne me fait ni chaud ni froid : ils pourraient faire l'apologie de Dieu ou du Père Noël que ça serait pareil.

Pour finir, l'élite n'a pas à se baisser pour atteindre le peuple mais à s'élever pour atteindre la quotidienneté du réel.
Et le philosophe en particulier devrait s'attacher à atteindre l'identité imperceptible de tout le monde ou n'importe qui plutôt que de se vanter de cotoyer des sommets d'une pensée le plus souvent abstraite et détachée du réel. On peut bien vanter la subtilité de tels ou tels grands philosophes, mais tant que leurs systèmes, aussi esthétiques fussent-ils, restent incompatibles avec quoi que ce soit ayant trait à la vie quotidienne des hommes, c'est à peine s'ils valent pour moi philosophie.

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Prince' le Dim 22 Fév 2015 - 18:23

Un article qui me semble se rapporter aux thématiques de ce sujet : http://www.monde-diplomatique.fr/2015/02/PIEILLER/52656
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Kercoz le Dim 22 Fév 2015 - 20:01

"""""Ce déni des limites, c’est également, pour le mathématicien et philosophe Olivier Rey (2), l’oubli de « la recherche de la taille la plus appropriée à l’épanouissement et à la fécondité des existences ».""""
Ca me rappelle quelque chose !
Il est temps qu' un néo-structuralisme s' impose dans le débat.

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Alan Anna Ludwig le Lun 23 Fév 2015 - 18:37

Bonjour Aldolo,

Je viens de prendre connaissance de ce sujet où il y a beaucoup d'idées survolées sur lesquelles il serait intéressant de développer, mais aussi il me semble beaucoup d'opinions et de postulats déclarés. Cela part dans tous les sens et j'aimerais essayer de démêler quelques points seulement.

Aldolo a écrit: La non-déviance consiste à vivre sa sexualité en deux temps : la jeunesse où le corps est présenté comme jouet érotique gracieusement offert et dont il est conseillé de profiter au maximum, quitte à ce que le partenaire fasse office de fantasme (agréé mais non remboursé par la psychanalyse) ; et la maturité où le mariage tient lieu d'initiation marquant le début de la vie adulte.
"Gracieusement offert"?
Quant au mariage (en général, pas gay), penses-tu qu'il soit dicté par qui que ce soit (en dehors de l'Eglise...)?
En admettant ces postulats, quelles en sont les conséquences sur l'individu?
Aussi, je ne vois pas ce que tu vises concernant "l'Etat qui légifère sur le sexe", tu voulais sûrement dire "sur les mœurs"?

Aldolo a écrit:Les mômes doivent rêver, assène l'occident-qui-sait-tout. Rêver, c'est jouer sans doute (mais tous les enfants jouent, même dans la misère).
Je n'ai pas l'impression que ce diktat, s'il en est, soit si prégnant. Cela irait d'ailleurs à l'encontre de l'idée que tu te fais de l'école, à savoir « se mouler dans une discipline, d'apprendre une tournure de pensée et un savoir normatif. », puis, à l'encontre de ce que tu dis plus loin de ce savoir à l'égard de « tout », ce qui est tout sauf la volonté de conserver la spontanéité et l'innocence propres aux jeux, aux rêves, à diverses attitudes et aux divertissements auto-centrés de l'enfance (ceux là même qui impliquent au contraire une conscience apolitique des choses).

Aldolo a écrit:Et quand le monde entier aura adopté ce système, ces cultures seront mortes ; il n'y aura plus de sociétés traditionnelles. On les aura brutalement arrachées à leur évolution propre pour les jeter dans la fosse aux rats ; on leur aura volé leur évolution, leur histoire, leur mémoire et leur destin. On aura gommé du même coup toute diversité de pensée (et de savoirs) du monde.
Ce sera la fin de la mémoire des hommes, de milliers d'années de modes de vie, de transmission, de cultures. La fin de la diversité des vécus, la fin de schémas de pensée millénaires, pulvérisées dans la normalisation mondiale de la pensée. Après ce génocide culturel total, on n'aura plus de point de comparaison, plus de recul possible. Aucune source d'altérité ne viendra plus nous dire autre chose. Autre chose que le discours unique d'un mental normalisé. Toute différence deviendra suspecte, le contrôle généralisé (déjà en voie d'achèvement) des individus suffira à étouffer dans l'œuf toute velléité de penser autrement
C'est une opinion. Mais, en admettant le postulat que tu fais quant à l'adhésion du peuple occidental aux opinions dominantes des représentants de l'Occident, il n'est pas plus sûr qu'il y adhère par une forme d'aliénation qu'en toute conscience. Et, concernant ta dernière phrase, est-ce que tu ne confondrais pas la liberté de penser avec la manifestation de cette liberté ? Car, si on admet par ailleurs que le pouvoir du peuple, à faire changer le cours des opinions dominantes dont tu parles, est amenuisé, je ne suis toujours pas sûre que les individus divers et variés composant ce peuple, et comme tu l'énonces par extension la planète, puissent être à ce point coupés ne serait-ce que de ces « velléités » de penser autrement, donc dénués du libre arbitre et ainsi réduits à des animaux. Car, sans vouloir te faire un jugement de valeur, mais puisque je trouve ta pensée pour le moins radicale, je pourrais dire tout aussi radicalement que ce que tu postules revient à nier totalement la liberté de l'homme (l'homme est libre parce qu'il se sait libre), c'est à dire à le dépouiller de son humanité. Non?

Aldolo a écrit:Une foule est un phénomène toujours ponctuel, et si elle peut faire quelquefois n'importe quoi, quand elle se dissémine et que les gens rentrent chez eux : les individualités reprennent la main.
En effet... Et je doute que l'individu oublie son cerveau à l'école, au travail ou dans le milieu social dans lequel il ne peut que se conformer, quand il rentre chez lui, ou qu'il l'oublie devant la télévision lorsqu'il va se coucher, sinon délibérément.

Aldolo a écrit:on vous dicte ce qu'il faut penser sur l'ensemble des sujets, de façon à ce que chaque réponse possible corresponde à une opinion identitaire, en fonction de son appartenance ou son opposition à la norme... et que chacun (ceux qui répondent aussi) en déduise des appartenances communautaires, politiques ou autres
N'est-ce pas ce que tu fais en affirmant par exemple que « l'occidental ne comprend pas qu'on puisse voir les choses autrement que comme lui. » ? Il me semble que ce postulat n'est pas réductible à l'homme occidental.

Aldolo a écrit:Si les gens sont manipulables, c'est parce qu'ils n'ont pas les éléments en main pour synthétiser les situations et avoir une chance de les comprendre
Comment ça ? 

Aldolo a écrit: 1/ l'un parfaitement cynique qui manipule l'opinion en lui soumettant des questions normatives (censés refléter des problèmes de société), pour produire des réactions de type morales en guise de réflexion : processus qui pousse vers une pensée unique
Je te rejoins grossièrement sur cette phrase. Il paraît évident qu'il y ait une sélection des sujets d'actualités, un point de vue pour les analyser ainsi qu'une sélection des questions posées à la population et un choix dans la façon de les poser ou de les hiérarchiser. Cependant, je crois que non seulement ce constat ne permet pas d'en déduire l'abolition du libre arbitre, mais qu'il a tendance à faire se confondre plusieurs notions, celles de l'opinion dominante (dispensée par les médias et encouragée par les élites), l'opinion majoritaire (celle du peuple) et l'opinion individuelle (celle de l'individu seul) et que les unes n'annulent pas les autres. Et qu'elles forment des différences de nature et des distinctions aussi subtiles que primordiales dans la compréhension de ce dont nous parlons, et dans notre vision du monde.

Aldolo a écrit:Je crois que l'éducation est une usine à reproduire des conditionnements bien plus qu'un endroit où l'on apprend à penser : un endroit où l'on produit du prêt-à-penser. 
Soit. Es-tu contre l'école obligatoire ? Est-ce que l'éducation n'est pas inévitablement le moteur d'un conditionnement et par quoi la remplaces-tu ? Ce sont d'honnêtes questions.

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Prince' le Lun 23 Fév 2015 - 21:40

Alan Anna Ludwig a écrit:
Aldolo a écrit:Je crois que l'éducation est une usine à reproduire des conditionnements bien plus qu'un endroit où l'on apprend à penser : un endroit où l'on produit du prêt-à-penser. 
Soit. Es-tu contre l'école obligatoire ? Est-ce que l'éducation n'est pas inévitablement le moteur d'un conditionnement et par quoi la remplaces-tu ? Ce sont d'honnêtes questions.

L'éducation doit (devrait) être émancipatrice. C'est aussi l'occasion de répondre à Aldolo.
Leo Strauss, Le libéralisme antique et moderne a écrit: L'éducation libérale qui consiste en un commerce permanent avec les plus grands esprits est un entraînement à la modestie la plus haute, pour ne pas dire l'humilité. Elle est en même temps un entraînement à l'audace : elle exige de nous une rupture complète avec le bruit, la hâte, l'absence de pensée, la médiocrité de la Foire aux Vanités des intellectuels, comme de leurs ennemis. Elle exige de nous l'audace impliquée dans la résolution de considérer les opinions ordinaires comme des opinions extrêmes ayant au moins autant de chances d'être fausses que les opinions les plus étranges ou les opinions les moins populaires. L'éducation libérale est libération de la vulgarité
On peut y voir des (brides) de réponses à d'autres problématiques de ce fil (l'opinion, l'instinct grégaire).
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Kercoz le Lun 23 Fév 2015 - 22:24

Impero a écrit:
Alan Anna Ludwig a écrit:
Aldolo a écrit:Je crois que l'éducation est une usine à reproduire des conditionnements bien plus qu'un endroit où l'on apprend à penser : un endroit où l'on produit du prêt-à-penser. 
Soit. Es-tu contre l'école obligatoire ? Est-ce que l'éducation n'est pas inévitablement le moteur d'un conditionnement et par quoi la remplaces-tu ? Ce sont d'honnêtes questions.

L'éducation doit (devrait) être émancipatrice. C'est aussi l'occasion de répondre à Aldolo.

Il me semble que vous faites une confusion et même peut être , un contre sens:
L' éducation n' est pas l' enseignement.
L' éducation est bien une "usine à reproduire des conditionnements" , mais celà ne se passe pas dans un établissement "spécialisé".
Pour ma part, l' éducation sert à transmettre la "culture", c'est à dire les "rites" rigides, anciens qui ont permis au groupe de perdurer.
En poussant plus loin la réflexion ( et donc en caricaturant pour surligner), je dirai que l' on ne peut confier l' éducation de l'enfant à l' adulte pour de multiples raisons :
- ce serait trop tard
-l' adulte est perverti par la "raison" et par des conditions opportunistes liées à l' actualité
-l' adulte ne peut s'occuper de 6 à 10 rejetons
La culture( au sens premier du terme /ce qui permet la socialisation par l' inhibition de l'agressivité: ...soumission, domination, négociation, hierarchisation ..) ) se transmet d' enfant à enfant ...l' adulte ne transmet que les gènes .
L ' éducation n'est donc pas une "émancipation" mais une "aliénation", indispensable a la structuration et à la pérénité du groupe.
L' enseignement , lui, peut autoriser une "émancipation" de cette aliénation, mais ce sera au détriment du groupe . Mathématiquement, toute émancipation d' un individu impose de renforcer l' aliénation des autres.

La situation actuelle ( 1, 6 enfants /couple) est inhabituelle et catastrophique : les adultes jouent à la poupée , fabriquent des générations de néoténiques , et d' apres Pikety ( effet caché !) des générations d' héritiers , ce qui renforce le caractère néoténique . ( quand les enfants sont 4 ou 5 , l' héritage parcellisé les forcent à bosser )


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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Prince' le Lun 23 Fév 2015 - 22:34

Il n'y a pas de confusion, auquel cas il faudrait aussi y inclure Strauss - ce qui peut être fait naturellement *Lol* . par contre il y a une différence de référence. Education n'est pas entendu au sens sociologique, ni éthologique, mais au sens philosophique.
Kercoz a écrit:L ' éducation n'est donc pas une "émancipation" mais une "aliénation", indispensable a la structuration et à la pérennité du groupe.
Par éducation, il n'est pas entendu "comment vivre en groupe", mais comment penser. Aldolo dénonce ce que Montaigne déjà disait, une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine - le "plein" est ici entendu comme un savoir normatif, à maîtriser, et à ne surtout pas remettre en cause. Il me reprendra au besoin.
La culture( au sens premier du terme /ce qui permet la socialisation par l' inhibition de l'agressivité: ...soumission, domination, négociation, hierarchisation ..) ) se transmet d' enfant à enfant ...
Philosophiquement parlant, la culture, c'est ce qui permet à l'homme de maîtriser son environnement,  sa/la Nature (il existe un sujet dédié). Sur le reste, il faut plus que simplement le dire pour nous/me convaincre. Après avoir soutenu que l'éducation se faisait par les adultes, et qu'elle implique "le vivre ensemble", c'est qu'in fine, l'adulte à un rôle à jouer.
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Aldolo le Mar 24 Fév 2015 - 22:20

Alan Anna (et les autres),

Mon but est de dénoncer les dangers d'une pensée unique qui tend à se répandre dans le monde et qui tourne en rond en Occident, en prétendant avoir fait le tour de tout ; qui fait que personne n'a d'idée nouvelles par rapport à ce constat-là. Il faut donc en proposer un autre, qui pose de vraies questions.
Penser autrement n'est pas s'opposer à la pensée unique, s'opposer c'est répondre aux mêmes questions, se vouer au même système de pensée. Penser autrement, c'est voir autrement les problèmes et les poser autrement. Le libre-arbitre n'a rien à faire là-dedans (ça fait d'ailleurs un bail qu'il est critiqué sans pour autant renier une part de liberté chez l'homme, mais en la relativisant). Le choix de l'opinion on l'a, c'est la perspective qui manque, c'est donner à voir autrement, autre chose. Et là on dirait qu'on tourne en rond, qu'on en est à un stade où pour tout le monde, c'est comme si les problèmes étaient posés pour toujours... comme si on en avait fait le tour et qu'il ne restait plus qu'à en débattre et proposer une bonne fois pour toutes la meilleure solution. Comme si on était arrivé. C'est absurde !
Si l'État avait conscience d'autre chose que de ce gloubigoulba, et vu son incapacité à influer sur la mondialisation économique, pourquoi le mariage gay et pas d'autres types de contrats plus en relation avec l'évolution de nos modes de vie actuels ? Pourquoi pas des contrats communautaires, entre amis, partenaires sexuels, familles etc ? Pourquoi légiférer sur un projet qui ne fait que soutenir l'institution sacro-sainte du mariage quand celui-ci se casse la gueule de partout ? Quel progrès, quel constat, quelle vision ? Pourquoi ne pas désengoncer les gens du carcan des normes et leur soumettre des choix de vie susceptibles de les motiver, de les aider à trouver un peu de bonheur en les aidant à s'organiser entre eux en leur donnant des solutions de vie (et pour pas un rond en plus) ?

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Goku le Mer 25 Fév 2015 - 21:19

Impero a écrit:
Alan Anna Ludwig a écrit:
Aldolo a écrit:Je crois que l'éducation est une usine à reproduire des conditionnements bien plus qu'un endroit où l'on apprend à penser : un endroit où l'on produit du prêt-à-penser. 
Soit. Es-tu contre l'école obligatoire ? Est-ce que l'éducation n'est pas inévitablement le moteur d'un conditionnement et par quoi la remplaces-tu ? Ce sont d'honnêtes questions.

L'éducation doit (devrait) être émancipatrice. C'est aussi l'occasion de répondre à Aldolo.
Leo Strauss, Le libéralisme antique et moderne a écrit: L'éducation libérale qui consiste en un commerce permanent avec les plus grands esprits est un entraînement à la modestie la plus haute, pour ne pas dire l'humilité. Elle est en même temps un entraînement à l'audace : elle exige de nous une rupture complète avec le bruit, la hâte, l'absence de pensée, la médiocrité de la Foire aux Vanités des intellectuels, comme de leurs ennemis. Elle exige de nous l'audace impliquée dans la résolution de considérer les opinions ordinaires comme des opinions extrêmes ayant au moins autant de chances d'être fausses que les opinions les plus étranges ou les opinions les moins populaires. L'éducation libérale est libération de la vulgarité
On peut y voir des (brides) de réponses à d'autres problématiques de ce fil (l'opinion, l'instinct grégaire).

Il y a beaucoup de difficultés concernant l'éducation justement. Les masses vivent en quelques sortes hors des vérités contemporaines, hors de leur science contemporaine, hors de leur système politique contemporain.
Or, les deux sont très importants. A vrai dire, dans l'enseignement des petites classes (Jusqu’au bac), on aborde très peu en profondeur les détails concernant le fonctionnement actuel des systèmes et -comble de l'ironie-, on aborde pas du tout l'histoire des sciences alors que c'est une des parts les plus importantes de l'histoire même.

Au lieu de ça, on reste dans le flou et peut être volontairement, on rend les choses très complexes aux yeux des masses alors qu'il n'en est point.

De même, des points à revoir dans notre éducation sont l'enseignement de masse, des enseignants très restreints par des directives, une hyper-protection des élèves: jusqu'à quand considère-t-on que les élèves sont des cloches ? et surtout un système assez stressant où toutes les filières ne se valent pas et où le choix commence plutôt tôt, sans même parler des horaires parfois ahurissants.
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Prince' le Sam 7 Mar 2015 - 14:40

Goku a écrit:Il y a beaucoup de difficultés concernant l'éducation justement. Les masses vivent en quelques sortes hors des vérités contemporaines, hors de leur science contemporaine, hors de leur système politique contemporain.
Aldolo dit justement le contraire. Sur quoi faîtes-vous reposer vos assertions respectives ?
Or, les deux sont très importants. A vrai dire, dans l'enseignement des petites classes (Jusqu’au bac), on aborde très peu en profondeur les détails concernant le fonctionnement actuel des systèmes et -comble de l'ironie-, on aborde pas du tout l'histoire des sciences alors que c'est une des parts les plus importantes de l'histoire même.
Le programme d’histoire est d’une nullité affligeante. On fait trop de choses, et on les fait excessivement mal. Avant la troisième année d’histoire, on ne fait rien. Inutile d’étayer, c’est suffisamment clair aux yeux de tous.
Sur l’Histoire des sciences… faire des sciences c’est déjà bien. S’ajoute que ca peut être une véritable plaie – comme l’histoire – se pose alors la question du rôle de l’Etat : éduquer ou instruire ?
et surtout un système assez stressant où toutes les filières ne se valent pas et où le choix commence plutôt tôt, sans même parler des horaires parfois ahurissants
.
Les barrières de filières sont une vaste fumisterie.
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Malcolm le Ven 7 Avr 2017 - 22:23

C'est assez simple : si par fascisme, on entend son étymologie (venant de faisceau), on réalise alors qu'il s'agit de faire cadrer l'Humanité dans un faisceau, afin qu'elle ne débouche sur- et ne voie plus que- un seul faisceau.

Aujourd'hui, ce faisceau est lucrativiste, mais on jugera a priori "un peu gonflé" de dire cela "fa." Gonflé, parce que "quand même", "on a la liberté". Mais c'est bien tout le génie des fascistes contemporains, que de nous avoir fascisés au nom même de "la liberté".

En effet, on voit mal comment (avec la liberté pour Sainte Arche d'Alliance), on pourrait vouloir restreindre "la liberté d'entreprendre", "d'initiative", et "de gagner sa vie" ... surtout dit ainsi. Car, quand on a compris que cette liberté permet avant tout de laisser le champ libre aux pires exactions systémiques (du trader au gangster, ce n'est qu'une question de point de vue) du fait des "wasperies" régnantes, on voit bien que nous sommes dans le guêpier. Liberté d'entreprendre ? ... Liberté de se faire prendre entre les mailles de ce filet. Liberté d'initiative ? ... Liberté de se faire achever par les marchés. Liberté de gagner sa vie ? ... Mais on a la vie, on ne la gagne pas, et on la perd ainsi à la gagner.

Les WASP ( ... et pas que les WASP, quand on partage leur mentalité, en quoi on fait alors des "wasperies" ... ) sont parvenus à conjoindre l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme. Mais là où le bât blesse, c'est quand on sait qu'ils accouchèrent du Ku Klux Klan (des allumés guignolesques, fous dangereux) et que leurs richissimes s'allièrent au national-socialisme pour faire des sous (en effet, avant que les USA n'entrent officiellement en guerre, la marque Fanta était le Coca-Cola allemand, pour les bonnes manières ... et ce n'est qu'un exemple, révélant toutes les collusions socioéconomiques). De plus, quand on sait que les nazis en déroute se réfugièrent aux Amériques, on sent bien qu'il en est pour avoir trouvé refuge aux USA-même, qui s'en mirent plein les fouilles avant leur déroute, et en les mettant en déroute militairement ensuite (commerce des armes) du moment que le vent international tourna - opportunisme de girouettes.

Alors, bien entendu, je ne critique pas l'Amércain lambda, mais les acteurs des collusions ; et je n'écris pas cela pour perpétuer la chasse aux anciens nazis ... Mais j'écris pour souligner que tout ce "beau monde" & héritiers, nous gouverne toujours à sa façon. Pas étonnant dès lors, qu'on atteigne aussi souvent le fameux "point Godwin" dans les débats, parce que l'occultisme de Thulé nous gouverne moralement toujours, et fatalement, au plan socioéconomique. Or, comme les États s'y rendent ... rendent au lucrativisme ... on peut bien qualifier notre univers de "fa", dans ce faisceau du lucre.

Alors à ce jeu, les antifas qui s'en prenent au skinhead présumé fas, ne s'en prennent jamais qu'au mauvais ennemi, et de toutes façons de sale manière (aussi fas que les fas, dans leur extrémisme actionnel - fa ocre versus fa kaki ... ). Bref : nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge, quand nous ne sommes pas nous-mêmes acteurs malévoles du fa socioéconomique-même.

Bienvenue dans l'ère des masses, j'vous jure, créfieu.
Cela appert nettement dans l'antidémocratisation actuelle.

A tout cela, il faut naturellement ajouter l'Italie de Mussolini, l'URSS des soviets, et l'Espagne de Franco - qui ne termina que dans les années '70. Où tout ce "beau monde" & héritiers existe toujours, sans parler des dictatures viles, veules, pleutres, vautres & piètres de la planète.

Qui certes n'ont rien à voir avec l'aristocratie.

Par quoi je donnerai raison à tous les révoltés de la Terre, quand bien même pris dans l'ochlocratie & son misarchisme (haine du pouvoir) : misarchisme logique dans ces conditions.
Parce que l'ochlocratie, c'est le fa qui règne-même, qui en veut, afin de nous noyer dans la masse/la foule. Et le misarchisme, c'est encore ce fa qui le désire, afin de mieux régner dans l'ombre des porte-feuilles d'actions …

Supplément philosophique:  Reste que, comme dirait Michael Moore : "le capitaliste te vendrait la corde avec laquelle tu vas le pendre". Karl Marx avait raison. Mais quand nous sortirons-nous cette aliénante auberge ? Auberge schizophrénante du double bind, à la Gilles Deleuze & Felix Guattari dans Capitalisme & schizophrénie 1 & 2.


Un exemple : né en 1962, Manuel Valls est nécessairement imprégné par l'ambiance franquiste de sa prime-jeunesse, jusqu'à 1975. Pendant 13 ans, donc jusqu'à sa puberté, et quand bien même il bute contre le franquisme peut-être, il vit là-dedans. Or, à cet âge, on bute en fait moins qu'on absorbe en étant à l'écoute ainsi qu'un béni oui-oui ou un m'en-foutiste - sans parler du fait qu'il dût connaître X franquistes & fils de franquistes, avec lesquels pourtant il partagea les mêmes terrains de jeu.

Cela ne fait certes pas de Manuel Valls un fa, mais cela en fait - pour le dire à la Gilles Deleuze - un subfasciste. Or c'est médiatiquement manifeste, and so on du monde dans lequel nous vivons, jusque dans le festivisme.

Par quoi nous nous débattons tous avec quelque dépressivité généralisée : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1532-contre-le-nihilisme-moral


Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t334p50-que-signifie-le-succes-d-eric-zemmour#29367

***

Voir aussi : http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/SCARPETTA/13619

***

Voir encore : Un Philosophe
Entretien avec Jean-Clet Martin : « L’Etat ne survit plus que comme un fantôme »


Dernière édition par Mal' le Jeu 18 Mai 2017 - 21:48, édité 1 fois
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Jojo le Jeu 18 Mai 2017 - 20:19

Bonjour, merci pour vos échanges très instructifs.  Je suis tout à fait en accord sur votre dernier commentaire. Je réfléchis beaucoup pour le moment sur cette question de la configuration de nos "démocraties" modernes et je pense comme vous (si j'ai bien compris) que nous sommes en train de prendre le chemin d'une nouvelle forme de totalitarisme.

J'ai analyser la crise de 2008 et les traités appliqués pour y répondre avec les concepts de Hannah Arendt et je trouve qu'ils permettent la mise en lumière de la création de l'impossibilité politique dans l'ensemble du champ démocratique. Ce qui dès lors de fait n'offre plus comme vous le dites qu'une mascarade de liberté. la liberté n'est plus qu'un simple objet d'accomplissement à un ordre naturel: l'économie néo-libérale.Nous sommes rentré dans une époque d'impossibilité politique. Le plus grave selon moi et Macron en est l'illustre exemple est que toutes les mesures qui passent à la hâte et qui sont d’ordre purement idéologiques et qui sont cependant présentées comme de raison sont de nature totalitaire. Elles gravent dans les traités, dans les lois une idéologie, elle fabrique de toutes pièces une nouvelle société sous prétexte de raison.  Les politiques s’abritent derrière la raison utilisée pour masquer leur agir, ils font. Ils se servent de la terreur de la crise pour voir leur nouvel ordre s’ériger.
Toutes ces mesures présentées comme un accompagnement raisonnable de l’ordre naturel sont en fait de l’agir politique qui se masque derrière l’œuvre.  La terreur instituée à son paroxysme, la démocratie ne peut plus être. L’agir est mort avant d’avoir commencé.
   
Il suffit de se rappeler que les Nazis enseignaient à leurs élèves de primaire pourquoi il était de raison de supprimer trisomiques et autres rebut de la société. En très bref : Ils coutaient trop chère, et c’était pour leur bien, le bien de tous. On enseigne désormais aux travailleurs sociaux comment activer les individus à trouver des emplois à bas salaire, on prive les bureaucratie de faire exister la politique en leur sein on les cantonnes dans ce rôle d'être l'Etat dans l'Etat contre l'Etat (marx) ce qui permet derrière de soutenir la mise au pas de la société civile dans son asservissement à la pensée politique qui se cache derrière l'austérité. Et oui le piège se referme...
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Malcolm le Jeu 18 Mai 2017 - 22:06

Bienvenue sur LP, Jojo.

"Le piège se referme" *Lol* ... voilà qui est prêt de faire un bon film d'horreur complotiste ! *Lol*

Seulement, j'ai comme un doute sur l'ancienneté du programme, et je suis persuadé que l'Empire du Bien croit en lui-même : il n'arrête pas de nous vendre de la self-confidence, y compris à travers Emmanuel Macron ! *Lol*

C'est-à-dire que personne n'eut pu prévoir le puissant moteur de développement sociotechnique du capitalisme, depuis la Renaissance ; personne n'eut pu prévoir que l'invention de la machine à vapeur accoucherait de l'industrialisme ; personne n'eut pu prévoir que l'humanité augmenterait exponentiellement en deux malheureux siècles à cause de la découverte des microbes et des engrais agroindustriels, après des dizaines de milliers d'années d'existence sous cette forme évolutionnaire (homo sapiens) de 1 milliard d'êtres en 1800, à 2 en 1900, 3-4 en 1950, 6 en 2000 et bientôt 8-10 dans les décennies qui viennent.

C'est simple : nous sommes saisis d'effroi devant nos propres lignes de fuite, et nous avons une oligo-plouto-technocratie qui, dotée de moyens de propagande massive allègrement employés, ne sait elle-même pas bien ce qu'elle fait, sinon tenter de sauver sa peau en tirant son épingle d'un tel jeu certes bien fallacieux "comme il faut". Elle n'a eu que 5-6 générations pour prendre la mesure de ce qui lui arrivait ! *Lol*

Si donc, nous comprenons bien que nous avons subi courant XXème les délires brutaux (hard power) permis par la bureaucratie, nous pouvons donc comprendre que nous en subissons toujours les délires subtils ("soft" power). Le complotisme internautique explique assez bien que certains puissants auraient comme acté "la mort de la Terre", et pour commencer on parle de nation spatiale, à partir de quoi il y a toutes ces convoitises de terraformation martienne - improbable, - évidemment au bénéfice des plus riches - qui donc font tout pour le rester, et sauver logiquement leurs familles, plutôt que de chercher à mieux s'organiser "ici-bas, en enfer". *Lol*

Et, puisque nous ne pouvons pas bien voyager sur des années-lumières, il faudrait que l'on se rassure en se disant que des utérus artificiels pourraient porter des semences cryogènes eugénistées, afin que des IA sillonnent l'univers pour nous trouver un habitat viable avant régénérescence de la race humaine, à moins que ce ne soient des Hommes transhumanistés ayant connu l'immortalisation - comme le projet de Google.

Sous notre malheureux angle personnel de pauvres, c'est effrayant. Mais, sous l'angle spéciologique, ça se laisse doucement entendre. Sinon qu'effectivement, tout cela a lieu dans une précipitation guedine, comme si la Terre était déjà prête à disparaître ! *Lol*
Les maîtres du monde sont des crétins trop-relatifs *Guedin* "tout le monde" voudrait tant être "le premier" à "sauver l'humanité" *!!!* *Ptdr*


Ceci étant, ça ne serait pas la première fois que des civilisations terrestres s'effondreraient sur elles-mêmes ! *Ptdr*
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Avis' le Jeu 18 Mai 2017 - 23:21

Mal a écrit:Et, puisque nous ne pouvons pas bien voyager sur des années-lumières, il faudrait que l'on se rassure en se disant que des utérus artificiels pourraient porter des semences cryogènes eugénistées, afin que des IA sillonnent l'univers pour nous trouver un habitat viable avant régénérescence de la race humaine

Aucune chance : hors de notre système solaire, dont aucune planète ne se prêterait à terraformation, le plus proche système solaire, Alpha et Beta du Centaure se trouvent à 4,2 années-lumière de distance soit, à la vitesse des plus rapides objets de l'espace (moins de 20 km/s dans l'espace - pouvant atteindre jusqu'à 70 km/s mais seulement à l'approche d'un corps massif), il faudrait 70.000 ans à un vaisseau spatial pour atteindre une planète de ce système solaire le plus proche.
Le plus grand danger écologique qui nous menace, et dont aucun écologiste ne parle et ne veut parler, c'est la pullulation humaine, qui aura détruit les équilibres mondiaux et leurs budgets de recherche en quelques générations à peine dans le but unique et irrépressible de consommer. Ceci va tout à fait dans le sens de ce que tu dis Mal'.
La seule issue pour retarder et peut-être enrayer ce processus consisterait à limiter tout de suite la prolifération humaine. Mais c'est une chose qui ne peut pas se dire, et se dirait-elle, elle trouverait aussitôt ses opposants vertueux jusqu'à l'imbécillité.
Donc, il n'y a rien à faire, notre sort à tous est scellé. Riches ou pauvres, et bientôt tous pauvres. Mais plutôt morts, que pauvres !
Je ne souhaite qu'une chose en l'occurrence : ME TROMPER.

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Malcolm le Jeu 18 Mai 2017 - 23:52

Ce qui ne dit encore rien du potentiel fascisme interstellaire qui existerait, mais tu n'as pas remarqué que l'idée est d'essaimer l'humanité par IA, utérus artificiel, semences cryogènes eugénistées, etc. dont les gestations et éducations ne s'activeraient qu'une fois une planète viable serait trouvée.
A moins que, justement, pour arrêter le devenir-consumé de la Terre, un néofascisme soit la radicale solution !

Mais je ne mets pas ma main à couper que les futurologies malheureuses qu'on nous promet, soient malheureuses pour tous. Regarde : tout le monde voudrait vivre comme dans Mad Max *Blase*


- belle métaphore, d'ailleurs, de la furieuse route que l'on prend.
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  LibertéPhilo le Sam 24 Fév 2018 - 8:24

Je tombe sur cet article : AgoraVox - « La démocratie totalitaire, penser la modernité post-démocratique », par Fabrice Trochet, 2007 (déjà !).

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  Mal' le Sam 24 Fév 2018 - 16:59

Dans le Magazine Littéraire ancienne version, n°551, janvier 2015, on tombe sur l'article L'inavouable "essence du nazisme". Extraits.
Patrice Bollon a écrit:Dans un essai passablement confus [Reductio ad hitlerum, une théorie du point Godwin], François de Smet explore les interprétations possibles de cette arme massive du "politiquement correct", que le philosophe Leo Strauss (1899-1973) avait appelée en son temps la reductio ad hitlerum. François de Smet y voit le symptôme d'une époque, la nôtre, perdue dans un relativisme moral où tout se brouille, incapable de se repérer face à "la contingence, de définir les notions de bien et de mal autrement que par la référence à un événement historique traumatisant". L'analyse est juste, mais un peu courte.
On peut se demander si le point Godwin ne constitue pas aussi, tant pour l'accusateur que pour l'accusé, une façon d'échapper à cette analyse introspective, qui n'a toujours pas été faite, de ce qui, dans nos raisonnements et leurs présupposés non questionnés, participe du nazisme honni.
Rien de moins, rien de plus.
C'est ce soupçon, bien plus politiquement incorrect que les débats vaseux actuels sur Pétain et les Juifs, qui court dans trois ouvrages récents.
  • Les Anormaux, Götz Aly, Flammarion, 2014
  • Miroir de l'Occident. Le Nazisme et la Civilisation occidentale, Jean-Louis Vullierme, Toucan, 2014
  • La Loi du sang. Penser et agir en nazi, Johann Chapoutot, Gallimard, 2014
[Selon Götz Aly] l'"Aktion T4" [l'eugénisme] n'était, en somme, que la préfiguration extrême de cette généralisation du calcul économique dans le domaine de la santé qu'on appelait dans les années 1970-1980 les techniques de "rationalisation budgétaire" (RCB). Ses objectifs matérialisent "l'utopie biopolitique d'une société d'individus performants" qui est devenue la nôtre. Enfin, loin d'être d'horribles nazis assoiffés de sang, nombre de ses soutiens dans le corps médical étaient reconnus comme les représentants d'une médecine progressiste [...]
[Selon Jean-Louis Villuerme] tout autre qu'un "hapax", un événement isolé, produit d'une espèce de génération spontanée, le nazisme ne serait [...] que le réaménagement radical d'attitudes mentales et autres partis pris idéologiques-cognitifs traditionnels qui se seraient "potentialisés" les uns les autres pour engendrer l'horreur. Parmi ceux-ci, Jean-Louis Villuerme distingue l'hyperrationalité technicienne, le nationalisme, l' "anempathisme" ("la disposition à n'éprouver aucune communauté de souffrance avec les cibles") des guerres coloniales, l'historicisme (l'idée que nous pouvons "créer le réel" par la volonté) et le positivisme juridique, postulat selon lequel le droit est une émanation du peuple, qu'on peut donc changer à loisir - porte ouverte à tous les terrorismes d’État.
Comme [Jean-Louis Villuerme] le rappelle, le Fürher s'était beaucoup inspiré, dans Mein Kampf, des théories "suprémacistes" blanches du publiciste américain Madison Grant (1865-1937) [...] qui passait alors pour le fin fond de la "Science". Il vouait un culte au motoriste Henry Ford, plus encore pour ses méthodes de gestion industrielle que pour son antisémitisme [...]
Et il établissait un lien fort entre son entreprise de colonisation de l'Est européen, avec asservissement programmé des Slaves, et la conquête de l'Ouest par les "Nordiques" américains fondée sur l'extermination des Indiens. Quant à son nationalisme et à son positivisme juridique, ils dérivaient en quasi droite ligne de 1789 ...
[Johann Chapoulot, à] rebours des interprétations en termes d'irrationalisme du nazisme, [montre que] ce dernier présentait une grande cohérence intellectuelle. Celle-ci était fondée sur l'idée d'une nature législatrice - où, selon les préceptes du darwinisme social, toute vie était conçue comme un combat, où les forts devaient nécessairement évincés les faibles, etc. - qui avait vocation à tout expliquer de façon scientifique [...]
Johann Chapoulot exhume les normes de perception et de raisonnement que le régime avait réussi à faire passer pour "naturelles", et donc irréfutables. Dans ce cadre de référence, tout prenait alors un autre sens. Comme tous les régimes politiques nouveaux, le nazisme avait procédé à une "révolution normative" [...] à ce jeu, les pires agissements confinaient à des devoirs paradoxalement moraux. Une construction qui explique la référence (dévoyée) à l'impératif catégorique kantien que fit Eichmann lors de son procès à Jérusalem [...]
De ces réflexions et interrogations, une leçon [...] se dégage [...] nous portons en nous les éléments constitutifs [du nazisme],  mais nous devons nous défier de tout ce qui [...] se voit à chaque seconde sacralisé par les institutions et les médias. Même les sociétés les plus civilisées peuvent basculer dans l'hystérie collective.
Admirable article.


Dernière édition par Mal' le Dim 25 Fév 2018 - 11:00, édité 4 fois (Raison : corrections)
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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

Message  LibertéPhilo le Dim 25 Fév 2018 - 9:10

Vivrions-nous alors, à l'heure du "transnazisme" ? transnationales-socialisme ? *Interdit*

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Re: Mondialisation et fascisme démocratique

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