/Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Ragnar I le Ven 20 Mar 2015 - 18:14

Philo a écrit:ce qui m'intéresse dans le sous-titre du livre d'Onfray, est de savoir pourquoi il veut une sagesse "sans morale" et non pas juste une sagesse ? Ferait-il une distinction entre l'éthique et la morale, selon la division artificielle qui est faite parfois entre ces deux termes qui ont surtout une origine différente, grecque pour l'un, romaine pour l'autre ? Donc, une sagesse avec éthique, plutôt qu'une sagesse sans morale,

Premièrement, il faudra lire le livre avant de se prononcer sur la sagesse sans morale d'Onfray.

Deuxièmement, Onfray se dit nietzschéen, et je crois d'ailleurs qu'il l'est. C'est peut-être en conséquence chez Nietzsche qu'il faut chercher le sens de la morale vue par Onfray.

« Sans morale » pourrait alors signifier « amoral », et pas « immoral » ...

« Amoral » dans le sens niétzschéen de neutralité par rapport au bien et au mal.

« Immoral » dans le sens contrevenant aux principes moraux établis.

Onfray serait alors « amoral », ou neutre, d'un point de vue nietzschéen, mais pas « immoral » au sens qu'il trouve chez certains penseurs pour établir sa politique. ( Voir ici : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t293-onfray-et-sa-politique )

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Philosophos le Ven 20 Mar 2015 - 20:50

Ragnar Lothbrok a écrit:« Amoral » dans le sens niétzschéen de neutralité par rapport au bien et au mal.
Nietzsche n'est pas du tout neutre envers l'évaluation Bien/Mal, tout au contraire, il n'a pas de mot assez dur pour qualifier cette évaluation plébéienne, cette "morale d'esclaves" !

« Immoral » dans le sens contrevenant aux principes moraux établis.
Onfray est tout sauf immoral, il est contre tous ceux qui font le plus petit mal aux honnêtes gens, et même aux bêtes (cf. la corrida). Les chrétiens du temps de Jésus que Nietzsche pourfend auraient adoré Onfray.

Conclusion : Onfray n'est ni immoral ni amoral mais hyper moral. Il se prend pour une sorte de Juste, un chevalier blanc. Il me fait penser à Platon (toutes proportions gardées) qui n'avait pas de mot assez dur contre Périclès et les sophistes, parce qu'ils étaient hypocrites et parfois menteurs.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  JP2popup le Sam 21 Mar 2015 - 15:36

Neopilina a écrit:
Ragnar Lothbrok a écrit:La misère m'ennuie autant que la métaphysique.

J'encadre, pour mémoire. Tu conviendras que ça le mérite.

Charles aznavour: "la misère serait moins pénible au soleil"

Ce qui expliquerait la naissance de la métaphysique dans des régions hellènes baignées de soleil: "la métaphysique serait moins pénible au soleil"...

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Ragnar I le Sam 21 Mar 2015 - 16:56

Philo a écrit:
Ragnar Lothbrok a écrit:« Amoral » dans le sens niétzschéen de neutralité par rapport au bien et au mal.
Nietzsche n'est pas du tout neutre envers l'évaluation Bien/Mal, tout au contraire, il n'a pas de mot assez dur pour qualifier cette évaluation plébéienne, cette "morale d'esclaves" !

Certes, et personne ne dira le contraire quant au point de vue de Nietzsche sur la morale des esclaves. Autrement dit, lorsque Nietzsche se penche sur l'aspect de la morale opposée à l'immoral, il est moraliste. Et quand il se penche sur l'aspect de la morale opposée à l'amoral en pensant par-delà le bien et le mal, il ne l'est pas.

Morale opposée à l'immoral = Une chose.

Morale opposée à l'amoral = Autre chose.

« Immoral » dans le sens contrevenant aux principes moraux établis.
Onfray est tout sauf immoral, il est contre tous ceux qui font le plus petit mal aux honnêtes gens, et même aux bêtes (cf. la corrida). Les chrétiens du temps de Jésus que Nietzsche pourfend auraient adoré Onfray.

Conclusion : Onfray n'est ni immoral ni amoral mais hyper moral. Il se prend pour une sorte de Juste, un chevalier blanc. Il me fait penser à Platon (toutes proportions gardées) qui n'avait pas de mot assez dur contre Périclès et les sophistes, parce qu'ils étaient hypocrites et parfois menteurs.[/quote]

Alors tu te prives de comprendre ce que je pense comprendre en toute modestie, à savoir que « la sagesse sans morale » dont Onfray pare son Cosmos a un rapport avec la neutralité par rapport à la morale opposée à l'amoral et pas à l'immoral.

Onfray comme Nietzsche sont amoraux, mais ils ne sont pas immoraux.

(Je te rappelle en passant que Nietzsche reproche au christianisme de ne pas s'intéresser aux animaux ...)

(Je te rappelle aussi en passant que Nietzsche dit que la graine de surhumain peut se voir chez les plus humbles parmi le peuple, c'est-à-dire loin de l'élite dont il fait par ailleurs l'apologie ...)

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Philosophos le Sam 21 Mar 2015 - 17:30

Ragnar Lothbrok a écrit:Onfray comme Nietzsche sont amoraux, mais ils ne sont pas immoraux.
Pour Onfray, certainement pas, il est moraliste jusqu'au bout des ongles (et il se situe dans l'évaluation plébéienne Bien/Mal). Nietzsche est moraliste (évaluation Bon/Mauvais), il le répète dans la Généalogie, I, il déclare aussi souvent qu'il est le premier des immoralistes, c'est-à-dire opposé à toute moraline, à tout jugement bon ou méchant.

Message de la modération : j'ai fait le ménage dans le fil, les ad personam sont interdits sur le forum. Vous trouverez vos bisbilles dans la corbeille.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Neo' le Sam 21 Mar 2015 - 17:54

En bons américains, Gates et Buffet font de la charité, une fois qu'ils en ont largement les moyens. Moyens obtenus en appliquant à la lettre l'ultralibéralisme économique, le darwinisme " social ". " J'ai fermé des centaines d'usines, mais je donne pour la recherche contre le paludisme ", etc. C'est bien de l'excellente " charité chrétienne ", tout ce qu'il y a de plus orthodoxe.

Même Gates et Buffet ne peuvent rien conte l'évasion, l'optimisation et la fraude fiscale qui représentent annuellement 20 000 milliards de dollars de moins dans les caisses des états, et pour cause ils les ont ardemment pratiqué. Un exemple, la France, sans ces fléaux, son budget annuel serait largement à l'équilibre. Contre le fléau global qu'est le capitalisme en l'état, dont tes deux stars ont été d'excellents d'élèves, celles-ci ne peuvent rien. Tes deux Idoles sont d'abord deux purs produits du Monstre qui asservit, ravale au rang de bêtes de somme des milliards d'individus, et qui saccagent la planète. Dans le meilleur des cas c'est des Repentis.
Même athée, je choisirais donc, par delà ton mépris, mère Térésa.


Dernière édition par Neopilina le Sam 21 Mar 2015 - 19:46, édité 2 fois
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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Ragnar I le Sam 21 Mar 2015 - 18:32

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Gates et Buffet ont ouvert à Washington une agence de « lobying » visant à faire augmenter la taxation des grandes entreprises et des grandes fortunes, même les leurs, pourvu que tout le monde soit logé à la même enseigne.

Sous l'effet de ce lobying, Obama mène en ce moment une campagne visant à surtaxer les grandes entreprises américaines faisant des affaires aux États-Unis, mais fiscalement domiciliées dans des paradis fiscaux. Facebook, Twitter, Amazon et bien d'autres entreprises de milliardaires de ce genre sont dans le collimateur de la Maison Blanche, qui est aujourd'hui plus socialiste que le parti soit disant socialiste de n'importe quel pays.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Philosophos le Dim 22 Mar 2015 - 17:35

Neopilina a écrit:En bons américains, Gates et Buffet font de la charité, une fois qu'ils en ont largement les moyens.
Je suis d'accord avec ce constat, mais en est-il question dans le livre d'Onfray, car dans ce fil, c'est ce qui nous intéresse ?

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Neo' le Dim 12 Avr 2015 - 16:37

Ragnar Lothbrok a écrit:Gates et Buffet ont ouvert à Washington une agence de « lobying » visant à faire augmenter la taxation des grandes entreprises et des grandes fortunes, même les leurs, pourvu que tout le monde soit logé à la même enseigne.

Qui a parlé d'augmenter les impôts !? pas moins. Je suis contre toute taxation supérieur à 50%. Certaines cours constitutionnelles de Lands allemands l'ont jugé anticonstitutionnelle, et je pense de même. Je demande " juste " qu'il rentre normalement. Ça évitera " accessoirement " d'assommer fiscalement le vulgus pecus pour compenser le manque à gagner, etc., etc., etc., ad nauseam.
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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Ragnar I le Mar 14 Avr 2015 - 3:11

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Enchaînement sur la digression neoplinienne :

Qui parle de taxer les milliardaires américains à plus de 50 % ?

Gates et Buffet plaident aujourd'hui pour que ces milliardaires soient taxés à plus de 30 %, taux qui aujourd'hui s'applique à eux dans l'injustice la plus flagrante du monde.

Fin de la digression ...

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Dionysos le Lun 14 Sep 2015 - 21:12

Je ne suis pas certain que Onfray se place sur le terrain de la morale...ou de la moraline. Il a des principes, c'est évident... Mais la moraline est toujours empreinte de mauvaise foi. Ce n'est pas son cas... Exemples :

Il a fondé son université en premier lieu pour lutter contre le Front National et l'extrême droite. Cependant, il a affirmé dernièrement qu'il préférait une pensée juste d'Alain de Benoist à une pensée fausse de BHL. Ce qui lui a valu les foudre de la gauche "morale", justement.
Il continue de se proclamer de gauche (de la vraie, de celle qui n'aurait pas trahie le peuple), mais cultive effectivement une amitié réelle avec FOG qui ne se cache pas d'être libéral.

La moraline consisterait, à mon sens à porter un jugement moral et sans appel avec toute personne qui ne serait pas de sa tribu idéologique. Or, ce n'est pas son cas.
On peut aimer ou détester ses prises de positions, sa façon de philosopher comme un boxeur comme le lui a dit Boris Cyrulnik, mais sa bonne foi ne fait aucun doute, tout comme son intégrité en matière de réflexions.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Neo' le Lun 14 Sep 2015 - 21:26

Dionysos a écrit:On peut aimer ou détester ses prises de positions, sa façon de philosopher comme un boxeur comme le lui a dit Boris Cyrulnik, mais sa bonne foi ne fait aucun doute, tout comme son intégrité en matière de réflexions.

Complétement d'accord avec l'entiéreté du personnage. Et on prend donc bonne note de la présence constitutive, a priori, du " boxeur ", de sa version d'Achille, de Sa part d'hybris. Je connais un peu le sujet. Et donc je me soigne !   :lol!:
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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Philosophos le Mar 15 Sep 2015 - 10:28

Son entièreté a connu des changements. Il n'a pas toujours pensé ce qu'il pense aujourd'hui. Avec l'âge, il devient plus nuancé, mais, ce qui va avec, plus polémique. Il s'attaque à des gens qu'au début de l'UP, il respectait, comme Freud.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Dionysos le Mar 15 Sep 2015 - 13:46

Effectivement, la pensée de Michel Onfray évolue, comme la pensée de tout intellectuel. Il a tout de même le mérite de n'être pas passé du maoïsme au libéralisme sauvage comme bon nombre de ses condisciples.
A mon sens, ce n'est pas tant lui qui crée la polémique, que ceux qui pour des raisons purement politiques refusent la complexité d'une réflexion.

Pour revenir sur Freud, rapidement... Son livre a eu un mérite immense. Il a déboulonné la statue en replaçant l'homme dans une perspective historique. Tant que Freud a été considéré comme un saint, ou un oracle il n'était pas possible de remettre en cause la moindre de ses pensées ou le moindre aspect de la psychanalyse. J'ai eu suffisamment de remarque du genre : "Vous critiquez la psychanalyse ? C'est que vous avez besoin d'un psy..." pour savoir un peu de quoi on parle... :P
Freud a eu des intuitions géniales, il a ouvert des portes... Mais il n'a jamais été "LA VERITE ET LA VIE".
Le livre d'Onfray est sans doute à charge, et peut déplaire... Il n'en reste pas moins d'une utilité incontestable à mon avis.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Philosophos le Mar 15 Sep 2015 - 14:48

Dionysos a écrit:Effectivement, la pensée de Michel Onfray évolue, comme la pensée de tout intellectuel. Il a tout de même le mérite de n'être pas passé du maoïsme au libéralisme sauvage comme bon nombre de ses condisciples.
En effet, c'est là le point d'appui sur lequel repose toute sa pensée : la lutte contre le libéralisme économique. Je pense qu'on ne trouvera pas de changement dans sa manière de voir. Cela est dû à son enfance, vécue au milieu de gens pauvres de la campagne, paysans, ouvriers, il en a gardé le respect du peuple, il n'est pas tombé dans la "boboïsation", comme les autres intellectuels de gauche. Il soutient, et je parie qu'il soutiendra toujours les pauvres.

A mon sens, ce n'est pas tant lui qui crée la polémique, que ceux qui pour des raisons purement politiques refusent la complexité d'une réflexion.
Quelques exemples. Une pensée classique de gauche
Onfray a écrit:L’Occident attaque, prétendument pour se protéger, mais il crée le terrorisme
Et une autre qu'on n'attend pas, publiée dans... le Figaro * :
Onfray a écrit:On criminalise la moindre interrogation sur les migrants
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/10/31003-20150910ARTFIG00382-michel-onfray-on-criminalise-la-moindre-interrogation-sur-les-migrants.php

Le livre d'Onfray est sans doute à charge, et peut déplaire... Il n'en reste pas moins d'une utilité incontestable à mon avis.
Nietzsche détruisait les idoles, Onfray déboulonne les statues (notons qu'il ne dit pas "détruire", au XXIe siècle, on euphémise, là où Nietzsche exagérait). Je préférais le Onfray des débuts de l'UP, quand il ne faisait pas autant de polémiques. On y apprenait des choses intéressantes, sur Philodème de Gadara, sur l'abbé Meslier, sur Montaigne...



* Je profite de cette occasion pour citer Onfray :
LE FIGARO - L'insoutenable photo de l'enfant kurde mort sur une plage de Turquie a conduit François Hollande à modifier la position de la France sur la crise des migrants. Que cela vous inspire-t-il?
Penser une photo est déjà la chose la plus difficile qui soit car on ignore tout de ce qui a présidé aux intentions et au geste du photographe: pourvu qu'elle soit bonne, une photo est toujours une idée. De plus, on sait qu'à l'ère numérique, une photo peut-être une manipulation à la portée du premier venu. On ne sait donc jamais si une photo est ce qu'elle dit a priori ou ce que la légende lui fait dire. Il existe des détournements célèbres par les légendes. Ce que l'on sait, c'est que dans notre monde où n'existe plus que ce qui est montré dans un média, une photo bien légendée fait plus qu'un long discours argumenté.

L'émotion a-t-elle remplacé la raison? Cela nous empêche-t-il de percevoir les véritables enjeux géopolitiques contemporains?
Oui, bien sûr. Il faut des bons mots, des petites phrases, des images chocs avec lesquelles on retient bien plus volontiers son public qu'avec une longue analyse fine, précise, argumentée, savante.
Sur  Liberté Philo, j'ai interdit l'utilisation d'images à la place de la réflexion, notamment à l'époque des attentats contre Charlie Hebdo, pour les mêmes raisons que celles exposées ici par Onfray.

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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Neo' le Mar 15 Sep 2015 - 15:00

Pour le livre sur Freud. Il y a eu un précédent, un coup de tonnerre à l'époque, " Le livre noir de la psychanalyse ", complétement à charge aussi, lui aussi, avant Onfray, jetait le bébé avec l'eau du bain. Depuis ce livre je n'aime plus du tout le personnage Freud, mais comme Dionysos, je maintiens, Freud a ouvert des portes, offerts des champs, a été un des pionniers majeur, incontournable, d'un domaine d'investigation, crucial.
A la fin de " Citizen Kane", le " héros " a dans son dernier souffle un mot. Je l'ai oublié, mais je me souviens que c'est le nom de sa luge d'enfant. En dernier lieu, quant on investigue, si j'ose dire, on est toujours ramené au noyau dur ontogénique : l'Enfance.
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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

Message  Neo' le Mar 15 Sep 2015 - 18:11

Dionysos a écrit:Rosebud...

*Héhéhey*  
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Décadence

Message  Malcolm le Lun 23 Jan 2017 - 12:59


Après la boutade, je dirai que je sors d'une librairie, où je me penchais sur "le dernier Onfray" évidemment mis au fronton des étales : Décadence, second tome de sa "brève encyclopédie du monde" ...

Notez d'abord qu'entre une Brève Histoire du temps de Stephen Hawking, une Brève Histoire de mondes de Frédéric Mathieu, et tous ces livres commençant sur le modèle, on peut dire que Michel Onfray choisit des modèles "populaires" - quant à savoir s'ils sont tous raisonnables, il y a aussi des eaux de roses telles qu'une Brève Histoire d'amour de Krzysztof Kieslowski, etc. mais Michel Onfray est suffisamment féministe pour respecter la mièvrerie, je suppose, et ceci dit sans préjugé contre les amateurs/trices de mièvreries : que celui qui ne s'est jamais reconnu de mièvrerie se jette la première pierre. Mais enfin, on se détermine à s'y abandonner ou non ... Non ?

Car c'est là que, si déterminisme absolu il y a (or Michel Onfray prétend qu'il y a, absolument, déterminisme), on comprend que Michel Onfray devait donner dans le sentimentalisme le plus guedin. Pour ma part, je suis pourtant fataliste mais, comme fataliste (à la Jacques, de Diderot), j'enregistre ma part active dans le lot (paradoxalement les déterminations me responsabilisent, en quoi je suis moins insouciant que Jacques, et plus proche de la gravité d'Onfray), où Michel Onfray - donc - nous passive au point de nous annihiler.

Et nous annihiler au profit de quoi ? ... Au profit de soi, évidemment ! *Lol* ... Je découvre enfin que Michel Onfray n'a jamais écrit qu'un long appendice à sa Sculpture de soi ! *Lol* ... Mais enfin, je vais "quand même" m'expliquer à un moment donné. Et ce moment, je vous le donne :

Dans cette librairie, finalement, j'ai commencé par la quatrième de couverture, où je comprends que Michel Onfray - de façon fort post-moderne - nous offre à lire un patchwork du genre Imaginarium du docteur Parnassus, de Terry Gilliam, des Monthy Python. Puis, entamant la préface, je redécouvre le Saint-Michel du journal hédoniste, et de toutes ses préfaces, où, mine de rien, je réalise que cet homme fait un sacré complexe devant Nietzsche, et envie/jalouse furieusement, passionnément, son psychographisme et son prophétisme avéré - mais ce deuxième point éclatera dans la conclusion ; - un psychographisme qu'Onfray prend pour un sommaire récit de voyage doublé d'autobiographie. Exit l'autographie ! ... il n'y a même pas de Montaigne là-dedans, par-devers l'appréciation chauvine d'Onfray (dixit) pour le Français sur l'Allemand. En fait, comme j'ai déjà dû le dire çà et là, Michel Onfray est pour moi l’Émile Zola de la philosophie, et son post-modernisme (littéraire) se traduit donc en influences anglo-saxones (mondialisation oblige) et en néo-naturalisme (littéraire) s'affirmant soi-même comme imprécation contre les temps : Je Raccuse à Syracuse ! *Lol* ... soit donc en ressentiment, comme mauvais lecteur de Nietzsche, par-devers sa néo-critique du ressentiment et du nihilisme.

C'est donc à dire, qu'Onfray est un pur ressentiment fait chair, où il faut répéter et tempêter encore-toujours contre les obsessions nietzschéennes, comme si c'était soi qui les disait preum's. Mais, preum's, probablement devant "le tribunal populaire" ! *Lol* ... Je dis qu'en abordant la conclusion, et pour autant que j'ai découvert une lecture de l'Histoire à la va-vite relativement cohérente (je répète que toute son œuvre est une ... apostille *Lol* ... à la Sculpture de soi, une cathédrale à sa gloire, un peu comme si Onfray était l'enfant GPA de Friedrich Nietzsche et d'Alain Badiou ! *Lol* ) ... en abordant la conclusion, disais-je, je découvre maintenant que Michel Onfray parle au futur de l'indicatif, en nous promettant (quel manque d'imagination ... ) un futur tout droit issu de la hard science (SF), certes malignement - et pourtant ingénument - fondé sur les classiques du genre : le Meilleur des mondes, 1984, etc. Hélas, son propos ignore totalement les problématiques énergétiques et autres tarissements de ressources - sans parler de l'improbabilité pour l'humanité de quitter la Terre, en tout cas son système proche, - au profit d'un "simili-culturalisme zemmourien" qui, pour autant qu'il n'est pas insensé, ne saurait largement pas être qualifié de "réel, tout le réel, rien que le réel !" je l'jure preum's, croix d'bois. *Lol*

Michel Onfray manque évidemment d'humour, d'enfantinerie, et c'est moi qui allège un peu cet esprit de pesanteur ! *Lol* ... Il en manque tellement, qu'il ne réalise pas se faire épouvantail, avec tout cela. Un frisson d'horreur de sens commun le saisit, et il veut le communiquer à tous en appelant ses torchonneries "sagesse tragique", en concluant ontologiquement qu'une telle sagesse dit "ce qui est", après avoir défini l'être comme matière jouissive. Contradiction ? Non : Michel Onfray ne fait jouir que lui, quand il s'excite en costume d'épouvantard droit sorti de Harry Potter, et finalement se ménage une retraite en prêchant un catastrophisme humain, trop humain. Un catastrophisme qui, certes, ne manque pas spécialement d'arguments, et qui s'entend. Au fond, cette "tragédie de l'être", chez Onfray, se prend pour un réalisme cartésien se laissant aller à toute passion - miroir du monde, objectivisme post-subjectiviste, pourtant conspué par Nietzsche chez le scientifique : comme Zola, il croit faire science ! *Lol*

Mais, donc, ce n'est jamais qu'un autre symptôme de la débandade nihiliste au sens nietzschéen, soit donc la débandade donnant dans le nullissime. Reste qu'on m'en voudra, Onfray le premier, de ne pas avoir lu ce livre en entier pour le commenter (au reste, je n'en ai que trop lu) : "je suis" comme tous ces journaleux qu'il conspue ! *Lol* Bref : on me passera ces légèretés devant le Richard Strauss des temps post-hyper-sur-néo-im-modernes (bref : des temps ... rien ! *Lol* ). Au fond, pour moi, critiquer le bougre-Onfray est un vice coquin - je le con-fesse socratiquement.

Mais ce monsieur est pervers, et il faut bien se défendre (voire défendre contre) la perversité des temps. Voyez donc le solarpunk, qui reste pourtant sympa, gentil, mignon et kikoolol. Personnellement, je ne promets que la débandade, dans tous les sens qu'on prenne ce mot - à défaut de la chose.
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Re: /Brève encyclopédie du monde/, Michel Onfray (Cosmos, Décadence, Sagesse, Nihilisme)

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