Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

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Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mar 10 Mar 2015 - 9:44

Puisque les attaques à son endroit fleurissent, si peu renseignées soient-elles. Il convient d'ouvrir un sujet qui catalysera les discussions et ne polluera plus l'ensemble du forum.

Pour découvrir Strauss - faute de le lire, parce que trop complexe, quelques liens :
Le plus synthétique : http://claude.rochet.pagesperso-orange.fr/philo/strauss.html

Deux articles sur la Philosophie et la Science Politique :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1985_num_35_4_394205
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1985_num_35_5_396191
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mar 10 Mar 2015 - 15:38

Un bref rappel sur ce que dit Strauss – la désinformation ne pouvant être admise ou tolérée.
Partant du postulat qu’il existe une crise en Occident, qui tient à notre oubli de ce qu’est le « juste » ; il va critiquer le « positivisme scientifique » et notamment l’apport des sciences humaines qui ne sont pas objectives. L’historicisme – toute thèse, toute connaissance suppose un cadre de référence, un horizon (1) – est le second écueil. L’historicisme est contesté parce que contradictoire (soutenir le caractère historique d’une thèse, est une thèse transhistorique, justement). Strauss y voit un pas vers le nihilisme et les obscurantismes. Il faut, selon lui, en revenir au droit naturel, en réaffirmant le caractère accessible de la Vérité.
"Car s'il n'y a pas d'étalon plus élevé que l'idéal de notre société, nous sommes incapables de prendre du recul devant lui, le jugement nécessaire au jugement critique"

(1) : Y-a-t-il des valeurs absolues propres à la nature humaine et à tous les peuples (Strauss), ou ces valeurs sont-elles relatives et contingentes à une époque donnée ou à un peuple en particulier (relativisme)?
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Crosswind le Mar 10 Mar 2015 - 15:47

Impero a écrit:Un bref rappel sur ce que dit Strauss – la désinformation ne pouvant être admise ou tolérée.
Partant du postulat qu’il existe une crise en Occident, qui tient à notre oubli de ce qu’est le « juste » ;

Qu'est ce que le "juste" pour lui ?

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mar 10 Mar 2015 - 16:04

Le lien de Cl.Rocher (le premier) est vraiment très clair sur la pensée de Strauss. Mieux que ce que je pourrais en dire - humilité ne rimant pas avec compétence. J'ajoute un autre lien, utile : http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article94

Ta question me donne déjà envie de réviser mon propos. Ou d'en revoir la formulation. Il nous accuse - à tort ou à raison - d'avoir perdu de vue le "fondement du juste", (i.e le droit naturel dit classique).

L. Strauss, Droit naturel et histoire (1953), trad. M. Nathan et E. de Dampierre, Flammarion, 1986, p. 14. a écrit:Le besoin du droit naturel est aussi manifeste aujourd’hui qu’il l’a été durant des siècles et même
des millénaires. Rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif, autrement dit que le droit
est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or, il est évident
qu’il est parfaitement sensé et parfois même nécessaire de parler de lois ou de décisions injustes. En
passant de tels jugements, nous impliquons qu’il y a un étalon du juste et de l’injuste qui est indépendant
du droit positif et lui est supérieur : un étalon grâce auquel nous sommes capables de juger le droit positif.
Bien des gens aujourd’hui considèrent que l’étalon en question n’est tout au plus que l’idéal adopté par
notre société ou notre “civilisation” tel qu’il a pris corps dans ses façons de vivre ou ses institutions.
Mais, d’après cette même opinion, toutes les sociétés policées ont leur idéal, les sociétés cannibales pas
moins que les sociétés policées. Si les principes tirent une justification suffisante du fait qu’ils sont reçus
dans une société, les principes du cannibale sont aussi défendables et aussi sains que ceux de l’homme
policé. De ce point de vue, les premiers ne peuvent être rejetés comme mauvais purement et simplement.
Et puisque tout le monde est d’accord pour reconnaître que l’idéal de notre société est changeant, seule
une triste et morne habitude nous empêcherait d’accepter en toute tranquillité une évolution vers l’état
cannibale. S’il n’y a pas d’étalon plus élevé que l’idéal de notre société, nous sommes parfaitement
incapables de prendre devant lui le recul nécessaire au jugement critique. Mais le simple fait que nous
puissions nous demander ce que vaut l’idéal de notre société montre qu’il y a dans l’homme quelque chose
qui n’est point totalement asservi à sa société et par conséquent que nous sommes capables, et par là
obligés, de rechercher un étalon qui nous permette de juger de l’idéal de notre société comme de tout
autre. Cet étalon ne peut être trouvé dans les besoins des différentes sociétés, car elles ont, ainsi que
leurs composants, de nombreux besoins qui s’opposent les uns aux autres : la question de priorité se pose
aussitôt. Cette question ne peut être tranchée de façon rationnelle si nous ne disposons pas d’un étalon qui
nous permette de distinguer entre besoins véritables et besoins imaginaires et de connaître la hiérarchie
des différentes sortes de besoins véritables. Le problème soulevé par le conflit des besoins sociaux ne
peut être résolu si nous n’avons pas connaissance du droit naturel.
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  AntiSubjectiviste le Mar 10 Mar 2015 - 16:12

Le problème du droit naturel est : le droit naturel selon qui ? Ce qui engendre déjà une contradiction.

Impero a écrit:(1) : Y-a-t-il des valeurs absolues propres à la nature humaine et à tous les peuples (Strauss), ou ces valeurs sont-elles relatives et contingentes à une époque donnée ou à un peuple en particulier (relativisme)?
Tant qu'on reste dans cette dichotomie, on ne fera pas long feu. Mais en sortir n'est pas une mince affaire...

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Crosswind le Mar 10 Mar 2015 - 16:19

AntiSubjectiviste a écrit:Le problème du droit naturel est : le droit naturel selon qui ? Ce qui engendre déjà une contradiction.

Impero a écrit:(1) : Y-a-t-il des valeurs absolues propres à la nature humaine et à tous les peuples (Strauss), ou ces valeurs sont-elles relatives et contingentes à une époque donnée ou à un peuple en particulier (relativisme)?
Tant qu'on reste dans cette dichotomie, on ne fera pas long feu. Mais en sortir n'est pas une mince affaire...

Sauf à considérer l'étude de la conscience comme préliminaire à toute discussion philosophique.

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mar 10 Mar 2015 - 16:20

Le droit naturel dit classique, c'est-à-dire un droit résultant de la nature (chez Hobbes par exemple) ou de la nature des hommes (c'est déjà plus contemporains là), dit autrement, qui soit indépendant des normes, conventions, humaines.

A.S a écrit:Tant qu'on reste dans cette dichotomie, on ne fera pas long feu. Mais en sortir n'est pas une mince affaire...
Tu vois à redire sur l’opposition proposée ?
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Crosswind le Mar 10 Mar 2015 - 16:30

Impero a écrit:Le droit naturel dit classique, c'est-à-dire un droit résultant de la nature (chez Hobbes par exemple) ou de la nature des hommes (c'est déjà plus contemporains là), dit autrement, qui soit indépendant des normes, conventions, humaines.

Où peut-on trouver ce droit ?

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  AntiSubjectiviste le Mar 10 Mar 2015 - 16:34

Impero a écrit:Le droit naturel dit classique, c'est-à-dire un droit résultant de la nature (chez Hobbes par exemple) ou de la nature des hommes (c'est déjà plus contemporains là), dit autrement, qui soit indépendant des normes, conventions, humaines.
Mais pas indépendant du contexte épistémique du discours sur la nature (humaine). Et tout contexte épistémique est une partie du contexte culturel d'une société.

Impero a écrit:Tu vois à redire sur l’opposition proposée ?
Étant donné l'existence des contextes épistémiques ci-dessus, rechercher un droit naturel n'est intéressant que si l'on a un accès magique et total à la réalité de la nature humaine, ce que nous n'avons pas. Le mieux que nous puissions faire pour se rapprocher d'une pseudo-objectivité, ici en Occident, consiste à naturaliser le droit, c.-à-d. à le déduire des sciences exactes (comme la biologie). Plus scientiste que ça, tu meurs!

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mar 10 Mar 2015 - 16:38

Je reçois bien les critiques. Je vais essayer d'y répondre le plus clairement possible. Tout est dans "droit naturel et histoire", si quelqu'un veut le lire pour en débattre ensuite. Je fais une revue précise dans la semaine : origine du droit naturel, sa définition classique, la crise du droit naturel moderne. Sur le modèle de ce qui a été fait sur Hegel.
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Théodora le Mar 10 Mar 2015 - 19:46

Tu as axé le débat principalement sur le droit naturel, pourquoi pas, bien que ce ne soit pas le point le plus facile à aborder pour éclaircir quelles sont les différences de conceptions d'un auteur à l'autre.
Je rappelle que c'est une notion qu'on avait déjà au moins partiellement abordée, par le biais de Hegel.
Il faut préciser que c'est une notion importante en matière de libéralisme, puisqu'il y a des implications sur la notion d'"individualisme" qui est sujette à interprétation divergente, du moins dans l'opinion publique qui considère généralement que l'individualiste est un "égoïste". Or, la notion de "droit naturel" renvoie à celle de "nature humaine", en considération du fait que tout  "individu", bien que différent de l'un à l'autre,  appartient à cet ensemble de points communs qui qualifient ce qu'est un "être humain".
Une autre difficulté est qu'il faut à la fois cerner la notion de Droit dans le sens absolu du terme et non dans le cadre du "droit positif"  dont le contenu est par définition  variable d'un pays à l'autre, comme d'une époque à l'autre (distinction importante entre "forme" et contenu").
Et de plus il faut cerner ce que l'on entend par "naturel" car le terme de "nature" évoque communément ce qui appartient à une époque très reculée, où régnait la loi du plus fort, autrement dit un monde "hors" la loi, soit le contraire d'une société où règne le Droit... sachant qu'il est abusif de prétendre que ce terme de Droit  inclut les "droits  dits sociaux".

Voilà, j'ai juste posé cette question du "droit naturel" sous les différents aspects que cela présente dans ma conception de la Liberté  (sous un angle purement philosophique,  soit sous l'angle d'un concept d'ordre universel ).

Je n'ai pas encore pu consulter les liens indiqués sur Strauss.  Par contre j'avais précédemment  pris le temps de lire cet article très complet  6 pages word) que Universalis a édité sur lui. J'aimerais donc  d'ores et déjà revenir sur un autre point qui m'a paru un des plus importants.

Il y est mentionné :
"""chap. II - un philosophe politique.
.../...En ce sens, le philosophe politique Leo Strauss, averti que la société tentera toujours de tyranniser la pensée, se tourne vers la pensée, comme le philosophe artiste Rousseau se tourne vers la nature pour échapper à la contrainte inhérente au social, comme s'il y avait dans l'élément de la pensée, en ces siècles où tend à dominer le primat du collectif, la découverte d'un nouveau sentiment de l'existence.

Le charme de Leo Strauss naît de l'orientation résolument anti tyrannique de sa pensée : il s'agit à la fois de préserver la possibilité de penser, de ne pas consentir à l'exercice mercenaire de la pensée et de conquérir des espaces de liberté en recouvrant la dignité du politique contre la menace d'une collectivisation totale sous la forme d'un[i] État universel (Hegel)
ou d'un État socialement homogène (Marx), sans cependant s'engager dans la voie aventureuse de l'appel au surhomme contre la venue du «dernier homme».
La possibilité de l'avènement de l'État universel et homogène représente l'enjeu de la controverse qui oppose Kojève et Leo Strauss (De la tyrannie, Paris, 1954). Une telle possibilité – l'avènement irréversible de la solution politique en tant que fin – ruine l'existence et la signification de la permanence de la question politique."""


Pour moi bien des choses peuvent s'expliquer ici : d'une part il est fait mention  dans ce passage d'un "Etat universel"  supposé être le modèle issu de la conception hégélienne, alors qu'il s'agit chez lui d'un "concept universel d'Etat"... ce qui change totalement le sens et surtout la "forme" de l'Etat qui chez lui n'a absolument  aucune vocation à être  collectiviste.

Mais l'explication se trouve juste après : Il y est fait mention d'une controverse opposant Kojève et Leo Strauss. Or il est bien connu que  l'interprète officiel de Hegel en France a toujours été Kojève (époque de Lacan), un "philosophe"  notoirement  ex-communiste qui a traduit Hegel selon les canons marxistes, versions déformées mais surtout très bien accueillies dans notre pays.
Alors que je n'ai pu enfin découvrir  la véritable pensée libérale hégélienne, sous ses différents aspects, qu'après avoir découvert les traductions de Hegel produites en 1830 par le  philosophe Italien Augusto Véra, dont il est mentionné de façon très claire qu'il fut l’interprète "orthodoxe" de Hegel.

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Théodora le Mar 10 Mar 2015 - 20:11

Crosswind a écrit:
Impero a écrit:Le droit naturel dit classique, c'est-à-dire un droit résultant de la nature (chez Hobbes par exemple) ou de la nature des hommes (c'est déjà plus contemporains là), dit autrement, qui soit indépendant des normes, conventions, humaines.

Où peut-on trouver ce droit ?
On peut simplement dire que ce Droit est issu de la "nature même" de l'être humain... cette expression "nature même" est d'ailleurs ce qui est employé pour qualifier "ce qui appartient en propre à", indépendamment du lieu et du temps où se situerait  cet humain... soit selon une conception universelle, et non particulière à tel ou tel homme.

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Kercoz le Mar 10 Mar 2015 - 20:19

AntiSubjectiviste a écrit:
Étant donné l'existence des contextes épistémiques ci-dessus, rechercher un droit naturel n'est intéressant que si l'on a un accès magique et total à la réalité de la nature humaine, ce que nous n'avons pas. Le mieux que nous puissions faire pour se rapprocher d'une pseudo-objectivité, ici en Occident, consiste à naturaliser le droit, c.-à-d. à le déduire des sciences exactes (comme la biologie). Plus scientiste que ça, tu meurs!

Ton argument stipule que notre "droit naturel" serait différent de celui des autres espèces sociales .
Le "droit ", naturel ou pas , ne peut que concerner des individus sociaux. C'est une économie des rapports qui structurent le groupe. En cherchant plus avant son origine, ce droit ne peut ètre que la mise à plat ou par écrit de comportements qui se sont formatés, auto-organisés entre individus isolés, agressifs, pour former société et ce ne peut se faire que par inhibition de cette agressivité.
Il en résulte que le droit naturel est la formalisation de rites inhibiteurs structurants du groupe , ...qu' on soit canard ou pré-humain.
On retombe de la problématique de Ragnard: le groupe restreint..le seul qui puisse gérer convenablement ces interactions , du fait que ces interactions s' appuient sur l' affect et sur la connaissance des acteurs entre eux.
Le droit naturel quand il est évoqué implique de facto , un structuralisme morcelé qui est antagoniste au " gain de productivité".

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mar 10 Mar 2015 - 22:57

Théodora a écrit:Tu as axé le débat principalement sur le droit naturel, pourquoi pas, bien que ce ne soit pas le point le plus facile à aborder pour éclaircir quelles sont les différences de conceptions d'un auteur à l'autre.
Parce que c’est la porte d’entrée de Strauss. Il ne s’agit pas de différencier Strauss d’autres penseurs, mais de circonscrire sa pensée.
du moins dans l'opinion publique qui considère généralement que l'individualiste est un "égoïste".
C’est tout l’intérêt de lire Tocqueville.
Or, la notion de "droit naturel" renvoie à celle de "nature humaine", en considération du fait que tout "individu", bien que différent de l'un à l'autre, appartient à cet ensemble de points communs qui qualifient ce qu'est un "être humain".
Ne vas pas trop vite en besogne. La réponse arrive – sauf à ce que tu en produises une également, étayée, en relation avec ce qu’en dit Strauss, évidemment. Je n’ai aucun monopôle.
Voilà, j'ai juste posé cette question du "droit naturel" sous les différents aspects que cela présente dans ma conception de la Liberté (sous un angle purement philosophique, soit sous l'angle d'un concept d'ordre universel ).
Il s’agit d’un sujet sur un auteur précis, pas de considération d’ordre générale ;) .
Par contre j'avais précédemment pris le temps de lire cet article très complet 6 pages word) que Universalis a édité sur lui.
Je n’y ai plus accès, du coup, je ne pourrais m’y référer. Mais je suis ravis de voir qu’Universalis ne rechigne pas à lui attribuer le qualificatif de « philosophe ».
Le reste concerne Hegel, et pas Strauss. Mais, personne ne parle d’un état collectiviste, mais d’un état universel. Strauss rejette le relativisme, pas l’altérité. J’espère réussir à y revenir plus en détail.

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Théodora le Mer 11 Mar 2015 - 7:12

Cher Impéro tu sembles, à ce que j'en entrevois, accorder beaucoup de crédit aux écrits de Léo Strauss, et c'est d'ailleurs la raison de ce débat.
Le terme de "philosophe" peut être employé au sens strict (comme je le fais pour classifier les sociologues ou essayistes en général) mais aussi dans un sens plus large qui englobe la philosophe politique.
Je pense en fait qu'on n'aurait aucun intérêt à polémiquer davantage sur ce point si on veut se donner comme objectif d'aller à l'essentiel.  ;)

Revenons au droit naturel : il est clair qu'il s'agit d'un point assez central chez Strauss. Or on remarque, ne serait-ce qu'au travers des divers  avis émis sur ce fil, que cette notion peut prêter à confusion car sujette à diverses interprétations de fond.
Mais pour ce qui concerne Strauss, il s'y réfère effectivement comme argument à son libéralisme. Sauf que ce qui me chagrine - et cela apparaît  sur l'extrait même que tu nous as proposé - c'est que le raisonnement qu'il développe pour asseoir son argumentation est exactement celui que je dénonce sous le terme de "paralogisme", c'est-à-dire le contraire du syllogisme qui est le fondement logique de la philosophie (comme "science" du concept).

Je vais essayer de résumer son argumentaire bien qu'il me soit très difficile de reproduire des raisonnements supposés logiques mais qui n'en sont pas.

- Il estime donc devoir accorder la primauté au Droit Naturel sur le Droit Positif, le premier étant l'étalon (universel) à partir duquel se sont déclinés les différents "droits positifs" correspondant à chaque culture ou plutôt civilisation (plus ou moins évoluée), et de ce fait variables (et différentes) d'une civilisation à l'autre.
- Cependant, cette variabilité explique aussi le fait que les opinions,  diverses et divergentes par définition, puissent considérer que tout se vaut, parce selon cette logique (issue de chaque opinion),  un occidental pourra considérer que ses idéaux (issus du Droit Naturel) sont les meilleurs, mais de la même manière, un cannibale pourra estimer que son modèle (issu lui aussi du Droit Naturel comme tout "droit positif") est le meilleur.
- Ce deuxième constat  est supposé démontrer (selon Strauss)  qu'il ne faut pas s'appuyer sur les opinions qui conduisent fatalement à rendre égal l'opinion de l'occidental et l'opinion du cannibale.
- C'est ainsi que Strauss estime devoir "revenir" à ce "Droit Naturel" (mais dans une optique de "issu du passé"), et le reprendre comme étalon du vrai qu'il était alors.

Sauf que d'une notion de Droit Naturel comme étant une norme  par définition "intemporelle et universelle"  et devant se rapporter à "tout être Humain" né dans l'Univers, dans un quelconque lieu ou époque historique (soit une norme dans l'absolu des choses).... Strauss a ainsi transformé cette "norme absolue" en une "norme" temporelle autant que géographique" se référant à notre passé historique d'Occidentaux.

Autrement dit :
-Ce qui chez Hegel se traduit par :  "identité de l'identité et de la différence" puisque situé dans une conception de l'absolu (on pourra voir pareillement que chez lui l'"historicité" ne se traduit pas du tout par  l'"historicisme")  
- se traduit chez Strauss   par  :  " tout est différence".....  .( et rejet d'un' "historicisme" qui de toute façon ne ressort pas de la philosophie hégélienne)

Première halte : est-on au moins d'accord sur ce glissement établi par Léo Strauss  concernant le Droit Naturel, sur la base d'un raisonnement qui n'en est pas un ?

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mer 11 Mar 2015 - 7:30

Ma réponse est deux post plus haut : je ferai une revue sur le droit naturel chez Strauss. J'ai donné suffisament de sources pour combler le temps d'attente ;) .
Le débat sur sa position de philosophe est important, puisque c'est un moyen de le decridibiliser - restons sérieux. Sur la dichotomie que tu proposes, elle ne repose que sur ton sentiment. Je n'en dirais pas plus. Et je vois mal ce que Hegel vient faire ici; il ne agit pas d'un comparatif.
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Théodora le Mer 11 Mar 2015 - 9:04

Impero a écrit:Ma réponse est deux post plus haut : je ferai une revue sur le droit naturel chez Strauss. J'ai donné suffisament de sources pour combler le temps d'attente ;) .
Le débat sur sa position de philosophe est important, puisque c'est un moyen de le decridibiliser - restons sérieux. Sur la dichotomie que tu proposes, elle ne repose que sur ton sentiment. Je n'en dirais pas plus. Et je vois mal ce que Hegel vient faire ici; il ne agit pas d'un comparatif.
Je ne me cantonne pas dans le particulier. Ce que je compare, ce n'est pas Hegel en particulier et Strauss en particulier (pour le décrédibiliser.. et te décrédibiliser), mais c'est la métaphysique que j'estime être une discipline supérieure, et plus difficile d'accès que celle de la philosophie politique, puisque justement la philosophie ( et celle de hegel plus précisément, étant, comme tout  "idéalisme"  une philosophie de l'Idée elle-même)  remonte à l'essence, à la "nature même" des choses "en général"... dans le but justement de s'extraire ainsi de considérations qui restent sur des particularités et donc des différences.  
On voit bien déjà que la référence au Droit Naturel "en général" n'est pas une référence stable, au sens de immuable, puisque chacun ne semble pas avoir la même conception du sens même  (et de la portée même) de ce dit "droit naturel".

Alors que tout cela dépende d'un "sentiment" et d'une "dichotomie", je ne le conteste pas... mais en quoi consiste ce "sentiment" et cette "dichotomie" si  mystérieux ?? Il faudra donc qu'on continue de faire le point si on veut vraiment élucider ces questions, avec le plus d'objectivité possible,  de part et d'autre . :)

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mer 11 Mar 2015 - 9:29

La seule dichotomie que tu évoques dans ton pressant message c'est entre philosophe et non-philosophe. Elle ne repose que sur ton appréciation des choses - respectable au demeurant - et donc je ne peux rien en dire : ce serait un débat d'opinion et pas d'idée (toussa toussa, pour faire hérisser Rêveur).

Toi tu n'es pas dans le particulier, mais le sujet oui ;). C'est bien là le problème. IL ne s'agit pas du droit naturel, et des divergeances sémantiques, mais du droit naturel dans la pensée de Léo Strauss. Pour en parler il faut s'appuyer sur ses écrits donc le lire, ou le relire - ce qui implique d'essayer de comprendre l'auteur tel qu'il espérait être compris, thème straussien s'il en est d'ailleurs.
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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  AntiSubjectiviste le Mer 11 Mar 2015 - 11:08

Donc : quelle discipline ou méthode Strauss préconise-t-il pour découvrir les vérités naturelles fondant le droit naturel ?

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Re: Léo Strauss, professeur ou philosophe (+ droit naturel, droit positif)

Message  Princeps le Mer 11 Mar 2015 - 11:11

Sa méthode consiste à lire les auteurs tels qu'ils entendaient être lus. Son premier bouquin reflète bien sa méthodologie. Pas de droit naturel dans cette affaire. Je m'occupe de ce dernier point, et c'est déjà bien assez *Lol* .
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