Le « vain » des philosophes et des poètes

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Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Anthroposimien le Dim 12 Avr 2015 - 16:10


« Néant des néants, tout est néant » écrivait Qohélet (dit aussi l'Ecclésiaste) vers le IIIe siècle avant J.-C.
Et en effet, rien de nouveau sous le soleil depuis lors - ou si peu !

Mais alors, si l'Homme n'est rien et que tout est non-sens, à quoi bon philosopher ?

Pour s'enivrer d'un « vain » nouveau !
Et pour ensuite, poétiser...

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Anthroposimien le Lun 13 Avr 2015 - 19:54

Superflou aussi...
Comment distinguer entre ce qui est réellement et ce que l'on croit être ?
La beauté du monde et/ou son horreur, le bien et le mal, le bon, le beau, le vrai, le faux, la vie, la mort, etc.
Y a-t-il une vérité, quelque part ?

Je crois avoir lu une phrase de Montaigne disant que la philosophie était de la poésie, mais en plus sophistiquée...

Face au vide autour de nous, l'Homme cherche en lui quelquechose pour le combler et il se dresse alors face au néant, pour lui dire, pour lui crier : Je suis vivant, moi j'existe - toi non, tu n'es donc rien et tu n'es même pas rien  !

(je m'égare aussi, car c'est également une des joies et des libertés de l'être humain que de pouvoir se laisser aller où bon lui semble dans ses rêveries et ses songes, tant qu'il nous en reste encore)


Dernière édition par anthroposimien le Lun 13 Avr 2015 - 20:21, édité 1 fois

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Anthroposimien le Lun 13 Avr 2015 - 20:20

C'est peut-être d'ailleurs grâce à l'art ou aux arts (entre autres) que l'Homme n'aura pas vécu en vain, s'il venait à disparaître...
Il aura rendu cet hommage au monde dans lequel il a vécu et à la vie qui l'a fait naître, et ainsi aura-t-il inventé ou donné un sens à ce qui lui semblait ne pas en avoir !

Du néant au divin, il n'y avait qu'un pas que nous avons franchi, seuls, sans que personne ne nous prenne par la main...

Paradoxalement, nous aurons aussi causé bien du dégât sur la terre d'une manière fort laide et très lâche, voire inhumaine, sans raison ou si peu !
Curieux animal que nous sommes - que nous fûmes alors...

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  LibertéPhilo le Mar 14 Avr 2015 - 15:03

Invité a écrit:Maintenant, qu’est-ce que le Beau ? La Beauté est une notion un peu floue puisque subjective. Elle représente l’harmonie mais l’harmonie est également subjective et dépend notamment de facteurs culturels mais aussi naturels. On associera volontiers la beauté à tous ce qui est plaisant, agréable. Par exemple, la mer peut donner une sensation relaxante....
Kant a battu cette idée en brèche. Il dit que la nature est plus belle que l'art parce que plus variée, plus inventive que n'importe quel artiste. Il compare un jardin à une forêt luxuriante. L'art du jardinier n'égalera jamais une forêt, et à y bien regarder, une forêt vierge n'est-elle pas plus splendide que les jardins de Versailles ? Les peintres de l'Hudson River School, après avoir commencé par des paysages proches de ceux de Claude Lorrain, harmonieux, l'égalité entre l'homme et la nature, célébrée par Goethe devenu classicisant dans son âge mûr, ont été séduits par la luxuriance des forêts d'Amérique du Sud. Ci-dessous, Edwin Church :



Je reviendrai dans un article du Mag sur ces peintres américains.

Une œuvre d’art n’a pas vocation à être utile au sens pragmatique du terme mais à provoquer l’émotion.
Nietzsche a renversé cette vieille idée qui vient de Platon que l'art ne doit pas concerner le monde sensible (donc entre autres, être utile), en déclarant l'art utile à la vie. En effet, bien peu de gens seraient capables de vivre sans les illusions de l'art, sans cinéma, sans images travaillées, sans livres, sans musique. Il ne s'agit pas non plus d'émotion brute, telle qu'on peut la ressentir dans la vie de tous les jours, mais d'une émotion dont nous sommes le spectateur. Aristote pensait que la tragédie était agréable parce qu'on voyait à quels maux on échappait (cf. "suave mari magno"). Mais on aime aussi voir des choses agréables représentées par l'art. Je pense donc que la véritable raison de ce plaisir est, selon la théorie de la Volonté de Schopenhauer, l'apaisement. On dit souvent, pour discréditer l'art, que la vie nous donne plus d'émotion, cependant, on se trompe en croyant que l'art devrait surpasser en intensité les passions de la vie réelle. C'est l'inverse. On se détend en revivant les mêmes émotions que dans notre quotidien, mais de façon plus adoucie. L'art permet aussi de nous détacher des contraintes qui pèsent sur notre vie, ce qui revient au même.

Par exemple, on pourra trouver la représentation d’un vieillard malade très belle tant elle témoigne avec justesse de la réalité, ou du moins de la représentation de la réalité perçue à travers la sensibilité de son auteur qui raconte une histoire. (Cette représentation dépendra aussi beaucoup de la sensibilité du récepteur.)
Oui mais dans ce cas, comme je le disais juste au-dessus, on se détache aussi de la réalité, en admirant la technique merveilleuse avec laquelle l'artiste a représenté tous les dégâts de la chair meurtrie, par exemple, les vieux mendiants pitoyables de La Tour. On admirera avec le même plaisir la technique pour peindre un habit. Observez la vieille et les habits. Le peintre réaliste se plaît à nous éblouir avec sa technique, et les rides lui donnent autant de fil à retordre que les brocards. Voir à ce sujet mon article du Mag (http://libertephilo.blogspot.fr/2015/03/georges-de-la-tour-du-clair-lobscur.html, je fais un peu de pub au passage ;) ).



Il n'y a plus de frontières entre le passé, le présent et le futur mais juste le prolongement éternel de la connaissance à travers le temps. Une sorte d'océan immuable où ces oeuvres inscrivent l'histoire de l'humanité et dans lesquelles chacun peut se retrouver. Elles élargissent notre moi infime qui prend du sens que lorsqu'il  est jeté dans ce vaste océan fraternel.
Ce serait vrai si nous pouvions voir les choses comme les ont vues les hommes du passé, mais on sait bien que c'est impossible. Quand on défend cette thèse, qui est celle de Luc Ferry par exemple, on peut encore faire illusion avec Mozart, parce que nous ne sommes pas si loin de lui, mais pas avec un passé plus lointain. Ce qui a plus aux romantiques (et aux érudits qui leur ont succédé tout à fait logiquement, l'érudition historique étant la fille de la passion romantique pour le lointain, l'étrange, l'ailleurs...), dans ces civilisations nouvelles, étranges, bizarres, c'est qu'elles nous sortent de notre ennui quotidien. Gautier, Hérédia, ne cherchent déjà plus le beau ou le vrai universel, ils veulent échapper à l'ennui de l'homme civilisé. Baudelaire n'assumait pas encore complètement ce changement de monde, il y avait en lui, comme l'a diagnostiqué le psychologue Paul Bourget, une nostalgie de la foi perdue. Platon a remplacé la Bible, l'alexandrin parfait la prière. En assumant notre vie transitoire, passagère et inutile, notre gloire éphémère, nous pouvons enfin nous délecter de l'art en toute sérénité, sans autre but que le plaisir.



Leconte de Lisle ira même jusqu'à tenter d'imaginer les émotions des animaux. Hérédia, celles des Centaures :

Ils fuient, ivres de meurtre et de rébellion,
Vers le mont escarpé qui garde leur retraite ;
La peur les précipite, ils sentent la mort prête
Et flairent dans la nuit une odeur de lion.

Ils franchissent, foulant l’hydre et le stellion,
Ravins, torrents, halliers, sans que rien les arrête ;
Et déjà, sur le ciel, se dresse au loin la crête
De l’Ossa, de l’Olympe ou du noir Pélion.

Parfois, l’un des fuyards de la farouche harde
Se cabre brusquement, se retourne, regarde.
Et rejoint d’un seul bond le fraternel bétail ;

Car il a vu la lune éblouissante et pleine
Allonger derrière eux, suprême épouvantail,
La gigantesque horreur de l’ombre Herculéenne,


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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Prince' le Mar 14 Avr 2015 - 18:50

Invité a écrit:Quant à l’artiste, je doute que ses élans artistiques se limitent au plaisir de nous éblouir avec sa technique. C’est davantage un besoin. Lorsque l’artiste crée une œuvre viable et durable, il n’a que faire des éloges parce que le triomphe de la vie réside dans la création elle-même… (Cf. Bergson)
C'est une vision très contemporaine. Longtemps l'artiste travaille sur commande, sans même signer ses œuvres. Commande pour lesquelles il n'y a guère que quelques artistes célèbres qui puissent s'autoriser des "excentricités" de goût. Il faut attendre la propagation de la Renaissance pour voir la figure de l'artiste changer. Auparavant, c'est un métier artisanal, un métier mécanique (cf. ce qu'en dit Da Vinci).
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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Prince' le Mar 14 Avr 2015 - 19:24

Par besoin tu n'entends pas plutôt désir - entendu comme un manque ? Un besoin viscéral de peindre ? S'il s'agit du besoin matériel, du besoin d 'argent, alors nous sommes d'accord.
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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Prince' le Mar 14 Avr 2015 - 19:40

C'est ce que j'avais cru comprendre. Et je ne suis pas d'accord *Lol*.
L'art pour l'art est une conception aussi contemporaine que la formule. Dans le l'Antiquité jusqu'à la fin XVIIe, je ne vois que des commandes (si brillantes soient-elles). La valorisation tardive de l'artiste, comme détenant un génie qui lui est propre, ne vient qu'avec l’apparition de la signature etc.
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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Rêveur le Mar 14 Avr 2015 - 19:51

Princeps a écrit:L'art pour l'art est une conception aussi contemporaine que la formule. Dans le l'Antiquité jusqu'à la fin XVIIe, je ne vois que des commandes (si brillantes soient-elles). La valorisation tardive de l'artiste, comme détenant un génie qui lui est propre, ne vient qu'avec l’apparition de la signature etc.

Je ne comprends pas bien le rapport entre vos phrases... L'art pour l'art, ce n'est pas l'art pour l'artiste, ou pour la gloire. L'artiste n'a pas nécessairement besoin d'apposer sa signature pour créer et s'en satisfaire...

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Prince' le Mar 14 Avr 2015 - 19:58

"L'art pour l'art" est une expression de Th. Gautier, qui signifie que la beauté est la seule fin de l'artiste. On voit bien que c'est une idée assez tardive. Je constate que les œuvres artistiques jusqu'à la fin de la Renaissance, ne sont que le fait de commande - donc d'un besoin économique (pour répondre à Invité) - qu'importe la raison (religieuse, civique, évergétisme).
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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  LibertéPhilo le Mar 14 Avr 2015 - 19:59

Invité a écrit:Veux-tu dire que la motivation première de Léonardo da Vinci c'était l'argent ???!!! :shock:
"Toute connaissance commence par les sentiments par l'argent !" *Héhéhey*
Ses commanditaires oui, ou le pouvoir, et Léonard était le premier à vouloir les satisfaire, notamment sur l'invention d'armes nouvelles. De là à penser qu'il fonctionnait de même pour la peinture, il n'y a pas loin.


Dernière édition par Philo le Sam 22 Aoû 2015 - 12:49, édité 1 fois

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Rêveur le Mar 14 Avr 2015 - 20:19

C'est un libéral, il ne savait même pas qu'il existait d'autres motivations que l'argent. *Héhéhey* Mais oui, Princeps, je vous taquine.
Plus sérieusement, il a bien fallu qu'ils choisissent leur voie, l'art n'étant pas l'unique manière d'acquérir de l'argent. Ensuite, bien sûr, ils devaient subvenir à leurs besoins, et être payés pour ce qu'ils aimaient faire.

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  LibertéPhilo le Mar 14 Avr 2015 - 20:48

Invité a écrit:Sa motivation dépasse l'argent... Il le dit lui-même : "Toute connaissance commence par les sentiments" ! et il avait une soif de connaissance intarissable et dans tous les domaines...
Plus la soif de fabriquer de quoi étonner les princes (y compris des fresques comme celle de la Cène) que d'acquérir des connaissances. On peut dire que c'était un ingénieur plus qu'un savant. Il concevait une peinture comme on conçoit une machine.


Dernière édition par Philo le Sam 22 Aoû 2015 - 10:39, édité 1 fois

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  LibertéPhilo le Mar 14 Avr 2015 - 23:20

Il était ingénieur dans tout ce qu'il faisait. Le monde était pour lui, bien avant Descartes, une immense machine : un oiseau, une fête, un tableau, il voyait toutes ces choses comme une construction de la nature ou de l'homme. En peinture, il inventa la technique du sfumato, faite d'une infinité de couches translucides. Et évidemment, en tant que constructeur perpétuel, il ne finissait jamais ses œuvres. Je me souviens d'une préface de Paul Valéry à ses Carnets où il l'imagine ramassant un coquillage et imaginant la façon dont il s'est créé. C'est exactement ce qu'était Léonard de Vinci : un ingénieur, un constructeur, un bâtisseur, comme Alberti ou Brunelleschi, un emblème de la Renaissance italienne. Les mathématiques (c'est-à-dire à l'époque, essentiellement la perspective, cette découverte italienne), permettent de façonner sur le papier des villes entières avant de les construire. Je rappelle au passage l'entreprise de BTP française qui porte très à propos son nom.

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Prince' le Mar 14 Avr 2015 - 23:41

Rêveur a écrit:C'est un libéral, il ne savait même pas qu'il existait d'autres motivations que l'argent. Very Happy Mais oui, Princeps, je vous taquine.
A la différence de Constant, je ne suis pas libéral en tout. *Lol*.

Pour en revenir au sujet, art-iste est à cette époque une profession. Ni plus, ni moins. Certains ont le génie de pouvoir changer d'emplois. Attention à ne pas prendre l’exception pour la règle. L'immense majorité des artistes sont d'illustres inconnus qui vivotent péniblement, faute de mieux. Les exemples d'artistes qui atteignent la postérité post-mortem ne manquent pas.


Dernière édition par Princeps le Mer 15 Avr 2015 - 9:57, édité 1 fois
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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  LibertéPhilo le Mer 15 Avr 2015 - 9:46

Invité a écrit:"Ton âme habite dans ton corps. Si tu veux savoir ce qu'il y a dans l'âme d'un homme, observe la façon dont il s'occupe du corps qui l'abrite. Si tu  considères le corps humain comme une merveilleuse mécanique, rappelle-toi qu'il n'est rien comparé à la mécanique de l'âme qui vit dans cet édifice et qui est une chose divine !..."
:P  *Lol*

Bref, s'il faut vraiment donner un qualificatif à Léonardo, celui qui lui va le mieux est incontestablement celui d'un des (voire même, du...) plus grand(s) génie(s) de tous les temps ! Et il me semble que le génie a d'autres motivations que l'argent... 👅
Leonard de Vinci voulait éblouir les commanditaires pour lesquels il travaillait, que ce soit Ludovic Sforza, le Pape ou François Ier. Mais il ne tenait pas souvent ses promesses.


Dernière édition par Philo le Sam 22 Aoû 2015 - 10:38, édité 1 fois

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Anthroposimien le Mer 15 Avr 2015 - 15:54

Miette a écrit:
Un peintre, un écrivain, un musicien touchent à l’essence des choses par les sens mais aussi par les sentiments, l’émotion, l’imagination, la création. Ils nous emportent sans qu’on puisse expliquer pourquoi cette peinture, ce livre, cette musique sont justes,  mais on le sait, ou plutôt on le ressent et ce qu’on ressent est universel. Les grandes œuvres sont immortelles. D’une part parce qu’elles nous touchent  à la fois personnellement et collectivement et d’autre part parce qu’elles nous mettent en communion avec ceux qui étaient là avant nous et ceux qui seront là après nous… Il n'y a plus de frontières entre le passé, le présent et le futur mais juste le prolongement éternel de la connaissance à travers le temps. Une sorte d'océan immuable où ces oeuvres inscrivent l'histoire de l'humanité et dans lesquelles chacun peut se retrouver. Elles élargissent notre moi infime qui prend du sens que lorsqu'il  est jeté dans ce vaste océan fraternel.

Lorsque le philosophe ou le poète parviennent à décrire l'invisible avec les mots, de la même manière, les mots deviennent sacrés. Le philosophe arrive parfois à mettre en mots ce qui nous dépasse. Et ce qu’il dit dépasse l’essence. Il y a quelque chose d’universel et d’intemporel dans lequel chacun se retrouve et qui se prolonge dans l’éternité.

Ainsi le néant est-il vaincu !
Et le divin, égalé...



"My grandpa, me, and my favorite toy (my grandma's skull)" par Zdeněk Burian (19o5-1981)

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  Anthroposimien le Mer 15 Avr 2015 - 22:26

Invité a écrit:
.../... la nature n’est-elle pas une œuvre d’Art à part entière ?!!

Tout comme la Vie et l'univers tout entier !
Des chefs-d'oeuvres d'horreur, de beauté, de création et de destruction - difficile de trancher...

Comme tu le disais, peut-être que l'Art se suffit à lui-même ou peut-être aussi qu'il est son propre auteur et son propre spectateur ?
Nous ne serions alors qu'un simple petit coup de pinceau ou de ciseau de plus dans sa main !

Cela me fait penser aux peintures rupestres de Lascaux, Chauvet et autres, dont nul ne sait encore avec certitude s'il s'agit d'art ou de sacré...
Combien d'autres secrets semblables sont-ils enfouis, quelque part, à découvrir encore ? Ou jamais !
L'art dans toute sa splendeur gratuite, et sa "vanité"...

Pourtant, voilà encore quelquechose à quoi l'Homme a voulu donner un sens, même sans en avoir conscience, en l'opposant au néant et en l'inscrivant dans l'éternité !

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  AntiSubjectiviste le Jeu 16 Avr 2015 - 9:51

Miette a écrit:Oui, on peut se demander si la nature toute entière n'est pas une oeuvre d'Art
Donc il y aurait un artisan de la nature ?

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  LibertéPhilo le Jeu 16 Avr 2015 - 9:56

Miette a écrit:Oui, on peut se demander si la nature toute entière n'est pas une oeuvre d'Art, puisqu’elle n'a à priori aucune utilité et qu'à priori la vie n'en a pas plus
La vie n'a pas d'utilité dans l'univers, qui pourrait très bien se passer de la planète Terre, mais l'art a une utilité dans la vie des hommes. Je ne vois pas pourquoi on dit que l'art est inutile, alors que personne ne peut s'en passer ? Il sert au moins à supporter le sentiment d'inutilité de la vie ! :)

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

Message  AntiSubjectiviste le Jeu 16 Avr 2015 - 10:25

Miette a écrit:AS, certains voient la nature comme l’œuvre de Dieu ou celle de l’alchimie cosmique ou d’un malin génie ou de la nécessité et du hasard ou de la nature elle-même, etc. Peu importe... J'entends ici l'oeuvre d'Art comme toute forme de création.
Mais une certaine référence à l'auteur d'une œuvre, me semble-t-il, est importante pour pouvoir l'interpréter. Les œuvres de Lucian Freud sont appréciables, mais ce que tu loues en elles, ce ne sont pas les sujets représentés (qui existent dans la nature) mais leur représentation par l'artiste, avec potentiellement une charge interprétative derrière. Et cela n'est possible que parce qu'il y a un artiste derrière l’œuvre.

Comment interpréter la nature en tant qu’œuvre d'art ? En quoi est-elle belle, finalement ?

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Re: Le « vain » des philosophes et des poètes

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