Diogène d’Oenanda

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Diogène d’Oenanda

Message  Philosophos le Dim 6 Jan 2013 - 19:13

On doit rendre grâce à Michel Onfray de nous avoir fait découvrir ce philosophe, dont un fragment de l'oeuvre nous est parvenue de façon originale :

Ce qu’on sait de ce disciple tardif ne nous permet pas vraiment de l’identifier, mais la vénération du maître dont il témoigne montre que, jusque tard dans l’Empire, la réputation d’Épicure demeurait sans tache. Chose stupéfiante, Diogène d’Oenanda fit graver sur un mur de près de quatre mètres de haut l’ensemble de ses lectures et de son interprétation. Hélas détruit dès l’Antiquité, ce mur ne saurait être reconstitué avec précision, mais environ le quart des inscriptions a pu être restauré par une équipe de l’École française d’Athènes! Un exploit sans précédent, encore inachevé puisqu’on ne cesse de retrouver des morceaux.

http://actuphilo.com/2011/02/26/des-pourceaux-quittent-le-jardin-pour-la-pleiade/
Le tetrapharmakon (quadruple remède) épicurien y est résumé dans toute sa simplicité :
  1. Il n'y a rien à craindre des dieux,
  2. Il n'y a rien à craindre de la mort,
  3. On peut supporter la douleur,
  4. On peut atteindre le bonheur.
Je reviendrai plus en détail sur ces philosophes-thérapeutes de l'Antiquité.

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Jean Ghislain le Dim 6 Jan 2013 - 19:23

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Philosophos le Lun 7 Jan 2013 - 8:58

Ce qu'il y a de bien avec les épicuriens, c'est qu'ils osent affirmer que le bonheur est possible, pas comme le chrétien Kant qui dénie la possibilité même du bonheur.

Le tetrapharmakon se présente sous une forme aussi résumée parce qu'il servait d'aide-mémoire. Philosopher, pour les anciens, passait d'abord par la répétition des mêmes maximes. On ne pouvait appliquer une philosophie que si on l'avait présente à l'esprit toute la journée. On est loin des pinaillages actuels qui portent sur la forme plus que sur le fond, et où la joute verbale prend la place de la vie philosophique. Quand Diogène dit qu'on peut être heureux, il ne le dit pas juste pour le dire. C'est en effet un devoir que de chercher à atteindre le bonheur.

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Jean Ghislain le Lun 7 Jan 2013 - 9:35

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Philosophos le Lun 7 Jan 2013 - 9:51

Jean Ghislain a écrit:la recherche du bonheur peut aussi venir d'un impératif naturel, quand notre nature nous pousse justement à la recherche du bonheur et à nous éloigner le plus possible de tout malheur.
Cet argument (les hommes recherchent naturellement le bonheur) a été utilisé par Bentham, je l'ai entendu dans une conférence d'Onfray sur ce philosophe libéral. Mais Onfray lui objectait que certaines personnes prenaient du plaisir dans la souffrance, qu'ils l'infligent ou qu'ils la reçoivent. Il faisait allusion à Sade/Masoch. Cela dit, d'autres philosophes ont pensé comme Bentham, par exemple, Darwin, pour qui tous les animaux sont mus par le plaisir, et Lucrèce, le poète épicurien romain, pour qui Vénus joue le même rôle.

D'ailleurs comme son étymologie l'indique, le bonheur est souvent affaire de chance ! Faudrait-il alors abandonner l'idée de vouloir à tout prix être heureux, comme on l'exige tout naturellement ?
Certainement pas. Le bonheur n'est pas qu'affaire de chance, il se gagne tous les jours. C'est le but des maximes épicuriennes comme celles du tetrapharmakon. On y arrive par le plaisir. Onfray fait la différence entre hédonisme (recherche du plaisir) et eudémonologie (recherche du bonheur), mais les deux sont souvent confondus. Le bonheur épicurien réside dans la satisfaction d'être. L'hédoniste goûte davantage au plaisir, mais cela demande une éducation, pour ne pas que le plaisir devienne une souffrance.

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Jean Ghislain le Lun 7 Jan 2013 - 22:30

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Philosophos le Lun 7 Jan 2013 - 22:48

Jean Ghislain a écrit:L'hédoniste recherche le plaisir, et c'est une quête de l'immédiate satisfaction des instincts. Je pencherais plus du côté de l'épicurisme puisque le bonheur comme situation de plénitude personnelle me convient mieux.
Je me demande de plus en plus, en écoutant Onfray, si l'hédonisme est tellement différent de l'épicurisme ? La seule différence que je perçois est que l'hédoniste est quelqu'un qui se veut plus libre que l'épicurien, d'ailleurs, Onfray est aussi libertaire en plus d'être hédoniste, ce qui va bien ensemble. Les hédonistes sont à mi-chemin entre les Cyniques, complètement libres, mais vivant en marge de la société et de ce fait, se privant (par choix) de la plupart des plaisirs de la civilisation, et les Epicuriens, qui suivent un régime strict dicté par un maître. L'hédoniste est le maître de ses plaisirs, par suite, s'il veut éviter la souffrance, il doit savoir se modérer, il lui faut alors de la grandeur d'âme pour y parvenir, ne pouvant compter sur la pression des autres, comme dans le jardin d'Epicure, où chaque jour, les disciples se rappelaient l'un à l'autre leurs devoirs et suivaient les enseignements du maître.

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Ragnar I le Mer 19 Nov 2014 - 1:55

Jean Ghislain a écrit:
Il n'y a rien à craindre des dieux,
Il n'y a rien à craindre de la mort,
On peut supporter la douleur,
On peut atteindre le bonheur.

Je dirais même plus...
Il n'y a rien à craindre des dieux, car ils ne peuvent agir sur nos vies.
Il n'y a rien à craindre de la mort, car la mort n'est rien.
On peut supporter la douleur, car elle fait partie de la vie.
On peut atteindre le bonheur, qui plus est c'est un devoir de tout faire pour l'atteindre.

De ce dont je me souviens d'Épicure, celui-ci ne dit pas qu'on peut supporter la douleur parce qu'elle fait partie de la vie, mais parce qu'elle ne dure pas. Elle passe d'elle-même ou bien on en meurt.

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  JP2popup le Dim 15 Mar 2015 - 13:42

On peut atteindre le bonheur

Encore faut-il le définir...

Le bonheur chez Epicure est un état négatif si on veut, c'est l'a-taraxie, l'absence de trouble, avec un alpha privatif: "tarattein" en grec ancien veut dire "troubler, agiter" , comme les vents peuvent agiter la mer en tempête (attesté chez Homère, Euripide etc...), comme une armée peut en disloquer une autre (Hérodote), comme un pharmacien peut mélanger des principes actifs.
Par extension, le terme s'applique aussi à la psychologie: troubler l'esprit (Homère, Euripide, Xénophon etc...).

Voilà en termes philologiques l'histoire du mot avant Epicure.

Pour Epicure, le bonheur est de parvenir à s'éloigner de tout mécanisme "qui trouble", "qui agite" notre esprit ou notre corps: ambition, passion amoureuse, goût de l'enrichissement sans fin, goinfrerie etc...
Le bonheur est donc un équilibre recherché et atteint avec méthode : c'est donc une discipline, qui s'acquiert... et qui donne satisfaction et apaisement.

C'est ainsi qu'il faut comprendre ce célèbre vers de Lucrèce:

Suave, mari magno turbantibus aequora ventis, E terra magnum alterius spectare laborem

Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, d'apercevoir du rivage les périls d'autrui

Non pas, comme des générations d'auteurs chrétiens ont voulu le faire croire: "bien à l'abri, égoïstement je me réjouis du malheur d'autrui"

Mais bien: "grâce à mon application à suivre la rude méthode d'Epicure, j'ai réussi à échapper aux malheurs qui autrement n'auraient pas manque de m'affliger".

Ps où l'on voit tout le travail de Lucrèce de faire entrer le vocabulaire philosophique grec en langue latine: "turbare" pour "tarattein", "labor" pour "ponos", ici.

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Princeps le Dim 15 Mar 2015 - 14:04

Bienvenue Jp2popup ::romain:: .

Le bonheur chez Epicure est un état négatif si on veut, c'est l'a-taraxie, l'absence de trouble
Le concept se retrouve chez nombre d'autres penseurs. Je pense aux stoïciens. Sénèque, grand pourfendeur des erreurs épicurienne(à tort ou à raison) parle lui aussi de cette tranquillité de l'âme.
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Re: Diogène d’Oenanda

Message  JP2popup le Dim 15 Mar 2015 - 18:29

Princeps a écrit:Bienvenue Jp2popup ::romain:: .

Le bonheur chez Epicure est un état négatif si on veut, c'est l'a-taraxie, l'absence de trouble
Le concept se retrouve chez nombre d'autres penseurs. Je pense aux stoïciens. Sénèque, grand pourfendeur des erreurs épicurienne(à tort ou à raison) parle lui aussi de cette tranquillité de l'âme.

Merci pour l'acceuil, Princeps.

Je connais mal le stoïcisme, je dois dire: en fait, cela m'est toujours tombé des mains, même si j'aime lire la correspondance de Sénèque, par goût littéraire (et non philosophique)...

Disons que stoïcisme et épicurisme ont une même origine historique: la chute des cités grecques autonomes et l'avènement des royautés centralisatrices héllenistiques. Que faire dès lors de l'homme-citoyen-électeur-combattant ? Et que faire des malheurs du temps ?

Je pense que le stoïcisme est peu ou prou une réponse platonicienne : la raison gouverne, il y a l'esprit du monde et in fine l'homme de valeur doit s'y engager, le renoncement n'est pas une option pour lui: Sénèque sera le conseiller de Néron.
Ca tire "vers le haut", vers une forme de transcendance et d'ontologie des êtres.

Au contraire, l'épicurisme prend appui sur Démocrite et propose un modèle non transcendantal, sans ontologie: il n'y a que des atomes en mouvement, il n'y a que des processus finis et mouvants, nulle entité ontologique là-derrière, rien que des processus en cours et donc appelés à disparaître... "Je" n'existe pas, ce n'est qu'un process, un assemblage d'atomes qui va finir par se disjoindre et  recomposer autre chose ailleurs...

Dans ce monde, il n'y a de morale que dans l'instant et l'intersubjectivité des processus, s'ils sont conscients...

Dans ce monde, il n'y a de bonheur que dans la gestion du process, pas besoin de grandes idées transcendantales morales.

J'espère répondre à ta remarque...

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Princeps le Dim 15 Mar 2015 - 22:06

Jp2popup a écrit:Disons que stoïcisme et épicurisme ont une même origine historique: la chute des cités grecques autonomes et l'avènement des royautés centralisatrices héllenistiques.
C'est généralement ce qui fait consensus. Des travaux récents me semblent nuancer grandement ce constat. Rome encouragera la polis comme unité politique. En en créant en Occident, notamment. Sur la notion de libertas (ou d'éleutheria), ce n'est pas un élément de définition de la polis depuis le Ve siècle av J-C.

Je pense que le stoïcisme est peu ou prou une réponse platonicienne : la raison gouverne, il y a l'esprit du monde et in fine l'homme de valeur doit s'y engager, le renoncement n'est pas une option pour lui: Sénèque sera le conseiller de Néron.
Quel rapport entre le renoncement et Sénèque ?

Plus que le matérialisme, ce qui différencie le stoïcisme de l'épicurisme, c'est la recherche de la vertu.
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Re: Diogène d’Oenanda

Message  JP2popup le Lun 16 Mar 2015 - 18:36

Princeps a écrit:

Plus que le matérialisme, ce qui différencie  le stoïcisme de l'épicurisme, c'est la recherche de la vertu.

hmmm...
Peut-être ne parviens-tu pas à entrer dans l'univers épicurien, tout comme moi je n'ai jamais réussi à comprendre l'univers stoïcien (je le reconnais).

Je ne comprends pas bien ce que la notion de "virtus" vient y faire, je dois dire : l'épicurisme est un matérialisme strict, c'est évident --- même s'il ne nie pas l’existence des dieux, ce qui peut nous paraître bizarre à nous, 2000 ans plus tard... Mais bon c'est l'antiquité aussi: des choses nous échappent à tout jamais !

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Princeps le Lun 16 Mar 2015 - 20:09

Sur le stoïcisme - j'aurai du le faire - il faut différencier 3 grandes étapes. L'ancien stoïcisme fondé par Zénon de Citium, disciples des cyniques. Suit le moyen stoïcisme, au IIe et Ie siècle av. J.-C. avec Posidonius d'Apamée (maître de Cicéron). Le stoïcisme impérial, qui va du Ier au IIe siècle ap. J.-C. avec Sénèque, Épictète, Marc-Auréle. J’oscille entre Cicéron et Sénèque - et ce n'est pas l'unique voie possible.

Jp2popup a écrit: Je ne comprends pas bien ce que la notion de "virtus" vient y faire
C'est déterminant chez les Stoïciens. Sénèque est éclairant sur ce point - notamment en s 'opposant, en critiquant la recherche du plaisir des épicuriens. Le richissime philosophe dissocie plaisir et vertu. Dit autrement, le stoïcisme ne s'oppose pas à l'épicurisme sur le matérialisme. Le stoïcisme est un matérialisme, seul existe la matière, définit comme corps : ce sur quoi il est possible d'agir, ou ce qui est apte à l'action. Ainsi, le passé et le futur sont décrié, se sont des incorporels sur lesquels on ne peut influer.
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Re: Diogène d’Oenanda

Message  JP2popup le Dim 30 Aoû 2015 - 18:11

Je crois que je viens de comprendre pourquoi... je ne comprends pas le stoïcisme... lol

Grande solacium est cum universo rapi

écrit Lucrèce.

C'est une grande source d'apaisement  de se savoir être "brinqueballé" par le devenir en cours de l'univers..

Rien n'existe ontologiquement, pas plus moi  que les trucs que je rencontre pendant ma courte existence.

Le monde - et donc moi quand j'y suis - c'est un torrent chaotique, un tsunami, un ouragan katerina... Tout s'y dilue au final. C'est bien le sens du verbe rapi utilisé par Lucrèce.

Pour un stoïcien, non: il existe malgré tout un ordre, ou plutôt une raison, derrière ce chaos apparent.
Il y a donc une expérience, intime, de l'ordonnancement du monde ("kosmos") chez tout stoïcien.

Je n'ai jamais eu cette expérience intime, mais plutôt celle du torrent chaotique.

D'où mon épicurisme...

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Philosophos le Dim 30 Aoû 2015 - 19:06

L'épicurisme est un matérialisme qui ne croit pas à une quelconque Raison qui gouvernerait le monde, comme le stoïcisme. Cette vision n'était pas partagée par les Romains, à part Lucrèce et quelques autres, Cicéron n'a pas de mots assez durs envers l'épicurisme, et pourtant, les Romains n'avaient guère d'illusions sur l'au-delà, témoin leur culte des ancêtres, sur lequel je compte écrire un article du Mag', enfin plus largement, l'article portera sur les portraits du Fayoum. Rendre hommage à ces statuettes ("imagines") signifiait que les Champs-Elysées n'étaient guère un sort enviable. Mieux valait un hommage des vivants aux morts dans le monde réel...

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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Princeps le Dim 30 Aoû 2015 - 20:24

D'ailleurs, les épitaphes s'adressent aux vivants, en prodiguant des conseils.
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Re: Diogène d’Oenanda

Message  Malcolm le Dim 7 Aoû 2016 - 18:18

A prendre le tetrapharmakon seul, je souscrirais sans réserve à l'épicurisme.
Son la douleur peut être supportée me convient tellement : la douleur, l'adversité, sont éducatrices ("tout ce qui ne me tue pas ... " - Nietzsche).
Naturellement, si donc il s'agit simplement d'une sorte de maxime pharmaceutique, à se répéter comme en mantra quand on souffre, je la trouve inefficace dans son genre méthode Coué, encore que cela n'est pas sans effet méditatif effectivement : tous les new agers le savent bien, qui se bercent de douces mélopées "extraterrospiritonergétiques" parascientifiques. Mais je ne leur adjoins pas Épicure, non, dont je veux bien me réjouir avec les historiens [de l'Antiquité comme des Philosophies] qu'on lui découvre une saine renommée prolongée : après tout, c'est la gloire immortelle, que se souhaitaient les Anciens, et Épicure la préserve désormais autrement.
Ce que je veux dire, donc, c'est que le relatif hédonisme épicurien, ne fait pas encore un ponosisme, comme on ne manqua pas de l'indiquer à sa façon. Ce serait triste en effet, que de s'autopersuader en attendant que la douleur passe, qu'elle passera, sans en tirer profit : tous les psychologues savent que l'apathie volontariste n'est pas la solution, face à nos cacopathies (voire au pire "psychopathies") cacophoniques. Je parle bien "de l'âme".
Quant au corps, bon, il faut bien retirer sa main de la braise ardente, encore qu'il est des rituels initiatiques pour y trouver de l'intérêt, sans parler de la victoire sur soi [Nietzsche] que cela peut représenter ("immense connerie", dans l'ordre épicurien & a fortiori hédoniste).
Mais c'est que, à la longue, à force de se satisfaire plaisamment, il me semble qu'oncque devienne lymphatique-flegmatique-hyperesthésique, ainsi que les nourrissons. Disons alors, que l'épicurien fonctionnerait ainsi qu'un néo-nourrisson, born again-like ? ...
L'épicurisme, un protestantisme avant l'heure dans le style, indifférento-polythéique ? ...
Peut-être : de ce qu'il se dépolitisa d'une polis pourtant pas-politicienne comme la nôtre, éventuellement plus intéressantes dans les vécus, quand bien même polissonne à sa façon.
M'enfin ! ...

*

Tout bien réfléchi : il se pourrait qu'Épicure fut vécu antiquement (rapport à la polis) ainsi que le new-agism aujourd'hui (rapport à la "pensée officielle"), sans pour autant d'ailleurs, et certes, qu’Épicure et le new age soient comparables en dehors du recoupement que j'ai fait, voire éventuellement quelques autres par le détail (à commencer par le quiet life-style sans effet d'annonce toutefois).

*

Diogène d'Œnoanda, en bon épicurien, ainsi que toutes les écoles antiques, semble traiter de vertu comme "excellence existentielle", ce qui est dire qu'il se vivait - en vivant ainsi la doctrine épicurienne - comme bougrement (auto)satisfait, a fortiori en épicurisme ~hédoniste.

Les œuvres de lui (ou commanditée par lui) dont on dispose m'en sont témoins.
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