« Le premier Homme vivra tant que le dernier sera debout. »

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« Le premier Homme vivra tant que le dernier sera debout. »

Message  Anthroposimien le Sam 23 Mai 2015 - 11:12

(Edmond Haraucourt, 1856-1941)

Voilà qui, en dépit de la portée philosophique et de la beauté de cette phrase, pose un problème !
A-t-on le droit et peut-on interrompre volontairement la chaîne de la Vie qui nous a porté jusqu'ici depuis l'aube des temps (en remontant même jusqu'au big-bang - pourquoi pas) en choisissant sciemment de ne pas avoir de descendance ?
Telle est la question à laquelle je me sens bien incapable de répondre, devant lui faire face avant que de mourir à mon tour, un jour...

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Re: « Le premier Homme vivra tant que le dernier sera debout. »

Message  JP2popup le Sam 23 Mai 2015 - 13:11

Anthroposimien a écrit:A-t-on le droit et peut-on interrompre volontairement la chaîne de la Vie qui nous a porté jusqu'ici depuis l'aube des temps (en remontant même jusqu'au big-bang - pourquoi pas) en choisissant sciemment de ne pas avoir de descendance ?

Bien entendu...

Ce qui compte en terme darwinien c'est la perpétuation de l'espèce.

L'individu compte peu dans ce processus.

Les exemples d'espèces où plein d'individus ne transmettent pas leurs gènes sont légions: par exemple par le mécanisme de dominance d'un mâle (les loups).

Rajoutons en clin d'oeil l'église catholique depuis deux millénaires: ses ministres acceptent de ne pas transmettre leurs gènes (officiellement...) pour se consacrer pleinement à la transmission de la Vérité, transmission plus importante, à leurs yeux, que la succession biologique des générations que leurs paroissiens font très bien sans leur implication directe et personnelle...

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Re: « Le premier Homme vivra tant que le dernier sera debout. »

Message  Anthroposimien le Dim 24 Mai 2015 - 7:41

jp2popup a écrit:
Ce qui compte en terme darwinien c'est la perpétuation de l'espèce.

L'individu compte peu dans ce processus.

Au nom de quoi (ou de qui) doit-t-on perpétuer ou non l'espèce ?

Ce qui me pose problème et question est cette responsabilité qui est la mienne d'interrompre cette chaîne, ou de la perpétuer...
Je ne sais pas y répondre !
Ni comment...

"Croissez et mulitpliez " est-il écrit dans la Genèse. Mais après ?
C'est un cul-de-sac !

Pourtant, de mon point de vue, on ne peut que se sentir redevable envers les générations passées qui elles n'ont pas hésité à se transmettre jusqu'à nous tandis que nous arrivons aujourd'hui à une déjà quasi-surpopulation de l'espèce humaine par rapport aux ressources de la planète et du chemin pris par notre civilisation !

C'est en tant qu'individu que je m'interroge - me sentant "coupable" dans un cas comme dans l'autre...

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Re: « Le premier Homme vivra tant que le dernier sera debout. »

Message  Invité le Dim 21 Juin 2015 - 6:56

"A-t-on le droit et peut-on interrompre volontairement la chaîne de la Vie qui nous a porté jusqu'ici depuis l'aube des temps (en remontant même jusqu'au big-bang - pourquoi pas) en choisissant sciemment de ne pas avoir de descendance ? "

As tu deja entendu un voix qui venait du ciel te dire que tu avais le droit de faire ceci et pas cela ? le monde ne se reveil t il pas avec toi et ne se couche t il pas avec toi ? n'es tu pas le centre de ton propre univers ? as tu experimenté le bigbang pour pouvoir en parler ?
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Re: « Le premier Homme vivra tant que le dernier sera debout. »

Message  Malcolm le Sam 7 Mai 2016 - 16:09

Personnellement, je trouve que la question d'Anthroposimien ne saurait être aussi facilement résolue par l'option libertaire et/ou indifférentaliste. Précisément, Anthroposimien trouve que cela fait une différence, pour lui d'abord, et pour l'intergénérationnel qui l'engendra, intergénérationnel dont il se sent peut-être à tort redevable, probablement parce qu'il aime la vie plus qu'il ne la hait, or tout amour ne se passe pas de gratitude, donc du sentiment d'un devoir de réciprocité. Voilà pourquoi Anthroposimien culpabilise dans un cas comme dans l'autre : dans un cas, il se privilégie sur cette transduction qui mène à lui (sentiment traditionnel, étym. transduction) dans l'autre, il privilégie cette transduction dont il sent la coulpe, la culpabilité, étym. la dette, redevable.

Si bien sûr c'est un peu psychodramatique, il n'en reste pas moins qu'Anthroposimien révèle ceci, qu'il est responsable. Responsable, soit capable de réponse. Or, doit-il ou non répondre à cette transduction ? ... Si oui, il endosse une responsabilité spéciologique ; si non, il endosse une responsabilité idéologique. Alors, que doit-il répondre à l'espèce ? comment doit-il répondre à l'espèce ? mais d'abord : pourquoi devrait-il répondre à l'espèce ?

Les raisons en sont assez simple : cela se fait, et de façon généralement jouissive en sus. De plus, une vie à deux a ses heurs & malheurs autant qu'une vie célibataire, mais d'abord elle sécurise un peu mieux (l'union fait la force, la mise en commun des ressources), et ensuite il est de coutume vitale, que de penser le couple sur le mode de l'accouplement reproductif (vocation biologique) : il suffit pour s'en convaincre d'observer les revendications filiales homoparentales. Au reste, on n'écartera pas cette idée que nous avons nous-mêmes vocation à diffuser nos gènes, et qu'après tout il peut valoir la peine d'éduquer des enfants, sans quoi ça ne se ferait plus depuis belle lurette. Tout ce qui relève, donc, d'une responsabilité spéciologique particulière.

Dans le cas d'une idéologie divergente de la spéciologie, il semble bien que toute notre existence puisse être travaillée physiologiquement par la possibilité de se reproduire, et je suppose que selon les constitutions-complexions physiques, ce travail peut être plus et moins intense. Aussi bien, Anthroposimien pourrait être sujet à un travail intense physiologiquement reproducteur, pour quoi sa culpabilité serait irrationnellement occasionnée-même pas Dame-Nature, qui ne le laissera pas tranquille dans sa peau, ce qui peut être vécu paranoïdement "comme si on nous en voulait" - sans qu'on soit parano pourtant.

A partir de cette donne per-scientifique (procédant des sciences), on pourra très bien voir que nombre d'hérésies chrétiennes, telles que le catharisme, déconseillaient la reproduction, et les Cathares au sommet de la hiérarchie cathares - soit étymologiquement : les Purs - n'avaient pas de descendance. En effet, le catharisme réactivait ce dualisme manichéen selon lequel la matière, c'est le mal, et l'esprit, c'est le bien (un manichéisme que même le plus fort des catholicismes n'a jamais connu, puisqu'il prétend que nous ressusciteront corporés, par quoi le renouveau charismatique catholique actuel valorise ce corps, temple de l'âme - et que torturerait le diable, sinon ?). De sorte que l'idéologie areproductice contemporaine puisse passer pour un angélisme ... un angélisme, mais peut-être aussi un super-mécanisme de régulation spéciologique, en ce que les densités de population occasionneraient des inhibitions libidinales, de même qu'elles suscitent (paradoxalement avec notre sujet) des précocités pubertaires.

Bref : dans tous les cas, la tragédie existentielle a lieu, s'en balançant apparemment assez complètement, que nous angoissions de savoir si oui ou non nous devrions nous reproduire - et causant même plutôt cette angoisse qu'autre chose, afin de variance. Or, darwinian-like, il semble bien que cet affrontement idéologie-spéciologie soit ... fécond ... car c'est par les contingences actuelles que se joue l'avenir à moyen- et long-terme, et très-très-très-très-très-long-terme, surtout, d'ailleurs.

Tout ce qui fait dire au Zarathoustra nietzschéen ...
De l'Enfant et du mariage:

J’ai une question pour toi seul, mon frère. Je jette cette question comme une sonde dans ton âme, afin de connaître sa profondeur.
Tu es jeune et tu désires femme et enfant. Mais je te demande : Es-tu un homme qui ait le droit de désirer un enfant ?
Es-tu le victorieux, vainqueur de lui-même, souverain des sens, maître de ses vertus ? C’est ce que je te demande.
Ou bien ton vœu est-il le cri de la bête et de l’indigence ? Ou la peur de la solitude ? Ou la discorde avec toi-même ?
Je veux que ta victoire et ta liberté aspirent à se perpétuer par l’enfant. Tu dois construire des monuments vivants à ta victoire et à ta délivrance.
Tu dois construire plus haut que toi-même. Mais il faut d’abord que tu sois construit toi-même, carré de la tête à la base.
Tu ne dois pas seulement propager ta race plus loin, mais aussi plus haut. Que le jardin du mariage te serve à cela.
Tu dois créer un corps d’essence supérieure, un premier mouvement, une roue qui roule sur elle-même, — tu dois créer un créateur.
Mariage : c’est ainsi que j’appelle la volonté à deux de créer l’unique qui est plus que ceux qui l’ont créé. Respect mutuel, c’est là le mariage, respect de ceux qui veulent d’une telle volonté.
Que ceci soit le sens et la vérité de ton mariage. Mais ce que les inutiles appellent mariage, la foule des superflus ! — comment appellerai-je cela ?
Hélas ! cette pauvreté de l’âme à deux ! Hélas ! cette impureté de l’âme à deux ! Hélas, ce misérable contentement à deux !
Mariage, c’est ainsi qu’ils appellent tout cela ; et ils disent que leurs unions ont été scellées dans le ciel.
Eh bien, je n’en veux pas de ce ciel des superflus ! Non, je n’en veux pas de ces bêtes empêtrées dans le filet céleste !
Loin de moi aussi le Dieu qui vient en boitant pour bénir ce qu’il n’a pas uni !
Ne riez pas de pareils mariages ! Quel est l’enfant qui n’aurait pas raison de pleurer sur ses parents ?
Cet homme me semblait respectable et mûr pour saisir le sens de la terre : mais lorsque je vis sa femme, la terre me sembla une demeure pour les insensés.
Oui, je voudrais que la terre fût secouée de convulsions quand je vois un saint s’accoupler à une oie.
Tel partit comme un héros en quête de vérités, et il ne captura qu’un petit mensonge paré. Il appelle cela son mariage.
Tel autre était réservé dans ses relations et difficile dans son choix. Mais d’un seul coup il a gâté à tout jamais sa société. Il appelle cela son mariage.
Tel autre encore cherchait une servante avec les vertus d’un ange. Mais soudain il devint la servante d’une femme, et maintenant il lui faudrait devenir ange lui-même.
Je n’ai vu partout qu’acheteurs pleins de précaution et tous ont des yeux rusés. Mais le plus rusé lui-même achète sa femme comme chat en poche.
Beaucoup de courtes folies — c’est là ce que vous appelez amour. Et votre mariage met fin à beaucoup de courtes folies, par une longue sottise.
Votre amour de la femme et l’amour de la femme pour l’homme : oh ! que ce soit de la pitié pour des dieux souffrants et voilés ! Mais presque toujours c’est une bête qui devine l’autre.
Cependant votre meilleur amour n’est qu’une métaphore extasiée et une douloureuse ardeur. Il est un flambeau qui doit éclairer pour vous les chemins supérieurs.
Un jour vous devrez aimer par delà vous-mêmes ! Apprenez donc d’abord à aimer ! C’est pourquoi il vous fallut boire l’amer calice de votre amour.
Il y a de l’amertume dans le calice, même dans le calice du meilleur amour. C’est ainsi qu’il éveille en toi le désir du Surhumain, c’est ainsi qu’il éveille en toi la soif, ô créateur !
Soif du créateur, flèche et désir du Surhumain : dis-moi, mon frère, est-ce là ta volonté du mariage ?
Je sanctifie une telle volonté et un tel mariage. —

Ainsi parlait Zarathoustra.

Ainsi que ...
De la Mort volontaire:
https://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra/Premi%C3%A8re_partie/De_la_mort_volontaire
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