Aristote - De l'âme

Aller en bas

Aristote - De l'âme

Message  Droue le Ven 10 Juil 2015 - 16:29

Bonjour, je suis nouvelle, j'espère que le message que je m’apprête à écrire est adapté au contenu du forum et que je le poste au bon endroit. Si ce n'est pas le cas, veillez m'excuser.

Voila, je viens de lire Le traité de l'âme d'Aristote (Livres I et II uniquement).

L'étude de l'âme semble essentielle et primordiale (I, chap 1). Pour cela il faut définir ce qu'est l'âme ainsi que ces propriétés. Tous les philosophes ne semblent pas d'accord selon l'énumération qui en ai faite au chap 2 du livre I. Aristote, reste-t-il purement objectif quand il expose les différentes idées dans ce chapitre ? (je peux poster une partie du texte en question s'il y a besoin).

Ma deuxième question est à propos du chapitre 6 du livre II à propos des sens et des objets. Voici un extrait (un peu long je l'admets :/ ):
Aristote a écrit:Dans l’étude de chaque sens, il faut traiter d’abord des sensibles. "Le sensible" désigne trois espèces d’objets: deux de ces espèces sont, disons- nous, perceptibles par soi, tandis que la troisième l’est par accident. Des deux premières espèces, l’une est le sensible propre à chaque sens, et l’autre, le sensible commun à tous. J’entends par sensible propre celui qui ne peut être senti par un autre sens et au sujet duquel il est impossible de se tromper: par exemple, la vue est sens de la couleur, l’ouïe, du son, et le goût, de la saveur. Le toucher, lui, a pour objet plusieurs différences. Mais chaque sens, du moins, juge de ses sensibles propres et ne se trompe pas sur le fait même de la couleur ou du son, mais seulement sur la nature et le lieu de l’objet coloré, ou sur la nature et le lieu de l’objet sonore. Tels sont donc les sensibles qu’on dit être propres à chaque sens. Les sensibles communs sont le mouvement, le repos, le nombre, la figure, la grandeur; car les sensibles de ce genre ne sont propres à aucun sens, mais sont communs à tous. C’est ainsi qu’un mouvement déterminé est sensible tant au toucher qu’à la vue. On dit qu’il y a sensible par accident si, par exemple, on perçoit le blanc comme étant le fils de Diarès. C’est par accident, en effet, que l’on perçoit ce dernier, parce qu’au blanc est accidentellement uni l’objet senti.
Pour ce qui est des espèces perceptibles propre à chaque sens, je comprends. Pour ce qui est des "sensibles communs", je suis perdue. J'ai l'impression qu'il y a un amalgame entre :
- l'association qui est faite dans le cerveau entre la mémoire et ce qui est perçu
- les stimulus aux niveaux des organes sensoriels

Merci d'avoir pris le temps de me lire, et de je l'espère vos futures réponses,

Cordialement.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Ragnar II le Mer 15 Juil 2015 - 21:49

.

Si tu cherches à étudier Aristote, alors tu es sur la bonne voie, qui est celle de l'étude du bonhomme et de tout ce qu'il dit en tant que point de vue personnel à un moment de l'histoire du personnage historique qu'il est maintenant et à tout jamais. Tu auras alors pour explorer la chose le point de vue de tous les exégètes du penseur et philosophe nommé Aristote, exégètes dont les dires te plairont ou ne te plairont pas, suivant le goût que tu auras pour l'un ou pour l'autre. C'est d'ailleurs ça, en réalité, la philosophie : accumuler des connaissances historiques sur des pensées historiques de personnages de l'histoire persuadés d'avoir entre autres cerné le tout en soi et servant ainsi de prétexte au discours d'exégètes fonctionnaires. Inutile de dire que ça peut être littéralement passionnant ! ...

Mais si tu cherches à comprendre la sensibilité, l'essence de la sensibilité, alors ce n'est certainement pas Aristote qui te renseignera, puisqu'il n'a par exemple jamais su qu'il n'y a en tout et pour tout qu'un seul sens, le toucher, ce que les matérialistes radicaux de l'antiquité avait déjà très bien compris, et que ce seul et unique sens était modulé en fonction des particularités d'un ensemble de sens subjectivement désignés sous les termes de Vue, Ouïe, Olfaction, Goût et Toucher par un arbitraire culturel ayant d'ailleurs oublié le sens de l'Équilibre.

Autrement dit, il n'y a pas et il n'y a jamais eu de perception par un seul des cinq sens désigné par une culture multimillénaire, mais une modulation de la perception du monde et de soi par l'ensemble TOTAL du corps.


Le poète Walt Whitman l'avait bien compris



WALT WHITMAN


Le penseur et psychologue Friedrich Nietzche l'avait bien compris aussi :



FRIEDRICH NIETZSCHE

.

P.-S. : Je travaille en ce moment sur un exposé global concernant Aristote. Cet exposé devrait en principe permettre d'éclairer la lanterne de celles et ceux qui croient qu'on peut connaître un personnage et sa pensée par la lecture de quelques extraits choisis. Une certaine hauteur doit je pense être prise pour bien saisir la globalité d'un penseur de l'histoire de la philosophie. Pour Aristote, comme pour Hegel ou Platon, je dois dire que ça ne s'annonce pas des plus jo-jo.

À bientôt, donc ...

.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Droue le Jeu 16 Juil 2015 - 8:50

Tout d'abord merci de votre réponse.

Je ne cherches pas nécessairement à étudier des philosophes (comme Aristote) mais plutôt des notions de philosophie (comme l'âme, la conscience) pour l'instant avec différents points de vue justement (histoire de pouvoir tenir correctement une dissertation, une conversation ou un débat). Après j'aime beaucoup lire Aristote c'est vrai et je me lancerais bientôt dans l'étude des philosophes mais pas tout de suite (peut-être au mois d’août comme ça un mois chaque partie avant de reprendre les cours).

Vous me parlez des avis/interprétations extérieurs qui ont été faites par Aristote mais c'est un peu l'inverse de ma question... Est-ce qu'Aristote est purement objectif quand il mentionne des philosophes ou entre-t-il dans le rôle exégète ?

Votre deuxième paragraphe me déstabilise complètement, je ne comprends pas vraiment là...
Mais le troisième m'éclaire (enfin si tu essayes de dire la même chose), avec la deuxième partie du texte que j'ai mis en gras... par contre lorsque nous sommes privé d'un sens, nous arrivons quand même à percevoir le monde serait-ce comme la plasticité des aires cérébrales mais appliquée aux sens ? (la comparaison est un peu douteuse mais je ne vois pas trop comment dire autrement ni le nom que cela pourrait avoir).

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Ragnar II le Jeu 16 Juil 2015 - 12:21

droue30 a écrit: Est-ce qu'Aristote est purement objectif quand il mentionne des philosophes ou entre-t-il dans le rôle exégète ?

De minutieuses études de la totalité des textes et de la biographie d'une kyrielle de philosophe m'ont montré qu'aucun d'eux n'était objectif et que les exégètes de tous poils l'étaient encore moins.

Nietzshce nous éclaire là-dessus en nous indiquant que les textes de chaque philosophe constituent sa confession. (Sa « confession ».)


droue30 a écrit:Votre deuxième paragraphe me déstabilise complètement, je ne comprends pas vraiment là...

Les philosophes matérialistes de l'antiquité pensaient que tout dans le monde était constitué de particules élémentaires se combinant entre elles en fonction d'affinités particulières, y compris les dieux et les âmes.

Avec les connaissances actuelles, nous savons que chaque sens obéit au lois du monde entrevues intuitivement par les matérialistes de l'antiquité, et que toute sensibilité s'établit grâce à un contact entre particules. Il faut que ces particules se touchent pour qu'il y ait sensibilité.

Pour le sens nommé « toucher », c'est évident, puisque, comme le nom l'indique, il faut toucher pour être sensible au monde par ce sens particulier.

Pour le sens nommé « ouïe », ça n'en a pas l'air, mais c'est pareil. Il faut un toucher entre une partie du corps, l'oreille, et des molécules d'air mues en fonction d'ondes de pression exercée en puissance et en fréquence variables.

Pour le sens nommé « vue », c'est encore pareil. Il faut un toucher entre une partie du corps, l'œil, et des photons mus en fonction d'ondes particulières.

Pareil avec l'« olfaction », où des molécules de matière touchent une partie du corps constitué de réceptacles accueillant dans les fosses nasale ces molécules.

Encore pareil avec le « goût », où ce sont des molécules de matière touchant une partie du corps constituée de réceptacles. mais sur la langue, cette fois-ci.

Le sens oublié par la culture, à savoir l'équilibre, qui nous permet par exemple de ne pas tomber à chaque pas, ce sens est une combinaison du toucher entre une partie du corps, en principe les pieds, et un système de coriolis construit dans l'oreille interne et où se touche un liquide et un système micro-pileux. (Pardon pour les termes techniques.)

Ce que nous livrent grâce à leur intuition le poète Walt Whitman et le penseur Friedrich Nietzsche, c'est qu'aucun de ces cinq (ou six) sens ne fonctionne indépendamment des autres. C'est le corps tout entier qui est le siège de la sensibilité.

Plus tard, la recherche nous livrera qu'un métabolisme et une cybernétique sont constamment à l'œuvre au sein d'un corps qui ne fait pas de différence de nature, mais de degré entre les informations qui lui parviennent de chaque partie le constituant et vivant en touchant en permanence son environnement immédiat, ce qui lui permet d'avoir connaissance du monde dans lequel il vit.

Les cinq (ou six) sens n'en formant ainsi qu'un et un seul, l'influence qu'exercent les uns sur les autres les partie spécialisées de la sensibilité au toucher peut alors être saisie telle qu'elle est en réalité.

Le penseur de la gastronomie Auguste Escoffier l'a très bien compris. En inventant le menu de la restauration gastronomique, il a modifier la perception des plats en les rendant meilleurs au goût juste parce que les yeux sollicités par l'annoblissement des mets indiqués sur le papier du menu avait influencé la sensibilité des papilles gustatives des gourmets de son époque. C'est ainsi qu'une patate bouillie puis malaxée et présentée comme « Purée de pomme de terre » n'aura jamais le même goût que la même patate bouillie et malaxée, mais présentée comme « Parmentière du Marquis de Pontoise ». Dans le même genre, tous les vins, même parmi les meilleurs du monde, n'auront jamais le même goût en bouche s'ils sortent d'une bouteille étiquetée avec talent et bouché par un liège de grande qualité. C'est la raison essentielle du non étiquetage des vins testés par les goûteurs-sommeliers les plus réputés : ils ne veulent pas que leur sensibilité ne soit perturbée par le sens nommé « vue ». Par contre, ils acceptent volontiers de laisser s'influencer l'une l'autre leur « olfaction » et leur « goût ».

Des tas de domaines de variation de la sensibilité peuvent être ainsi considérés.

Une musique de chambre jouée au printemps d'une journée ensoleillée par un quatuor à cordes chez des particuliers ayant vue sur un parc où fleuriraient cerisiers rose et pommiers blancs ne sera jamais perçu de la même façon par les mêmes particuliers dans la même pièce, mais au cours d'une nuit d'hiver, sous éclairage électrique et fenêtres fermées.

Pardon pour la longueur, mais c'est pour moi devenu un vrai plaisir que de taper du texte. Ça fait du bien à ma carcasse ...

.

Avec les handicapés et la plasticité de l'organe centralisateur du traitement de la sensibilité (le cerveau) dont tu parles, le mécanisme est le même : c'est le corps tout entier qui est sensible au monde par le toucher. Et la plupart des handicapés s'en sortent pratiquement aussi bien que les non handicapés en ce qui concerne la sensibilité à leur environnement immédiat et donc au monde, surtout avec les moyens technoscientifiques dont ils peuvent profiter s'il le peuvent et le veulent.

.

Encore pardon, mais cette fois pour l'envahissement constant de la philosophie par la science souvent effectué par ma petite personne.

Je m'en explique à la rubrique suivante, qui, j'espère, si tu en prends connaissance, ne t'empêchera pas d'explorer le monde fabuleux des philosophes et de la philosophie.

http://www.liberte-philosophie-forum.com/t257-la-philosophie-se-moque-de-la-philosophie

.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  LibertéPhilo le Jeu 16 Juil 2015 - 14:27

droue30 a écrit:Est-ce qu'Aristote est purement objectif quand il mentionne des philosophes ou entre-t-il dans le rôle exégète ?
Non, pas plus que Platon. Et exégète est un bien grand mot. La rigueur dans la citation n'est pas l'apanage des Anciens, moins par mauvaise volonté que parce qu'on faisait confiance à l'auteur qu'on lisait. Paul Veyne compare les historiens de l'époque à nos journalistes. Si on estime que le journaliste est un bon professionnel, on n'a aucune raison de remettre en cause son sérieux. Il n'y avait aucune raison pour un disciple d'Aristote de remettre en cause l'analyse du maître sur un autre philosophe.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Droue le Sam 18 Juil 2015 - 9:18

Bonjour,
RagnarII a écrit:
Droue30 a écrit:Est-ce qu'Aristote est purement objectif quand il mentionne des philosophes ou entre-t-il dans le rôle exégète ?
De minutieuses études de la totalité des textes et de la biographie d'une kyrielle de philosophe m'ont montré qu'aucun d'eux n'était objectif et que les exégètes de tous poils l'étaient encore moins.
Philo a écrit:Non, pas plus que Platon.
D'accord merci je le prendrais en compte.

RagnarII tout est limpide maintenant je comprend mieux, merci de votre temps et de votre patience.

Je comprends, l'interférence sciences/ philosophie me pose quelques soucis à moi aussi, je suis parfois trop "terrer à terre".

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Malcolm le Sam 13 Aoû 2016 - 15:34

je suis parfois trop "terrer à terre".
Inutile de se terrer voire s'enterrer. De toutes façons précisément il faut rester les pieds sur terre, pour ne pas avoir la tête dans les nuages. Les philosophes de l'Histoire, peu importe leur tendance (y compris idéaliste), ont traité de choses qui leur semblaient belles & bien réelles (réalisme des idées platoniciennes, par exemple). Tout comme les sciences actuelles, filles de la mère-philosophie, philosophie bienveillante qui apprend même de ses filles. Mais regarde : la philosophie a la jeunesse éternelle ; les sciences sont toujours-déjà de vieilles filles acariâtres, ayant envie de s'en prendre à- voire d'évincer- leur mère. Bande d'ingrates, qui ne lui survivront d'ailleurs pas : on peut perdre et on a déjà d'ailleurs perdu des sciences ; mais la philosophie, elle, demeure à chaque fois que quelqu'un philosophe. Ces mijaurées se laissent toujours désirées, et d'ailleurs laissent à désirer ; cette muse est le désir-même. Mais c'est encore plus complexe que cela ...
L'étude de l'âme semble essentielle et primordiale (I, chap 1). Pour cela il faut définir ce qu'est l'âme ainsi que ces propriétés. Tous les philosophes ne semblent pas d'accord selon l'énumération qui en ai faite au chap 2 du livre I. Aristote, reste-t-il purement objectif quand il expose les différentes idées dans ce chapitre ? (je peux poster une partie du texte en question s'il y a besoin).
S'il est évident qu'il vaut mieux avoir cerné de quoi l'on parle ("définir"), ce il faut laisse pourtant perplexe : non seulement il arrive parfois que l'on cherche à approcher la réalité de ce mot ("âme") sans connaître d'emblée ce qu'il désigne (approche circonspecte, sur la base d'autres éléments déterminés, coconstructivement - or Aristote produit directement des classifications -) - mais en plus de telles classifications ("propriétés") sont, notamment chez Aristote, toujours extrêmement taxinomiques. Vraiment, et pour tout, si j'avais quelque chose à retenir d'Aristote, ce serait cela qu'il est un taxinomiste. En effet, nombre de ses définitions sont toujours utilisées en science - alors, certes, pas l'âme en particulier, mais tout ce qui concerne le mouvement : la mécanique classique, par exemple, est euclido-aristotélicienne dans ... l'âme.
Pour ce qui est des espèces perceptibles propre à chaque sens, je comprends. Pour ce qui est des "sensibles communs", je suis perdue. J'ai l'impression qu'il y a un amalgame entre :
- l'association qui est faite dans le cerveau entre la mémoire et ce qui est perçu
- les stimulus aux niveaux des organes sensoriels
Dans un sens, oui, tu as raison ; mais, dans l'autre, il ne faut pas ignorer qu'Aristote est un naturaliste, dans une ontologie réaliste. C'est-à-dire par exemple que pour lui, le mouvement ou le nombre sont des étants-là-devant, sensibles donc, pas des interprétations perspectives (ce qui pour nous, relativement cultivés à la graine scientarde, n'est plus de sens commun). En fait, Aristote me fait penser à Lev Vygotski.

Lev Vygotski est un linguiste soviétique, début XXème. Comme le régime ne veut pas de "science bourgeoise", où dans son domaine Jean Piaget parle de fonctions supérieures de l'intellect développées avec le temps (ce qui renvoie trop à l'âme religieuse selon les Soviets, par exemple), Vygotski, dans l'optique du matérialisme dialectique-historique soviétique, va développer cette idée que les fonctions supérieures de l'intellect piagetien, n'adviendraient jamais sans la sociotechnie de l'écriture, qui te renvoie à ta propre pensée objectivée, permettant un sur-débeloppement (réflexion), rapport à un stade antérieur plus procédural.

Naturellement, dans leurs genres, Piaget & Vygotski ont raison tous les deux. Mais avant tout, Piaget est autocentrique, tandis que Vygotski est sociocentrique. Le premier croit en une pure ontogénèse pour ainsi dire, le second ne croit qu'en la sociogénèse. Soit donc Robinson Crusoe versus le Club des Cinq ... Et donc, Aristote est dans cette pure "sortie de soi", genre, et il n'a quand même pas tort, de ce que nos perspectives n'interpréteraient peut-être rien comme mouvement si rien ne se passait de telle sorte que nous le qualifiions de mouvement. De même, il faut bien peut-être deux pommes étants-là-devant, pour conceptualiser deux, au moins didactiquement.

Bref : qui a raison, qui a tort ? Personne exactement, et Aristote est très-valable, dans ses espèces.


Voir aussi : http://www.philomag.com/les-idees/grands-auteurs/aristote-3732
* http://www.magazine-litteraire.com/aristote
* http://www.scienceshumaines.com/aristote-nous-parle-encore_fr_33496.html
- par exemples.
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Hervé B. le Dim 14 Aoû 2016 - 9:56


Malcolm S. Cooper a écrit:S'il est évident qu'il vaut mieux avoir cerné de quoi l'on parle ("définir"), ce il faut laisse pourtant perplexe : non seulement il arrive parfois que l'on cherche à approcher la réalité de ce mot ("âme") sans connaître d'emblée ce qu'il désigne (approche circonspecte, sur la base d'autres éléments déterminés, coconstructivement - or Aristote produit directement des classifications -) - mais en plus de telles classifications ("propriétés") sont, notamment chez Aristote, toujours extrêmement taxinomiques. Vraiment, et pour tout, si j'avais quelque chose à retenir d'Aristote, ce serait cela qu'il est un taxinomiste.
La question de l'âme chez Aristote m'intéresse également et cette réponse n'y répond pas :). L'âme chez Aristote n'est pas tout à fait celle de la religion catholique alors qu'il est facile de faire l'amalgame. A son époque, il était difficile d'imaginer que la réalité puisse ne pas être objective, exister indépendamment de nous. Mais cela pose un souci, d'où viennent alors les connaissances ? Si le soleil existe indépendamment de moi, il peut-être décrit indépendamment des êtres pensants, il doit donc posséder en lui sa propre connaissance, non ? Mais, alors quid des êtres vivants ? Un caillou possède sa connaissance en lui, mais un animal peut se mouvoir selon une finalité, pour boire, se nourrir... L'animal a donc une connaissance en plus de celle du caillou et d'où provient-elle ? Selon le même principe, elle ne peut être qu'en lui. Un être vivant aurait donc deux connaissances en lui, celle du corps (comme le caillou) et un principe de vie (l'âme) qui le guiderait. Je ne vois pas comment nous ne pouvons pas faire cette distinction. En quelque sorte, le principe de vie pose la question de savoir d'où viennent les connaissances qui nous permettent de faire ceci ou cela. La question est alors de savoir d'où provient ce principe de vie, et si les connaissances des choses sont en elles, il ne peut provenir de notre extérieur en aucune façon. Je ne sais pas si Aristote faisait cette erreur, qu'en pensez-vous ? L'âme de la religion catholique semble sensiblement différente et je n'arrive pas à comprendre si elle se superpose à celle d'Aristote (ce qui permet de dire que l'homme est divin et pas les animaux) ou si elle la remplace.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Malcolm le Lun 15 Aoû 2016 - 12:44

La question de l'âme chez Aristote m'intéresse également et cette réponse n'y répond pas .
Ô fripon ! ...
1° Je répondais à Droue30 d'abord ;
2° En y répondant, je confirmai certains apports qu'elle fit ;
3° Somme toute, l'âme aristotélicienne est animation sensitive, affective et intellective, tout joliment : naturalistement, j'y souscris !
L'âme chez Aristote n'est pas tout à fait celle de la religion catholique alors qu'il est facile de faire l'amalgame.
Ai-je dit le contraire.
A son époque, il était difficile d'imaginer que la réalité puisse ne pas être objective, exister indépendamment de nous.
Ai-je dit autre chose.
Mais cela pose un souci, d'où viennent alors les connaissances ?
Je ne comprends pas où est le problème : elles proviennent du rapport du réel à l'âme, partie-prenante de ce réel d'ailleurs chez Aristote, en tant que "physiticien", soit donc penseur du monde comme physis, étym. poussée : Aristote est "le prince du mouvement".
Si le soleil existe indépendamment de moi, il peut-être décrit indépendamment des êtres pensants, il doit donc posséder en lui sa propre connaissance, non ? Mais, alors quid des êtres vivants ? Un caillou possède sa connaissance en lui, mais un animal peut se mouvoir selon une finalité, pour boire, se nourrir... L'animal a donc une connaissance en plus de celle du caillou et d'où provient-elle ? Selon le même principe, elle ne peut être qu'en lui. Un être vivant aurait donc deux connaissances en lui, celle du corps (comme le caillou) et un principe de vie (l'âme) qui le guiderait.
En somme, dis-tu, l'information aurait été pensée comme contenue dans les choses. Et pourquoi pas ? Sinon que, dans ton déroulé, tout finit en animisme : non ! pas chez Aristote ! enfin à ce que je sache. Platon par contre, lui, trouvait que tout était vivant, que le monde était vivant, par quoi il lui cherchait une anima mundi, dans son éidétisme géométrique.
La question est alors de savoir d'où provient ce principe de vie, et si les connaissances des choses sont en elles, il ne peut provenir de notre extérieur en aucune façon. Je ne sais pas si Aristote faisait cette erreur, qu'en pensez-vous ?
J'en pense que nous la faisons assurément, cette "erreur", apparemment fructueuse.
J'en pense donc, que la connaissance provient pourtant du rapport du réel à l'âme, serait-ce parce qu'Aristote pensait que, luminiquement, nos yeux projetaient sur les choses un rayonnement les éclairant, en journée. C'est singulier, on peut en rire, mais cela indique bien qu'il y a rapport, à ce que j'en sais.
L'âme de la religion catholique semble sensiblement différente et je n'arrive pas à comprendre si elle se superpose à celle d'Aristote (ce qui permet de dire que l'homme est divin et pas les animaux) ou si elle la remplace.
L'âme chrétienne est plus proche du ghost in the shell cartésien, un peu comme un ectoplasme attaché à toi, ton corps étant parcouru par des esprits-animaux (animal, qui renvoie pourtant à l'étymologie d'âme comme animation, sinon que cela vira comme en sait en "animatronique", avec l'animal-machine, et donc le ghost in the shell, avec finalement ce déisme lumièréen d'un dieu-horloger en découlant idéogénétiquement). L'âme aristotélicienne, dans ce cadre, est donc esprit-animal, soit donc étym. souffle animant, un peu comme des influx parcourent tes nerfs (c'est d'ailleurs sur cette base que l'idée d'esprit-animal vient, sans parler des autres circulations de fluides). Mais avant Descartes déjà, on peut dire qu'il y a idéogénèse, puisque la pratique de la saignée est bien ce pari qu'on va chasser de mauvais esprits-animaux, ou des esprits-animaux déréglés, à peu près.

Pour ainsi dire, c'est paradoxalement de l'occultisme.
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Aristote - De l'âme

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum