Protagoras d'Abdère

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Protagoras d'Abdère

Message  LibertéPhilo le Lun 7 Oct 2013 - 14:37

Sa vie racontée par Diogène Laërce.

Agnostique et relativiste, dirions-nous aujourd'hui de lui :
Diogène Laërce a écrit:Il commence ainsi un de ses ouvrages : « L’homme est la mesure de toutes choses, de l'être en tant qu’il est, du non-être en tant qu’il n’est pas. » Il enseignait aussi, au dire de Platon dans le Théétète, que l’âme n’est pas distincte des sens et que tout est vrai. Un autre de ses traités commence par ces mots : « Quant aux dieux, je ne puis dire s’ils existent ou non ; bien des raisons m’en empêchent, entre autres l’obscurité de la question et la brièveté de la vie humaine. »
Ne peut-on pas aussi dire qu'il était avant tout honnête ? Nous ne pouvons pas nous placer au niveau des dieux pour juger des choses humaines ou divines, contrairement à ce que fera Platon. La sagesse des sophistes est d'abord une sagesse à hauteur d'homme. En cela, elle est saine et vivifiante contre n'importe quel dogmatisme.

Qu'en est-il de leur mauvaise réputation de faussaires de la pensée, qui n'est pas due qu'à Platon et qui semble avoir été largement partagée à Athènes ? Elle visait tout autant les Cyniques, dont le fameux Diogène le Cynique, qui avait falsifié de la monnaie, anecdote qui doit se lire dans un sens symbolique. Les Sophistes comme les Cyniques sont accusés de falsifier les valeurs de la cité, parce qu'ils les remettent en cause. Socrate sera pour cette raison compris comme un sophiste, ce que selon Platon, il n'était pas. Pourtant, Diogène Laërce crédite Protagoras de l'invention de l'argumentation socratique. Socrate aurait donc été réellement un sophiste.

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Re: Protagoras d'Abdère

Message  Malcolm le Lun 8 Aoû 2016 - 22:42

C'est très juteux ce que tu racontes là Philo
Nous ne pouvons pas nous placer au niveau des dieux pour juger des choses humaines ou divines, contrairement à ce que fera Platon.
Sauf à y croire, ainsi qu'a pu faire & fait une bonne partie de l'humanité.
Elle visait tout autant les Cyniques, dont le fameux Diogène le Cynique, qui avait falsifié de la monnaie, anecdote qui doit se lire dans un sens symbolique.
Et c'est drôle alors, comme toute la "valeur" de la cité n'est que monétaire ...
Pourtant, Diogène Laërce crédite Protagoras de l'invention de l'argumentation socratique. Socrate aurait donc été réellement un sophiste.
Oui, et je cite :
Diogène Laërce a écrit:C’est encore lui qui le premier usa du genre des discours socratiques, et du raisonnement d’Antisthène qui cherche à montrer qu’on ne peut contredire (cf. Platon, Euthydème). Le premier, il montra les arguments à répondre aux questions posées (cf. Artémidore le dialecticien, Contre Chrysippe).
Tout ce qui me renvoie à ceci ... sinon que cela ...
Diogène Laërce a écrit:Il commence ainsi un de ses ouvrages : « L’homme est la mesure de toutes choses, de l'être en tant qu’il est, du non-être en tant qu’il n’est pas. » Il enseignait aussi, au dire de Platon dans le Théétète, que l’âme n’est pas distincte des sens et que tout est vrai. Un autre de ses traités commence par ces mots : « Quant aux dieux, je ne puis dire s’ils existent ou non ; bien des raisons m’en empêchent, entre autres l’obscurité de la question et la brièveté de la vie humaine. »
Ne peut-on pas aussi dire qu'il était avant tout honnête ? [...] La sagesse des sophistes est d'abord une sagesse à hauteur d'homme. En cela, elle est saine et vivifiante contre n'importe quel dogmatisme.
Totalement, je te rejoins. D'ailleurs, pas plus tard que tout à l'heure, j'ai fait cette réponse à quelqu'un ...

O sancta sophisticas ! ...

*

Ce que j'ai oublié de commenter quand je le voulais pourtant :
Diogène Laërce a écrit:Il [Protagoras] enseignait aussi, au dire de Platon dans le Théétète, que l’âme n’est pas distincte des sens et que tout est vrai.
"L'âme indistincte des sens" : sens qui, eux-mêmes, sont pour ainsi tout le corps, en tant que percepteur ou senteur/sensateur/sensoreur : c'est le corps comme animé par l'interprétation de ce qui se présente, soi comme le reste - si seulement ils se distinguent réellement, de ce que nous sommes tous scientifiquement "poussières d'étoiles". A partir de quoi l'univers tout entier, peut être pensé comme préforme - en-deçà de ce que nous appelons vie - de l'âme sensitive ou sens animique, plus primitive. Tout ce que Nietzsche rassemble comme "volonté de puissance" méthodologiquement, au §36 de Par-delà bien et mal.
Et puis : "tout est vrai" : évidemment ! car à ce titre, il n'est plus que des interprétations, à tous les niveaux, interprétations qui, comme telles, se présentent en tant que présentes, dans leur vérité étymologique (fiables, crédibles) comme telles ! ... Le monde n'est pas plus trompeur qu'il n'a de substance arrière-mondialement : son apparence, interprétation de l'ame-sens, est vérité.

Le reste n'est jamais qu'imposition normative consensuelle : conventionnalisme gorgien.
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