Les déconvertis de la psychanalyse

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 5:09

Malcolm S. Cooper a écrit:Pardon ! Subréalisme ! *Héhéhey*
C'est totalement raccord avec le subconscient ! *Héhéhey*

Ce qui me fait d'ailleurs songer que l'historicisme muséal de Ragnar est totalement anietzschéen, de ce qu'il n'est radicalement pas révérant (tabula rasa, par laquelle je le faisais proximo-sartrien récemment, soit donc (dé)négateur de l'inconscient freudien & par ailleurs de la révérence aristocratique nietzschéenne : Ragnar s'exprime trop souvent par sauf ton respect pour être bien respectueux, respect dont l'étymon signifie y regarder à nouveau, à deux fois, plusieurs fois, avant de se prononcer, raison pour laquelle tout son studisme, pour respectueux qu'il semble, manque à cette valeur/pudeur nietzschéenne - impudence matérialiste-libertarienne de Ragnar).

Laissons (je laisse) de côté la forme littéralement (sic) insupportable de tes développements et disons (je dis) que tu te fie trop aux apparences subjectivement perçues par toi en a priori dont tu ne sembles pas avoir conscience et que cela te fait déduire de magnifiques conneries.

Où par exemples as-tu vu que je niais l'inconscient freudien ? Que je niais l'inconscient freudien en tant que copie conforme à l'inconscient nietzschéen, pour être plus précis ? Où ?

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 5:34

Malcolm S. Cooper a écrit:Je (me) cite de Wikipedia, sur Volonté de puissance :
Wikipedia a écrit:Nietzsche n'a que faire de la technique et a fortiori de la technologie

Si je pars de ce que dit Nietzsche de lui-même en affirmant qu'il n'avait jamais parlé que de lui-même, alors je me vois obligé de considérer AUSSI le Nietzsche qui prenait le train, produit de la technique et de la technologie, ce qui me fait dire que Nietzsche n'a certainement pas que faire constamment de la technique ou de la technologie, même s'il le dit en l'écrivant (et certainement pas en achetant son billet à la gare de Nice).

En ne considérant que l'œuvre exclusivement écrite de Nietzsche et en ne considérant en conséquence pas l'œuvre d'art qu'il cherchait à être dans sa propre vie par la construction de sa propre liberté, on ne voit que la moitié de Nietzsche.

Moi, si tu permets, camarade, je vois l'ensemble ...

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Philosophos le Dim 5 Juin 2016 - 9:46

Nietzsche ne parle jamais de technologie, alors qu'elle est très présente dans les œuvres de ses contemporains, par exemple, les romans de Zola ou les tableaux impressionnistes. La technologie a l'inconvénient pour Nietzsche de demander à l'homme un effort constant (aliénation des ouvriers), elle est donc à l'opposé de l'otium cum dignitate aristocratique qu'il défend. C'est comme si on avait demandé à Cicéron de faire les 3x8 ! *Lol*

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Princeps le Dim 5 Juin 2016 - 10:16

Formule véritablement révolutionnaire que celle-ci.
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 10:31

Philo a écrit:Ce passage de Wikipédia (qui est peut-être de Malcolm ?) est une lecture juste de la dissertation III à laquelle je fais référence au-dessus, à propos de l'idéal ascétique. Je mets en gras l'invention de ces idéaux par les prêtres. Surtout, l'essentiel est que Nietzsche critique toute l'humanité, et pas seulement celle dont Ragnar se croit exclu !  *Lol* Onfray serait passé à la moulinette nietzschéenne, tout comme Epicure et Darwin !

Il faut avoir lu Darwin et Nietzsche pour se rendre compte qu'il disent en réalité tous les deux la même chose, le premier permettant de voir avec le néodarwinisne que la sélection naturelle des espèces ne se construit jamais qu'à partir d'une seule mutation ne touchant qu'un seul individu, qui devient ainsi le « surindividu », et le second permettant de voir dans sa philosophie que s'il s'en prend à Darwin, c'est surtout parce qu'il ne sait rien du néodarwinisme confirmant la pensée de Darwin, et pour cause, puisque le néodarwinisme n'existait pas, du temps de Nietzsche. (Je dis quelque part sur ce site que les scientifiques ayant lu Nietzsche ne trouvent rien à redire à sa critique de la science. Ils savent parfaitement que la science critiquée par Nietzsche, ce n'est pas celle d'aujourd'hui, mais celle d'une époque où elle était critiquable.)

De plus, Nietzsche tire en réalité son idée de surhumain de l'eugénisme de Galton, le cousin de Darwin directement inspiré par la pensée darwinienne de la sélection naturelle des espèces, qu'il voyait comme le moyen d'améliorer l'espèce humaine par une sélection orientée, artificielle, voulue, ce qui est en train de se produire aujourd'hui-même, et pas par le moyen nazi, mais par la volonté personnelle de chaque individu se fixant pour but d'avoir un enfant (et pas des milliards) en parfaite santé et donc plus probablement doué intellectuellement que tous ses petits camarades ...

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Nietzsche critique toute l'humanité, en effet, et il trouvera toujours quelque chose à critiquer à chaque individu, toi, moi et tous les autres, tandis que parmi les autres, il y en a, comme Colli, Montinari, Onfray et Ragnar qui trouveront toujours quelque chose à critiquer à chaque individu, toi, moi et tous les autres, y compris Nietzsche, n'est-ce pas ?

Cela n'empêchera d'ailleurs pas que Nietzsche ne prendra pas comme motif de critique l'athéisme éminemment nietzschéen des athées honnêtes tels qu'ils les a définis lui-même et dont Colli, Montinari, Onfray et Ragnar font partie.

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Cela dit, pour une pensée unifiant celles de Nietzsche et de Darwin, voir la thèse de doctorat en philo de ma copine Peggy Sastre, thèse intitulée « Généalogies de la morale : perspectives nietzschéenne et darwinienne sur l'origine des comportements et des sentiments moraux ».

C'est ici ---> http://www.theses.fr/2011REIML009

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Princeps le Dim 5 Juin 2016 - 10:37

Notons que Darwin n'a jamais gouté aux thèses eugénistes, et surtout pas celle de son familier. Du reste, il était très frileux quant au fait d'appliquer ses observations à l'Homme (cf. l'Expo' sur Darwin à la cité des Sciences et de l'Industrie).
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 10:40

Philo a écrit:Nietzsche ne parle jamais de technologie, alors qu'elle est très présente dans les œuvres de ses contemporains, par exemple, les romans de Zola ou les tableaux impressionnistes. La technologie a l'inconvénient pour Nietzsche de demander à l'homme un effort constant (aliénation des ouvriers), elle est donc à l'opposé de l'otium cum dignitate aristocratique qu'il défend. C'est comme si on avait demandé à Cicéron de faire les 3x8 ! *Lol*

Tu ne vas pas me faire dire que Nietzsche crachait dans la soupe de la technologie du voyage ferroviaire par plus que je dirais que tu craches dans la soupe de l'informatique.

Et en disant que Nietzsche ne parles JAMAIS de technologie, je présume que tu veux dire qu'il n'en parle pas SOUVENT, parce qu'il parle quand même déjà à son époque de la circulation aérienne ...

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 10:44

Princeps a écrit:Notons que Darwin n'a jamais gouté aux thèses eugénistes, et surtout pas celle de son familier. Du reste, il était très frileux quant au fait d'appliquer ses observations à l'Homme (cf. l'Expo' sur Darwin à la cité des Sciences et de l'Industrie).

Oui, certes, mais Nietzsche, lui, il les goûtait, les thèses eugénistes de Galton, et si Darwin ne suivait pas son cousin sur ce point, son cousin, lui, il avait raison de dire que css thèses étaient parfaitement justifiées par les travaux de Darwin.

Et c'est aujourd'hui ces thèses qui sont appliquées sans le savoir par ceux qui cherchent à améliorer les « performances » de leur enfant sans s'occuper du sort de l'humanité ... Selon la pensée exacte de Nietzsche ! ...

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Princeps le Dim 5 Juin 2016 - 10:51

son cousin, lui, il avait raison de dire que ces thèses étaient parfaitement justifiées par les travaux de Darwin.
Pas si Darwin rejette toute application à l'humain. Le cousin dépasse de très loin ce que propose Darwin. En revanche, il serait intéressant de voir (par la confrontation des textes) en quoi est-ce vraiment le cas.
Et c'est aujourd'hui ces thèses qui sont appliquées sans le savoir par ceux qui cherchent à améliorer les « performances » de leur enfant sans s'occuper du sort de l'humanité ...
On peut fort bien se "parfaire" autrement. C'est en cela que je préfère l'aristocratisme/élitisme (qui est un effort sur soi) à la facilité qu'est la Science.
Ce qui ne signifie pas que "tout est à jeter". Des avancés médicales sont bienheureuse (je pense à la détection de la trisomie, entre autre). Une fois de plus, tout est une question de limites, de bornes. Jusqu'ou peut-on aller ? Et nul besoin de verser dans la moral ou de se tremper le cul dans un bénitier pour traiter de cela - ce qui est trop souvent / systématiquement le cas. :
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 11:07

Princeps a écrit:
son cousin, lui, il avait raison de dire que ces thèses étaient parfaitement justifiées par les travaux de Darwin.
Pas si Darwin rejette toute application à l'humain. Le cousin dépasse de très loin ce que propose Darwin. En revanche, il serait intéressant de voir (par la confrontation des textes) en quoi est-ce vraiment le cas.

Il faut lire leur correspondance.

Princeps a écrit:
Et c'est aujourd'hui ces thèses qui sont appliquées sans le savoir par ceux qui cherchent à améliorer les « performances » de leur enfant sans s'occuper du sort de l'humanité ...
On peut fort bien se "parfaire" autrement. C'est en cela que je préfère l'aristocratisme/élitisme (qui est un effort sur soi) à la facilité qu'est la Science.

Le gens qui appliquent l'eugénisme personnel cherchent surtout à parfaire leur enfant, ce qui ne les empêche pas de se parfaire eux-mêmes s'ils en ont envie.

Princeps a écrit:Ce qui ne signifie pas que "tout est à jeter". Des avancés médicales sont bienheureuse (je pense à la détection de la trisomie, entre autre). Une fois de plus, tout est une question de limites, de bornes. Jusqu'ou peut-on aller ? Et nul besoin de verser dans la moral ou de se tremper le cul dans un bénitier pour traiter de cela - ce qui est trop souvent / systématiquement le cas. :

En effet, la morale régissant l'application d'un eugénisme personnel n'a rien à voir avec les autres morales et sont personnelles par définition.

Déjà, la législation dont l'essence est moralisatrice est souvent dépassée et doit s'adapter à la réalité d'une morale issue des millions d'années qui nous ont précédés et qui s'est imprimée en nous malgré toutes les idéologies, toutes les bioéthiques et tous les principes de précaution ...

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Princeps le Dim 5 Juin 2016 - 11:20

Il faut lire leur correspondance.
Tu aurais ca en version informatisée ?
Le gens qui appliquent l'eugénisme personnel cherchent surtout à parfaire leur enfant, ce qui ne les empêche pas de se parfaire eux-mêmes s'ils en ont envie.
Certes, oui. A la différence que parfaire son enfant, c'est lui ôter la possibilité de le faire lui-même.
Déjà, la législation dont l'essence est moralisatrice est souvent dépassée et doit s'adapter à la réalité d'une morale issue des millions d'années qui nous ont précédés et qui s'est imprimée en nous
En quoi est-ce une retour à une "nature humaine" ?
malgré toutes les idéologies, toutes les bioéthiques et tous les principes de précaution ...
Il y a aussi un biais politique, ces questions (en France) sont traités par la gauche (au sens large). C'est la faute de libéraux inconséquents, qui caricaturent leurs idées en ne proposant rien sur ces questions. La remarque vaut pour l'ensemble des autres partis. La scission politique va de paire avec une scission des thématiques, c'est absurde.
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Dim 5 Juin 2016 - 18:58

Princeps a écrit:
Il faut lire leur correspondance.
Tu aurais ca en version informatisée ?

Non, malheureusement. Je ne l'ai même pas entre les mains en version papier (je l'ai lue à l'Université du Québec à Montréal - l'UQÀM - et en anglais, en plus).

Princeps a écrit:
Le gens qui appliquent l'eugénisme personnel cherchent surtout à parfaire leur enfant, ce qui ne les empêche pas de se parfaire eux-mêmes s'ils en ont envie.
Certes, oui. A la différence que parfaire son enfant, c'est lui ôter la possibilité de le faire lui-même.

Parfaire son enfant en lui permettant d'avoir dès sa naissance toutes les chances d'avoir une santé de fer, ce n'est pas lui ôter la possibilité de le faire lui-même.

Princeps a écrit:
Déjà, la législation dont l'essence est moralisatrice est souvent dépassée et doit s'adapter à la réalité d'une morale issue des millions d'années qui nous ont précédés et qui s'est imprimée en nous
En quoi est-ce une retour à une "nature humaine" ?

Ce n'est pas un RETOUR à une nature humaine. C'est une adhésion à cette nature, adhésion qui consiste à tout faire pour ses propres enfants sans trop s'occuper des autres enfants, dont s'occupent d'ailleurs mieux que personne leurs propres parents. Sans oublier toutefois que tout ce qui concerne le vivant se joue sur le champs d'une probabilité, car il y a bien des parents indignes, comme on dit, mais ils ne sont pas nombreux.

Princeps a écrit:
malgré toutes les idéologies, toutes les bioéthiques et tous les principes de précaution ...
Il y a aussi un biais politique, ces questions (en France) sont traités par la gauche (au sens large). C'est la faute de libéraux inconséquents, qui caricaturent leurs idées en ne proposant rien sur ces questions. La remarque vaut pour l'ensemble des autres partis. La scission politique va de paire avec une scission des thématiques, c'est absurde.

Je voulais parler de faits d'éthique et de morale particuliers, à savoir l'interruption volontaire de la grossesse, que les femmes pratiquent depuis toujours et partout malgré toutes les interdictions politiques et religieuses, et le diagnostic préimplanttoire, qui a commencé par être interdit partout, mais qui est maintenant pratiqué sans grand problème (c'est même remboursé par l'Assurance santé de bien des pays ...). Et ces deux méthode de contrôle de la maternité sont des eugénismes purs et simples, des eugénismes galtoniens correspondant à la pensée darwinienne et néodarwinienne et nietzschéenne aussi. Mais ce sont des eugénismes personnels, ce qui les différencie parfaitement de l'eugénisme d'État ou de l'interdiction d'eugénisme, d'État également.

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Philosophos le Dim 5 Juin 2016 - 20:12

Princeps a écrit:
son cousin, lui, il avait raison de dire que ces thèses étaient parfaitement justifiées par les travaux de Darwin.
Pas si Darwin rejette toute application à l'humain. Le cousin dépasse de très loin ce que propose Darwin. En revanche, il serait intéressant de voir (par la confrontation des textes) en quoi est-ce vraiment le cas.
Darwin refusait d'aller dans le sens de Galton parce qu'il avait une morale chrétienne. La charité, la bienveillance envers autrui, la protection des faibles passait au-dessus des conséquences logiques de sa pensée.

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Princeps le Dim 5 Juin 2016 - 22:01

Darwin refusait d'aller dans le sens de Galton parce qu'il avait une morale chrétienne. La charité, la bienveillance envers autrui, la protection des faibles passait au-dessus des conséquences logiques de sa pensée.
Oui. l'expo' mettait en avant l'influence du grand père, anti-esclavagiste.
Non, malheureusement. Je ne l'ai même pas entre les mains en version papier (je l'ai lue à l'Université du Québec à Montréal - l'UQÀM - et en anglais, en plus).
Hélas, l'UQAM n'a pas numérisé la chose. La langue ne posait pas de problème.

Sur l'eugénisme personnel - familial me semble justement plus correct, il détient autant de danger que l'eugénisme d'état. Le premier se fait par anticipation, il est donc moins "répressif" - avez-vous lu l'article paru récemment à propos de la Suisse ?
Je ne sais plus comment la chose s'organise à l'origine dans "Le meilleur des mondes".
Pour les deux, tout est une question de limite : qu'est-ce qui empêchera d'éradiquer la surdité ? C'est un véritable handicape, et pourtant, on vit fort bien sa surdité - avec des implants par exemple. Plus trivialement, le choix d'une série de trait caractéristique (je veux un fils sur le modèle du viking fantasmé) c'est déjà impacter - sans commune mesure - durablement la vie de sa progéniture. Nous n'y sommes pas encore, mais il convient de s'interroger. Il n'y a chez Rousseau qu'une phrase qui ne soit pas de l'ordre de la crétinerie : " tout est bien sortant des mains de son créateurs".
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Philosophos le Lun 6 Juin 2016 - 9:23

Princeps a écrit:
Darwin refusait d'aller dans le sens de Galton parce qu'il avait une morale chrétienne. La charité, la bienveillance envers autrui, la protection des faibles passait au-dessus des conséquences logiques de sa pensée.
Oui. l'expo' mettait en avant l'influence du grand père, anti-esclavagiste.
Plus généralement, je pense à l'influence de la société anglaise toute entière. Darwin avait peur que son livre ne nuise à la morale publique, à laquelle il tenait. N'oublions pas non plus la mort de sa jeune fille, qui lui a fait ressentir la cruauté de la nature et regretter que Dieu n'ait pas été plus présent. Tout cela n'incite pas à être cruel envers les autres. Enfin, Darwin était très sensible, ce qui a valu une santé chancelante tout au long de sa vie. On comprendra qu'il ne pouvait tolérer la violence.

Il n'y a chez Rousseau qu'une phrase qui ne soit pas de l'ordre de la crétinerie : " tout est bien sortant des mains de son créateurs".
Avec l'eugénisme, on se priverait aussi des heureux hasards de la nature.

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Princeps le Lun 6 Juin 2016 - 9:39

Avec l'eugénisme, on se priverait aussi des heureux hasards de la nature.
Tu formules parfaitement ma pensée.
Plus généralement, je pense à l'influence de la société anglaise toute entière. Darwin avait peur que son livre ne nuise à la morale publique, à laquelle il tenait. N'oublions pas non plus la mort de sa jeune fille, qui lui a fait ressentir la cruauté de la nature et regretter que Dieu n'ait pas été plus présent. Tout cela n'incite pas à être cruel envers les autres. Enfin, Darwin était très sensible, ce qui a valu une santé chancelante tout au long de sa vie. On comprendra qu'il ne pouvait tolérer la violence.
On ne redira jamais assez l'importance du contexte. Merci Philo.
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Lun 6 Juin 2016 - 15:15

Princeps a écrit:
Darwin refusait d'aller dans le sens de Galton parce qu'il avait une morale chrétienne. La charité, la bienveillance envers autrui, la protection des faibles passait au-dessus des conséquences logiques de sa pensée.
Oui. l'expo' mettait en avant l'influence du grand père, anti-esclavagiste.

En fait, oui, Darwin était chrétien, et il ne s'est jamais complètement débarrassé de son christianisme, qui est à la longue devenu une sorte de spinozisme doublé d'athéisme. Cela dit, à travers le profond dégoût qui s'est emparé de lui lors des premières découvertes de la cruauté de certaines espèces d'Amérique du Sud, il rejoint d'une certaine façon Nietzsche disant que la cruauté pourrait être un important moteur de la vie. Mais l'un comme l'autre ont vu que la cruauté n'était pas le seul élément de la nature du vivant. Nietzsche en constatant la force des faibles, Darwin en faisant remarquer que l'empathie, l'entraide et la bienveillance jouaient un rôle d'importance dans la sélection naturelle des espèces socialisées.

Princeps a écrit:Sur l'eugénisme personnel - familial me semble justement plus correct, il détient autant de danger que l'eugénisme d'état. Le premier se fait par anticipation, il est donc moins "répressif" - avez-vous lu l'article paru récemment à propos de la Suisse ?

Je n'y vois aucun problème dans la mesure où il existe une éthique ou une morale humaine que l'ensemble de l'humanité respecte. Je m'abstiendrai de penser que tous les individus de la terre doivent suivre quelque éthique ou quelque morale issue de la moindre idéologie. Et d'ailleurs, on voit ce que ça donne, les idéologies éthiques et morales sorties la plupart du temps de la tête détraquée des individus les plus malfaisants.

Princeps a écrit:Je ne sais plus comment la chose s'organise à l'origine dans "Le meilleur des mondes".

« Le meilleur des mondes » débute au sein d'une société n'ayant plus aucun souvenir du monde d'aujourd'hui, mais où un sauvage (Cooper) né dans une réserve d'humains s'étonne d'une façon quelque peu admirative à la découverte de ce qu'il qualifie lui-même le « meilleur des mondes », monde dont il n'accepte cependant aucun des principes, exactement comme le font la plupart des humains d'aujourd'hui, sauf moi et mes ami(e)s, pour qui un roman est pratiquement forcé de jouer sur la corde d'une tragédie de forme ou de fond et qui ne représente en rien ce qui pourrait se passer dans la réalité d'un futur si lointain que nous n'en aurons jamais le moindre souvenir, si je puis me permettre ce point de vue exclusivement nietzschéen d'inversion de la valeur « temps ».

Princeps a écrit:Pour les deux, tout est une question de limite : qu'est-ce qui empêchera d'éradiquer la surdité ? C'est un véritable handicape, et pourtant, on vit fort bien sa surdité - avec des implants par exemple. Plus trivialement, le choix d'une série de trait caractéristique (je veux un fils sur le modèle du viking fantasmé) c'est déjà impacter - sans commune mesure -  durablement la vie de sa progéniture. Nous n'y sommes pas encore, mais il convient de s'interroger. Il n'y a chez Rousseau qu'une phrase qui ne soit pas de l'ordre de la crétinerie : " tout est bien sortant des mains de son créateurs".

Comme je le disais plus haut, il existe dans le fond de l'humain une profondeur incontestable d'une morale et d'une éthique naturelles. Mais cela n'empêchera évidemment pas les dérives particulières, ponctuelles, et si un couteau de cuisine est destiné au seul projet de l'agrément gastronomique, il arrive parfois qu'il est utilisé pour égorger père et mère. Le vivant se considère, s'explore, s'étudie à la lumière d'un probabilisme. Il est carrément impossible de penser que tous les couteaux de cuisine de la planète vont servir à s'égorger jusqu'au dernier. C'est pareil avec la mutation planifiée, voulue, orientée au moyen de la technique des manipulations génétiques.

Mais qui vivra verra et l'avenir sera sans doute plus étrange qu'on ne pourrait jamais penser aujourd'hui.

Comme d'habitude ...

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« On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ignore où l'on va ... »

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Lun 6 Juin 2016 - 15:24

Princeps a écrit:
Avec l'eugénisme, on se priverait aussi des heureux hasards de la nature.
Tu formules parfaitement ma pensée.

Les « heureux » hasards de la nature sont des a priori. On peut tout aussi bien parler des « malheureux » hasards de la nature, qui peuvent d'ailleurs être à l'origine de hasards « heureux », et vice versa.

La disparition des dinosaures peut être vue comme un hasard plutôt malheureux du point de vue des dinosaures, mais pas de notre point de vue, puisque cette disparition nous a permis d'émerger de la nature, et si notre émergence a été un heureux hasard de notre point de vue, il ne l'a certainement pas été du point de vue des mammouths et des abeilles.

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Philosophos le Lun 6 Juin 2016 - 16:02

Ragnar II a écrit:Les « heureux » hasards de la nature sont des a priori. On peut tout aussi bien parler des « malheureux » hasards de la nature, qui peuvent d'ailleurs être à l'origine de hasards « heureux », et vice versa.
C'est le hasard qui est important, pas le fait qu'il soit heureux ou malheureux.

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Malcolm le Lun 6 Juin 2016 - 16:32

Je suppose qu'on ne parle plus ici de refoulement freudien, parce qu'il a toujours-déjà été "aboli" du seul fait d'avoir énoncé son "abolition", et que sur ce sujet comme sur celui de "l'athéisme" ou de "la tâche" de Nietzsche, il n'était pas question d'évaluer la situation, mais d'emblée de la poser.

C'était prendre la législation nietzschéenne du philosophe un peu trop gravement.
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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

Message  Ragnar II le Lun 6 Juin 2016 - 22:47

Philo a écrit:
Ragnar II a écrit:Les « heureux » hasards de la nature sont des a priori. On peut tout aussi bien parler des « malheureux » hasards de la nature, qui peuvent d'ailleurs être à l'origine de hasards « heureux », et vice versa.
C'est le hasard qui est important, pas le fait qu'il soit heureux ou malheureux.

Je répondais à ta remarque suivante.

« Avec l'eugénisme, on se priverait aussi des heureux hasards de la nature. »

Cela dit, d'un point de vue d'ensemble, comme qui dirait de Sirius, l'apparition de l'eugénisme œuvrant dans le domaine de la génétique associée à une prise en charge personnelle de sa propre évolution naturelle rendue artificielle pour les besoins de la cause, c'est un hasard, à l'échelle cosmologique, puisque l'humain créateur des techniques de manipulation génétique est lui-même le produit du hasard régissant l'ensemble de l'évolution naturelle.

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Re: Les déconvertis de la psychanalyse

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