La vulgarisation scientifique

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  JP2popup le Ven 30 Oct 2015 - 16:46

hks a écrit:Si c'est pour faire une confiance aveugle, je ne suis généralement pas partant.
Je me demande s'il n'est pas préférable de ne pas avoir d idées que de risquer d'en avoir des fausses.

Je pousserais plus loin encore le cynisme de ta réflexion: tactiquement, dans la discussion, n'est-il pas préférable de masquer les idées que l'on a ?

Cela permet d'intervenir et de critiquer les thèses d'autrui  sans se soumettre à la critique de ses propres thèses qui devrait, nécessairement, advenir... C'est confortable pour éviter toute blessure narcissique, j'en conviens...

Plus haut dans le fil, tu te réclames du vitalisme, notion qui m'échappe totalement, je l'ai dit.
Si on te demande de préciser ce que tu conçois par là... ben... pas de réponse, volontairement et explicitement dit!
------------------------
Quant à la notion de canonisation, il m'a fallu de longues années de fréquentation du De Natura Rerum pour bien comprendre, je crois, ce que Lucrèce veut dire dans ces éloges répétitifs d'Epicure.

Il ne propose pas Epicure à quelque sanctification, mais s'il le met à l'égal des Dieux, c'est justement pour montrer que les Dieux, s'ils existent, n'ont pas plus de valeur que nous. Qu'il n y a donc aucune sainteté à viser (dit anachroniquement concernant Lucrèce).

Et qu'au contraire Epicure peut même conceptuellement les surpasser, ces dieux, par les qualités de fraternité qu'il développe: se soucier d'autrui dans ce monde-ci sans rien en attendre ailleurs... La vulgarisation, la transmission sont de ce souci altruiste.

L'inverse de ton "avançons masqué"...


Dernière édition par jp2popup le Ven 30 Oct 2015 - 16:57, édité 1 fois

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Ven 30 Oct 2015 - 16:48

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La question qui se pose, c'est celle de savoir parler science à des gens qui n'ont aucune formation scientifique, et qui, soit ne sont pas intéressés par ça, et l'on ne voit pas de raison à les forcer à s'y intéresser, soit sont intéressés, mais à qui il manque les bases nécessaires à la compréhension la plus élémentaire de ce que leurs disent les vulgarisateurs scientifiques.

Il y a cependant partout dans le monde aussi des gens formés à la science, mais certainement pas dans tous les domaines. Ceux-là sont en général assez aptes à comprendre ce que leur disent leurs collègues spécialisés dans d'autres domaine que le leur.

Les revues ou magazines suivants permettent de survoler la question :

... Ce magazine est à demi scientifique. Il traite de science, mais aussi de gadgets et d'appareils de consommation courante. Le volet science est en général une mauvaise traduction d'articles parus aux États-Unis. Rares sont les scientifiques qui y participent. Les articles qui y paraissent ne sont pas toujours bien développés, car ils visent trop souvent la seule fascination du lecteur par des images.

... Ce magazine serait à la hauteur du précédent si son service de rédaction et d'édition était plus vigilant, car il laisse parfois filtrer des erreurs monumentales.

... S'il ne comprenait jamais la moindre intrusion spritualiste, ce magazine ne serait pas mal, du point de vue d'un très large public n'ayant vraiment aucune connaissance préalable en science.

... Il y a 30 ou 40 ans, ce magazine était parfait en ce sens qu'il ne publiait que des articles rédigés par des scientifiques ne tenant jamais compte de la formation réelle du lecteur. Chaque chercheur partait du principe que chaque lecteur avait la compétence voulue pour pouvoir comprendre les idées les plus complexes qui y étaient extrêmement détaillées. Chaque article faisait d'ailleurs une bonne dizaine de pages. Il fallait un grand effort de lecture et de concentration pour parvenir à saisir le sujet développé. Mais ça a malheureusement changé, et pas pour le mieux, ce qui donne aujourd'hui des articles grand public plutôt fades et n'allant plus au fond des choses comme avant. La qualité des articles de ce magazine reste cependant supérieure à celle des magazines précédents.

... Ce magazine est en grande partie une traduction du magazine précédent (Scientific American). Il en a toutes les qualités et tous les défauts. C'est cependant à mon avis le meilleurs magazine d'information scientifique de langue française.

... Avec cette publication, qui est hebdomadaire et tire à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires chaque semaine, nous entrons dans le domaine d'une qualité d'un tout autre ordre de grandeur que la plupart des magazines de science. Nous entrons dans le domaines de la revue scientifique exclusivement publiée après révision par des pairs. Les articles qui y paraissent n'on pas pour objectif de satisfaire la curiosité du premier venu. Un certain niveau de formation est requis pour comprendre ce qui y est exposé. La formation universitaire à orientation technique ou technologique est pour ainsi dire un minimum. Toutes les universités du monde y sont abonnées. Cela n'empêche pas une profusion de lecteurs de s'y intéresser hors université au point de s'y abonner aussi. Tous les scientifiques du monde cherchent à y publier. Le prestige d'une publication dans cette revue est si grand qu'il assure des entrées de fonds énormes dans les caisses des universités ayant permis de produire les travaux dont les compte-rendu sont couronnés d'une telle publication.

... Il me suffirait de faire un copier/coller des remarques sur la revue précédente pour bien en parler. Nous sommes avec cette revue dans un autre ordre de grandeur qu'avec la plupart des magazines de science. Le prestige est le même. La qualité est la même. Toutes les universités du monde y sont abonnés aussi, ainsi que de nombreux lecteurs hors université. Nous avons avec Nature et Science ce qui se fait de mieux au monde en matière de vulgarisation de pointe.

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Ce petit panorama n'est pas exhaustif, par définition. Il existe de nombreuses autres magazines ou revue scientifiques spécialisés en neurosciences, en connaissance des matériaux, en médecine, etc. Mais la qualité, le sérieux, la pertinence de ces publications varient pas mal d'un magazine ou d'une revue à l'autre. Nombreux sont les tricheurs qui on été débusqués ces dernières années, surtout en sciences humaines.  (En sciences humaines trop humaines ?)

.

Cela posé, il est possible d'établir aussi une liste des auteurs de livres de vulgarisation et de leurs ouvrages. Là aussi on s'apercevrait que la qualité varie pas mal d'un auteur à l'autre.

Je ne verrais aucun inconvénient à canoniser les meilleurs au sens métaphorique que peut avoir alors le verbe canoniser ...

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Anormal le Ven 30 Oct 2015 - 16:57

Vulgariser la science est en soi une intention tout à fait louable.Ce qui me chagrine, c'est que l'on imagine la vulgarisation scientifique comme un moyen d'augmenter la réalité du sens commun , en mieux.
Seulement voilà ! l'Institution scientifique n'est pas la science.Et la science n'est pas une entité libre puisqu'elle est cadrée par l'Institution.
C'est pourquoi je me demande si  la vulgarisation en question, ne serait pas bien plus profitable à la science qu'au sens commun, en ce sens qu'elle serait plus proche de la réalité sur laquelle elle agit. La science, au sens noble du terme, c'est l'amélioration de la condition humaine. Comment admettre dans ces conditions que l'expression scientifique soit cadrée selon des considérations qui vont à l'encontre de l'humanisation. Je pense que la science se grandira en renouant avec son objet premier qui est l'humain, et qu'elle retrouvera ses lettres de noblesse quand elle se sera émancipée de la structure ossifiante qui la contraint.
Je conclus donc que la science, au delà de la nécessité de se vulgariser doit dans le même temps s'émanciper car, je l'ai déjà dit, le contenu de ce qu'elle aura à vulgariser n'est pas le contenu d'une science libre et éthique.Cela suppose une recherche fondamentale portée par le politique. Autant dire qu'il s'agit là d' un projet utopique puisque l’État tendrait plutôt à l'inverse et que l'histoire ne repasse pas les plats...



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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Ven 30 Oct 2015 - 17:02

hks a écrit:Est-ce que le sujet porte sur les critères de canonisation?
Il porte sur la vulgarisation scientifique.

Je suis sans doute très exigeant.
En fait, je ne sais jamais trop ce qu'on vulgarise.
Ne voyant pas, ignorant (par définition) de  la partie cachée, je ne sais pas juger de la pertinence de la vulgarisation.
Tout et n'importe quoi peut m'être dit, je n'ai aucun moyen d'en juger.

Si c'est pour faire une confiance aveugle, je ne suis généralement pas partant.
Je me demande s'il n'est pas préférable de ne pas avoir d idées que de risquer d'en avoir des fausses.

Si  la vulgarisation scientifique est un challenge ...comment savoir s'il est  gagnant?
Dois -je m' adresser au bureau des canonisations?

Tu pourrais mettre absolument tous les sujets, tous les savoirs, tous les acquis culturels, toutes les réflexions spirituelles, philosophiques, intellectuelles dans le même sac que celui de la réflexion que tu poses avec ton message.

Après tout, si on t'avais menti sur tout et que donc tu ne savais rien, comment ferais-tu pour savoir que tu sais ce que tu sais ?

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Ven 30 Oct 2015 - 17:08

anormal a écrit:Vulgariser la science est en soi une intention tout à fait  louable.Ce qui me chagrine, c'est que l'on imagine la vulgarisation scientifique comme un moyen d'augmenter la réalité du sens commun , en mieux.
Seulement voilà ! l'Institution scientifique n'est pas la science.Et la science n'est pas une entité libre puisqu'elle est cadrée par l'Institution.
C'est pourquoi je me demande si  la vulgarisation en question, ne serait pas bien plus profitable à la science qu'au sens commun, en ce sens qu'elle serait plus proche de la réalité sur laquelle elle agit. La science, au sens noble du terme, c'est l'amélioration de la condition humaine. Comment admettre dans ces conditions que l'expression scientifique soit cadrée selon des considérations qui vont à l'encontre de l'humanisation. Je pense que la science se grandira en renouant avec son objet premier qui est l'humain, et qu'elle retrouvera ses lettres de noblesse quand elle se sera émancipée de la structure ossifiante qui la contraint.
Je conclus donc que la science, au delà de la nécessité de se vulgariser doit dans le même temps s'émanciper car, je l'ai déjà dit, le contenu de ce qu'elle aura à vulgariser n'est pas le contenu d'une science libre et éthique.Cela suppose une recherche fondamentale portée par le politique. Autant dire qu'il s'agit là d' un projet utopique puisque l’État tendrait plutôt à l'inverse et que l'histoire ne repasse pas les plats...

La science n'a a priori aucun rapport avec l'éthique, mais elle dit l'étique en expliquant bien d'où ça sort.

À partir de là, il n'y a pas plus à craindre de la science qu'il y en a à craindre beaucoup.

La science peut PERMETTRE de tout construire ou de tout casser.

Ce sont les humains qui sont constitués avec leur éthique propre, ce sont eux qui décident. Et en effet, les politiques ont pas mal de responsabilités au regard de tout ça.

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Dernière édition par Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 2:48, édité 1 fois (Raison : DIEU DE MISÉRICORDE INFINIE, MAIS QUE T'AI-JE DONC FAIT POUR QUE TU ME LAISSES COMMETTRE LES IMPARDONNABLES FAUTES DE FRANÇAIS QU'IL M'ARRIVE ENCORE DE PRODUIRE MALGRÉ TOUT L'AMOUR QUE JE TE PORTE !! ?!?)

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Ven 30 Oct 2015 - 21:39

Jp2 a écrit:Je pousserais plus loin encore le cynisme de ta réflexion: tactiquement, dans la discussion, n'est-il pas préférable de masquer les idées que l'on a ?

Je ne masque rien.

Je redis donc plus clairement ce que je pense : la science ne peut être vulgarisée.
On peut avoir un savoir scientifique à différents niveaux de complexité mais il ne peut jamais être vulgaire à tel ou tel niveau.
On donne à apprendre des éléments de physique ou de biologie au lycée, on ne vulgarise jamais. On n'enseigne pas au collège une version vulgaire du théorème de Thales.

Maintenant si une revue ou un auteur apporte un savoir scientifique précis et cohérent à un certain niveau de complexité, je n'ai rien contre.

Problème quand à un haut niveau de complexité, il n'y a plus adéquation entre l'exigence de précision et le propos vulgarisateur.
Or c'est le plus souvent ce haut niveau de complexité que le vulgarisateur veut faire passer dans le public.
Et c'est à ce niveau que je disais
hks a écrit:Ne voyant pas, ignorant (par définition) de la partie cachée, je ne sais pas juger de la pertinence de la vulgarisation.

Au niveau où on me parle de gène ou de fonction d'onde, il y a une exigence précision qui est très généralement déficiente.
Elle l'est parce que l' explication demande beaucoup plus que de la vulgarisation.
Il y a des savoirs qui ne sont pas vulgarisables.

Il est vrai que je suis plus porté sur la philosophie que sur les sciences. Le vitalisme c'est de la philosophie. En philosophie analogiquement
j'éprouve du dépit face à la vulgarisation.
Je pense qu'en philosophie comme en science il est préférable de ne pas avoir d'idées que d'en avoir des fausses.






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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 2:16

hks a écrit:la science ne peut être vulgarisée.

Dire ça, c'est confondre « vulgarisation » et « dialogue de sourds ».

Il est évident qu'on n'enseignera ni ne vulgarisera jamais la notion de saut quantique d'énergie ni de mutation génétique auprès d'un public exclusivement composé de Jivaros confinés depuis leur naissance au plus profond de l'Amazonie, sauf le respect que je dois à ces braves gens, qui méritent bien un tel respect, je trouve, sachant que lorsqu'un philosophe ou un scientifique se sera égaré dans la forêt brézilienne, hé bien le premier Jivaro de douze ans venu saura le guider pour qu'il s'y retrouve, faisant ainsi œuvre de vulgarisation forestière à l'attention des savants que prétendent être les envahisseurs de la forêt amazonienne.

hks a écrit:On n'enseigne pas au collège une version vulgaire du théorème de Thales.

Lorsqu'on enseigne ce théorème à un collégien, on le forme au langage utilisé en science par les scientifiques voulant enseigner ou vulgariser leur savoir. Il est évident qu'on n'enseignera ni ne vulgarisera jamais la notion de référentiel galiléen ni de relativité restreinte à des gens qui n'ont jamais entendu parler de géométrie de leur vie.

Mais c'est pareil avec tous les savoirs. Et si un jour, toi, HKS, tu tombes par hasard sur le magazine de vulgarisation philosophique du nom de « Philosophie », il est évident que toi, HKS, tu comprendras du premier coup les explications données par tout philosophe parlant dans un article de ce magazine de la pensée de n'importe quel autre philosophe, y compris si toi, HKS, tu n'as jamais rien lu de ce dernier, alors que le Jivaro ne saura jamais de quoi il est question dans ce magazine, si tant même qu'il sera capable de savoir ce que signifie « magazine de vulgarisation philosophique ».











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Dans toute communication écrite, le rédacteur de quoi que ce soit doit savoir par qui va être lu ce qu'il rédige. C'est valable en journalisme, en bandes dessinées, en scénario de cinéma, en recettes de cuisine comme en vulgarisation scientifique, technique, philosophique ou cinématographique.


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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 4:04

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Interlude récréatif :


Charles Darwin, grand vulgarisateur scientifique.





L'être humain moyennement cultivé est capable de comprendre sans problème tout ce que dit Darwin sur la sélection naturelle des espèces.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  AntiSubjectiviste le Sam 31 Oct 2015 - 9:30

hks a écrit:On peut avoir un savoir scientifique à différents niveaux de complexité mais il ne peut jamais être vulgaire à tel ou tel niveau.
On donne à apprendre des éléments de physique ou de biologie au lycée, on ne vulgarise jamais. On n'enseigne pas au collège une version vulgaire du théorème de Thales.
Vulgariser, c'est simplifier pour rendre accessible (quitte à perdre en rigueur). On vulgarise bel et bien au lycée. En maths, un aspect de la vulgarisation consiste à présenter un théorème sans le démontrer (ce qui empêche de le comprendre à 100%), et c'est le cas du théorème de Thalès.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 9:56

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Interlude récréatif :


Julian Schwinger, prix Nobel de physique. Grand vulgarisateur de la relativité restreinte et de la relativité générale.





À ma connaissance, son ouvrage de vulgarisation majeur de la relativité n'a été proposé dans les années 80 qu'aux seuls abonnés de « Scientific American ». Cet ouvrage mène le lecteur attentif à travers toutes les démonstrations mathématiques permettant de comprendre les deux domaines de la relativité même si l'on n'a jamais entendu parler d'Einstein.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  LibertéPhilo le Sam 31 Oct 2015 - 10:39

Ragnar II a écrit:Cet ouvrage mène le lecteur attentif à travers toutes les démonstrations mathématiques permettant de comprendre les deux domaines de la relativité même si l'on n'a jamais entendu parler d'Einstein.
Et si on n'a jamais entendu parler des mathématiques ?

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Anormal le Sam 31 Oct 2015 - 13:08

Marc Henry est un chimiste , professeur des Universités de Strasbourg,qui pratique une vulgarisation vraie. Vraie parce que les enseignements pratiques que  nous pouvons en tirer sont immédiatement applicables et hautement bénéfiques. Vraie parce que n'étant inféodé à aucune entité "marchande", il a encore la liberté de dire ce que beaucoup de scientifiques ne peuvent pas dire.

Le fait de vulgariser un savoir ou une information scientifique ne relève pas uniquement de la sphère Purement Scientifique, car hormis quelques rares "déviants", la majorité des scientifiques ne sont pas libres de travailler sur les sujets qu'ils pourraient juger préférables, et encore moins libres de divulguer des informations qui pourraient aller à l'encontre de l'intérêt économique de l'entité qui les emploie. De fait, je doute qu'un scientifique du privé puisse apporter quelque vulgarisation que ce soit qui entrerait en conflit avec l'intérêt économique de son entreprise.

Maintenant que l'on a posé la question de savoir s'il faut vulgariser, je pose la question qui suit: "qui peut vulgariser , et quelle serait la prise de risque pour le vulgarisateur et/ou pour l'entreprise scientifique?"

Exemple d'engagement radical d'un Scientifique pour une vulgarisation éthique: http://prmarchenry.blogspot.fr/2015/06/corinne-gouget-2.html

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  JP2popup le Sam 31 Oct 2015 - 14:00

hks a écrit:... la science ne peut être vulgarisée.

hks a écrit:Ne voyant pas, ignorant (par définition) de la partie cachée, je ne sais pas juger de la pertinence de la vulgarisation.

Je comprends ce que tu veux dire et je ne le partage pas.
La notion de "grain" , de "zoom" permet de sortir de l'apparente aporie que tu développes.

Dit autrement: ce n'est pas parce que  je n'ai pas accès au plus fin "grain" de la connaissance en biologie moléculaire que seul peuvent atteindre d'hyper spécialistes pointus formés pendant des années à cet effet, que je ne peux avoir accès aux enjeux, philosophiques pour  ce qui nous concerne sur ce forum, qui sont impliqués dans ces recherches, voire atteindre un bon niveau de compréhension de la discipline même, sans en être expert.
.
Il faut juste que l'hyper spécialiste puisse me l'expliquer si j'ai fait moi-même la moitié du chemin  intellectuel, soit m'initier à cette science... Se crée alors un domaine d'effort commun, réciproque, à la compréhension et qui motive les 2 parties.

hks a écrit:...oui je suis plutôt vitaliste...

Evidemment, si on refuse d'emblée de faire une partie du chemin et qu'on reste sur son quant  à soi idéologique*, il y a peu de chance qu'un échange puisse se produire...

Dans ce sens, je comprends ton rejet même de l'idée de vulgarisation, puisque ce qu'est la science, biologique (darwinienne)  par exemple, aujourd'hui,, est à l’exact opposé de ta conception profonde. .

Je comprends que tu ne veuilles entendre sa voix.

* Idéologique: le vitalisme, dans le sens où il n'a plus rien produit en terme scientifique (reproductible)  depuis deux siècles au moins, contrairement à l'hypothèse darwinienne qui n'arrête pas de produire depuis ces 2 siècles !

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  JP2popup le Sam 31 Oct 2015 - 14:29

anormal a écrit:... Vraie parce que n'étant inféodée à aucune entité "marchande"
L'inféodation au domaine marchand comme source ontologique du mensonge, si je comprends bien...

Et donc, implicitement, je suppose, la non-inféodation au domaine marchand comme source de vérité...
Idéologies, croyances etc par nature plus source de vérité que le monde des humains qui s'échangent des biens...

anormal a écrit:De fait, je doute qu'un scientifique du privé puisse apporter quelque vulgarisation que ce soit qui entrerait en conflit avec l'intérêt économique de son entreprise.

Alors qu'évidemment un scientifique employé par Greenpeace qui découvrirait (supposons) la fausseté du message de cette organisation, se verrait prier illico de publier sa découverte au plus grand nombre par l'organisation, qui n'est pas marchande, et donc ne vise qu'à la vérité !

Allons, soyons sérieux, anormal...

Tout être tend à durer et à se développer dans son être: organisations comprises, marchandes comme non-marchandes !

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Sam 31 Oct 2015 - 14:54

antisubjectivisme a écrit:Vulgariser, c'est simplifier pour rendre accessible (quitte à perdre en rigueur). On vulgarise bel et bien au lycée. En maths, un aspect de la vulgarisation consiste à présenter un théorème sans le démontrer (ce qui empêche de le comprendre à 100%), et c'est le cas du théorème de Thalès.
bon d'accord
encore que des démonstrations il soit demandé au professeur  d'en présenter.
de Pythagore et de Thales Par exemple

(deux que je trouve accessibles)
http://www.automaths.com/3/cours/3_Thales_C.pdf
http://maths.ac-amiens.fr/spip.php?article219
....................................
Dans cc que j'ai dit (sans doute un peu provocateur ) je pensais à la génétique et à la physique quantique utilisées par certains pour légitimer des thèses philosophiques.
Quand  Schrödinger ou  Heisenberg font de la philosophie on peut supposer qu'ils savent ce dont ils tirent des conclusions philosophiques.
Quand un lecteur lambda les lit il doit leur faire confiance.
Quand Dawkins le parle de gène égoïste (c'est un exemple) si je ne sais pas ce que c'est qu'un gène,  je dois supposer qu'il le sait et je dois lui faire confiance sur la suite.

Ma critique n'est pas celle d'Alan Sokal et Jean Bricmont lesquels reprochent aux philosophes  d' utiliser des concepts supposés empruntés aux sciences.
Elle vise plutôt des scientifiques qui instrumentalisent un savoir incommunicable.
L'esprit critique ne peut s'exercer.
Et le discours de ces savants fonctionne dogmatiquement.(qu'ils le veuillent ou non).

Mais le problème pour moi est que des lecteurs lambda  instrumentalisent  le discours de ces scientifiques.
..............................

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 14:56

Philo a écrit:
Ragnar II a écrit:Cet ouvrage mène le lecteur attentif à travers toutes les démonstrations mathématiques permettant de comprendre les deux domaines de la relativité même si l'on n'a jamais entendu parler d'Einstein.
Et si on n'a jamais entendu parler des mathématiques ?

Quelqu'un qui n'aurait jamais entendu parler de mathématiques serait face à une bonne explication de la relativité dans la même situation que quelqu'un qui serait sourd de naissance face à une bonne interprétation de Jean-Sébastien Bach au clavecin.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Anormal le Sam 31 Oct 2015 - 15:03

jp2popup a écrit:L'inféodation au domaine marchand comme source ontologique du mensonge, si je comprends bien...

Et donc, implicitement, je suppose, la non-inféodation au domaine marchand comme source de vérité...
Idéologies, croyances etc par nature plus source de vérité que le monde des humains qui s'échangent des biens..

Il faut, un peu, admettre de lâcher prise , sans quoi l'on ne pourra s'entendre que sur du malentendu.

L'inféodation au totalitarisme marchand comme source ontologique de la contrainte, comme vous l'avez parfaitement compris, je n'en doute pas une seconde.Et donc la non inféodation comme latitude à exprimer , à divulguer une information propice au développement humain.Humain qui dans le registre de l'être , doit se concevoir d'abords comme le vivant qui tend à maintenir son homéostasie à seule fin d'exprimer ses potentialités au maximum.Chose que je ne peux corréler à" l'être" de Mansonto , par exemple.

Vous me faites dire ce que je n'ai pas dit ( sous couvert de: "si je comprends bien..."). Ce genre d'échange m'est très désagréable, et je veux rester aussi agréable que me le permet mon effort.
Alors autant vous le dire de suite: esthétiquement, ça ne fonctionne pas nous deux.Restons-en là , si vous le voulez bien.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 15:05

anormal a écrit:je doute qu'un scientifique du privé puisse apporter quelque vulgarisation que ce soit qui entrerait en conflit avec l'intérêt économique de son entreprise.

Voilà le fond d'un des problèmes les plus importants de la science. Il y a en effet de quoi douter d'une véritable volonté d'objectivité de la part de tout scientifique s'étant mis aux ordres de toute société industrielle et commerciale. La moindre des choses serait d'exiger de tous les scientifiques une déclaration de conflit d'intérêt en bonne et due forme, ce qui tend d'ailleurs à se concrétiser dans le domaine nord-américain de la science et de l'industrie pharmaceutiques.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Sam 31 Oct 2015 - 15:33

Jp2 a écrit:Dans ce sens,  je comprends ton rejet même de l'idée de vulgarisation, puisque ce qu'est la science, biologique (darwinienne)  par exemple, aujourd'hui, est à l’exact opposé de ta conception profonde.
Pas vraiment .
1) Je ré-éxplique au dessus sur la vulgarisation.

2) Je ne suis certainement pas anti darwinien au niveau factuel.

Tout ce qui relève d'une sélection naturelle ne peut être contesté (si bien montré).
Ensuite il y a tout ce qui relève d'une extrapolation du factuel en termes de causalité générale, exclusive, de l'incontestable évolution.

Il est évident  (et si ça ne l'est pas  c'est grave ) que Darwin est  comme tout un chacun un philosophe .
Il a une philosophie des choses, du monde, du cosmos ...
laquelle n'est pas expérimentalement  démontrable  ni ne produit rien d'ailleurs de factuel.
Son matérialisme n'est pas démontrable et le matérialisme en soi ne produit rien sinon des actes engagés par des hommes "matérialistes" qui tout comptes faits ne font guère différemment  en science que ce que des spiritualistes feraient.

Tu vas me dire: ah mais non ça fait une différence... les matérialistes trouvent et les autres ne trouvent pas parce qu'ils pensent philosophiquement mal.

Pour moi ceux qui trouvent ce sont ceux qui expérimentent  bien.
En première instance, condition sine qua non.

Ensuite, parce qu'il y a effectivement une suite, ce sont ceux qui posent des questions (pour trouver il faut avoir cherché).

Si en science( pas en philosophie ) on s'interdit de poser certaines question sous prétexte ( philosophique) de matérialisme, on ne risque  pas de trouver la réponse à des questions que se poseraient quelqu'un qui ne se les interdirait pas.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  LibertéPhilo le Sam 31 Oct 2015 - 15:40

Ragnar II a écrit:
Philo a écrit:
Ragnar II a écrit:Cet ouvrage mène le lecteur attentif à travers toutes les démonstrations mathématiques permettant de comprendre les deux domaines de la relativité même si l'on n'a jamais entendu parler d'Einstein.
Et si on n'a jamais entendu parler des mathématiques ?

Quelqu'un qui n'aurait jamais entendu parler de mathématiques serait face à une bonne explication de la relativité dans la même situation que quelqu'un qui serait sourd de naissance face à une bonne interprétation de Jean-Sébastien Bach au clavecin.

.
Il aurait donc un plaisir esthétique plus qu'une connaissance. C'est un sentiment qu'on peut éprouver en regardant des documentaires sur la science, dont on oublie le contenu sitôt après les avoir vus, mais qui nous ont néanmoins bien diverti et donné l'illusion d'acquérir du savoir.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Sam 31 Oct 2015 - 15:51

hks a écrit:Quand Dawkins le parle de gène égoïste (c'est un exemple) si je ne sais pas ce que c'est qu'un gène,  je dois supposer qu'il le sait et je dois lui faire confiance sur la suite.
Ma critique [...] vise plutôt des scientifiques qui instrumentalisent un savoir incommunicable.
L'esprit critique ne peut s'exercer.
Et le discours de ces savants fonctionne dogmatiquement.(qu'ils le veuillent ou non).

Ma critique viserait plutôt ceux qui mette leur ignorance au service d'un soi-disant savoir doté du pouvoir de critiquer.

Quiconque voudrait exercer sa critique au regard d'un « discours dogmatique de savant » (quelle idée !) devrait commencer par chercher à comprendre la langue que le savant utilise pour lui parler. Sinon, oui, le savant parlera comme on parle à un sourd et les sourds se croiront en mesure de mettre leur surdité sur le dos des savants.

Et ça. oui, c'est critiquable. Et c'est même plus que critiquable.

.

Lorsqu'un simple instituteur enseigne à ses élèves le phénomène des saisons au moyen d'une lampe et d'un globe terrestre incliné de façon adéquate, il fait de la vulgarisation à l'attention de gamins qui comprennent vite qu'il peuvent vérifier la chose dans la nature, en mesurant la variation de l'inclinaison des rayons solaires et celle de la durée d'ensoleillement pour vérifier un savoir acquis par simple vulgarisation.

Lorsqu'un simple instituteur enseigne le calcul de la circonférence terrestre par Ptolémée, il fait de la vulgarisation à l'attention de gamins aptes à reproduire le calcul au moyen de deux bâtons, de deux fils à plomb, de deux horloges et du peu de connaissance qu'ils auront acquis en trigonométrie des triangles rectangles, ce qui leur permettra de vérifier un savoir acquis par simple vulgarisation. (Les enfants chiliens se débrouillent le mieux à cet exercice à cause de la longueur de leur pays sur leur méridien, simple anecdote.)

C'est pareil dans tous les domaines, à savoir que rien n'oblige personne à prendre le moindre élément de vulgarisation de la science pour pain béni. C'est justement la force de la science : rien n'y est dogmatique, tout y contestable ou vérifiable.

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Re: La vulgarisation scientifique

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