La vulgarisation scientifique

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 3:21

hks a écrit: Ce n'est pas la distinction du non vivant et du vivant qui me frappe c'est leur connexion.
La solution de continuité.

Je peux parfaitement comprendre qu'on soit frappé par la solution de continuité du vivant au non vivant, si l'on est fasciné par les charmes exclusifs de la seule philosophie, mais comment veux-tu que cela frappe un matérialiste radical sur lequel s'exerce aussi la fascination et le charme de l'art et de la science ?


hks a écrit:Alors je dirais  que c'est commensurable à condition
1)  d'abandonner la distinction de nature entre le non vivant et le vivant.

2) de ne garder  la mécanique que pour  l'explication du dit "non -vivant"
en voyant bien qu'elle est une  explication utile mais qui réduit le vivant à du non vivant.

3) à condition de soupçonner que l'explication du non vivant  pourrait relever aussi  de la même explication "non mécaniste" du vivant.
oui je suis plutôt vitaliste ( pas mécaniste )

Je ne vois pour ma part aucun problème à passer de la physique à la biologie et de l'émergentisme au réductionnisme pour explorer, comprendre et expliquer tout ça.

Cela permet de :

1 )  considérer sans problème une distinction de nature en le non-vivant et le vivant.

2 )  d'utiliser tous les outils philosophiques, scientifiques et artistique pour expliquer autant le vivant que le non-vivant

3 )  voir qu'il n'y a justement rien à soupçonner dans le cadre élargi d'une considération simultanément artistique, scientifique et philosophique autant du non-vivant que du vivant. Il s'agit (en tout cas de mon point de vue) de bien faire attention à ce qui mérite d'être sélectionne dans chacun de ces trois domaines de la (ma) très sainte trinité ...

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 3:33

hks a écrit:
Karl Popper a écrit:On peut voir que et pourquoi Spinoza dot être un pan psychiste : la pensée est un attribut et un aspect de la substance unique; aussi il y a t-il des aspects mentaux partout, parallèles à tous les  aspects matériels .

cité par Renée Bouveresse:  Spinoza et Leibniz : l'idée d'animisme universel

Popper a été assez intelligent, assez fin, assez honnête pour avoir bien fait attention à moduler avec le temps ses pensées et ses dires en fonction de ses raisons ou de ses torts.

Il serait intéressant de voir de près ce que remarque Bouveresse au regard du pan psychisme de Spinoza, par exemple.

Popper a-t-il parlé de pan psychisme en question à l'époque où il considérait le darwinisme comme une métaphysique pure, ou après qu'il ait admis qu'il avait tort sur ce point et que le darwinisme était bien une science, par exemple ? Le lien a l'air innocent, mais je pense qu'il ne l'est justement pas.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 3:40

hks a écrit:
Victor a écrit:La philosophie, ce n'est pas la science.

Pour notre plus grande félicité. *Héhéhey* *Héhéhey*

Hé ! Ho ! Tu me cites hors contexte là ! Ho !

Je dis toujours en substance que si la philosophie n'est certes pas la science, il existe de solides passerelles entre ces deux domaines de la pensée et des actions.

Autrement dit, ta félicité n'est pas tout à fait la mienne, quoi ... :idea:

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Xilef le Dim 25 Oct 2015 - 6:08

A Ragnar II

Althusser disait que le matérialisme consiste à « ne plus se raconter d’histoires » et Nietzsche raconte encore pas mal d’histoires et même de fables.

« La philosophie, ce n’est pas la science », dites-vous.
Sans doute, encore que la science se soit longtemps appelée philosophie naturelle et que Newton ait intitulé son ouvrage scientifique majeur Philosophiae Naturalis Principia Mathematica.

Mais science et philosophie se rejoignent en ce sens que, toutes deux nuisent à la bêtise, pour reprendre le mot de Nietzsche (1)
Et qui, plus que Spinoza, a nui à la bêtise ?

(1) Nuire à la bêtise.
[Le caractère blâmable de l'égoïsme, cette croyance prêchée avec tant d'opiniâtreté et de conviction, a certainement nui à l'égoïsme] (au bénéfice des instincts de troupeau, comme je le répéterai mille fois!) surtout par le fait qu'elle lui a enlevé la bonne conscience, enseignant à chercher dans l'égoïsme la véritable source de tous les maux. « La recherche de ton propre intérêt est le malheur de ta vie » - voilà ce qui fut prêché pendant des milliers d'années : cela fit beaucoup de mal à l'égoïsme et lui prit beaucoup d'esprit, beaucoup de sérénité, beaucoup d'ingéniosité, beaucoup de beauté, il fut abêti, enlaidi, envenimé ! - L'Antiquité philosophique enseigna par contre une autre source principale du mal : depuis Socrate les penseurs ne se sont pas lassés de prêcher : « Votre étourderie et votre bêtise, la douceur de votre vie régulière, votre subordination à l'opinion du voisin, voilà les raisons qui vous empêchent si souvent d'arriver au bonheur, - nous autres penseurs nous sommes les plus heureux parce que nous sommes des penseurs. » Ne décidons pas ici si ce sermon contre la bêtise a de meilleures raisons en sa faveur que cet autre sermon contre l'égoïsme; une seule chose est certaine, c'est qu'il a enlevé à la bêtise sa bonne conscience : - ces philosophes ont nui à la bêtise
(Le Gai Savoir 328)

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Xilef le Dim 25 Oct 2015 - 6:26

A Ragnar II

Si vous ne voyez pas de dangers concrets, alors pourquoi critiquer et même parler d’« intrusion spiritualiste sournoise » ? Ce sont des paroles en l’air, sans importance.

Vous écrivez

« Cela dit, la radicalité de mon matérialisme est littéralement monstrueuse, j'en conviens volontiers. »

Dans le fil du précédent message, je vous laisse le soin d’apprécier par vous-même si cela relève de la bêtise.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 7:02

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« Ma sœur, mon frère, mes sœurs, mes frères, par-delà l'espace et le temps, vous qui m'êtes précieux et vous que j'aime tant, pour nous seuls fasse le hasard et la nécessité que je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles nuisent au max à l'insoutenable pesanteur de tous les poids de la bêtise ... »

Victor-Ragnar Digiorgi-Lothbrok

Tu vois, il n'est besoin de personne pour avoir le soin de se citer soi-même au regard de l'art et de la science de ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

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Interlude récréatif : (Le rire d'un de mes frères, Démocrite ...)



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Tu cherches un ennemi, mon p'tit vieux. La sagesse va longtemps se tenir loin ...

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Dim 25 Oct 2015 - 14:24

Victor a écrit:Popper a-t-il parlé de pan psychisme en question à l'époque où il considérait le darwinisme comme une métaphysique pure, ou après qu'il ait admis qu'il avait tort sur ce point et que le darwinisme était bien une science, par exemple ?


Tu ironises sur Popper alors qu'il émet un jugement assez commun sur Spinoza (sans prendre beaucoup de risque pour une fois).

que le darwinisme était bien une science
La question de savoir si c'est une science pour Popper fut une question popperienne.
Il ne s'est pas contredit en fonction de ce que les autres pensaient de la science (ce n'était pas son genre).

Va pour le darwinisme comme science ... donc réfutable.
A moins que tu ne penses le darwinisme sous le régime du filioque .

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Dim 25 Oct 2015 - 14:33

Victor a écrit:Cela dit, la radicalité de mon matérialisme est littéralement monstrueuse, j'en conviens volontiers.


bof ... je ne sais pas ce que c'est que la matière...
La radicalité je sais ce que c'est et elle peut m'émouvoir ... mais pas le matérialisme.( une philosophie comme une autre mais de celles qui me passent au dessus ... comme Hegel me passe au dessus, dans un autre genre).
J'aime bien Marx cela dit, mais son matérialisme me parait la partie faible. Polémique et mal argumenté.
Matière !!!... un jeu de mot,  une machine rhétorique anti hégelienne.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 14:53

hks a écrit:
Victor a écrit:Popper a-t-il parlé de pan psychisme en question à l'époque où il considérait le darwinisme comme une métaphysique pure, ou après qu'il ait admis qu'il avait tort sur ce point et que le darwinisme était bien une science, par exemple ?

Tu ironises sur Popper  alors qu'il émet un  jugement assez commun sur Spinoza (sans prendre beaucoup de risque pour une fois).

Ah non, je n'ironise pas. La question m'intéresserait, mais j'ai la flemme de l'approfondir.

hks a écrit:
que le darwinisme était bien une science
La question de savoir si c'est une science pour Popper fut une question popperienne.
Il ne s'est pas contredit en fonction de ce que les autres pensaient de la science (ce n'était pas son genre).
Va pour le darwinisme comme science ... donc réfutable.
A moins que tu ne penses  le darwinisme sous le régime du filioque .

Pour Popper, réfutable ne veut pas dire réfuté et ce n'est pas la science qui est réfutable du point de vue poppérien, mais les hypothèses scientifiques.

Le darwinisme était à une époque considéré comme irréfutable par Popper. De son point de vue, ce n'était donc pas une hypothèse scientifique, mais une métaphysique.

Plus tard, Popper a changé d'avis et a considéré le Darwinisme comme une science. De tête, je me souviens qu'il a réaménagé son concept de réfutabilité en conséquence. (J'ai là aussi la flemme de vérifier.)

Aujourd'hui, le darwinisme n'est plus considéré comme une hypothèse, mais comme un fait. Or un fait, c'est irréfutable, mais pas au sens poppérien du terme, puisque ça ne peut donner lieu qu'à l'application de protocoles de confirmation et d'aucun protocole d'infirmation.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 15:05

hks a écrit:
Victor a écrit:Cela dit, la radicalité de mon matérialisme est littéralement monstrueuse, j'en conviens volontiers.
bof ... je ne sais pas ce que c'est que la matière...
La radicalité je sais ce que c'est et elle peut m'émouvoir ... mais pas le matérialisme.( une philosophie comme une autre mais de celles qui me passent au dessus ... comme Hegel me passe au dessus, dans un autre genre).
J'aime bien Marx cela dit, mais son matérialisme me parait la partie faible. Polémique et mal argumenté.
Matière !!!... un jeu de mot,  une machine rhétorique anti hégelienne.

La matière, n'importe qui peut savoir ce que c'est sans grande explication. Il suffit de se pincer pour tout comprendre.

La matière, ce n'est pas celle, dialectique, de Marx, du point de vue de ma petite personne. C'est celle de Leucippe, Démocrite, Aristippe et Épicure, par exemple. Une telle matière est radicale, indiscutable, fondamentale, indestructible, éternelle, absolue, inépuisable, impérissable, intégrale, irrévocable ...

La nouvelle n'est cependant pas parvenue à toutes les oreilles.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Xilef le Dim 25 Oct 2015 - 15:17

Dans le cadre du sujet de ce forum, je signale un ouvrage, un peu ancien mais toujours d’actualité :
Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences – Editions Syllepse 2003
Ouvrage collectif publié par Jean Dubessy et Guillaume Lecointre (ce dernier a formulé les 4 piliers de la démarche scientifique cités précédemment).
Je cite le début de l’avant-propos de l’ouvrage.

« Ce livre est destiné à venir en aide au public qui s’intéresse aux sciences sans pour autant avoir bénéficié d’une formation scientifique approfondie ou d’une formation en épistémologie. Son objectif est une mise en garde contre les dérives spiritualistes contemporaines dans les sciences et particulièrement aux frontières des connaissances, là où la science manifeste ce qu’elle a de plus spécifique, dans sa démarche rationnelle et matérialiste de la découverte du monde réel, que ce soit en physique, en astrophysique, en géologie ou en biologie. […]
Ce livre est motivé par des faits. Aujourd’hui en France, certains chercheurs français du secteur public trahissent leur mission en adoptant des positions nettement spiritualistes dans l’exercice même de leur métier ou lorsqu’ils s’adressent au public dans des ouvrages de vulgarisation. Un certain nombre de chercheurs, bien médiatisés, descendants de fait de la pensée de Teilhard de Chardin mais payés par un Etat laïque, développent avec de l’argent public des programmes de recherche ouvertement téléologistes. Une organisation qui a pignon sur rue, l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), fédère tous les scientifiques antimatérialistes, et surtout anti-darwiniens, et organise tous les ans des congrès destinés à mettre au point une alliance entre science et spiritualité, financés par les fondamentalistes protestants américains et par certaines sociétés industrielles françaises, dont quelques-unes sont publiques. Ces organisations ont des relais dans la presse, y compris dans la presse de vulgarisation scientifique (La Recherche, Sciences et Avenir, Eurêka). »

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 15:26

Xilef a écrit:Dans le cadre du sujet de ce forum, je signale un ouvrage, un peu ancien mais toujours d’actualité :
Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences – Editions Syllepse 2003
Ouvrage collectif publié par Jean Dubessy et Guillaume Lecointre (ce dernier a formulé les 4 piliers de la démarche scientifique cités précédemment).
Je cite le début de l’avant-propos de l’ouvrage.

« Ce livre est destiné à venir en aide au public qui s’intéresse aux sciences sans pour autant avoir bénéficié d’une formation scientifique approfondie ou d’une formation en épistémologie. Son objectif est une mise en garde contre les dérives spiritualistes contemporaines dans les sciences et particulièrement aux frontières des connaissances, là où la science manifeste ce qu’elle a de plus spécifique, dans sa démarche rationnelle et matérialiste de la découverte du monde réel, que ce soit en physique, en astrophysique, en géologie ou en biologie. […]
Ce livre est motivé par des faits. Aujourd’hui en France, certains chercheurs français du secteur public trahissent leur mission en adoptant des positions nettement spiritualistes dans l’exercice même de leur métier ou lorsqu’ils s’adressent au public dans des ouvrages de vulgarisation. Un certain nombre de chercheurs, bien médiatisés, descendants de fait de la pensée de Teilhard de Chardin mais payés par un Etat laïque, développent avec de l’argent public des programmes de recherche ouvertement téléologistes. Une organisation qui a pignon sur rue, l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), fédère tous les scientifiques antimatérialistes, et surtout anti-darwiniens, et organise tous les ans des congrès destinés à mettre au point une alliance entre science et spiritualité, financés par les fondamentalistes protestants américains et par certaines sociétés industrielles françaises, dont quelques-unes sont publiques. Ces organisations ont des relais dans la presse, y compris dans la presse de vulgarisation scientifique (La Recherche, Sciences et Avenir, Eurêka). »

Voilà !

Très bien ! ...

(Je ne serais pas surpris d'apprendre que ton Atlan préféré ait publié dans ces revues)

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Xilef le Dim 25 Oct 2015 - 16:38

En marge de ce forum, je ferai part de quelques réflexions sur Spinoza et la science.
A la différence de Descartes, Spinoza n’a pas fait œuvre de science. Il s’est contenté de s’intéresser à l’optique dans le cadre de son métier de polisseur de lentilles et aux expériences de Boyle.
Sa « Petite Physique », intercalée entre les propositions 13 et 14 de la partie II de l’Ethique est des plus sommaires et n’est sans doute d’aucun secours pour un chercheur aujourd’hui.
Son utilité est ailleurs et peut nous faire mieux comprendre l’intérêt de Spinoza pour un scientifique contemporain.
La partie II de l’Ethique est consacrée à l’esprit (De Mente) et, en particulier à l’esprit humain. Mais, du fait que, selon Spinoza, l’esprit est l’idée du corps, pour étudier les propriétés de l’esprit, il est nécessaire d’étudier d’abord les propriétés de son objet, c’est-à-dire le corps, ce qu’il fait dans la Petite Physique qui se conclut par 6 postulats qui lui suffiront pour avancer dans l’étude de l’esprit.
Il y a donc, d’une certaine façon, obligation de passer par le corps pour connaître l’esprit.
On retrouve cette priorité heuristique du corps sur l’esprit en analysant la distinction corps-esprit selon Spinoza.
Il ne s’agit pas d’une distinction réelle : le corps et l’esprit, c’est la même chose considérée sous deux aspects (selon deux attributs) différents.
Ce n’est pas non plus une distinction conceptuelle (une simple distinction de raison).
C’est une distinction modale qui introduit une dissymétrie entre le corps et l’esprit. En effet, cette distinction pose avec évidence, du fait que l’esprit est l’idée du corps, que le corps peut être conçu sans l’esprit mais, à l’inverse que l’esprit ne peut l’être sans le corps.
Dit autrement, il est nécessaire de connaître adéquatement le corps pour connaître adéquatement l’esprit, la réciproque n’étant pas vraie.
Le chercheur en neurosciences n’a donc pas à se préoccuper de comprendre l’esprit mais seulement le corps (le cerveau) : c’est ce qu’on appellera le matérialisme méthodologique de la science considéré sous un angle spinoziste.
On retrouvera l’intérêt de Spinoza ailleurs : son monisme, ni matérialiste, ni idéaliste, résout les apories du matérialisme et de l’idéalisme philosophiques ainsi que du dualisme.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Xilef le Dim 25 Oct 2015 - 16:48

J’ajoute que le scolie de la proposition 7 de la partie II de l’Ethique confirme que l’étude scientifique du corps est totalement indépendante de considérations sur l’esprit. Je cite :

« […] tant que nous considérons les choses comme des modes du penser, nous devons expliquer l’ordre entier de la Nature, autrement dit l’enchaînement des causes, par le seul attribut de la Pensée ; mais en tant que nous considérons ces choses comme des modes de l’Etendue, l’ordre entier de la Nature doit être également expliqué par le seul attribut de l’Etendue, »

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  JP2popup le Dim 25 Oct 2015 - 17:05

hks a écrit: ...oui je suis plutôt vitaliste...

Pourrais-tu essayer, honorable Hks, de préciser cette notion de vitalisme qui m'échappe un peu.

Ça me fait inévitablement penser à la génération spontanée de mouches qui naissent sponte sua de crottin de cheval ou de bouse de moi oups de vache...

Evidemment, tu ne penses pas à cela, c'était juste pour un bon mauvais mot lol...

Mais vrai, blague à part, c'est une conception, le vitalisme, dont je ne comprends pas l'étendue ni la visée.

Qu'il y ait une force vitaliste à l'oeuvre dans l'univers, pourquoi pas?: la science n'a pas (encore ?) accès à ce type d'objet.

Mais si elle existe, cette force vitaliste, on peut en tout cas dater son application émergente sur notre terre: 3 milliards et des broutilles d'années.

Ensuite, la théorie évolutionniste décrit assez bien  les contours possibles de ce qui se passa.

On n'a pas plus besoin de cette force vitaliste pour décrire ensuite l'histoire millénaire du vivant après la supposée impulsion de cette force.

La biochimie organique, dans un cadre sélectif,  y suffit.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 17:15

Xilef a écrit:En marge de ce forum, je ferai part de quelques réflexions sur Spinoza et la science.
A la différence de Descartes, Spinoza n’a pas fait œuvre de science. Il s’est contenté de s’intéresser à l’optique dans le cadre de son métier de polisseur de lentilles et aux expériences de Boyle.
Sa « Petite Physique », intercalée entre les propositions 13 et 14 de la partie II de l’Ethique est des plus sommaires et n’est sans doute d’aucun secours pour un chercheur aujourd’hui.
Son utilité est ailleurs et peut nous faire mieux comprendre l’intérêt de Spinoza pour un scientifique contemporain.
La partie II de l’Ethique est consacrée à l’esprit (De Mente) et, en particulier à l’esprit humain. Mais, du fait que, selon Spinoza, l’esprit est l’idée du corps, pour étudier les propriétés de l’esprit, il est nécessaire d’étudier d’abord les propriétés de son objet, c’est-à-dire le corps, ce qu’il fait dans la Petite Physique qui se conclut par 6 postulats qui lui suffiront pour avancer dans l’étude de l’esprit.
Il y a donc, d’une certaine façon, obligation de passer par le corps pour connaître l’esprit.
On retrouve cette priorité heuristique du corps sur l’esprit en analysant la distinction corps-esprit selon Spinoza.
Il ne s’agit pas d’une distinction réelle : le corps et l’esprit, c’est la même chose considérée sous deux aspects (selon deux attributs) différents.
Ce n’est pas non plus une distinction conceptuelle (une simple distinction de raison).
C’est une distinction modale qui introduit une dissymétrie entre le corps et l’esprit. En effet, cette distinction pose avec évidence, du fait que l’esprit est l’idée du corps, que le corps peut être conçu sans l’esprit mais, à l’inverse que l’esprit ne peut l’être sans le corps.
Dit autrement, il est nécessaire de connaître adéquatement le corps pour connaître adéquatement l’esprit, la réciproque n’étant pas vraie.
Le chercheur en neurosciences n’a donc pas à se préoccuper de comprendre l’esprit mais seulement le corps (le cerveau) : c’est ce qu’on appellera le matérialisme méthodologique de la science considéré sous un angle spinoziste.
Tout ça serait parfait si ce n'était qu'il n'y a pas de raison pour que  l'esprit en tant qu'objet d'études soit exclus de l'ensemble des considérations du chercheur en neurosciences, qui peut parfaitement voir la chose comme une sensibilité à un fonctionnement du cerveau. Les neurosciences travaillent d'ailleurs de concert avec la psychologie, qui est justement une science de l'esprit, lorsqu'il est question d'explorer la psyché des autistes, schizophrènes, paranoïaques et autres patients traités au moyen de la psychanalyse non-freudienne, dans le cadre général de la psychiatrie.

Il faut cesser de penser que la philosophie est la seule à pouvoir explorer et expliquer l'essence et le devenir de l'humain.

Xilef a écrit:On retrouvera l’intérêt de Spinoza ailleurs : son monisme, ni matérialiste, ni idéaliste, résout les apories du matérialisme et de l’idéalisme philosophiques ainsi que du dualisme.
Le volet radicalement matérialiste de la philosophie n'a aucune raison d'encombrer l'esprit des matérialistes radicaux avec des apories de ce genre ...

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 17:29

Xilef a écrit:J’ajoute que le scolie de la proposition 7 de la partie II de l’Ethique confirme que l’étude scientifique du corps est totalement indépendante de considérations sur l’esprit. Je cite :

« […] tant que nous considérons les choses comme des modes du penser, nous devons expliquer l’ordre entier de la Nature, autrement dit l’enchaînement des causes, par le seul attribut de la Pensée ; mais en tant que nous considérons ces choses comme des modes de l’Etendue, l’ordre entier de la Nature doit être également expliqué par le seul attribut de l’Etendue, »

Je suis entièrement pour l'idée de donner un compte-rendu historique de la vie et de la pensée des grands philosophes, et c'est ce que tu fais et c'est très bien. Toutefois, un compte-rendu historique ne peut se poser en vérité que s'il correspond à une logique du monde actuel des pensées et des actions.

Il faut en conséquence cesser de s'imagniner que la philosophie est la seule à pouvoir explorer et expliquer l'essence et le devenir du monde en général et de l'humain en particulier.

Aujourd'hui, l'ordre entier de la nature peut être exploré par bien d'autres choses que l'étendue spinozienne. Il y a quand même l'art ! Il y quand même la science ! Et il y a quand même le volet exclusivement et radicalement matérialiste de la philosophie, qui pose l'étendue comme exclusivement matérielle en tant que cause de tous les effets possibles et imaginables, effets dans lesquels l'étendue spinozienne n'aura d'ailleurs jamais aucun problème à prospérer comme elle voudra ...

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Dim 25 Oct 2015 - 18:46

VIctor a écrit:Pourrais-tu essayer, honorable Hks, de préciser cette notion de vitalisme qui m'échappe un peu.
(correction  Lundi 11h: désolé d' avoir attribué à Victor cette question , elle émanait de
Jp2popup)


ah mais non je suis bien trop paresseux... c'est une longue histoire
Hugo a écrit:Ces choses-là sont rudes. - Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.
... et tu en as fait d'autres  :)

Deleuze a écrit:«Dans tous mes livres, déclarait-il en 1988, j’ai cherché la nature de l’événement», «Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère, et constituait une théorie des signes et de l’événement»[

mais un certain absent de ce forum défendait Deleuze mieux que je ne le ferai.

(ajout de Lundi 11h) Le vitalisme c'est un peu difficile  d' expliquer en deux mots . 😢


Dernière édition par hks le Lun 26 Oct 2015 - 11:10, édité 1 fois

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Hks le Dim 25 Oct 2015 - 19:07

Victor a écrit:Pour Popper, réfutable ne veut pas dire réfuté et ce n'est pas la science qui est réfutable du point de vue poppérien, mais les hypothèses scientifiques.
Le darwinisme était à une époque considéré comme irréfutable par Popper. De son point de vue, ce n'était donc pas une hypothèse scientifique, mais une métaphysique.
oui il n'a cessé de réaménager mais toujours dans le même sens.(perso je ne suis pas trop d'accord avec lui mais bref)

Si le darwinisme c'est que la sélection naturelle sélectionne naturellement ... oui ça c'est un fait (et en logique une tautologie ).
......................
Quant à la téléologie. (l'éternel sujet chéri des discordes sanglantes... avec le libre arbitre  :sleep: )
humm Nietzsche que tu aimes bien admet une finalité de l'organisme individué (notes sur Démocrite)...

bon après ...je ne trouve guère les partisans de cette université parallèle ni plus ni moins dangereux que ses adversaires.
Le danger il est dans les excessifs, les radicaux.
Une  once de scepticisme montaignien  serait bienvenue.. sinon c'est le cirque (romain)

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Ragnar II le Dim 25 Oct 2015 - 21:34

hks a écrit:Si le darwinisme c'est que la sélection naturelle sélectionne naturellement ... oui ça c'est un fait (et en logique une tautologie ).

Le darwinisme, ce n'est pas compliqué, mais ça l'est quand même un peu plus que ça. Le darwinisme, c'est l'adhésion à une explication naturaliste du vivant posant une évolution naturelle permettant des mutations d'individus se traduisant par des séparations d'espèces.

hks a écrit:Quant à la téléologie. (l'éternel sujet chéri des discordes sanglantes... avec le libre arbitre  :sleep: )
humm Nietzsche que tu aimes bien admet une finalité de l'organisme individué (notes sur Démocrite)...

Il y a en effet dans le darwinisme une téléologie ponctuelle, ou individuée, qui donne raison à Nietzsche disant que les caractères de l'âme s'héritent des parents. En gros, les lapins donnent des lapins et les poireaux donnent des poireaux. Ce n'est qu'en portant le regard sur les millions et les milliards d'années que peut nous apparaître l'absence de téléologie, de projet, de finalité, dans le déploiement de l'être et du devenir du monde. Et vus sous cet angle, à la longue, les lapins peuvent donner des léopards et les poireaux peuvent donner des radis sans que rien ni personne ne puisse jamais dire à l'avance si de telles choses vont ou ne vont pas se réaliser.

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Re: La vulgarisation scientifique

Message  Xilef le Dim 25 Oct 2015 - 22:42

A hks

Dans « Enquêtes sur les créationnismes » – Belin 2013, Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau expliquent que les créationnismes rejettent plus ou moins totalement la théorie de l’évolution des espèces proposée en 1859 par Charles Darwin.
Ces créationnismes sont divers, depuis le créationnisme littéraliste apparu à la fin du XIX° siècle jusqu’au mouvement du « dessein intelligent » (Intelligent Design) qui émerge au début des années 1990.
Mais tous partagent un socle commun que Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau définissent comme suit :

« Toutes les doctrines créationnistes – qui émanent de conceptions religieuses – reposent sur quatre présupposés :

- le monde a été conçu par une intelligence surnaturelle visionnaire (pour les religions monothéistes, il s’agit de Dieu) ;

- l’esprit est une réalité distincte de la matière (spiritualisme) ;

- l’être humain est intrinsèquement différent de l’ensemble des êtres vivants, ce qui lui confère un statut spécial dans la Création (anthropocentrisme)

- tout processus historique lié au monde physique et au monde vivant est nécessairement dirigé ou a une direction prédéterminée (finalisme – qui veut expliquer un processus par son résultat final. Cela sous-entend l’idée d’un projet qui aurait été établi a priori, autrement dit, un dessein.). » (op. cit. p. 22)

Il est remarquable de constater que Spinoza s’oppose, point par point, à ces présupposés (transcendance, spiritualisme, anthropocentrisme, finalisme).
Ce qui illustre la proximité de la démarche de Spinoza avec la démarche scientifique.

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Re: La vulgarisation scientifique

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