Qu'est-ce que croire ?

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Hks le Sam 14 Nov 2015 - 23:28

PS: Je suis sur un forum de philosophie.
Que par ailleurs je sois artiste, je ne tiens pas à en parler.
En parler autrement que bavardages sur les goûts et les couleurs  (et je ne parle pas de produits créés ce dont il est exclu que je fasse monstration) ...
il faudrait parler esthétique.
Or je refuse de parler de philosophie esthétique.

Je ne suis pas ici pour faire entendre ma musique, faire lire mes poèmes ou mes romans (à supposer que je pratique )
ou montrer mes oeuvres de plasticien (à supposer que je le sois) ... et c'est tout ce qu'un artiste peut faire.
Il y a des lieux appropriés.
Et même sur le web (facebook par exemple).

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Ragnar II le Dim 15 Nov 2015 - 1:40

.

Je suis moi aussi sur un forum de philosophie, mais ce forum me permet d'appliquer une méthode consistant à trier ce qui en philosophie est détraqué pour en conserver ce qui ne l'est pas, sous réserve d'en discuter, c'est tout. Et c'est simple.

La méthode consistant à oublier le monde lorsqu'on philosophe, c'est peut-être la tienne, mais ce n'est pas la mienne.

Ma méthode, c'est celle qui, partant du volet matérialiste de la philosophie, me permet de considérer que l'art, la science et la philosophie peuvent très bien faire bon ménage pour le plus grand bien de la matérialité de ma carcasse bien aimée. Car ma philosophie est pragmatiste et utilitariste.

Je ne pense pas pour penser. Je pense pour me faire du bien physiquement ...

Cela dit, si tu parles de Pascal en ne choisissant que le côté penseur du bonhomme, tu risques de ne t'attacher qu'à ce que je répète ici en effet comme un mantra, à savoir à la pensée se pensant elle-même en tant que grande raison de la philosophie philosophante.

Or, Pascal, c'est plus que ça. Ce n'est pas que de la pensée. C'est aussi de l'art d'écrire. C'est aussi de la science mécanique et atmosphérique.

Et lorsque Pascal dit dans ses fameuses pensées que « se moquer de la philosophie, c'est encore philosopher », non seulement je suis d'accord avec lui, mais je me moque en plus de la philosophie philosophante des socrates fonctionnaires dont tu me sembles représenter un prototype parfait, et si je me moque de tout ça, je donne raison à Pascal disant que se moquer de tout ça, c'est encore faire de la philosophie.

En citant Pascal, tu ne savais sans doute pas sur quel os tu allais tomber.

Pascal, ce n'est pas que du vertige des espaces infinis (ni que de la couture de soutane), mon p'tit vieux ...

.


Dernière édition par Ragnar II le Dim 15 Nov 2015 - 1:44, édité 1 fois (Raison : ÉCOUTE, YAHVÉ, TU M'EMMERDES ! TU RESTES DANS TON COIN À NE RIEN FOUTRE DE LA JOURNÉE PENDANT QUE TA PAUVRE CRÉATURE S'ACHARNE À ÉCRIRE DANS UN FRANÇAIS IMMACULÉ DE FAUTES, ALORS INTERVIENT SINON, JE TE JURE : JE ME FAIS GREFFER UN PRÉPUCE TOUT NEUF)

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Hks le Dim 15 Nov 2015 - 13:39

pour le plus grand bien de la matérialité de ma carcasse bien aimée.
Et alors. Qui en a à cirer de ta carcasse bien aimée?
Tu t'exhibes.

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Ragnar II le Dim 15 Nov 2015 - 13:53

.

Oui, et alors ?

.

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Hks le Dim 15 Nov 2015 - 14:32

et alors ?
et bien quand c'est plié depuis  longtemps,
on a tout vu.
en d'autres termes :"circulez y a rien à voir".

Pas de secret pas de mystère tout est révélé au début.
Le genre de roman qui n'intéresse personne.

Je te le dis aimablement, si tu veux intéresser, il faut une part de mystère.
C'est certes risquer d'être compris de travers, mais c'est un choix.

Qu'est- ce qui mobilise un interlocuteur ?
C'est  l'échappée de l'autre.
Une fois saisi, compris, digéré, il ne nous intéresse plus.

Ce n'est pas une question de savoir qui a pissé le plus loin ( élégance de la métaphore  *Clown* ) tant qu'on ne sait pas vraiment jusqu'où autrui peut pisser.

Qu'est- ce qui intéresse?
Et qui pour le dire simplement, nous fait sortir d'une douce quiétude silencieuse ?
C'est: que va -t-il bien pouvoir encore me sortir celui là ?
et plus grave: est-ce que véritablement je l'intéresse ?

Tant que tu es dans une posture de prédateur, ça fonctionne comme ça avec la proie.
Elle te balade.

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Ragnar II le Dim 15 Nov 2015 - 15:09

.

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de détraqué ? En quoi, pourquoi, comment voir ou imaginer un prédateur dans un simple interlocuteur qui n'a que le défaut ou le mérite de ne pas être d'accord ?

Et qui as dit par ailleurs qu'il fallait être intéressant ? D'où sort-il, ce conseil ?

.

Je me contente de lancer des bouteilles à la mer des discussions que je déclenche ou qui m'intéressent. Si personne n'est intéressé par mon propos, ça m'en touche une sans me faire bouger l'autre. Et si quelqu'un s'y intéresse, toi, l'autre ou même Tartanpion en personne, alors j'entames et poursuis la discussion. C'est simple. C'est tout.

.

Par ailleurs, ma philosophie, ou plutôt celle que j'aime, elle est fondamentalement, radicalement, exclusivement matérialiste, et elle englobe en conséquence et sans problème l'art et la science, au nom de l'Art, de la Science et de la Philosophie, comme je le dis souvent à ceux qui s'imaginent que la pensée doit absolument se cantonner aux seules pensées écrites et consignées dans des livres d'une bibliophilie de cavernes platoniciennes ou aristotéliciennes, adjectifs que je me permets d'employer pour le coup, cette fois-ci, en vue d'indiquer que hors des livres et des bibliothèques de la philosophie officielle, il existe une pensée de la vie encore plus philosophiquement valable que celles des fonctionnaires appointés par l'État.

Qu'est-ce que tu opposes, toi, à ça, sinon la philosophie philosophante des mandarins auto-proclamés ne voulant rien savoir du monde, mais tout des livres, exclusivement, c'est-à-dire des livres où l'intelligence est certainement et souvent présente, mais où cette intelligence peut tout aussi certainement côtoyer la stupidité et l'idiotie de la façon la plus obscène ?

.

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Anormal le Lun 16 Nov 2015 - 8:28



Ragnar II,

il y a quelque chose de contradictoire à dire qu'on jette une bouteille à la mer mais qu'on se fiche de savoir s'il y aura un retour ou non.

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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Princeps le Lun 16 Nov 2015 - 10:06

Modération : Ce sujet n'est pas le lieu d'aisance des querelles entre membre. Aussi, chamaillez-vous et aimez-vous par messagerie privée ;). Il existe déjà plusieurs sujets sur lesquels vous pouvez intervenir pour défendre vos approches de la philosophie.
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Qu'est-ce que croire ? (returns)

Message  Invité le Sam 7 Mai 2016 - 1:39

Dommage que cette discussion ait tourné à l'eau de boudin, par trop d'évidencialismes, à tous les niveaux ...

Qu'est-ce que croire ?

J'avais déjà répondu différemment à cela par ailleurs, et peut-être ailleurs encore si ma mémoire est bonne.

Mais d'abord, c'est toujours pareil, on demande qu'est-ce que ceci ou cela, et cette tournure demande quoi, être, cela qui vient en complément. Alors, il faut un quoi, instigué par le langage-même, qui fait l'objet qu'il désigne, quand bien même se référant à une réalité plus et moins partagée. Il faut un être, ensuite, en tant qu'être, essentiellement ou ontologiquement. Enfin, le cela renvoie au quoi qui serait être ...

Ainsi, le croire a son espèce de réalité, indéniablement, serait-ce parce qu'on en parle ... mais nous en parlons, et cette réalité est plus et moins ineffable ou poreuse ou à-géométrie-variable, selon les intervenants ... c'est drôle, d'ailleurs, comme l'on se focalisa immédiatement sur le religieux, sans même définir la religion (les chercheurs s'y adonnent encore ... ). Au reste, je trouve que la meilleure réponse qui fut faite consista à dire qu'il s'agit avant tout de faire confiance, d'accorder sa confiance, soit prêter foi, voire au-delà tenir pour vrai. Or, la vérité, d'une manière ou d'une autre, est ce qui nous aide à vivre ... dans la confiance, l'assurance, la rassurance, la sécurité, la certitude, la conviction, la (l'auto)persuasion ...

Persuasion, qui a étymologiquement trait au croire, puisque dans les deux cas c'est le cœur qui est symboliquement convoqué : il s'agit d'être acquis à quelque chose - notre croyance ... Mot de croyance, qui est construit sur la base de croyant, lui-même participe présent de croire ... Donc, le croyant, c'est d'abord celui qui est en train de croire, et la croyance, c'est le processus par lequel on est en train de croire, abstraction faite du contenu (à se dire, avec Clément Rosset, que ce processus importe plus que son contenu ... ). Pas étonnant, que le cœur soit symboliquement convoqué, puisqu'il origine étymologiquement le courage aussi. Or, du courage, il en faut, pour être fidèle au contenu de sa croyance (latin fides, foi, fiance, confiance) soit donc croire.

Toutes ces définitions et étymologies, depuis le début, nous renvoient toutes à l'instigation de la créance, située au cœur. Mais nous sommes d'accord pour dire que ce cœur, il est symbolique ; mais que, symboliquement, il renvoie à un noyau, un centre, une source, un instinct, un aiguillon (qui donne instiguer, soit "instincter", piquer, où l'on se pique de croire, on ne sait trop pourquoi ni comment, selon les croyances) - aiguillon instiguant la croyance, abstraction faite des contenus de croyances.

Dans un sens, nous ne sommes pas avancés. Dans l'autre, nous avons élagué le problème, en en trouvant le dénominateur commun - mais on me dira que, ces derniers temps, j'en reviens souvent à cet instiguer ... Reste que je ne vois pas bien autre chose, cela qui instigue et fait advenir. Il s'agit peut-être de ma philosophie, l'instinctivisme ... ou l'instigationnisme ...Reste que savoir ce qu'est croire, reviendrait pour moi à savoir ce qui instigue la croyance.

Dans le topic verrouillé qui origine ce nouveau topic, il a été fait référence au sens, où l'on se demandait si c'est la foi qui produit le sens ou le sens la foi, etc. Mais permettez-moi de clarifier un peu : on peut avoir un sens, sans avoir de but, et un but sans sens. C'est paradoxal, en effet. Néanmoins, la boussole n'a pas de but : elle n'en indique pas moins un sens. De plus, beaucoup de gens se proposent des buts, cela ne signifie pas qu'ils en prendront le sens ; par exemple, les fameuses bonnes résolutions du nouvel an demeurant irrésolues ad vitam aeternam ...

De sorte qu'une croyance, même sans but, peut produire du sens, ou qu'une croyance, même avec but, peut n'en pas produire - de sens. Or le sens, c'est quoi ? ... C'est tout à la fois la perception, la signification, et la direction. Qu'une croyance produise du sens, et elle vous donnera at least une façon d'envisager les choses, de les percevoir. Pour cela, naturellement, elle leur prêtera des significations, mais cela ne fait pas encore un but, une direction. Par exemple, que le monothéiste croie la monde destiné au Jugement & à l'Apocalypse, cela ne lui donne pas encore de sens propre, mais cela fait signifier le monde, dans sa perception, et occasionne un comportement prescriptif idoine, afin de compter parmi les Justes. Ce qui est un but, une direction. Et pourtant, qui ne se traduit jamais qu'au présent, au jour le jour, sans finalité existentielle concrète, sinon le sentiment d'être dans la justice divine - tautologisme ... Évidemment, n'importe quel irréligieux peut faire pareil, qui se proposera des valeurs. Avoir des valeurs, ou se donner une imagerie du monde (purement scientifique, par exemple, pour autant que le purisme soit ici possible sans fanatisme, ainsi que les religions ... ), c'est tautologique, quand bien même on croirait que tout finirait entropiquement en Big Crunch, et qu'une valeur de probité nous anime à nous comporter probement - tautologiquement toujours.
Pour le monothéiste, j'estime que le but sera d'éduquer ses enfants dans l’œcuménisme, et de convertir son monde prosélytement. Pour ledit irréligieux, j'estime que le but sera d'éduquer ses enfants dans la science, et de convaincre son monde propagandement. Dans les deux cas, la démarche est idéologique, et ce n'est pas grave. Il faut bien idéologiser, pour atteindre le but que l'on se propose : même le projet d'entreprise en procède, ou éducatif de tel organisme, ou national - mémétiquement ...

Mais nous voilà donc à l'éthique pratiquée et au sens du courage. Où l'on voit bien que la métaphysique que l'on se donne, a des répercussions concrètes.

Et, puisque ça discuta beaucoup au sujet de l'existence ou de l'inexistence des divinitudes & autres sacrures, il est une posture comportementaliste (behaviorist) n'entrant pas dans "la boîte noire" de nos pensées, qui pose que, puisque conséquentiellement ces divinitudes & sacrures impactent réellement, à travers ses manifestations personnelles, groupales, institutionnelles, culturelles, épistémiques, etc. l'objet des croyances existe.

Ceci étant, les comportementalistes n'émettent pas de jugement substantiel sur la nature de cet objet - surnaturalité ou crédulité, par exemple, - quand bien même ils vont en affirmer l'existence, dans une logique conséquentialiste, probabiliste ou, au moins, plausibiliste. Ce que Nietzsche avait bien vu : dire que Dieu est mort, c'est dire qu'il a vécu - peu importe sa nature. De même, faire dire à Zarathoustra qu'il est un impie, c'est le situer négativement par rapport à une piété existante.

Voilà voilà.


Dernière édition par Malcolm S. Cooper le Sam 7 Mai 2016 - 17:18, édité 1 fois
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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Invité le Sam 7 Mai 2016 - 13:43

L'instigation du croire, c'est (nietzschéennement) la vie-même, de même que la phénoménologie de Husserl pose qu'il faut bien croire au monde, pour commencer. Or le monde, c'est le mundus latin, soit ce qui est arrangé, net, pur. Agencé, nettoyé et épuré par quoi, ou qui ? ... Bah le pensant cultivant la chose, soit tout le monde et personne, l'homo sapiens, l'homme sachant, l'homme sapiental, la sapience ... et c'est drôle alors, comme la sagesse subvient initialement à notre existence, avant que d'être un objet philosophique final, un objectif de penseur - philosophique, sophopraxe ou religent ...

Croire au monde, c'est à la fois faire confiance/prêter foi/être acquis à son expérience - comment ferions-nous autrement, sinon à sombrer dans le scepticisme le plus débile ? - quitte à s'en défier parfois, afin d'évidencialité scientifique ramifiant et subtilisant les évidences sensorielles-rationnelles (corporelles), ainsi que d'inévidencialités philosophiques réfléchissant et complexifiant le réel. Il y a là un phénoménisme nécessaire, à moins de supputer un réalisme métaphysique indépendant de nous, nous renvoyant au moins à la scolastique - pourquoi pas, j'ai envie de dire : nous pouvons tout aussi bien déduire ce réalisme-là de notre expérience, philosophiquement (autre espèce d'évidencialisme).

Mais, au-delà, quand on dit croire - et comme le rappelait un autre intervenant - on dit aussi ne pas savoir, où le savoir - contrairement au croire précédent, qui le fondait, - contrevient au croire, et nombre d'intervenants dirent que cela fondait l'opposition entre opinion et connaissance.

L'opinion, elle provient de celui qui opine, celui qui dit sommairement oui d'un évidencialisme commun, éventuellement pris d'une idéologie par laquelle il pensera se détacher de l'opinion, alors qu'il ne fera que contre-opiner, apparemment.
Celui qui (contre-)opine ou connaît, dans cette acception fort platonicienne au plan du concept-design, il doit donc bien croire au monde, quand bien même il ne se pose évidenciellement pas cette question - cela ne fait pas pour lui questionnement, il n'a rien à y quêter, parce qu'il se trouve nolontairement & insensiblement intramondial, cosmodynamique, au plan du vécu (où le cosmos désigne aussi l'agencement du mundus, encontre la notion de chaos ou de hasard originaire-instigateur).

Mais donc, la connaissance s'oppose à l'opinion, d'abord parce qu'elle est (re)naissance à soi, à travers la recherche gnoséologique, sorte de gnoséodynamisme existentiel. Dans cette procession, le connaisseur se détache ingénieusement, voire ingénieriquement au plan conception-dessein, du commun des mortel opinant.
Or, ce commun des mortels opinant, il opine au bon sens commun, par lequel il peut bien processuer expérienciellement & existentiellement, raison pour laquelle il n'entra pas ou peu dans la gnoséologie de "l'épars des mortels" connaissant. Le commun des mortels opinant, il a un métier (médiéval pour nécessité), et il s'inscrit donc dans ce métier-nécessité. Métier d'Homme, certes, parce que métier de cohabitant un monde (au sens d'Arendt) dans lequel il doit régulièrement travailler pour survivre, et éventuellement agir noblement (toujours selon Arendt). Mais on voit ainsi que sa vita activa a de la valeur (arendtienne), raison pour laquelle il peut avec quelque droit, s'effaroucher de ce que l'épars des mortels connaissant accuse ses opinions pourtant mestièrement suffisantes, donc vitalement suffisantes (type d'illusion nietzschéenne, soit de façon d'être de la partie existentielle).
Et donc, l'épars des mortels connaissant, il accuse le commun des mortels opinant, de se suffire de l'illusion mestière. Cet épars des mortels connaissant, il aspire - quand il platonise - à la vita contemplativa comme s'il s'agissait de la vie désillusionnée, de la seule vie réelle, de la seule vérité vraie. On peut certes y voir une autre espèce d'illusion nietzschéenne, autre façon d'être de la partie ; en tout état de cause, ces platonisants fondent leur posture sur un jugement de valeur épistémocratique (aristocratie de la connaissance), voire - platoniciens - sur un jugement de valeur gnoséologique quant à l'éthicité de la connaissance-même, qui est idéelle (forme de concept-design, donc, d'esthétique philosophique). (Où l'on voit que Nietzsche est platonisant sans être platonicien, d'ailleurs, lui qui reconnaissait la valeur grecque-antique de Platon, ainsi que faisant de sa philosophie un platonisme inversé, texto).

Quiconque déjuge le métier/la vita activa, est platonisant, sans forcément être platonicien pourtant : raison pour laquelle on trouve que l'Histoire de la philosophie est dominée par un ultra-platonisme. Ultra-platonisme qui, comme on peut penser, est tout à la fois une autre illusion (inexorables illusions ... ) et à tout le moins une prédilection pour la paratopie de la vita contemplativa qui conceptualise-dessine le réel, ingénieusement.

Mais bon.

Il me semble que la dialectique opinion-connaissance, croire-savoir, etc. est prise dans des récursivités sans nom, inextricablement. Pour moi, demeurent donc des fictions > des factions > des faits plus et moins réalistes ou fantaisistes - que je suis bien obligé d'instiguer comme faits en y croyant expérienciellement, afin d'avancer - ainsi que tout le monde, me semble-t-il. "Métaphysique de la chose sans soi" nécessaire a minima, pour vivre, pour mestier, pour philosopher.

Et pourtant, je parle comme si je détenais la réalité métaphysique ... mais c'est perspectif.


Dernière édition par Malcolm S. Cooper le Sam 7 Mai 2016 - 17:25, édité 2 fois
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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Invité le Sam 7 Mai 2016 - 13:51

Enfin, par exemple, vous n'avez pas encore vu votre PC s'envoler tout seul ... le savez-vous, ou le croyez-vous ? Question un peu démente, on en conviendra. Nous pourrions donc savoir des choses, d'expérience accoutumée, à la David Hume, qui me semble indépassable sur ce point.

A partir de quoi, Dieu existe-t-il ? ... Nous sommes accoutumés à son idéalité, son affectivité, sa religiosité et autres manifestations humaines. Où l'on retrouve les comportementalistes. Mais d'abord, les conséquentialistes : si quelque chose d'improuvable et absolument inévidenciel a ses réalités idéelle, affective, religieuse - et tout ce que l'on voudra, en passant par la démentialité - cela existe à sa façon, peu importe foncièrement laquelle, et l'anti-inévidencialiste combat donc d'abord et avant tout des effets accoutumés, donc des personnes dans leur accoutumance - un peu comme on chercherait à désintoxiquer un tabagiste, défromager un Français, démonétiser un système bancaire, décourager un berserker, etc. en un claquement de doigts ou avec un bon mot. C'est ridicule.

La persévérance dans une croyance pararéaliste, elle signale ou bien une croyance radicale, ou bien une paranoïa fondamentale, cœur radical-fondamental où de toutes façons - elles finissent par se confondre fanatiquement, sanctuarisant leur posture. Le reste des croyances, en tant qu'il est réaliste, a son pragmatisme : les USA le savent bien, qui conjoignirent protestantisme et capitalisme, WASPiennement d'abord ...


Dernière édition par Malcolm S. Cooper le Sam 7 Mai 2016 - 17:28, édité 1 fois
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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Invité le Sam 7 Mai 2016 - 15:14

Il y a un point que je n'ai pas abordé.
Dans le post initial, je dis que le mot croire désigne une réalité partagée, pour quoi on en parle et lui trouve un être.
Mais c'est un positionnement à la croisée des réalisme & nominalisme linguistiques (le mot est la chose qui existe en soi - principe d'identité, le mot signale une chose par soi - principe d'identification).
D'un point de vue strictement réaliste, pas de problème, et nous pensons le croire.
Mais, d'un point de vue strictement nominaliste, le croire désigne un complexe de sensations éparses auxquelles on l'identifie, créant ainsi la chose croire par soi, dans un en-soi second.
Pour autant, cet en-soi est langagièrement artificel.
Non seulement désigne-t-il un complexe sensationnel (cf. Lev Vygotski, Pensée et langage) mais en sus est-il bel et bien confus (cf. la linguistique non-conceptualiste mais associationniste d'Eleanor Rosch).
C'est tout le problème - dit simplement - des connotations, par rapport aux dénotations.
Donc, non seulement trouvons-nous au croire une unité artificielle, mais en sus le complexe désigné forme-t-il une unité arbitraire, par laquelle, aussi bien, ou bien il n'y a pas de croire du tout (ni en soi, ni par soi) - ce qui participe d'une critique plus générale du langage, et le langage n'est pas absolument véritaire, mais pragmatiquement utilitaire - ou bien le croire est-il - dans ce pragmatisme utilitaire - une sorte d'invention.
Par exemple, le fait que le petit enfant apprenne spontanément les mots et leur grammaire, dont le mot croire, occasionnerait l'invention ontogénétique (au plan des sensations) d'un complexe permettant de donner une teneur au croire. C'est d'ailleurs dans cet associationnisme sensualiste, impressions humiennes toujours (David Hume, indépassable à mon sens, de ce point de vue, donc), que les définitions que l'on donne suscitet ledit complexe sensationnel.
Si un petit enfant ne comprend pas ce que signifie croire, nous lui transmettrons des données du type c'est le contraire de savoir, ce n'est pas la réalité, c'est une supposition, c'est deviner, etc. de sorte que sur la base des autres mots & complexes idoines, il forme le complexe inhérent au croire, en espérant - et en observant relativement bien - qu'une communauté linguistique donnée en partage socioculturellement la complexion per-individuelle (procédant des individus-membres).
Aussi bien, un sens des réalités idiomatique est-il ainsi créé, par lequel un groupement géohistorique humain vit sur la base de préjugés linguistiques quasi-inattaquables (l'idiome, donc, toute cette part d'intraduisible, d'une langue l'autre, sans compter que les mots, pris dans une existence sociolinguistique culturelle, s'enrichissent encore de connotations afférentes à l'expérience de ladite communauté - de sorte que croire, bleiben et believe ne soient pas vécus de la même manière par leurs natifs). Le régime existential diffère.

Mais donc - et certes cela est-il valable de tout mot - le croire & ses problématiques constituent-ils une problématique spécifique, notamment à l'Occident. D'où, par exemple, les difficultés qu'il y a à exporter le concept d'Histoire en Inde, qui se contrefout de la linéarité - anthropologie culturelle à la rescousse. Anthropologie, qui pourrait n'être pas pertinente elle-même dans un autre ensemble culturel (encore que sa participativité observationnelle l'engage à se réformer sans cesse, positivement).
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Re: Qu'est-ce que croire ?

Message  Invité le Mar 7 Juin 2016 - 0:29

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Re: Qu'est-ce que croire ?

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