Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

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Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Invité le Dim 1 Nov 2015 - 12:36

Bonjour, pour mon deuxième post ici, je souhaiterais vous faire part d'un entraînement maison non noté que je dois rendre la semaine prochaine à mon professeur de philosophie, de terminale S. J'aimerais toutefois améliorer mon devoir, en travaillant à nouveau, avec vos nouveaux points de vue, afin de construire ma réflexion sur d'autres éléments, où encore travailler de nouveau ma méthodologie. Je n'ai pas encore fait d'introduction, je suis ouvert à toute proposition, mais je veux me renseigner sur les critères strictes avant de la mettre en place. Merci beaucoup pour toute réflexion portée à ce sujet, nouvelles pistes, améliorations ( sûrement d'ailleurs ) c'est mon premier travail à effectuer à la maison, alors je souhaite faire celà bien, afin de progresser. Toutes vos réponses seront prises en considérations.

Cordialement,


Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?



Problématique reformulée:
Le doute n'est-il pas le produit d'une incapacité de l'esprit à utiliser son environnement afin de trancher sur une décision?



Tel que la problématique l'indique, il est possible d'affirmer que le doute serait le résultat d'une impuissance du jugement. En effet, le doute, c'est le confrontement de deux thèses opposées, ne pouvant pas êtres légitimes toutes les deux en même temps. L'incapacité de l'esprit à pouvoir analyser cette situation afin d'en tirer une vision objective, est l'incapacité à discerner si les deux thèses se trouvent être légitimes, fondées où non.
Le jugement, lui est une réflexion personnelle, chaque individu possède son propre jugement, soit un accordement des éléments environnants afin d'en tirer une science.
Lorsque l'individu se trouve dans un milieu lui offrant toutes les possibilités afin d'apporter un jugement sur l'une des deux thèses, et qu'il ne réussit pas à accorder ces éléments présents, alors il en résulte l'individu ne possède pas une puissance de jugement assez importante afin d'utiliser le monde extérieur pour arriver à es fins. L'incapacité du jugement, c'est l'accordement des éléments de réponse du milieu extérieur qui ne peut pas être perçu où compris par l'esprit.
Cependant, le jugement est une réflexion personnelle visant à répondre à une problématique, cependant la réflexion personnelle s'appuie sur les expériences de la personne. Mais alors dans le même cas, il serait possible qu'une autre personne ne tirant pas son savoir des mêmes expériences n'obtiendrai pas le même jugement. Les deux personnes mettant alors en commun leur point de vue sur un savoir n'obtiendraient pas des résultats similaires, soit peut-être deux thèses opposées ce qui remettrai alors en doute le savoir, malgré l’absence d'une impuissance du jugement, puisque chacun accorde les éléments de ses expériences personnelles en toute légitimité.
Mais encore, chaque science n'est pas une science exacte, alors il existe une part d'erreur dans chaque science, soit une part de doute, et alors la part doute que notre savoir est erroné par les erreurs présentes dans la science mise en œuvre est présente dans chaque aboutissement de connaissance. Il faut donc estimer que malgré le fait que nous ne le percevons pas, chacune de nos affirmations est composée d'une part de doute.

Mais encore, le doute peut également être le résultat d'un travail de réflexion en amont n'apportant pas assez d'éléments de réponse. Le jugement n'est que la partie de la réflexion permettant d'aboutir, soit la conclusion, toute recherche en amont n'ayant pas permis de trouver de éléments fondés afin de porter le jugement, n'est donc pas lié à l'incapacité du jugement. Le doute est dû à un manque d'aboutissement de la réflexion, qui elle même peut être due à un manque d'éléments, ce ne serait pas alors notre capacité à effectuer un jugement qui serait remis en cause, mais plutôt l'environnement qui ne permettrai pas d'obtenir assez d'éléments afin de poser notre jugement. Mais si le éléments de réponse appartiennent à présent à l'environnement, ce n'est pas alors la qualité du jugement qu'il faut remettre en cause, mais plutôt l'incapacité de réflexion ne permettant pas à l'esprit d'accorder les éléments afin d'en tirer une science positive. Ainsi, le doute ne serait pas une impuissance du jugement,
mais alors plutôt le reflet du manque d'agilité de l'esprit ne pouvant alors pas accorder les éléments environnants afin d'en tirer une science.
Le jugement étant la mise en commun des sciences présentes dans la milieu, son incapacité est l'impossibilité d'effectuer cette mise en commun des sciences présentes afin de répondre à notre thèse, ce qui mène au doute, mais à l'inverse, le doute peut être le résultat d'une incapacité du jugement, mais il peut également être le résultat d'un manque d'éléments de réponses du milieu, où encore le résultat imminent de la présence d'une thèse fausse. Ainsi, lorsque l'esprit doute, il faut effectuer un travail de réflexion afin de remettre en commun chaque élément de réponses nous ayant permis de se rendre compte qu'il était impossible d'effectuer un jugement, puis si cela n’aboutit pas, il faut alors remettre en cause les fondements même du savoir, détruisant où confortant notre position.

Le doute est donc un confrontement opposant deux thèses. Il peut être dû à une impuissance du jugement empêchant alors à l'individu d'accorder les éléments afin d'en tirer une science exacte, tel que le propose la thèse, mais il peut encore être dû à l'appui sur des expériences erronées, où encore à la part d'erreur présente dans chaque science, où enfin à un manque de travail en amont menant à la présence d'assez d'éléments afin de pouvoir porter un jugement. Nous ne pouvons donc pas affirmer que le doute se trouve être obligatoirement une impuissance du jugement.

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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Anormal le Lun 2 Nov 2015 - 21:30

Je ne trouve pas justifié le fait d'évoquer l'environnement pour reformuler la question.

La puissance de l'esprit lui vient justement de cette précaution qu'est le doute , surtout s'il est "méthodique" ;)

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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Malcolm le Dim 28 Fév 2016 - 0:02

Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement ? ... J'apprécie cette question, indépendamment de ce qui précède, parce que dans la vie on voit bien 1) que "les gens" estiment faible un jugement différé pour cause d'incertitude, et 2) que "les gens" toujours, associent la prudence dans le jugement à une forme de maturité. Aussi bien, on a là la critique de l'irrésolution du "philosophe" : sa prudence (qui va lentement va sûrement) l'incite à valoriser le doute pour pratiquer et développer sa sagesse ; l'incertitude inhérente, du moins temporairement, incite au dédain envers le "philosophe", lui, trop pénible à tout peser (latin pensare, qui donne aussi penser ; de même, Mensch en allemand, humain, vient de mens, le mental, l'esprit qui pense/pèse).

Mais je mets ce philosophe entre guillemets, parce qu'il s'agit d'une aperception commune de type post-socratique. Au reste, cette qualité-défaut n'appartient pas qu'à la représentation qu'on se fait du philosophe, mais plus généralement de quiconque tente de se montrer lucide, quand plus généralement encore, le doute peut bien signifier une impuissance du jugement (cas emblématique : le sceptique vulgaire), à moins que ce ne soit la certitude (cas emblématique : le fanatisme).

Maintenant, doit-on affirmer ? ... Ce devoir a un caractère absolu, or nous voyons bien que les circonstances fluctuent trop pour pouvoir affirmer dans l'absolu. On n'a pas l'obligation, et on n'est pas dans la nécessité, d'affirmer cela. De plus, affirmer cela est déjà, par soi, une approbation : le doute est une impuissance du jugement, puisque j'affirme et ais besoin d'affirmer, peut-être pour n'affirmer que moi, en fin de comptes ; moi, et ma faiblesse de jugement, par incapacité à supporter le doute.

Question de force/faiblesse, relative à chaque configuration situationnelle qui se présente : j'ai plutôt intérêt à douter quand je ne maîtrise pas le terrain sur lequel je m'avance ; je peux m'en passer quand je maîtrise, pourvu qu'il ne s'agisse pas d'être trop sûr de soi, trop-grande-sûreté qui est déjà par soi la marque d'une faiblesse intime à compenser par des signes extérieurs d'assurance.

Au reste, dans la mesure où le jugement, en philosophie, a trait à ladite activité de penser/peser, inhérente à un humain/Mensch (mens), il faut bien conclure que le doute/l'incertitude/la prudence, en sont des ingrédients nécessaires, pourvus qu'ils ne neutralisent pas l'affirmation quand elle est possible. Question de degrés.

Mais c'était peut-être là que le sujet voulait nous conduire ? ... En tout état de cause, sa problématique est la suivante : le doute freine-t-il ou aide-t-il le jugement ? voire l'empêche-t-il ou l'implique-t-il nécessairement ? ... Ma réponse est une réponse de Normand : ça dépend. Quand le temps presse, le doute est un luxe, et il ne serait pas très philosophe à mon sens, de lui accorder une place, encore qu'on puisse nous manipuler pour nous faire croire à cette pression et nous dissuader occultement de penser (manipulation passive). Au-delà, l'intégration du doute à la démarche est elle-même post-socratique : car Socrate, lui, ne doutait pas qu'il dusse faire douter autrui (fragiliser autrui) ... et nos grands érudits ne doutent pas qu'on doive douter, pour autant qu'on n'a pas leur érudition (intimider autrui) ... Autant d'extorsions sociales, tentant d'affaiblir l'interlocuteur.

Je dirais donc que, personnellement, ça dépend, mais que provenant d'autrui, ça cherche quelque chose.
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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Anormal le Dim 28 Fév 2016 - 9:54

Ne pensez-vous pas qu'il aurait fallu éprouver la question, par exemple par une proposition contradictoire du type:  " Doit-on affirmer que la confiance est une puissance, une force, du jugement?"

Les deux propositions conservent leur caractère paradoxale. La réponse sera donc " ouverte", puisque le doute comme la confiance ne font pas le jugement, mais plutôt le "préjugé". En cela, le jugement s’effectue au delà des préjugés: doute et confiance et doit s'effectuer selon une méthode empirique, pour ne pas dire scientifique ( d'où l'allusion, de ma réponse,au doute méthodique de Descartes).


On en vient assez logiquement à répondre que la confiance comme le doute, s'ils précèdent nécessairement l'épreuve, la vérification, ils ne doivent en définitive s'établir qu'à l'issue de cette vérification, voire de l'expérimentation. En cela, la connaissance scientifique baigne, en amont et en aval, dans une forme de croyance . Elle se situe donc, tel un îlot, entre deux eaux ( le doute radical vs la foie fanatique).

On pourrait, en conclusion, affirmer assez pertinemment que le doute comme la confiance participe de la connaissance, mais n'entre pas en considération dans le jugement bien établi.

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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 10:18

Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Il faut une bonne dose de volonté de déconnexion de la réalité pour poser une telle question.

« Doit-on », déjà, ça place toute velléité de répondre devant la notion même de devoir. De devoir par rapport à qui, par rapport à quoi, par rapport à quelle nécessité, par rapport à quelle hiérarchie ?

Alors « Doit-on affirmer », c'est encore pire ...

La question aurait été plus élégante, pour le moins, si elle avait été :

« Le doute est-il une impuissance du jugement ? »

Elle aurait alors eu le mérite de faire un peu rire à cause du labyrinthe habituel dans lequel tente toujours le philosophe philosophant d'entraîner tout le monde sur la planète de la futilité. (Vu de Sirius, comme on dit...)

.

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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Malcolm le Dim 28 Fév 2016 - 11:10

C'est drôle Ragnar II, votre propos dit différemment ce que je disais personnellement sous cette forme dans ma tirade :
Malcolm Cooper a écrit:Maintenant, doit-on affirmer ? ... Ce devoir a un caractère absolu, or nous voyons bien que les circonstances fluctuent trop pour pouvoir affirmer dans l'absolu. On n'a pas l'obligation, et on n'est pas dans la nécessité, d'affirmer cela. De plus, affirmer cela est déjà, par soi, une approbation : le doute est une impuissance du jugement, puisque j'affirme et ais besoin d'affirmer, peut-être pour n'affirmer que moi, en fin de comptes ; moi, et ma faiblesse de jugement, par incapacité à supporter le doute.
Quant à vous, Anormal (je me permettrai la majuscule, pour signaler le vocatif), votre propos me semble excellent en cela qu'il surmonte en effet la dichotomie.

Mais il ne la surmonte que théoriquement, de ce que pratiquement - de cette pratique lisiblement chère à Ragnar II - doute et confiance sont récursifs, cybernétiques et méta-dynamiques, type yin et yang (du moins est-ce ainsi que je les éprouve) un peu comme le bon-heur et le mal-heur selon lui toujours.

De sorte qu'au final, nous fassions l'expérience d'un dialogisme existentiel du doute et de la confiance au cœur même du jugement, dont on trouva une résolution à peu près satisfaisante en esprit de méthode. Tout jugement serait fatalement impur.


Dernière édition par Malcolm Cooper le Dim 28 Fév 2016 - 12:38, édité 1 fois
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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

Message  Prince' le Dim 28 Fév 2016 - 12:20

Modération : A l'attention de l'auteur de ce fil : attention (!) les conseils de reformulation ne me semble pas souhaitable dans le cadre d'un devoir "scolaire". Les membres ont répondu à un sujet, non pas à une "aide aux devoirs". Tâchez de bien poster dans la rubrique ad hoc dorénavent. Vous pouvez ouvrir un sujet identique si vous le souhaitez.

Je laisse le fil ouvert ici, puisque la discussion a pris, mais je réitère ma mise en garde vis-à-vis de l'élève qui attend une "aide".

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Re: Doit-on affirmer que le doute est une impuissance du jugement?

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