Suicide démocratique

Aller en bas

Suicide démocratique

Message  Prince' le Sam 5 Déc 2015 - 11:34

En lisant le hors-série de Philosophie Magazine, consacré à Stat Wars, Einthoven pose une question : Peut-on empêcher une démocratie de se suicider ?
Il fait échos au "coup d'état contre le coup d'état", Mace Windu et quelques Jedi qui vont emprisonner ou tuer Palpatine - qui va se faire voter les pleins pouvoirs.

avatar
Prince'
Ancien modérateur


Voir le profil de l'utilisateur http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2280-charte#44774

Revenir en haut Aller en bas

Re: Suicide démocratique

Message  LibertéPhilo le Sam 5 Déc 2015 - 14:09

Moi j'en pose une autre : peut-on empêcher la philosophie de se suicider en se rabaissant à discuter le plus sérieusement du monde d'une production de l'industrie américaine du divertissement ? *Lol*

Bon, cela dit, pour répondre à la question : dans les faits, on peut évidemment empêcher un coup d'Etat, dans le principe, c'est antidémocratique, si le processus de vote est respecté. A moins de prévoir quelque chose dans la constitution qui permette au peuple (mais rien qu'au peuple) de prendre les armes, comme dans la constitution américaine où le port d'arme est autorisé afin de permettre aux gens de posséder des armes et de pouvoir se constituer en milices dans un cas comme celui-ci, bien que la constitution américaine soit faite en principe pour éviter dans tous les cas de figure possibles et imaginables cet événement. D'ailleurs, il me semble que le port d'arme n'est qu'un amendement.

PS : je vois encore l'ombre d'Hitler derrière ce Palpatine.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Suicide démocratique

Message  Prince' le Sam 5 Déc 2015 - 17:34

L'équivalent allemand du magazine compare le parcours d'Annakin à celui d'Heidegger *Lol*. Là, c'est excessif.
Tu évoques bien le droit à la révolte (cf. Locke) ? Si oui, je te rejoins.
Là, je me demande même si on ne peut pas parler d'une ingérence. Finalement, les Jedis sont en dehors de la République, ils ne participent pas au jeu démocratique, ils sont une entité annexe, qui à l'image des Samouraïs protègent un maître (le Shogun étant ici la République). Mais là aussi nous sommes d'accord *Lol*.

avatar
Prince'
Ancien modérateur


Voir le profil de l'utilisateur http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2280-charte#44774

Revenir en haut Aller en bas

Re: Suicide démocratique

Message  Malcolm le Mar 7 Juin 2016 - 14:33

Il est symptomatique que dans les trente dernières années des 1900's, on présente l'ambiguïté d'une figure paternelle en clair-obscur (Vador) dont souffre efféminement Luke Skywi, de ce que l'époque était à la crise de l'autorité/de la paternité/de la virilité, sous les coups relativement sensés du féminisme alors.
Il est symptomatique que les années 2000's démarrent sur cette gentille racaille gâtée-pourrie prometteuse (!) d'Anakin, paradoxalement conséquence de la hiérarchie perçue vadoriennement, un peu partout dans nos mondes.
Il est enfin symptomatique que les années 2010-20 enchaînent sur Kylo Ren, amateur délirant frustré de Vador-Anakin. Air du temps obéissant comme à une règle d'or psychographique. On verra ce qu'en fait Disney, avec ses adds on & spins off tels que Rogue One, etc.
Dans tous les cas, je saluerais toujours cette merveille de l'art, dont la création est comme la montée d'une sève dont l'éclosion est culturalité (pop ou non) plus et moins banquable, par laquelle nous sommes nesciemment renseignés sur les états d'âme de l'époque (subconscient, peu importe sa nature).
Personnellement claimer ou disclaimer, le philosophe a intérêt à tendre l'oreille ! et comme publicité ou contre-publicité, c'est toujours publicité, il sera d'intelligence volontaire comme nolontaire avec les banqueurs ... Bel exemple de collusion plus et moins hasardeuse ! *Lol*

Sinon, je trouve que la réponse d'Enthoven est à la fois juste et débile, et juste dans des termes qui lui échappent, et débile dans les termes qui sont les siens. Parce qu'en posant sa question - du moins telle que je la lis brièvement sous ta plume Princeps - je vois qu'il reste dans l'épistémologie consensuellement démocratique pas mieux valable que BHL.
Je vois mal comment on pourrait répondre à une question de fond entopiquement, soit donc sans paratopie ou utopie voire dystopie (qui de toutes façons proposent des paratopies fictionnelles dans leurs genres).
Donc juste malgré son auteur, la question du suicide démocratique, et il faut voir alors en quoi consiste la démocratie : une contradictio in adjecto et mundo.

Le pouvoir populaire est nécessairement un pouvoir organique, sériel, collectif, agencemental, par lequel il est des leaders d'opinions plus & moins officiels/officieux (d'ailleurs, au registre antilibéral, nos gouverneurs actuels français, veulent censurer les leaders d'opinions sur le Web, afin que le lead ne passe plus que de façon mainstream : vive la schizophrénie démocratique tyrannisante, véridique).
A partir de quoi, et sur le modèle indépassable/inexorable/inévitable de la servitude volontaire la-boétienne, se constituent des milices, des militances, des militantismes, soit donc des constellations fédérales plus & moins instinctivement hiérarchisées et évolutives/inertielles, de par les foules (ochlocratie).
De sorte que "le pouvoir", c'est toujours une légitimation locale, sur le graphique foules, dont un membre acquiert donc de l'autorité/auctorialité (faculté d'auteur sociétal).
Je dis donc que la démocratie, de même que je le dis de l'anarchisme, est l'étape suivante dans le processus d'institutionnalisation, généalogiquement. L'anarchisme écrème en permettant d'en revenir aux fondamentaux ; le démocratisme (en germe dans l'anarchisme contractualiste de toutes façons) structure mieux les choses encore. Mais alors, il s'empêche de jouir.
Il s'empêche d'atteindre l'orgasme hiérarchique, par inquiétude tréfondamentale : l'humanité démocratiste est peureuse, lâche, or ce sont toujours ces profils qui sont les plus prompts à la traîtrise/l'opportunisme. Par haine donc de la puissance, ils s'en castrent, désormais limités au consensus démocratique en lien ci-dessus, processus extrêmement pénible, énervant, agitant, convulsant, exténuant, éreintant, naufrageant sociodynamiquement en grande majorité, pris dans une psychoïdie insurmontable : il est interdit d'interdire, il est interdit de gouverner pleinement, pourtant c'est moi (toi, lui, elle, nous) qui gouvernons censément, et qui posons nos limites alors ; nous nous empêchons dès notre intentionnalité démocratiste (de même que l'anarchiste se confusionne).

Dès lors, la démocratie est génétiquement suicidaire, et mérite bien que quelques jedis tentent un coup d’État. Plutôt eux que Palpatine, véritable héros tocquevillien de la préquelle, d'un machiavelianisme-hobbesianisme distors, soit donc ignorant l'intérêt sociétal. Cet intérêt que prétendait promulguer le démocratisme ...

*

On dit "consensus", et cela ne veut pas rien dire, puisque cela signifie accord collectif, sens commun étymologique. Or, qui dit sens, dit signification, orientation & sensation et, qui dit commun, dit communauté, communication, mise en commun.

Explicitations :  C'est donc par une espèce de communion existentielle/expériencielle, similarité voire identité développementales, que se (con)forment des signification, orientation & sensation groupale, produisant un sentiment d'accord, de concordance, sentiment collectif, par lequel ses membres se reconnaissent pour frères-spirituels (esprit = mœurs, pensées, démarches, comportements) dans une sorte de conscience collective (Emile Durkheim) avec densité morale, pression & contrôle sociaux afférents, avec, enfin, l'inconscient collectif idoine (Carl G. Jung) ou impensés métaphysiques (Martin Heidegger), dans une idéologie de mœurs (sciences sociales, dans une proxémie avec l'intention néologique de Destutt de Tracy fin XVIIIème, ainsi qu'avec la sémiologie - par exemples d'un Roland Barthes ou d'un Umberto Eco, en passant par les anthropologies). L'idiome intraduisible d'une langue le démontre (Friedrich W. Nietzsche, Lev Vygotski) par lequel tels locuteurs ne peuvent pas apercevoir (Emmanuel Kant), se représenter (Arthur Schopenhauer) ni s'apprésenter (Edmund Husserl) l'idiome méconnu d'une autre langue, sinon au prix d'une longue pratique, en tant que la langue maternelle (Sigmund Freud, Jacques Lacan, Françoise Dolto) nous imprègnent primordialement, structurellement et dynamiquement.

A partir de là, il n'est d'évolution (et d'évolutionnisme) sociohistorique, qu'à partir du sens commun. Mais le sens commun, c'est quoi ? ... Le sens commun, c'est la rationalité admise, et je dis bien admise, en tant que la rationalité n'est pas la raison. La rationalité est raisonnablement (et nécessairement) instituée, dans le vécu collectif - où chacun appert ainsi qu'un collecteur, en ce qu'il participe du collectif tout en en bénéficiant : de même qu'on dit prendre une collation. Or, prenant une collation, nous générons devenons une collection faisant collectif/collectivité, avec ses collocations spatiales, ses sous-communions affinitaires, ses collusions/cabales tactiques-stratégiques, ses velléités de reconnaissance & de pouvoir, etc. de la mondanité casuelle à la citoyenneté institutionnelle & organisations progressives idoines.
De là vient qu'il y a inertie évolutionnaire, par création-sécurisation-précaution-coopération-conformation-structuration-compétition-réformation-restructuration-équilibration-déstructuration-corruption-déséquilibration-déstruction (ouf). Le sens commun agit-dynamise-nourrit tout ces processus, qui peuvent se manifester parallèlement, contradictoirement, paradoxalement, dangereusement comme consolidement.

Aussi bien, le sens commun crée les problèmes qu'il résout voire échoue à résoudre de soi-même, et la démocratie & idéologie idoine (démocratisme) correspondent au système le plus logique, dans les conditions d'émergence, de favorisation et de prédilection, dudit sens commun (Aristote, Thomas d'Aquin, John Locke, Charles de Montesquieu, Alexis de Tocqueville, Jacques Rancière,  par exemples en diverses défenses de cette politisation, directement & indirectement). Voir aussi ès sciences humaines.

Conséquences :  D'où suit que, quiconque se positionne évolutionnairement, se positionne en progressiste, réformiste, proréaliste, consensualiste.
* Progressiste, de ce qu'il y a velléité de progression, progressive par définition - donc infusions, diffusions informationnelles & structurelles, et malheureusement aussi confusions conjoncturelles voire structurelles.
* Réformiste, de ce qu'il y a velléité non-révolutionnaire et encore moins réactionnaire, mais potentiellement néoréactionnaire (comme on voit actuellement), d'évolution progressive, passant de sens commun par la réformation.
* Proréaliste, de ce qu'il y a adhésien au réalisme de sens commun, perçu comme souhaitable, et pour lequel on est donc spontanément pour.
* Consensualité, donc, de ce qu'il y a velléité de consensus par le sens commun - soit adhésion au projet collectif de progression & de réforme proréalistes.
Tout cela se tient nodalement dans une complexion psychosociale écoculturelle historicopolitique.

Bref : il y a singulièrement du conservatisme dans cette intention, la rapprochant de la réaction politique. En effet, une fois instaurée la démocratie, il y a velléité de sens commun conservatrice en sa faveur, quand bien même cette conservation propose son évolution dialectique de sens commun, amalgamé au bon sens.
Le bon sens du sens commun démocrate, il estime le progressisme, le réformisme, le consensualisme, par proréalisme assimilé : toute démarche foncièrement centriste, où le centre politique soude la gauche et la droite politiques en procédant fatalement par la moyennisation de sens commun, quand bien même la gauche insiste sur la répartition égalitariste-institutionnaliste des ressources, et que la droite insiste sur la disposition libertaire-économiste desdites ressources.
Les extrêmes, quant à eux, insisteront respectivement sur décentrisme fraternitaire, l'un social, l'autre national (tout ce qui fit naître le national-socialisme une fois conjoint), soit donc des moralités hypersolidaristes, par relationnel d'aperture ou culturel d'investiture.
Reste que la moyenne gaucho-centro-droitiste, dispose d'une moralité normosolidariste, qu'elle suppose de bon sens par sens commun ("c'est évident !")

Ainsi, dans ce coin d'univers terrestre que nous avons en partage, le consensus démocratique semble le plus valeureux, dans l'héritage judéochrétien séquant le profane & le sacré - ou temporel & spirituel (judaïsme) - ainsi que prônant l'égalité théo-ri/logi-que des Hommes devant Dieu (christianisme), laïcisé par sens commun, moyenne, accentrisme des gauche & droite.

Un seul exemple : le syndicalisme camusien (associations horizontales d'intérêts par les principaux concernés, dont le sens commun doit rester en prise directe avec le vécu/les choses).

*

Comme en confirmation, je tombe là dessus : http://www.telerama.fr/idees/en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir,135205.php
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Suicide démocratique

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum