Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

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Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Invité le Sam 5 Déc 2015 - 16:15

Il est généralement admis que l'Homme recherche toute sa vie et en toutes occasions le bonheur. Ainsi, si on interroge un individu, celui-ci ne répondra jamais qu'il cherche à être malheureux. Tout homme est donc en mesure de se demander comment peut-il être heureux.
         Freud voit la nature de l'Homme comme une barrière inné qui nous empêche d’accéder au bonheur ( nous sommes mortels et périssables, d'autre corps existent et la nature peut nous détruire à chaque instant). Schopenhauer explique lui, que nous ne savons pas reconnaître nos moments de bonheurs et donc que nous sommes destinés à être perpétuellement nostalgique. Nous pouvons également tous nous surprendre à prévoir l'avenir plus que profiter de l'instant présent, en cela nous sommes donc destinés à avoir le bonheur nous glisser continuellement entre les mains.
         Le bonheur apparaît donc comme un but ultime auquel la robustesse du monde s'oppose.
         Seul le sage parait pouvoir être heureux tout au long de sa vie. Sa satisfaction permanente lui permettrai de ne pas céder au plaisir corporel, associé pour la majorité au bonheur. C'est donc sa béatitude, son équilibre parfait dans l'ordre du monde qui le plongerai dans un bonheur spirituel qui ne connait pas de limite.

Vous, que répondriez vous à cette question ?
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Prince' le Sam 5 Déc 2015 - 16:23

Quid de ceux qui cherchent l'ataraxie - comme les Stoïciens - et pas le Bonheur ?
Vous joignez le Bonheur avec le rejet des plaisirs corporels. Ce rejet peut-il être simplement de la tempérance ? Une telle nuance peut être considérée comme une différence de nature et non de degrés. Un tel rejet est-il réalisable ou relève-y-il d'un delire intellectuel ?
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Kal' le Sam 5 Déc 2015 - 17:24

L'ataraxie est le principe du bonheur chez les stoïciens, ça revient exactement à la même chose.

Arthur Schopenhauer résume très bien l'affaire lorsqu'il dit : "Le bonheur positif et parfait est impossible ; il faut seulement s’attendre à un état comparativement moins douloureux".

Le véritable bonheur n'existe pas, lorsque nous en demandons la définition et la manière pour y accéder, nous avons seulement une réponse floue. Quand nous demandons comment faire durer ce bonheur sans céder à l'ennui, il n'y a aucune réponse.

La quête du bonheur ultime est une illusion derrière laquelle nous courons toute notre vie, pour finalement déchanter. L'homme avisé dira qu'il ne faut pas chercher le bonheur, mais plutôt éviter le malheur.

Arthur Schopenhauer a écrit:"La douleur et la privation peuvent produire une impression positive et par là se dénoncer d'elles-mêmes : le bien-être, au contraire, n'est que pure négation. Aussi, n'apprécions-nous pas les trois plus grands biens de la vie, la santé, la jeunesse et la liberté, tant que nous les possédons ; pour en comprendre la valeur, il faut que nous les ayons perdus, car ils sont aussi négatifs. Que notre vie était heureuse, c'est ce dont nous ne nous apercevons qu'au moment où ces jours heureux ont fait place à des jours malheureux. Autant les jouissances augmentent, autant diminue l'aptitude à les goûter : le plaisir devenu habitude n'est plus éprouvé comme tel. Mais par là même grandit la faculté de ressentir la souffrance ; car la disparition d'un plaisir habituel cause une impression douloureuse. Ainsi la possession accroît la mesure de nos besoins, et du même coup la capacité de ressentir la douleur. Le cours des heures est d'autant plus rapide qu'elles sont plus agréables, d'autant plus lent qu'elles sont plus pénibles ; car le chagrin, et non le plaisir, est l'élément positif, dont la présence se fait remarquer. De même nous avons conscience du temps dans les moments d'ennui, non dans les instants agréables. Ces deux faits prouvent que la partie la plus heureuse de notre existence est celle où nous la sentons le moins ; d'où il suit qu'il vaudrait mieux pour nous ne la pas posséder"
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Prince' le Sam 5 Déc 2015 - 17:52

Il n'y a à pas de relation de synonymie entre bonheur et ataraxie. Les termes ont un sens.
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Kal' le Sam 5 Déc 2015 - 17:59

Et pourtant, d'après ce que j'ai vu, nombreux sont ceux qui rattachent bonheur et ataraxie ; mes recherches sur internet me confortent dans cette position.
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Prince' le Sam 5 Déc 2015 - 18:09

Wikipedia fait l'erreur, comme beaucoup d'autre. C'est une simplification éhontée.
L'ataraxie, c'est l'absence de trouble. L'apatheia l'absence de douleur. L'une est stoïcienne, l'autre épicurienne. Le Bonheur n'a pas qu'une définition, donc faire le rapprochement implique a minima de définir le terme. Si Bonheur veut dire absence de trouble / de douleur, autant utiliser le terme grec : la précision n'est pas un luxe lorsqu'elle évite au lecteur de se fourvoyer sur le propos. J'en reste à une critique superficielle, puisque la définition du bonheur n'est pas posée. On peut ajouter que les Grecs tablent sur une absence tandis que nos visions du bonheur savent souvent vers une présence, un vide remplit. C'est l'implicite de Schopenhauer que de dénoncer cela. Cet espoir de remplissement.
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Malcolm le Dim 28 Fév 2016 - 0:34

Et si nous idéalisions le bonheur ? ... Pour moi, je le prends étymologiquement : bon heur, événement, aventure, moment estimable, appréciable, valable. Aussi bien, il n'y a pas un bonheur, mais des bonheurs, qui correspondent à autant d'éléments tournant ou advenant en ma faveur, sur un plan ou l'autre, voire plusieurs plans.

En somme, je cherche à faire en sorte qu'il m'en arrive probablement le plus possible, ce qu'on a fini par appeler le bonheur en se l'imaginant perdurable, mais on n'a fait que deux choses ainsi : 1) déprécié les bonheurs fugaces et onéreux, 2) survalorisé la planque du sage ; car en effet, de ce point de vue, le sage est celui qui craint le plus car, défait par l'impermanence de ce bonheur fantasmatique, il s'est résigné au moindre tourment dans le dépouillement, le dénuement voire le désœuvrement (y compris Spinoza qui nous parle de joie !).

Mais les bonheurs fugaces et onéreux peuvent valoir la peine que l'on se batte et que l'on se prive et que l'on risque tout pour eux : les romances nous le démontre assez en amour, et pas que les romances, et dans tous les autres domaines. En fait, tout se passe comme si le sagesse cherchait l'abolition du désir, pris dans un sens psychanalytique, à savoir en tant que ce qui nous échappe toujours. Quand tu l'as tu le perds, quand tu le perds tu l'as. Inconscient tréfondamental, peu importe sa nature psychosexuelle ou autre. Or, dans un monde bordélique sans valeur suprême, après tout, pourquoi pas périr, succomber au bout de quelques bonheurs, comme cela arrive à tous ces gens qui se sont surendettés, et qui passent pour fous aux yeux du commun raisonnable des mortels ? ...

Tout dépend des objectifs existentiels, et bien que la plupart des surendettés n'aient fait que s'aveugler sur leur propre compte (c'est le cas de le dire) par frustration inhérente au fantasme de pouvoir d'achat (toute-puissance) ...

Mais enfin, quand on sait qu'il n'y a pas de bonheur, mais qu'il y en a, on sait que le meilleur moyen de perdre le bonheur, c'est de le chercher (du moins, à tout prix - car, après tout, la meilleure défense reste l'attaque). Pour le reste, on peut toujours en rire, avec une bonne dose de sens tragique. Ce qui - me dira-t-on - est encore une forme de bonheur. Mais l'humour noir en est-il bien un ? ... N'est-il pas plutôt une sorte de parade contre l'horreur, afin de sauvegarder sa santé mentale ?

Santé mentale qui certes, par soi, reste un bonheur ... à moins qu'il ne soit dans la folie ?
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 9:54

Malcolm Cooper a écrit:Et si nous idéalisions le bonheur ? ... Pour moi, je le prends étymologiquement : bon heur, événement, aventure, moment estimable, appréciable, valable. Aussi bien, il n'y a pas un bonheur, mais des bonheurs, qui correspondent à autant d'éléments tournant ou advenant en ma faveur, sur un plan ou l'autre, voire plusieurs plans.

En somme, je cherche à faire en sorte qu'il m'en arrive probablement le plus possible, ce qu'on a fini par appeler le bonheur en se l'imaginant perdurable, mais on n'a fait que deux choses ainsi : 1) déprécié les bonheurs fugaces et onéreux, 2) survalorisé la planque du sage ; car en effet, de ce point de vue, le sage est celui qui craint le plus car, défait par l'impermanence de ce bonheur fantasmatique, il s'est résigné au moindre tourment dans le dépouillement, le dénuement voire le désœuvrement (y compris Spinoza qui nous parle de joie !).

Mais les bonheurs fugaces et onéreux peuvent valoir la peine que l'on se batte et que l'on se prive et que l'on risque tout pour eux : les romances nous le démontre assez en amour, et pas que les romances, et dans tous les autres domaines. En fait, tout se passe comme si le sagesse cherchait l'abolition du désir, pris dans un sens psychanalytique, à savoir en tant que ce qui nous échappe toujours. Quand tu l'as tu le perds, quand tu le perds tu l'as. Inconscient tréfondamental, peu importe sa nature psychosexuelle ou autre. Or, dans un monde bordélique sans valeur suprême, après tout, pourquoi pas périr, succomber au bout de quelques bonheurs, comme cela arrive à tous ces gens qui se sont surendettés, et qui passent pour fous aux yeux du commun raisonnable des mortels ? ...

Tout dépend des objectifs existentiels, et bien que la plupart des surendettés n'aient fait que s'aveugler sur leur propre compte (c'est le cas de le dire) par frustration inhérente au fantasme de pouvoir d'achat (toute-puissance) ...

Mais enfin, quand on sait qu'il n'y a pas de bonheur, mais qu'il y en a, on sait que le meilleur moyen de perdre le bonheur, c'est de le chercher (du moins, à tout prix - car, après tout, la meilleure défense reste l'attaque). Pour le reste, on peut toujours en rire, avec une bonne dose de sens tragique. Ce qui - me dira-t-on - est encore une forme de bonheur. Mais l'humour noir en est-il bien un ? ... N'est-il pas plutôt une sorte de parade contre l'horreur, afin de sauvegarder sa santé mentale ?

Santé mentale qui certes, par soi, reste un bonheur ... à moins qu'il ne soit dans la folie ?

Lu et approuvé ! ...

D'autant plus qu'il y a une dynamique du bonheur vu par chacun comme le sentiment ou la perception du passage entre un état jugé inférieur à un état jugé supérieur, l'inverse étant la dynamique du malheur.

Cette dynamique est permanente.

Ça monte et ça descend. Ça fait gagner et ça fait perdre. Ça fait guérir et ça fait souffrir. Ça faire rire et ça fait pleurer. Ça fait aimer et ça fait haïr. Ça fait manger et ça fait chier (pour parler en naturaliste) (Diogène de Sinope n'est pas loin). Ça fait bander de désir et ça fait débander d'impuissance (naturalisme, là encore). Etc.

Dans les premiers cas, c'est le bon (heur).

Dans les seconds cas, c'est le mal (heur).

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Anormal le Dim 28 Fév 2016 - 10:04



Le bonheur, pour un matérialiste pur et dur, n'est-ce pas le Viagra et le Prosac ...? *Héhéhey* *Clown*

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 10:28

.

Oui, certainement !

Mais pour un matérialiste pur et dur, le bonheur, c'est aussi le Chianti et la Femme ...





« Vittorio, toi tu es gai comme un Italien quand il sait qu'il aura de l'amour et du vin »


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Re :

Message  Malcolm le Dim 28 Fév 2016 - 10:51

Omar Khayyam n'est plus loin.

Après, il y aurait là une éthique hédoniste a priori - matérialiste ou non, non qui n'est pas nécessairement le spiritualisme, mais l'immatérialisme berkeleyien auquel nous rendent les neurosciences en remplaçant Dieu par le cerveau - il y aurait là une éthique hédoniste, disais-je, sinon que je ne trouve pas nécessairement mon bonheur dans le plaisir : l'athlète, dont le bonheur se nomme gloire, mène une vie extrêmement disciplinaire, qui n'est pas dans une éthique hédoniste. L'hédonisme ne fait pas tout.

De plus, on croirait trouver là un eudémonisme, certes ! puisqu'il s'agit de rechercher le bonheur ... sinon que l'eudémonisme se l'imagine un et perdurable, en tant que souverain bien, sans quoi son -isme n'a aucun intérêt. De sorte qu'en effet, il ne s'agisse plus là d'un eudémonisme, mais, si l'on veut, d'eudémonè diverse et nombreuse, ne relevant donc pas toujours de l'hédonè.

En fait, tout dépend du ou des buts de chacun et, si le matérialiste (à tendance consumériste) préfère le Viagra et le Prozac, c'est bien qu'il ambitionne ... de consommer, et que son matérialisme est vulgaire. Mais nous nous entendions déjà à ce sujet :face:

Bref, dans l'immédiat, nous avons affaire à des existences sans gravité que celle qu'elles veulent bien s'accorder - ce qui peut sembler léger pourtant, mais qui n'est pas nul, ou néant, dans la dynamique de leurs perspectives désirantes.
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 13:57

Malcolm Cooper a écrit:En fait, tout dépend du ou des buts de chacun et, si le matérialiste (à tendance consumériste) préfère le Viagra et le Prozac, c'est bien qu'il ambitionne ... de consommer, et que son matérialisme est vulgaire.

Je ne sais pas trop ce qu'est un matérialiste à tendance consumériste ambitionnant de consommer du Viagra et du Prozac et finissant par passer à tous les coups pour quelqu'un de vulgaire à cause de ça.

Quiconque cherche par tous les moyens à améliorer son corps et sa santé « et jouit lui-même en permettant aussi à l'autre de jouir en ne faisant de mal ni à lui ni à personne » est hédoniste même s'il n'a jamais entendu parler de Chamfort. L'hédonisme vu ainsi comme partage de la jouissance et même comme fond essentiel de la morale, d'une morale, c'est loin d'être une vulgarité. Il est donc loin d'être vulgaire, ce matérialiste « à tendance consumériste », s'il pense et agit ainsi. Non ?

Cela dit, oui, certainement, le matérialisme vulgaire, ça existe bel et bien. Le collectionneur de Rolls et de femmes en est l'exemple emblématique, tel que le perçoit ma petite personne si dépourvue des 50 milliards du collectionneur d'automobile et de vagins qu'est le magnat mexicain de l'industrie du téléphone portable, dont ma petite impuissance est jalouse, car elle envie surtout la fortune colossale de ce pauvre type, et que, compte tenu du fait que « je, c'est les autres » et que cela me permet de me douter un peu de ce que pense le commun des mortels, il n'y a pour moi et ma petitesse aucune raison de croire que personne n'est jaloux de la fortune de ce vieux saligaud, en pensant à tout le « bien » qu'on pourrait faire à sa place.

Malcolm Cooper a écrit:l'immatérialisme berkeleyien auquel nous rendent les neurosciences en remplaçant Dieu par le cerveau

L'athée que je suis ne voit dans les neurosciences aucun remplacement de Dieu, mais une simple évolution tout ce qu'il y a de plus naturelle du cheminement matérialiste représenté pas celui d'une technoscience ayant débuté il y a des millions d'années avec le taillage du premier silex et donc à une date bien antérieure à celle de la création des dieux et de Dieu par l'humain.

Du point de vue du matérialisme, de l'athéisme et des neurosciences réunis, Dieu est un virus comme un autre. Le fait que ce virus puisse être considéré comme une pure immatérialité ne change rien à la chose. C'est un virus intellectuel comme il en existe beaucoup dans l'ensemble des têtes polluées par la légende et le merveilleux de la pensée magique.

Malcolm Cooper a écrit: l'athlète, dont le bonheur se nomme gloire, mène une vie extrêmement disciplinaire, qui n'est pas dans une éthique hédoniste

Je n'aurais certainement pas choisi cet exemple.

De longues discussions avec mes deux endocrinologues (l'un au Canada, l'autre en France, juste pour dire que mes deux sources sont indépendantes l'une de l'autre) m'ont permis de savoir que les sportifs de haut niveau, et pas les seuls champions avides de gloire, mais aussi les centaines de milliers d'éternels anonymes qui passent chaque jour des heures et des heures à pédaler tout seul sur des vélos de route ou de montagne ou à soulever tout seul aussi des poids sur des machines de salle d'exercices physiques arrivent à avoir un corps produisant naturellement des quantités phénoménales de substances chimiques dont ils ne peuvent plus se passer, car ces substances sont pour eux une incomparable source de jouissance.

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Je ne connaissais pas cet Omar Khayyam, dont tu nous livres ici un bien charmant poème ...

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Re :

Message  Malcolm le Dim 28 Fév 2016 - 14:14

Le problème est bien là, Ragnar II : tu parles d'addictions surtout, maladies de notre temps. Mais la vie, aussi biochimique soit-elle, n'est pas qu'en manque de biotoxines, pas qu'en manque de drogues ou de médocs éventuellement auto-produits : qu'il s'agisse d'addictions au fric, à la gloire, au sport, au sexe, ou tout ce que l'on voudra.

Entends-moi bien : je ne dis pas que chacun de ces éléments n'a pas d'intérêt ou ne saurait faire un bonheur (ce qui serait me contredire), mais je dis que la tournure que cela prend - y compris dans ton propos - confine à l'addiction, donc. Or, si dans l'addiction on trouve des bonheurs (je suis bien placé pour le savoir : à l'heure où je parle, j'ai envie de m'acheter des clopes après deux mois d'arrêt), je crains qu'elle nous fasse perdre un certain bon sens - ce bon sens s'opposant ici au sens commun : bon sens au sens actionnel bergsonien et lucide kantien ; sens commun comme consensus irréfléchi voire irrépressible. Un certain bon sens, que j'associerai volontiers au sens de la terre nietzschéen, ou bien encore, à la va-vite, au principe de réalité freudien - et tu me sembles dans le sens commun.

Mais nous ne sommes pas là pour creuser ces dernières notions. Ce qui va me faire dire très vite, que tu es un peu court sur le Dieu-cerveau des neurosciences. Car la vraie question, la voici : si vraiment nous en sommes au tout-neuronal, comment se fait-il que les neurones ne soient pas une interprétation ... des neurones ? ... Le serpent se mord la queue. Bref : tu y vas trop vite de tes pétitions de principe subjectivistes. Mais je suppose que nous devrions ouvrir un autre topic pour creuser, à moins qu'il existe déjà, ce topic, du style : qu'est-ce que la réalité ou l'existence de Dieu. Je ne le (ré)ouvrirai pas là, pour le moment.

Aussi bien, je regrette, on n'est pas hédoniste parce qu'on éprouve du plaisir. On est hédoniste parce qu'on ne recherche que ça. Mais si mon bonheur est dans le sacrifice djihadique, la scarification rituelle ou la danse du soleil, quel est le problème ? ... Le sacré ? ...

Sauf à moraliser en scientiste, du point de vue du bonheur dans un monde bordélique dépourvu de valeur suprême (nihiliste), il n'y en a aucun, de problème.
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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 15:52

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Je ne vois pour ma part aucune contradiction entre ce que tu nommes addiction (et qui pourrait d'ailleurs tout aussi bien s'appliquer à la nécessité impérieuse de boire et de manger) et ce que je nommes dynamique du bonheur et du malheur.  Lorsqu'on est en manque (de cocaïne ou de nicotine, certes, dans le domaine que tu nommes addiction, mais aussi de glucides, de lipides ou de protides, dans le domaine que je ne pense pas te voir nommer addiction même si c'en est pourtant bien une) hé bien on est plutôt malheureux, tandis que lorsqu'on en trouve et qu'on s'en alimente le corps, cette « grande raison », dixit Nietzsche, hé bien on est plutôt heureux.

Cela dit, on peut voir dans l'hédonisme les deux mêmes facettes que celles qu'on peut voir dans l'épicurisme ou le cynisme, ou encore dans le matérialisme. De la même façon qu'il existe un épicurisme vulgaire et un épicurisme noble, ou un cynisme vulgaire et un cynisme noble, ou encore un matérialisme vulgaire et un matérialisme noble, il exste un hédonisme vulgaire et un hédonisme noble.

L'hédonisme vulgaire, c'est celui du premier petit crétin désireux de ne contenter qu'un seul individu, lui et personne d'autre.

L'hédonisme noble, c'est celui défini comme suit par Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale. »

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Le scientisme, ce n'est pas la science.

Le scientisme est une vulgarité. Pas la science, qui, contrairement au scientisme, ne prescrit rien du tout. La science est un outil dont on se sert comme d'un marteau, un simple marteau, qui permet certes de casser la tête de son voisin, mais qui permet aussi de construire sa maison.

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La question du Dieu-cerveau est une question de foi. Ce n'est pas une question concernant le matérialisme, qui produit qu'on le veuille ou non la bonne méthode d'exploration et d'explication du monde, méthode qui se méfie comme de la peste de toutes les interprétations avancées sans vérification. Pour ça, Zénon a été un grand humoriste, avec sa flèche qui vole et ne vole pas, philosophiquement, bien sûr. Parce que dans la réalité, hein, tu ne te mettras jamais à la place de la cible, par vrai ?

L'explication matérialiste et scientifique du monde est tout à fait suffisante et n'a en conséquence besoin d'aucune foi, d'aucun idéel, d'aucun délire de bibliothèque aux fenêtre fermées sur le monde tel qu'il est. Tel qu'il est.

Et oui, ce sont les circuits neuronaux qui permettent de penser, explorer, expliquer le monde en général et les circuits neuronaux en particulier. C'est bien joli de dire que l'œil ne peut pas se voir lui-même en se voyant quand même lui-même, comme je le dirais volontiers en évoquent l'image d'épinal du serpent se mordant la queue, mais il y aussi les yeux des autres. Et les yeux des autres qui voient bien, ça voit toutes les poutres et toutes les pailles des yeux des autres qui voient mal.

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Je suis dans le sens commun ?

« Mon père, il était petit. Il était petit, mais philosophe. Il disait '' la bonne longueur, pour les pattes, c'est quand les pieds touchent le sol '' » Coluche, fortement inspiré par Montaigne ...

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Anormal le Dim 28 Fév 2016 - 15:56

On peut légitimement s'étonner, en considérant l'épicurisme, du peu d'intérêt que l'on prête habituellement à l'imagination. On suspecte, en effet, souvent les désirs non naturels, mais on omet trop souvent le fait que c'est bien l'imagination qui exorbite ces désirs.

Que resterait-il de notre désir de bonheur sans cette "folle du logis" ( cf Malebranche) ?



   « Tous les hommes recherchent d'être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. (...) C'est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Et cependant, depuis un si grand nombre d'années, jamais personne, sans la foi, n'est arrivé à ce point où tous visent continuellement. (...) Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance, sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide, et qu’il essaie inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant dans les choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables, parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu même*. »

— Blaise Pascal, Pensées (1670)

Quand on est que darwiniste, on comprend mal Pascal et Nietzsche et d'autres, sans parler de R Guénon.
L'idée que l'homme évolue ( en mieux) suppose un bonheur qui serait un "  mieux", un plus, un tel qu'imaginé... Curieusement, dès qu'il est question de bonheur, la folie rôde sous la robe de l'imagination.

(*) ou la Nature

...................................................................................................................


Malcolm Cooper,

Je vous prédis que vous aurez à découvrir, avant peu, la problématique du " double blind"... :study:

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 16:01

anormal a écrit: Quand on est que darwiniste, on comprend mal

Parle pour toi, mon vieux, et pas pour les scientifiques-artistes-philosophes ...

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Anormal le Dim 28 Fév 2016 - 16:17

Étant donné que vous n'êtes rien de tout cela, je ne vois pas en quoi vous seriez impliqué...?

Comme "que" darwiniste peut-être ? *Clown*

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 16:29

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Je ne vois pas le sens de ta remarque, puisque je n'ai jamais prétendu ÊTRE un artiste-scientifique-philosophe.

Par contre je te sodomise à raz les testicules en prétendant sans problème que je tente sans arrêt de combiner l'Art, la Science et la Philosophie sans te demander ton avis d'homosexuel passif.

:lol!:

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Anormal le Dim 28 Fév 2016 - 16:34

Ne fais pas à autrui ce que tu aimerais qu'il te fasse. Il n'aime peut-être pas cela ! :*Char*:

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

Message  Ragnar II le Dim 28 Fév 2016 - 16:42

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Aux truies ? Quoi !?

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Re: Le bonheur est-il inaccessible à l'Homme ?

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